CHAPITRE CINQUIEME
Greffe,
Il est quelquefois possible de faire développer un rameau ou un bourgeon en le séparant de l’individu qui l’a produit, pourvu qu’on l’insère sur un autre de telle manière qu’il puisse vivre aux dépens des sucs de ce dernier. Cette opération s'appelle greffe. Le bourgeon ou le rameau que l’on transporte est la greffe, et l'individu sur lequel on le fixe porte le nom de sujet. il
Plusieurs conditions sont nécessaires pour la réussite de la greffe. Il faut d’abord mettre à l’abri de l’air les parties vitales de la greffe et du sujet, de manière à éviter toute altération capable de les détruire. En outre une certaine ressemblance d’organisation est également nécessaire ; on greffe facilement espèce sur espèce, plus difficilement genre sur genre, mais jamais la greffe ne réussit entre des plantes de familles différentes. Enfin, il faut réaliser aussi parfaitement que possible le contact des tissus dans lesquels se fait le développement organique de la greffe et du sujet, de telle sorte que les sucs nutritifs puissent passer facilement et en abondance de l’un dans l'autre. C’est donc la partie interne de l'écorce, siège principal de la vie des tiges, comme nous le verrons plus tard, qu’on doit faire communiquer ensemble. Ajoutons qu'il faut fai:: la greffe au moment où le sujet et la greffe sont à une même phase de végétation.
La greffe exerce une influence très marquée sur les fruits des arbres. Elle les améliore. Et de fait, tous les arbres fruitiers doivent la qualité de leurs fruits aux greffes multipliées auxquelles ils ont été soumis. On dirait qu’il se forme au point de soudure
opper un de la greffe et du sujet, comme un réseau qui gêne la ’individu sève dans sa circulation et ne laisse passer que la un autre partie la plus riche, employée surtout au développeépens des ment du fruit. Aussi les arbres greffés sont-ils touelle greffe. jours moins forts en bois, plus petits en dimensions, rte est la moins vigoureux et moins robustes ; mais, en revanrte le nom che, leurs produits sont bien supérieurs. Il y a plusieurs manières de greffer. On peut lier ar la réus- ou souder deux branches l’une à l’autre, ou bien à l'abri de greffer un rameau ou un simple bourgeon sur le susujet, de jet, ou encore fixer plusieurs greffes différentes sur de les dé- un même sujet. Toutes ces opérations sont plus spéd’organi- cialement du ressort de l’horticulture, nous les laisse-
acilement sur genre,
rons ici de côté.
itifs puis- CHAPITRE SIXIEME.
l’un dans La feuille,
Les feuilles sont des expansions latérales des tiges. Elles sont le plus souvent planes et de couleur verte, Cependant, sur une même plante, elles affectent des formes bien différentes suivant qu’on les examine à
différentes hauteurs le long de la tige. A la base elles ont toujours un contour très simple, mais à mesure que l’on atteint des niveaux plus élevés, leur apparence varie. Leur contour se découpe, leur couleur même se modifie, et, dans la fleur, elles revêtent des formes tellement étranges qu’on éprouve de la difficulté à regarder les différents verticilles floraux comme n'étant composés que de feuilles modifiées.
STRUCTURE ANATOMIQUE DE LA FEUILLE.—La feuilie renferme les trois éléments histologiques des plantes : cellules, fibres et vaisseaux. Dans la partie la plus voisine du rameau, elle ne se compose guère que d’un gros faisceau fibro-vasculaire qui s'échappe latéralement pour aller s'épanouir dans la partie plane de la feuille.
Les vaisseaux et les fibres conservent dans ce faisceau la position relative qu'ils avaient dans la tige. Et comme dans celle-ci les trachées occupaient la partie intérienre de l’étui médullaire et étaient soudées aux fausses trachées et ensuite aux vaisseaux laticifères, le côté supérieur du faisceau est occupé par des trachées, au-dessous sont de fausses trachées et à la partie inférieure qui correspond au revers de la feuille, se trouvent les vaisseaux laticifères. Ces différents systèmes de vaisseaux sont toujours entourés par des masses de fibres qui leur servent de support et les unissent les uns aux autres.
Le faisceau vasculaire se subdivise, se ramifie, dans la partie plane de la feuille. Il y constitue ce que l’on appelle les nervures, véritable dentelle qui
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