‹ Elements de minéralogie, de géologie et de botanique [microforme] (volume 2)Chapitre 100 sur 124 · AT EE MERE · texte numérisé non relu

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permet aux sucs de la plante de parcourir tout le limbe et d’y venir en contact avec l’air. Ce contact ne ge fait cependant que par endosmose, à travers la paroi des vaisseaux.

Les mailles de ce réseau vasculaire sont occupées par tissu cellulaire, toujours gorgé de chloroph t qui offre une consistance bien différente sui, ut qu’on l’examine sur le dessus ou le revers de la feuille. Le tissu supérieur est ferme, composé de cellules intimement unies les unes aux autres et ne laissant que très peu d’espace libre. Sur le revers au contraire, les cellules sont très irrégulières, de manière à laisser entre elles de vastes et nombreux méats, dans lesquels l'air intérieur pénètre et circule avec facilité, fig. 181.

Fig. 181.

Cette circulation de l’air joue un rôle majeur dans la végétation. Sans elle il n’y aurait pas de respiration parfaite et la vie des plantes en souffrirait.

Enfin, dans les plantes terrestres, les deux côtés de la feuille sont recouverts d’une lame d’épiderme littéralement criblée de stomates. Ceux-ci abondent particulièrement à la surface inférieure. Ils corres-

Fig. 181.—Tissus cellulaires pris dans la feuille du pissenlit & et du mil a,

pondent toujours exactement aux nombreux méats intercellulaires, et constituent les ouvertures par lesquels les gaz pénètrent dans les feuilles et en sortent. Ce sont surtout ces stomates qui donnent au revers de la feuiile la teinte plus pâle qui le caractérise.

Les feuilles des plantes submergées sont beaucoup plus simples. Souvent elles ne se composent que d’une masse de cellules, sans fibres ni vaisseaux et recouverte par une cuticule très mince. Des cellules légérement allongées tiennent lieu de vaisseaux.

PARTIES DE LA FEUILLE.—Presque toujours, les feuilles renferment deux parties. L’une cylindrique, rétrécie et présentant une assez grande tenacité.

Fig. 182.

C’est celle qui s'échappe de la tige tout en lui restant unie par une de ses extrémités. On l'appelle le

Fig. 182.—b, feuilles d'érable, pétiole articulé et limbe; a, feuille peltée,

x méats ures par es et en donnent le carac-

)eaucoup sent que sseaux et s cellules aux.

ours, les indrique, tenacité.

pétiole, a, b fig. 182. Il est formé par ce faisceau fibro-vasculaire dont nous avons parlé dans létude de la structure anatomique de la feuille. Le pétiole est généralement cylindrique. Quelquefois une gouttière règne à la partie supérieure, il est alors canaliculé. Dans les feuilles du tremble le pétiole est aplati perpendiculairement au plan du limbe, ce qui explique le mouvement si facile de ces feuilles au moindre courant d'air.

Le pétiole est fixé par un bout au ramrau, l’autre est soudé au limbe qui est la partie plane et mince de la feuille. Le plus souvent il est fixé à la base du limbe ; quelquefois cependant il est fixé au centre, la feuille est alors dite peltée, a fig. 182. Quelquefois le pétiole traverse le limbe ; la feuille est perfoliée. Il arrive encore qu’au point de soudure du rameau et du pétiole, ce dernier subit une espèce d’étranglement surmonté d’un bourrelet ; ces feuilles sont articulées, b fig. 182. Elles tombent généralement plus tôt que les autres l’automne.

Quand le pétiole manque, le limbe repose immédiatement sur le rameau et la feuille est sessile. En général, on dit qu’un organe est sessile quand il n’a pas son support ordinaire.

CTAÎNES ET STIPULES.—Dans plusieurs plantes, il arrive que le faisceau vasculaire qui s'échappe du rameau pour se distribuer dans la feuille, se dilate dès sa sortie en expansion foliacée. Alors, ou bien il entoure la tige au point d’insertion de la feuille : feuille amplexicaule, ou bien il forme un tube ou gaîne qui se prolonge sur une longueur variable le

long du rameau: feuille engainante. Cette gaîne est quelquefois entière, d fig, 183, c’est-à-dire forme un véritable tube continu ; quelquefois elle est

Fig. 183. | ie

\ lin

fendue dans toute sa longueur. Le plus souvent, on ! dit

voit, où le limbe proprement dit quitte la gaîne, À al une ligne saillante plus ou moins velue qu’on !

