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de cette affection. Les os qui sont usés ou repoussés par les autres tumeurs sont transformés par celle-ci, et au bout d'un temps plus ou moins long, l'ulcère présente une très-large surface.

L'ulcération cancéreuse présente des caractères divers, mais toujours elle repose sur un fond dur; toujours elle a une marche envahissante, jamais elle ne se cicatrice : souvent ces ulcérations marchent rapidement et présentent un fond inégal, creusé d'excavations donnant naissance à des végétations noirâtres, mollasses et saignantes qui souvent prennent rapidement un développement considérable et forment des masses irrégulières, pédiculées, qui ont reçu le nom de champignons cancéreux. Ces champignons , qu'ils soient enlevés par le chirurgien ou détruits par la gangrène, se reproduisent avec une rapidité incroyable. Souvent la surface ulcérée se creuse d'excavations irrégulières plus ou moins profondes : ces excavations sont dues habituellement à la réunion de l'ulcère extérieur avec des foyers hémorrhagiques ou inflammatoires préexistants dans les points profonds de la tumeur; quelquefois aussi elles sont dues à des mortifications partielles. La gangrène, qui détruit ainsi partiellement la tumeur cancéreuse, peut aussi la détruire complètement, et c'est un point sur lequel nous reviendrons. C'est cette ulcération à marche rapide qui présente de vastes surfaces d'où s'écoule un ichor fétide , noirâtre, jaune, vert , et de temps à autre sanguinolent. Souvent elle est le siège d'hémorrhagies qui coulent en bavant, et quelquefois par jet, mais qui, dans tous les cas, sont fort difficiles à réprimer.

D'autres fois, l'ulcération cancéreuse marche plus lentement et s'accroît par un travail plus régulier sans produire ni végétation , ni excavation profonde; ses bords sont épais , durs , renversés, d'un rouge pâle, et son étendue est moins considérable que celle de la précédente, l'ichor qui s'en écoule est moins abondant, les hémorrhagies y sont moins fréquentes.

Mais ces deux aspects différents de l'ulcération cancéreuse peuvent se rencontrer à des époques diverses d'une même affection. Le premier se produit toutes les fois qu'il survient des in-

fiammations ou des congestions dans la partie malade, soit que ces accidents dépendent de la marche de la maladie, soit qu'ils aient été provoqués par des violences extérieures, des applications irritantes ou caustiques, etc., etc.

3e période. — Nous avons dit que la cachexie pouvait se manifester dans toutes les périodes de la maladie. Mais elle arrive habituellement après l'ulcération de la tumeur. Elle est loin de se présenter toujours avec le même degré d'intensité, mais on peut toujours la reconnaître aux phénomènes suivants : teinte livide ou jaune-paille des téguments, amaigrissement et bouffissure du tissu cellulaire , troubles digestifs divers , et enfin , multiplication des tissus cancéreux.

La cachexie commence habituellement par une décoloration des téguments, décoloration qui est surtout manifeste aux ouvertures muqueuses de la face ; en même temps l'appétit et le sommeil diminuent ; il y a quelquefois de la diarrhée ; la faiblesse fait des progrès et. l'amaigrissement commence ; puis, et assez rapidement, la coloration livide remplace la pâleur que nous avons signalée. Cet état peut persister pendant quelque temps sans augmenter considérablement et même ne pas augmenter jusqu'à la mort, qui arrive tout d'un coup par une syncope ou par une maladie intercurrente.

Mais ordinairement, à tous ces symptômes, vient se joindre un mouvement fébrile irrégulier, caractérisé surtout par la fréquence du pouls , la chaleur et la sécheresse de la peau. Les paroxysmes mal définis et irréguliers ont surtout lieu la nuit ; ils sont caractérisés par l'augmentation des douleurs, qui deviennent extrêmement violentes, profondes, ostéocopes, intolérables, et siègent sur divers points du corps. La perte du sommeil, de l'appétit, jointe à la diarrhée, qui quelquefois a revêtu à cette époque le caractère colliquatif, jettent les malades dans un amaigrissement considérable. En même temps apparaissent des œdèmes de nature variable : des affections des veines , et le muguet, signe avant-coureur de la mort.

