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FIÈVRE INTERMITTENTE. — FORME PERNICIEUSE

début, et il y a des cas mortels au premier accès; mais d'autres fois les premiers accès ont une apparence de bénignité, et il est difficile de prévoir le danger dans lequel se trouve le malade. Quand le type est pseudo-continu, il est difficile de diagnostiquer, non-seulement la forme, mais la maladie elle-même ; dans ce cas, on reconnaîtra la fièvre intermittente aux carac-. tères suivants : le mouvement fébrile présente une rémission ; le commencement de l'accès est marqué par du refroidissement, très-souvent par des vomissements bilieux, sa fin est accompagnée de sueurs et d'urines critiques, avec un dépôt briqueté abondant.

lr0 catégorie. — Pernicieuse algide. — Le plus souvent l'algidité s'établit pendant le second stade, après une réaction plus ou moins forte; d'autres fois, elle s'établit d'emblée, sans frisson, après un ou plusieurs accès ordinaires. Trousseau dit qu'elle s'établit immédiatement après un grand frisson, mais je ne connais aucune observation où l'algidité ait suivi cette marche. Une fois établie, l'algidité ne cesse plus; elle peut se prolonger trois jours sans présenter aucun signe de réaction; elle se termine presque fatalement par 1 a mort. Le froid commence par les extrémités, le nez, la langue ; il envahit tout le corps et, comme dans le choléra, il descend au-dessous du froid cadavérique, puisque les corps se réchauffent après la mort; c'est un froid réel, absolu, constaté au thermomètre. Le pouls est faible, petit, rare, puis complètement éteint; le faciès est cadavérique; il y a aphonie complète, la connaissance est entièrement conservée et les malades éprouvent une sorte de bien-être qui se reflète sur leur physionomie; ce bien-être, l'air placide et heureux de ces malades les trompent et trompent le médecin peu expérimenté.

Cette variété est excessivement grave ; elle guérit très-rarement même avec le traitement le plus approprié. Quand la gué* rison a lieu, la réaction est quelquefois excessive* On a dit à tort que la fièvre algide était propre aux pays chauds, je l'aï observée en Poitou, à Nantes et même à Paris.

Pernicieuse sudorale. — Le dernier stade s'exagère; la

sueur constitue une véritable inondation; puis elle se refroidit, en même temps que le pouls qui devait être grand pendant la sueur, est de plus en plus petit et très-fréquent. Il faiblit rapidement; la respiration devient haute, le faciès hippocratique, et les malades succombent très-vite, soit après un petit nombre d'accès, soit après le premier.

2° catégorie. — Pernicieuse comateuse. — Dans cette variété appelée encore apoplectique, le coma apparaît habituellement pendant le deuxième stade; quelquefois dès le premier. Habituellement il y a seulement somnolence dans les premiers accès, puis coma dans les suivants, et enfin carus profond. Le pouls est fort et plein, la chaleur excessive ; dans l'intervalle des accès il y a tendance au sommeil. Cette variété s'unit quelquefois à la pernicieuse convulsive.

Pernicieuse délirante ou phrénétique. — Le délire apparaît pendant le deuxième stade et il va en augmentant à chaque accès. La céphalalgie, les vomissements et la constipation sont très-marqués dans cette variété; le pouls est grand et dur ; plus tard apparaissent les soupirs, les hoquets, les soubresauts des tendons, les évacuations involontaires, avec un pouls petit et fréquent, et la mort survient comme dans la méningite.

Pernicieuse convulsive. — Tantôt tétanique, tantôt éclamptique, les convulsions surviennent pendant le frisson ou pendant la période d'état. Souvent cette variété apparaît avec l'une des deux précédentes.

Pernicieuse syncopale. — Cette variété est très-grave; elle est caractérisée par un état lipothymique allant quelquefois jusqu'à la syncope. Cet accident peut se montrer à tous les stades. Le pouls est petit, faible, défaillant; le malade ne peut faire aucun mouvement sans se trouver mal ; quelques-uns accusent un sentiment de froid partant du cœur et s'étendant le long des vaisseaux; d'autres ont une douleur à la pointe du cœur.

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