CHAPITRE QUATRIEME. fi
Epoque cénozoique,
Lyell partage l’époque cénozoïque en eocène, mio: Le cène et plivcène. M. J.-D. Dana, la divise en Lignitique, Les Alabama, Yorktown et Sumter. le
C’est durant le cénozoïque que notre continent se} M complète. Les Montagnes Rocheuses se forment défi nitivement et atteignent peu à peu le niveau qu’elles ont maintenant. Les côtes continentales se dévelop
Fig, 155.
pent, et à la fin de l’époque, l'Amérique du Nord apparait telle que nous la voyons aujourd’hui. La
Fig. 155.—Amérique cénozoïque.
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figure 155 représente le continent américain du nord à l’époque cénozoïque,
La vie végétale et animale se rapproche décidément de celle qui nous est contemporaine. Parmi les arbres on trouve les chênes, les saules,les peupliers, les érables, les palmiers, les magnolias, etc. Dans le règne animale existe un grand dévelopement de mammifères. Les oiseaux n’ont plus la queue de
Fig. 156.
leurs prédécesseurs mésozoïques, mais ressemblent aux espèces actuelles. Chez les mammifères apparaissent les premières baleines, les premiers herbivores, fig. 156, les carnivores, les rongeurs et les singes. Dans les lits miocènes se trouvent des ossements fossiles d’hyènes, de chiens, de panthères, de rhinocéros, de
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Fig. 156.—Xiphodon gracile.
tapirs, de chevaux, etc. Le pliocène renferme des restes d’éléphants, de mastodontes, de renarüs, de loups, etc. ‘C’est durant cette époque que se forment les Montagnes Rocheuses. En Europe et en Asie, on voit aussi surgir de puissants massifs mon‘agneux. Les Alpes, les Pyrénées, les monts ‘Carpathes, les monts Himalayas, sont de l’époque cénozoique. :
- CHAPITRE CINQUIÈME. - Epoque -quaternire,
L'époque quaternaire offre: pour nous :un ‘intérêt | particulier, car c’est alors .que -se sont ‘formés les sables, les graviers et les glaises, qui recouvrent partout les formations siluriennes ét qui ‘constituent notre sclarable. Dans la Province de Québec, nous n'avons donc que les deux extrémités de la série des terrains géologiques ; les plus anciens : terrains 6ozoïques et paléozoïiques, et les plus récents: terrains quaternaires.
L'époque quaternaire se partage en trois étages: l'étage glaciaire, l'étage Champlain et l'étage des terrasses Où récent.
ETAGE GLACIAIRE.—Durant cette période on cons-
tate qu’une quantité énorme de substances minérales et terreuses fut transportée du nord vers le sud, dans
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les pays septentrionaux. C’étaient des argiles, des sables, des graviers, des galets, quelquefois des troncs ou des branches d'arbre. Ces matières sont maintenant distribuées pêle-mêle, stratifiées ou non, à la surface des continents. Elles ne contiennent jamais de fossiles marins. La Province de Québec, surtout la grande plaine qui en occupe le ‘entre, est recouvefte par une épaisseur considérable de ces matériaux de transport. La plupart des cailloux perdus des champs viennent des Laurentides.
Les cailloux transportés ainsi ont quelquefois des volumes énormes. On en a mesurés de 20 ou 80 pieds de dimension en tous sens et pesant des millions de livres. En général la direction de ces mouvements a été du nord vers le sud ou le sud-ouest, quelquefois vers le sud-est. Les matériaux ont: été transportés à travers les grands lacs de l’ouest, aussi
! bien qu’à travers les plaines ordinaires. Quant à la
distance à laquelle ces transports se sont faits, elle dépasse quelquefois 200 milles.
Striage.—Les surfaces rocheuses sur lesquelles s’0péraient ces mouvements ont été polies, ar:'ondies en roches moutonnées ; leur surface s’est recouverte de stries, indiquant la direction du mouvement. On trouve ces stries dans les montagnes, à plus de 5000 pieds au-dessus du niveau de la mer.
Glacier continental.—La cause de tous ces effets a été une immense surface de glace, un immense glacier, recouvrant complètement les contrées septentrionales de l’hémisphère nord et coulant vers le sud. .En effet, les glaciers des Alpes produisent encore aujourd’hui les mêmes résultats, et il est rai-
sénnable d'attribuer à des causes analogties des effets de même nature. Les hauteurs auxquelles on trouve maintenant les stries glaciaires (4 ou 5000 pieds), font donner à la masse de glace une épaisseur énorme. Si les glaciers actuels, qui ne dépassent guère quelques centaines de pieds d'épaisseur, modifient si profondément les surfaces sur lesquelles ils coulent, que ne pouvait pas faire alors le poids immense du glacier continental ? Sans aucun doute, il y a là une cause suffisante pour expliquer tous les phénomènes que nous constatons dans cet étage du quaternaire, Les lits antérieurs ont donc dû être broyés, pulvérisés ; leurs débris. entraînés par le courant glacial, se sont déposés ça et là, et ont formé le sol que nous cultivons maintenant.
Les banquises d’alors ont aussi contribué à transporter une certaine quantité de terre et de pierres, du nord vers le sud.
ETAGE CHAMPLAIN.—Cette période a été caractérisée par une dépression des continents septentrionaux, assez considérable pour permettre le dépôt de fossiles marins à des endroits maintenant élevés de près de 1000 pieds au-dessus du niveau de la mer. Le climat devint plus chaud que durant la période précédente ; ce fut la cause de la fusion du glacier continental. Les eaux qui en résultèrent recouvrirent une grande partie du continent, remanièrent les détritus rocheux distribués sans ordre par le courant glacial primitif, pour les déposer ensuite sous forme | d’alluvions plus ou moins régulièrement stratifiées. À ces eaux douces, nous devons ajouter l'océan,
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qui, grâce à l’affaissement de la surface continentale,
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remaniant lui aussi)les
détritus de !Pépoque
glaciaire, et laissant çà
et là des amas de co-
quillages marins, fig.