LÈPRE. — DESCRIPTION
Les organiciens ont subdivisé la lèpre en tuberculeuse et non tuberculeuse, anesthésique et hyperesthésique , blanche; noire, etc. Toutes ces divisions ont trait à des différences qui tiennent soit à des variétés dans la coloration des plaques, soit aux périodes de la maladie, et n'ont pas d'importance pratique.
Description. ir* Période. — La lèpre débute par des malaises vagues, de la tristesse, de l'amaigrissement et un sentiment de faiblesse générale. L'insensibilité d'un point du corps est quelquefois le phénomène initial ; d'autres fois, c'est une hyperesthésie de la peau qui rend tout contact extrêmement douloureux. Cette sensibilité exagérée est un symptôme essentiellement transitoire; mais les taches fauves et purpurines ne tardent pas à se montrer. Elles apparaissent d'abord aux jambes, aux avant-bras, aux mains, puis sur la face; elles sont constituées par des plaques saillantes, boursouflées, d'une teinte foncée, ou, au contraire, d'une teinte blanche sur le nègre. Les tissus sont complètement insensibles au niveau de ces plaques, au point que les malades se brûlent sans en avoir conscience. Il faut savoir, néanmoins, que certains lépreux ne présentent jamais d'anesthésies. Sur ces plaques apparaissent, plus tôt ou plus tard, des tubercules d'abord peu nombreux et peu proéminents, mais qui s'accroissent de jour en jour. Cette lésion, quand elle a acquis un certain degré , défigure les malades. Tous les traits sont horriblement déformés et grossis. On a comparé leur face à celle du lion, d'où le nom de lèpre léonine. On a noté l'atrophie des interosseux comme signe de cette période.
2° Période. — Les muqueuses sont envahies par les plaques et les tubercules; les lésions de la peau s'ulcèrent et la santé générale commence à présenter des altérations profondes : amaigrissement, diarrhée, fétidité de l'haleine, faiblesse croissante. L'impuissance , quelquefois précédée de satyriasis , se montre déjà dans la période précédente, mais elle s'établit définitivement dans celle-ci. Les ulcérations lépreuses sont profondes, blafardes ; elles laissent écouler un pus séreux, sanguinolent et fétide; habituellement, elles ne montrent aucune ten-
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dance à la cicatrisation. Le palais et Tarrière-gorge sont le siège de tubercules et d'ulcérations profondes qui rappellent la syphilis et la scrofule.
3e Période. — L'état des malades s'aggrave de plus en plus, les membres se rétractent, les extrémités se gangrènent et tombent. Cette mutilation se fait lentement et phalange par phalange. Le nez est rongé, sa cloison détruite; les yeux peuvent être envahis et détruits par la tumeur lépreuse. Mais le caractère constant de ces lésions est une insensibilité complète. Les malades supportent les opérations et les cautérisations sans aucune douleur.
La diarrhée colliquative , les suppurations prolongées , quelquefois une gangrène ultime , terminent cette triste existence , quand les malades ne meurent pas prématurément, suffoqués paV une tumeur lépreuse de la glotte.
Si le malade doit guérir, les ulcérations se cicatrisent , la diarrhée s'arrête: les tubercules se résolvent et les forces reviennent.
Traitement. — La thérapeutique de cette maladie est encore à faire. Au début, on doit conseiller le changement de climat, si les malades peuvent se déplacer.
Quant aux médicaments, arsenicum est le seul qui ait donné quelques résultats. Hydrocotyle asiatica a, dit-on, été employé avec succès; mais il n'a rien produit entre nos mains.
Des médecins ont essayé de cautériser les tubercules et les plaques lépreuses, et affirment avoir eu quelque succès. Nous croyons que l'arsenic au 1000° pourrait rendre des services dans le pansement des ulcères lépreux.
Depuis la publication de notre première édition, nous avons obtenu un succès éclatant sur un lépreux de 16 ans, arrivé à la 2e période, avec hydrastis canadensis. Ce médicament a été administré à l'intérieur à la dose de quelques gouttes de teinturemère; les tubercules ulcérés ont été pansés avec un mélange au 10», puis au 5e d'eau et de teinture d'hydrastis.
GOÎTRE ET CRETINISME. 453