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RACHITISME

Le rachitisme est une maladie caractérisée anatomiquement par Thypergénèse des cartilages épiphysaires et du périoste ; par le défaut d'ossification des tissus cartilagineux et fibreux, produit de cette hypergénèse ; enfin par le ramollissement du tissu osseux dû à l'absorption des sels calcaires qui, dans l'état physiologique, donne à ce tissu sa dureté normale.

La lésion propre au rachitisme qu'on a voulu vainement rattacfier à une inflammation du tissu osseux, rappelle complètement le travail de la formation de ce tissu pour la réparation des fractures. Le rachitisme est donc, comme lésion, un trouble de la ; nutrition de l'os qui ramène ce tissu à la période cartilagineuse.

Une lésion analogue s'observe localement dans le cours des cachexies et en particulier dans la cachexie cancéreuse.

Le rachitisme se présente sous trois formes distinctes : la forme commune, la forme bénigne et la forme maligne.

La forme commune, exclusivement propre à la première enfance : la forme maligne ou ostéomalacie, et la forme bénigne, cette dernière fréquente surtout à l'époque de la puberté, mais qu'on retrouve aussi dans l'extrême vieillesse.

I. Forme commune. Période prodromique. — La maladie débute par de la tristesse, et le plus habituellement par une diarrhée persistante ; l'enfant pâlit d'arbord ; il maigrit rapidement et accuse bientôt uiî autre symptôme; c'est une douleur aiguë dans le système osseux, douleur qui est excitée par les mouve* ments et par le toucher* Aussi le petit malade reste immobile dans son lit, et loin de désirer qu'on le lève, il pousse de3 cris

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dès qu'on essaye de le prendre. Cette douleur acquiert quelquefois un tel degré d'intensité que la nourrice est obligée de lui donner le sein sans le lever et en s'inclinant sur son berceau.

Période de déformation. — Avec les douleurs apparaissent les déformations osseuses, déformations dont le mode d'apparition varie suivant que l'enfant a ou n'a pas encore commencé à marcher.

Dans ce dernier cas, la déformation commence par le thorax et la tête, s'étend ensuite aux membres supérieurs et enfin aux membres inférieurs. On observe habituellement un ordre inverse chez les enfants qui ont commencé à marcher.

La déformation de la poitrine est très-caractéristique, elle consiste dans une saillie du sternum avec applatissement des côtes sur la région latérale; cet applatissement s'étend delà 3e à la 9° côte, c'est la poitrine en carène. Après la 9° côte, la cage thoracique s'élargit brusquement pour loger les viscères abdominaux. En même temps on constate, à la jonction des cartilages et des côtes, un gonflement articulaire qui constitue le chapelet rachitique. Cette déformation si curieuse de la poitrine s'explique par la pression atmosphérique pendant l'inspiration sur un squelette ramolli. L'élargissement de la base du thorax tient aux contractions exagérées du diaphragme pendant l'inspiration.

Le refoulement, et non, comme on l'a cru longtemps, l'hypertrophie du foie et de la rate, un développement considérable du tube gastro-intestinal, constituent la grosseur du ventre chez les rachitiques. Cette grosseur du ventre détermine une déformation du bassin, caractérisée par l'évasement, l'élargissement du grand bassin et le rétrécissement du petit bassin. La pression continuelle exercée sur les fosses iliaques par les viscères abdominaux pendant l'inspiration déforme les surfaces osseuses ramollies par la maladie.Tandis que les ischions se rapprochent par un mouvement de bascule, les cavités cotyloïdes tournent en dedans et en bas.

La déformation de la tête consiste en une augmentation de volume du crâne avec agrandissement des sutures et des fonta-

nelles; épaississement irrégulier des os du crâne et de la face; saillie des bosses frontales. Ces déformations sont dues à l'absence de l'ossification des fontanelles et des sutures et au développement considérable du cerveau. Notons encore un retard considérable dans la dentition.

Déformation des membres et des jointures. — Les avant-bras présentent une. courbure dans le sens de la face palmaire, les humérus peuvent être courbés dans le même sens ou dans un sens inverse.. Aux membres inférieurs, la déformation des fémurs n'est qu'une exagération de leur courbure naturelle; ils présentent une concavité en arrière et en dedans. La déformation des jambes se fait souvent dans le même sens chez les enfants qui n'ont pas encore marché, alors les membres inférieurs représentent deux parenthèses. Quand le malade a marché, la déformation est très-variahle ; quelquefois à courbure multiple, en Z; souvent à courbure en dedans, en sorte que les genoux se touchent dans la marche et que les individus sont cagneux.

L'hypergénèse du tissu épiphysaire et cartilagineux déforme les articulations qui sont très-grosses, en sorte que les membres présentent à chaque jointure une sorte de nœud; elles sont nouées. En même temps, les jointures sont extrêmement mobiles et présentent une étendue de mouvement tout à fait anormale.

La déformation du rachis se produit habituellement lorsqu'un enfant, un peu moins souffrant, commence à se tenir habituellement assis dans son lit. Ces déformations sont constituées par l'exagération des courbures naturelles de la colonne vertébrale; la portion cervicale, fléchie en arrière, raccourcit le cou et incline la face en haut; la portion dorsale, incurvée en arrière et ordinairement à droite, constitue la gibbosité. La région lombaire, fortement ensellée, contribue encore au rébrér cissement et à la déformation du bassin.

Les différentes déformations que nous venons de décrire peuvent être partielles et asymétriques ; quand les enfants ont marché avant te début de la maladie, elles commencent presque toujours par les membres inférieurs.

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En même temps que les os ramollis par la maladie subissent des déformations si fâcheuses, un mouvement fébrile continu ; des sueurs profuses; la diarrhée; des urines abondantes et chargées d'une grande quantité de phosphate calcaire; un catarrhe pulmonaire habituel -, une grande gêne de la respiration, surtout dans le rachitisme du premier âge; un amaigrissement de plus en plus considérable; une extrême facilité dans la production des fractures, et, au milieu de ceâ désordres, un appétit vorace joint à une intelligence excessivement; développée, constituent les autres symptômes de la maladie.

Période de cachexie. — Arrivé à ce degré, le rachitisme peut se terminer par la mort ou par la guérison. Dans le premier cas on voit se développer un véritable état cachectique, les diarrhées, les sueurs profuses, les insomnies, épuisent de plus en plus les. petits malades qui succombent habituellement à une complication thoracique.

Période de réparation. — Si, ce qui arrive le plus souvent, les malades doivent guérir, la fièvre et la diarrhée cessent, les douleurs des os disparaissent, l'amaigrissement diminue, l'apparence de la santé, la gaîté, la tendance au mouvement, reviennent; les os se consolident, mais gardent plus ou moins la forme vicieuse qu'ils ont contractée pendant la maladie.

II. Forme bénigne. — Elle est caractérisée par l'absence des symptômes généraux et par une lésion habituellement trèslimitée. Cette forme peut survenir à tout âge, c'est à elle que sont dus les asymétries du thorax et du bassin, le défaut d'aplomb et de rectitude dans les membres inférieurs, qui existent chez un grand nombre de personnes, en l'absence de tous autres signes de rachitisme ; mais cette forme sévit plus spécialement chez la femme à l'époque de la puberté et aussi à l'occasion des grossesses. C'est elle qui produit alors des déviations de la colonne vertébrale, que M. Guérin ne veut pas reconnaître comme étant de nature rachitique, parce qu'elles ne sont ni précédées, ni accompagnées de déformation des membres inférieurs et du bassiq,

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