, h pe

appelle ligul, e fig. 183. 7

Cette expansion latérale des faisceaux vasculaires | du pétiole n’atteint pas toujours un degré tel qu’elle

entoure complètement la tige. Quelquefois ilnese | “

produit que deux petites ailettes vertes, fixées à la À de

a . k es

| ul

Fig. 183.—a, feuille de rosier, stipulée ; b, ce, formes diverses de $ got

stipules ; d, feuille engaînante, gaîne entière; e, gaîne fendue, si

ligule.

etes - : " Ses

te gaîne re forme elle est

tige ou au pétiole. On les désigne sous le nom de stipules, a, b, c fig. 183. Les stipules ont des formes et des dimensions qui varient à l'infini. Il est rare que les stipules qui ne sont soudées ni avec le rameau, ni avec le pétiole, persistent longtemps sur la plante. Elles tombent de bonne heure en laissant une petite cicatrice qui témoigne seule de leur existence. Les stipules des rumex sont soudées l’une à l’autre quand la feuille apparaît et forment alors une véritable gaîne qu’on appelle ochréa. Ce n’est que plus tard qu’elles se séparent pour prendre l’apparence des stipules ordinaires.

Les stipules n’existent pas chez les monocotylédones, et, chez les dicotylédones, on les trouve dans quelques familles, par exemple, les tiliacées, les rosacées, etc.; elles n’existent pas chez les labiées, les crucifères, etc.

Nervation—La manière dont les différents faisceaux vasculaires du pétiole se distribuent dans le limbe constitue la nervation des feuilles. Parmi les différentes nervures, il y en a généralement une qui est plus apparente que les autres et’ qui occupe à peu près le milieu de la feuille, c’est la nervure médiane, les autres sont les nervures latérales.

De la distribution des nervures on peut tirer des

| caractères qui, sauf deux ou trois exceptions, font

| distinguer du premier coup d’œil les dicotylédones des monocotylédones.

| vures sont fortement ramifiées et courent en tous . sens dans le limbe.

| restent sensiblement parallèles. Il est facile de se

Dans les premières, les ner-

Dans les secondes, les nervures

convaincre de la généralité de cette loi en comparant la feuille de l’un quelconque de nos arbres à feuilles caduques (dicotylédone) avec celle du maïs ou d’un autre graminée (monocotylédone).

Dans le cas de nervation ramifiée divergente, la disposition des nervures dans le limbe est très variable. Elle peut cependant se rapporter à quatre types principaux.

Fig. 184.

Le cas le plus simple est celui d’une nervure unique, médiane, qui ne se ramifie pas: la feuille est

Fig. 184.—Types de nervations des feuilles ; a, d, feuilles penninerve; b, feuille uninerve ; c, feuille curvinerve.

omparant à feuilles 8 ou d’un

rgente, la

st très var À quatre

ryvure unifeuille est

feuilles pen-

uninerve. C’est le cas pour la plupart des conifères, pin, sapin, épinette, b fig. 184. Le limbe reste très étroit et la feuille est aciculaire. Il n’est pas rare que ces feuilles soient réunies deux à deux ou en groupes plus nombreux ; on dit alors qu’elles sont fasciculées.

Ailleurs la nervure médiane se ramifie. Elle forme de chaque côté des nervures secondaires qui s’insèrent sur elle comme les barbes sur le tuyau d’une plume, a fig. 184. La nervation est pennée et la feuille est penninerve (tilleul, orme, merisier).

Si le pétiole, au point où il s'attache au limbe, s’'épanouit en un nombre impair de nervures divergentes, dont l’une est médiane et dont les autres

| vont décroissant en volume de chaque côté comme | les doigts de la main, la nervation est palmée et la

feuille palminerve (érable, vigne) b fig. 182. Le développement plus ou moins considérable, plus ou moins régulier de ces nervures latérales donne à la feuille un nombre très considérable de formes différentes.