Lorsqu'il se manifeste des hémorrhagies considérables pendant la cachexie, celle-ci affecte un caractère particulier. C'est

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alors que les malades sont décolorés , bouffis , extrêmement faibles, essoufflés, et présentent en un mot tous les symptômes de l'anémie. La teinte des téguments affecte, dans ce cas, une coloration jaune-paille plus ou moins claire.

C'est à cette période de la maladie qu'apparaissent, dans différents points du corps , des tumeurs cancéreuses qui , dès leur début, sont molles et élastiques, grossissent rapidement et arrivent bientôt à l'ulcération. Les ganglions lymphatiques, engorgés depuis longtemps, s'ulcèrent alors, et souvent leur ulcération va se réunir à l'affection primitive. Mais un phénomène qui caractérise encore la période de cachexie, c'est qu'indépendamment de l'ulcération des ganglions engorgés et de la multiplication des tissus cancéreux dans les viscères , il se produit du cancer dans les veines. Un cordon dur et douloureux se forme sur le trajet d'une veine ; les parties d'où naît cette veine s'infiltrent, et à l'autopsie on trouve dans ces veines des caillots en voie de transformation cancéreuse. Nous devons ajouter que les affections veineuses sont tantôt des phlébites , tantôt, d'après l'école moderne, constituées par la coagulation spontanéç du sang. Ces caillots, formés en dehors de toute phlébite, seraient la source possible d'embolie et de la mort par asphyxie rapide ou par syncope.

La mort, dans la forme commune du cancer, arrive de quatre manières différentes :

Ou bien les malades, épuisés par les évacuations coiliquatives, le mouvement fébrile , les douleurs nocturnes et les hémorrhagies, arrivent, par degré et sans accidents nouveaux, au terme fatal ;

Ou bien ils meurent tout d'un coup et sans que le dépérissement soit bien avancé : dans ce cas, l'autopsie démontre qu'ils ont succombé à une syncope;

D'autres fois, la mort arrive par le fait d'une phlegmasie intercurrente, siégeant ordinairement sur le poumon ou sur la plèvre ;

Enfin, et à toutes les périodes de la maladie, la mort peut survenir à la suite d'accidents déterminés par le siège de l'affection. Tels sont les hémorrhagies foudroyantes causées par la

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destruction d'un tronc artériel volumineux; les péritonites déterminées par les perforations de l'estomac; les accidents de compression déterminés par les fongus de la dure-mère, etc.

La guérison ne survient jamais sans l'ablation ou la destruction préalable de l'affection primitive. Cette destruction peut être spontanée; elle est alors produite par la gangrène de la totalité de la tumeur.

Sans discuter ici la question de l'opération du cancer, nous devons dire que, lorsqu'il y a récidive après l'ablation d'une tumeur cancéreuse, les accidents marchent habituellement avec une grande rapidité et déterminent promptement la cachexie et la mort.

Anatomie pathologique. — Le tissu cancéreux est sans analogue, organisé; il s'étend par la transformation et la désorganisation des tissus voisins ; il s'ulcère indéfiniment.

Il présente plusieurs variétés :

1° 1? encéphaloïde. Par sa vascularisation, sa consistance et ses bosselures, il ressemble grossièrement au tissu cérébral ; il est d'autant plus mou et d'autant plus vasculaire qu'il s'est développé plus rapidement et présente souvent des foyers sanguins à divers degrés d'évolution, il peut s'enflammer, suppurer ou tomber en gangrène.

2° Le squirrhe. Plus dur, à peine vasculaire au début, variable d'aspect avec les tissus qu'il transforme lentement en sa propre substance. Il s'ulcère en restant dur ou se transforme en encéphaloïde et se ramollit.

3° La mélœna, dont la couleur noire est due au dépôt d'un pigment granulé et qui est souvent mélangé d'encéphaloïde.

4° Le colloïde, composé d'une matière parfaitement transparente et amorphe, qui diffère de la gélatine et de toutes les matières connues. Le colloïde se vascularise graduellement et se transforme en encéphaloïde.

5° Le fongus hèmatode. C'est un tissu éminemment vasculaire, qui contient dans ses mailles du tissu encéphaloïde; ce tissu est quelquefois le siège d'un bruit de souffle.

On a cherché la cellule cancéreuse, c'est-à-dire un élément qui

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