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RACHITISME. — ANATOMIE PATHOLOGIQUE

Quand les jeunes filles ainsi atteintes, par le rachitisme viennent à se marier et à avoir des enfants, la maladie se reproduit habituellement à chaque grossesse, et augmente chaque fois la déviation primitive; ce qui distingue cette forme du rachitisme de celle qu'on a désignée sous le nom d'ostéomalade, c'est que la lésion osseuse ne se généralise jamais,

III. Forme maligne. — Cette forme, caractérisée par la généralisation rapide de l'affection osseuse, par des symptômes généraux intenses, et par une mort relativement rapide, comprend non-seulement la plupart des faits décrits sous le nom d'ostéomalacie, mais encore un bon nombre de rachitismes du premier âge.

Un mouvement fébrile intermittent ou rémittent, un amaigrissement rapide, des douleurs excessives, caractérisent le début de cette forme; elle marche rapidement et se termine par la mort, souvent après quelques mois de maladie.

Dans l'histoire de Fostéomalacie telle qu'elle est tracée par les auteurs, on trouve encore des cas de rachitisme bénin , caractérisés par l'absence presque complète de symptômes généraux, et des cas de rachitisme de forme commune, présentant pour caractère particulier une influence considérable de l'état de grossesse, en sorte que la maladie devient tout à fait périodique, s'arrêtant plus ou moins dans l'intervalle des grossesses et reprenant sa marche à chaque nouvelle grossesse.

Anatomie pathologique. — La lésion du rachitisme est constituée au début de la maladie par l'épanchement d'un néoplasme sanguinolent, sous le périoste, dans le canal médullaire, entre les épiphyses et les diaphyses, entre les lamelles du tissu compacte, dans les aréoles du tissu spongieux, le long des radicules des vaisseaux nourriciers ; en même temps les sels calcaires des trabécules se résorbent et l'os revient à l'état de cartilage. Dans la période de réparation, toute cette substance s'ossifie de nouveau, et, comme dans le cal, le tissu osseux de nouvelle formation passe à l'état d'éburnation.

136 CACHEXIES.

Étiologie. — Le rachitisme se développe principalement pendant la première dentition. Cependant il peut être congénital et se manifester à toutes les époques de la vie. Mais, en dehors de la première dentition, c'est presque exclusivement chez la femme à l'âge de la puberté, et pendant les grossesses, qu'on observe cette maladie. Le rachitisme est manifestement héréditaire et la consanguinité est une condition favorable à son développement. Des expériences précises faites sur les animaux ont démontré qu'une nourriture mal appropriée à l'âge de l'animal déterminait le rachitisme. Aussi cette maladie s'observe-t-elle souvent chez les enfants sevrés trop tôt, et nourris prématurément avec de la viande et du vin.

Traitement. — La réforme du régime, c'est-à-dire chez les petits enfants le retour au régime lacté, est une condition abso •: lue pour la guérison du rachitisme.

La position horizontale est nécessaire dans la période de ramollissement du squelette; mais les malades doivent séjourner dans une chambre bien aérée et exposée au soleil ; on doit autant que possible les exposer à l'air libre.

Des appareils orthopédiques sont quelquefois nécessaires.

Dans un degré peu avancé, et dans les formes bénignes, la gymnastique et des frictions à l'eau salée constituent un traitement très-efficace.

Calcarea, qui compte parmi ses symptômes : les douleurs osseuses générales, l'amaigrissement considérable, la diarrhée habituelle, la chute des dents, l'ossification tardive des fontanelles, est le médicament principal du rachitisme. Ce médicament compte un certain nombre de succès cliniques.

Silicea est indiqué par Richard Hughes de préférence à calcarea. La transpiration de la tête seulement est caractéristique de l'emploi de ce médicament. Les 3e, 4e, 5e et 6° dilutions décimales sont recommandées par cet auteur.

Il en est de même de phosphori acidum, pareillement indiqué par l'ensemble des symptômes; mais aucune médication ne compte autant de succès que Y huile de poisson. Ce moyen est

presque spécifique dans le rachitisme. Aussi croyons-nous devoir le conseiller, dès que cafcarai et phosphort acidurn tardent à faire paraître leur action curative.

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