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FIÈVRE TYPHOÏDE. — FORME COMMUNE

sudamma, éruption vésiculeuse de la grosseur d'un grain de millet, entièrement transparente, siégeant principalement sur les côtés du cou et sur le devant de la poitrine ; elle s'observe sur les deux tiers des malades. C'est à la fin de cette période que commencent à apparaître les accidents graves d'hémorrhagie intestinale, de perforation et de péritonite par propagation d'inflammation.

Cette période est un peu plus longue que la première et elle atteint habituellement le dix-septième jour.

3* période. — Lorsque le malade échappe aux dangers de la deuxième période, le 14e, 17? ou 20e jour le mouvement fébrile diminue; le pouls tombe de 10 à 20 pulsations et la chaleur de 1 ou 2 degrés. En même temps la langue s'humecte, les évacuations redeviennent volontaires, le délire cesse, la prostration et la stupeur diminuent. Le malade maigrit, sa face devient pâle, et souvent on constate une légère surdité. Habituellement les eschares s'accroissent encore pendant celte période et commencent à se détacher. Le 14°, le 17°, le 20« ou le 24e jour on observe presque constamment des évacuations critiques r épistaxis, hémorrhagies intestinales, sueurs, dépôt dans les urines ; et en même temps la fièvre cesse complètement, l'appétit se prononce, le sommeil est naturel et la convalescence commence, à moins que des affections consécutives pulmonaires, cérébrales ou abdominales, ne prolongent la maladie de plusieurs semaines.

Le tracé thermique est caractéristique dans la fièvre typhoïde. Pendant la lro période, période d augmenta l'ascension de la chaleur fébrile est progressivement ascendante ; mais avec des oscillations du soir au matin ; de telle manière que la température du second soir est plus élevée que celle du premier soir, et celle du second matin moins élevée que celle du premier soir, mais plus élevée que celle du premier matin. La chaleur suit ainsi une marche ascendante en échelon, et arrive du cinquième au septième jour au maximum thermique, c'est-à-dire entre 40 et 41 degrés.

Pendant la seconde période ou période d'état, la chaleur reste à

peu près stationnaire avec une Irès-petite différence du soir au matin, 4 à 6 dixième de degré ; le tracé thermométrique présente une sorte de plateau.

La 3e période, période de déclin s'annonce par une rémission plus marquée. Le matin la chaleur suit une marche en échelons descendante. Chaque matin la rémission est plus marquée, et l'augmentation du soir est moindre que«celle du soir précédent. La différence du soir et du matin s'accentue, le mouvement fébrile devient rémittent, il y a une différence d'un degré à un degré et demi entre le soir et le matin, 39 le soir, 37,5 le matin, puis la température du soir devient normale, et le cycle fébrile est terminé.

Avant de signaler les anomalies que peut présenter le tracé thermique de la fièvre typhoïde, retenons tout de suite sa valeur diagnostique : il suffit à distinguer, dès le début , la fièvre typhoïde de la pneumonie, de la synoque, de V éphémère et des fièvres éruptives, puisque c'est seulement dans la fièvre typhoïde qu'on observe une élévation thermique graduelle, et que dans les autres maladies l'élévation thermique est brusque et atteint 40 degrés dès le début.

A la fin de la première période, on observe habituellement une rémission considérable de 1 degré à 2 degrés et demi. Cette rémission ne dure guère que dix à douze heures.

A la fin de la période d'état on observe quelquefois des oscillations thermométriques exagérées d'un jour à l'autre, c'est le stade amphibole de Wunderlich , sa durée est de trois à huit jours.

Convalescence. — L'amaigrissement, la perte des forces, la desquamation do l'épiderme et la chute des cheveux, la diminution de la mémoire, sont des phénomènes constants dans la convalescence de la fièvre typhoïde. L'oubli plus ou moins complet des connaissances acquises antérieurement est un symptôme fréquent. L'appétit est développé, vorace même, et quand il ne survient pas d'accidents, les forces reviennent rapidement, et le rétablissement est complet après six semaines ou deux mois. La nutrition prend un surcroît d'activité ; les jeunes gens

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grandissent considérablement et prennent Souvent un embonpoint et une solidité de constitution plus considérable qu'avant la maladie. Les cheveux repoussent toujours.

