‹ Éléments de médecine pratiqueChapitre 82 sur 200 · FIÈVRE TYPHOÏDE. — FORME COMMUNE · texte numérisé non relu

FIÈVRE TYPHOÏDE. — FORME COMMUNE

les jours, présentant une rémission le matin, une augmentation le soir. Le pouls est grand et mou, de 100 à 120 ; la chaleur est acre et sèche ; l'anorexie est complète ; la soif vive ; il y a habituellement constipation les premiers jours ; la diarrhée s'établit ensuite, quoique dans certaines épidémies la constipation persiste pendant* la plus grande partie de la maladie. La diarrhée, lorsqu'elle existe, est abondante, verdâtre, et d'une grande fétidité ; il y a de 4 à 8 selles en vingt-quatre heures. Le ventre est déjà légèrement ballonné, un peu douloureux et présentant dans la fosse iliaque droite un gargouillement qui constitue un signe d'une certaine valeur. La langue, blanche ou jaunâtre, présente sur ses bords et à sa pointe une rougeur en forme de V; les gencives, rouges et un peu tuméfiées, sont recouvertes d'un enduit pultacé. La céphalalgie est très-forte ; la face rouge et vultueuse ; il y a des épistaxis fréquentes, mais rarement abondantes. Les premiers jours, il n'y a encore ni délire, ni coma, mais déjà un commencement de stupeur et de prostration qui caractérise la maladie. La stupeur se traduit par de l'indifférence et déjà un peu de lenteur dans les réponses ; la prostration par le décubitus dorsal, la lenteur et le petit nombre des mouvements que le malade exécute. Les derniers jours de cette période, les malades présentent souvent du délire nocturne. A ce moment aussi, l'affection thoracique s'annonce par de la toux et quelques râles sibilants. La première période se termine par l'éruption sur le ventre de papules rosées, lenticulaires du septième au neuvième jour de la maladie, un peu plus tôt dans les cas graves ; cette éruption s'accompagne d'une légère rémission, mais qui n'est pas comparable à celle des fièvres éruptives. Cette période correspond au premier septénaire.

Période (Tétât. — Le mouvement fébrile a atteint une grande intensité. Le pouls continue d'être mou et assez grand; souvent dicrote, il bat 110, 120, 130 fois par minute ; la chaleur, acre et sèche, atteint et dépasse 40 degrés. La prostration et la stupeur sont très-prononcées. Les malades immobiles, couchés sur le dos, coulent toujours vers le pied de leur lit; ils sont indiffé-

rents sur leur état et indifférents à ce qui se passe autour d'eux. La face est vultueuse et exprime la stupeur, puis vers le soir elle s'anime, les yeux deviennent brillants, le malade parle spontanément et bientôt il délire ; ce délire se prolonge toute la nuit, et, les premiers jours, cède vers le matin, puis il devient continu. En l'absence de complications, ce délire n'est jamais bruyant. Le malade semble dormir et cependant il parle et tient des discours sans suite. Cet état a reçu le nom de typhomanie, tant il est fréquent dans les typhus. Tantôt le délire prédomine sur le coma et alors le malade est agité et cherche à sortir de son lit; tantôt c'est le coma qui est plus marqué, et le malade reste immobile, plongé dans une somnolence interrompue de temps en temps par quelques paroles, qu'il marmotte entre ses dents. La diarrhée est plus abondante; elle est jaune-verdâtre, fétide. Les selles deviennent involontaires, soit par la paralysie plus ou moins complète du sphincter, soit seulement parce que les malades ont perdu la conscience de leurs actes. Les urines, que le malade oublie de rendre, sortent par regorgement, et. bientôt la vessie paralysée se distend énormément. Le ventre est ballonné d'une manière très-notable ; il n'est pas douloureux, ou au moins les malades ne perçoivent pas la douleur ; le gargouillement est très-prononcé ; la langue se sèche de plus en plus ; elle devient petite, noirâtre et tremblante ; les lèvres et les dents se recouvrent d'un enduit brun ; les narines sont pulvérulentes. L'affection thoracique se développe concurremment avec l'affection cérébrale et l'affection abdominale. C'est surtout la dyspnée qui caractérise cette période, cnr souvent la toux diminue d'une manière considérable, les malades ne percevant plus le stimulus qui excite à tousser ; mais l'auscultation permet d'entendre des râles sibilants, sous-crépitants et muqueux, plus ou moins abondants, et quelquefois des bruits de souffle disséminés, indice certain d'une bronchite fort intense. L'amaigrissement est encore peu sensible, la peau qui recouvre le sacrum et les grands trochanters rougit fortement, s'enflamme et présente déjà de petites eschares. Ces eschares commencent souvent par une éruption do boutons analogues à ceux de la variole. Nous devons encore signaler l'apparition des

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