Enfin, si au sortir de la tige ou de la gaîne, un

certain nombre de nervures, dont une un peu plus

forte et médiane, cheminent parallèlement les unes aux autres de la base du limbe au sommet, la nervation est parallèle et la feuille est rectinerve (grami-

> nées, narcisse, jacinthe). Le limbe s’allonge alors } souvent en forme de ruban, e fig. 183. La feuille est

curvinerve, quand les nervures sont arquées en de-

dans ct se réunissent au sommet, c fig. 184.

Découpures du limbe.—Nous avons dit plus haut

L que la distribution des nervures avait une grande

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influence sur la formt du”limbe, elle en a une non moins grande sur le caractère de la ligne qui le limite, Quelquefois le bord du lirabe”est “onvexe en tous points, sans aucune trace d’angles rentrants : limbe entier (lilas, nénuphar), a, cfig. 184.

Dans le cas d’une feuille à nervation pennée, le eontour peut n’entrer que faiblement entre les nervures latérales, en découpart autour de leurs sommets ou des arcs de cercles ou des dents aigues ; le limbe est vcrénelé dans le premier cas (pensée), denté dans le second (hêtre, rosier), a fig. 188, S'il rentre jusqu’au milieu de 14 longueur des nervüres latérales, les dents profondes qui en résultent sont des lobes et le limbe est lobé (chêne, érable), d fig. 184. Si la division rentre jusqu’au voisinage de la nervure médiane, le lobe devient une partition et le limbe est partit (coquelicot). Enfin si elle atteint la nervure médiane, chaque lobe devient un segment et le limbe est sequé (aigremoïine).

Pour exprimer d’un seul mot le mode de nerva-

tion du limbe et son mode de découpure, on dira &

mn 22,

que la feuille est pennidentée, nennilobée, pennipartite, }

penniséquéc, palmidentée, palmilohée, palmipartite, et R

palmiséquée.

On dit encore qu'une feuille est disséquée lorsque

le iimbe est réduit à peu près exclusivement à ses £

nervures (mille-feuilles), laciniée quand le limbe est lobé irré;;ulièrement (pissenlit).

FORME DEs FEUILLES.—[L4 forme des feuilles varie

beaucoup d’une plante à l’autre, Elles peuvent être R

une non le limite.

> en tous 8 : limbe

aciculaires (pin), linéuires (céréales), lancéolées (laurier-rose), ovales. (cerisier à grappes), “Wiptiques (érythrone), cordées (lilas), réniformes (azaret du Canada), sagittée (sagittaire), ete., a, b, c fig. 185. Quelques

ennée, le e les nerurs s0omigues ; le (pensée),

fig. 188.

r des ner- | résultent érable), d isinage de partition et lle atteint n segment

Fig. 185.

feuilles ont des formes très irrégulières, et qui diffèrent comp'ètement de celles que nous venons de ! mentionner, Telle est la feuille de la sarracénie, de Ù la dionée, ete. On désigne ces feuilles en les appe- > lant feuilles anomales.

) Feuilles simples et composées.—Le pétiole produit } souvent de chaque côté une série de pétioles secon- } daires terminés chacun par un limbe, Chacun de } ceux-ci avec son pétiole est une ‘liole, et alors la feuille est dite composée. Ces périoles secondaires peuvent à leur tour se ramifier une deuxième et une troisième fois, leurs ramifications étant toujours terminées par une foliole. De ià la distinction de

de nervae, on dira nnipartile, partite, et

ée lorsque nent à ses limbe est

les varie

Fig. 185.—a Feuille réniforme ; b cordée ; e sagittée.

es GE

feuilles simples, composées, décomposées et surdécomposées, suivant qu’il y a un, deux, trois ou quatre systèmes de pétioles.

Si les pitioles s’échelonnent en deux rangées le long du pétiole primaire, la ramification est pennée et la feuille est composée pennée, a fig. 186, bipennée

Fig. 186.

ou tripennée. Si les folioles naissent par paires à la même hauteur, la feuille est oppositipennée, autrement elle est al/ernipennée.

Si les pétioles secondaires, insérés tous au même point, divergent en décroissant de taille à droite et à gauche à partir du prolongement du pétiole pri- & maire, la feuille est composée palmée, b fig. 186. Elle à peut, comme la feuille composée pennée, avoir deux À ou trois séries de péticles.

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