La convalescence est semée d'accidents et de dangers : les principaux sont : l'entérite consécutive, les perforations, la péritonite, rarement les hémorrhagies intestinales, les vomissements incoercibles ; des phlegmasies diverses , pneumonie , pleurésie, encéphalite circonscrite ; l'œdème de la glotte avec ou sans la nécrose des cartilages ; les abcès multiples, la nécrose des os longs, la gangrène des membres, la paraplégie, la folie, la paralysie générale des aliénés, la démence.

Terminaison par la mort. — La mort survient habituellement dans la période d'état, mais elle peut encore arriver pendant la période décroissante et pendant la convalescence.

Dans la période d'état, la mort survient par accroissement du mouvement fébrile, par la prédominance de l'affection cérébrale ou de l'affection thoracique, par le cœur.

Mort par excès du mouvement fébrile. — Le mouvement fébrile augmente, la chaleur s'élève de plusieurs degrés, le pouls devient plus fréquent ; il est petit, misérable, la respiration s'accélère ; l'œil est éteint, la cornée troublée, la conjonctive rouge ; la prostration est excessive. A ce moment apparaissent les grincements de dents, les évacuations involontaires ; le pouls devient de plus en plus fréquent, inégal, trèsfaible ; puis la peau se refroidit et les malades succombent dans un état lipothymique.

Mais le médecin doit savoir que cet état extrêmement grave peut se prolonger jusqu'aux jours critiques et que les malades peuvent échapper à une mort qui semblait inévitable; le pronostic doit donc être excessivement réservé.

Mort par méningite. — Quand la mort arrive par la prédominance de l'affection cérébrale, le délire est violent, continuel, avec agitation excessive ; les malades doivent être contenus avec la camisole de force ; puis, tout à coup, ils tombent dans le coma et meurent rapidement. Souvent dans les derniers jours

on constate des paralysies partielles des muscles de la face, beaucoup plus rarement des convulsions.

Mort par broncho-pneumonie. — Quand les malades succombent à la broncho-pneumonie, la dyspnée s'accroît de jour en jour. La face prend une teinte asphyxique, la respiration devient bruyante, et les malades périssent dans l'asphyxie lente ou plus rapidement par syncope.

Mort par le cœur. — Cette mort, qui est due à l'altération des fibres musculaires du cœur, est subite ; elle est annoncée par la faiblesse considérable du pouls et des bruils cardiaques et un état lipothymique de plus en plus prononcé.

Mort dans la période de déclin et pendant la convalesoence. — Dans la période de déclin,* alors que les malades semblent marcher sûrement vers la guérison, la mort peut survenir par hémorrhagies intestinales, perforations, péritonites, pneumonie, encéphalite circonscrite ; plus tard, dans la convalescence confirmée, la diarrhée, les vomissements incoercibles, l'œdème de la glotte, la gangrène, les nécroses, les abcès, enfin des hémorrhagies et des perforations intestinales tardives, peuvent encore entraîner la mort.

Etude de quelques complications. — Nous devons revenir sur quelques-uns des accidents graves de la maladie qui n'ont été que mentionnés dans la description générale : hémorrhagies intestinales, perforations, 'péritonites, ulcérations de la cornée, œdème de la glotte et nécrose du larynx.

Hémorrhagies intestinales. — Elles sont produites soit par une simple exsudation à la surface de la muqueuse, soit par la perforation d'un vaisseau important. Les premières ne sont pas habituellement bien abondantes, elles sont répétées, le sang est noir et a subi un commencement de digestion. C'est le melœna. Cet accident n'est pas très-grave ; il est symptomatique dans la période d'état et critique dans la période de déclin.

L'hémorrhagie par ulcération d'un vaisseau important est un accident grave. L'hémorrhagie est abondante, le sang sort

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