‹ Elements de minéralogie, de géologie et de botanique [microforme] (volume 2)Chapitre 87 sur 124 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Tissu cellulaire,

Les cellules sont de petites vésicules complètement closes. |

La réunion des cellules constitue ce qu’on appelle le tissu cellulaire. Elles sont maintenues réunies par une matière spéciale appelée matière intercellaire. Celle-ci est soluble dans l’eau bouillante et dans l’acide nitrique étendue.

FormEe.—Les cellules jeunes sont généralement arrondies, a fig. 158. Bientôt, leur aombre augmentant, elles se pressent les unes les autres et prennent des formes polyédriques plus ou moins régulières. Une section d’un tel tissu cellulaire présente une série de polygones géométriques à quatre, cinq ou six côtés, et offre une certaine analogie avec les alvéoles d’un rayon de miel, b fig. 158.

Les cellules ont #ncore quelquefois d’autres formes, souvent fort irrégulières. On en rencontre à contours sinueux dans l’épiderme d’un grand nombre de plantes, c fig. 158 ; ailleurs elles sont radiées ou ramifiées, e, f fig. 158. Les cellules du revers des feuilles sont remarquables pour l’irrégularité de leurs formes.

Méars.—Entre les cellules se trouvent des espaces vides appelés méats ou espaces intercellulaires, m fig. 158. Ces méats, qui existent nécessairement chaque fois que les cellules sont sphériques, se rencontrent

000 ee

eiicore parmi les cellules polyédriques. Ils sont le plus souvent remplis d’air et servent ainsi À distribuer les gaz dans l'épaisseur des tissus végétaux.

Fig. 158.

Au microscope, ils présentent, s’ils sont vides, l’apparence de points obscurs.

Lorsque les cellules voisines se déchirent et se détruisent les méats s’agrandissent et constituent ce qu’on appelle plus spécialement des lacunes. Les tiges fistuleuses de plusieurs plantes, des graminées entre autres, doivent leur structure tubuleuse à des lacunes de ce genre.

INCRUSTATION.—-La membrane cellulaire, d’abord

Fig, 158.—Formes diverses des celiules, a cellules sphériques avec méat; b cellules polygonales avec noyau ; c cellules irrégulières; d cellules allongées:; e cellule radiées ; f cellules ramifiée (Van Tieghem).

ls sont le | à distrivégétaux.

ides, l’ap-

tet se détituent ce mes. Les praminées euse À des

e, d’abord

sphériques ules irrégulules rami-

très mince, ne tarde pas quelquefois à s’épaissir. Ce phénomène se produit particulièrement aux endroits où le tissu cellulaire acquiert une grande dureté, comme dans les noyaux des fruits. L’épaississement de la membrane résulte de la formation &e couches qui se déposent successivement à l’intérieur de la paroi primitive, fig.

159. Ces dépots se renouvell.nt à plusieurs reprises et la cavité cellulaire est bientôt réduite à un minimum, quelquefois même elle disparaît complètement. Certains points de la membrane cellulaire sont incapables de s’assimiler ainsi les liquides de la cellule, alors les dépots ne s’y produisent pas et la membrane reste mince. Ki an examine au microscope l'extérieur d’une telle

Fig. 159,

Fig. 140,

cellule, on verra des taches ou des lignes plus pâles

Fig. 159.—a Cellules incrustée tirée de la noisette ; b cellules du périsperme des pepins de pomme.

Fig. 160.—a Cellules ponctuées de la moelle dé sureau ; b cellules rayées ; e cellules réticulées des anthères du frêne,

correspondant à ces solucions de continuité dans les couches incrustantes. Ce sont ces particularités qui font donner aux cellules le qualificatif de ponctuées, rayées, réticulés, fig. 160, suivant l’apparence que présentent ces lignes moins foncées.

COMPOSITION CHIMIQUE DE LA MEMBRANE CELLU- LAIRE. —La membrane cellulaire se compose toujours de cellulose. Cependant, grâce à l’incrustation, elle s’imprégne souvent de plusieurs autres principes immédiats.

MATIÈRES LIQUIDES ET SOLIDES QUE, RENFERMENT LES CELLULES.—La principale matière liquide des cellules est le protoplasma. C’est le liquide vivant des cellules. Substance azotée, mucilagineuse, il remplit complètement les jeunes cellules. Plus tard on y voit apparaître des cavités qui se gonflent du suc cellulaire proprement dit. Alors le protoplasma se condense sur la paroi cellulaire et apparaît au microscope sous la forme de courants qui existent tant que dure la vie de la cellule. Ce réseau protoplasmique intérieur change assez souvent dans une même cellule, mais les courants qui le composent viennent toujours passer par un point appelé noyau et qui joue un rôle très important dans les cellules vivantes.

Les cellules contiennent encore de l’eau, des huiles essentielles ou fixes, des dissolutions gommeuses, etc. Lorsque les cellules ne renferment pas de matières liquides, leur vie est regardée comme éteinte ou au moins suspendue,

é dans les arités qui ponctuées, e que pré-

NE CELLUe toujours ation, elle

principes

NFERMENT quide des ide vivant vineuse, il

Plus tard ent du suc bplasma se aît au miistent tant protoplasdans une ‘0m posent pelé noyau es cellules

des huiles euses, etc.

matières te ou au

sont très nombreuses.

Les matières solides contenues dans les cellules En premier lieu vient le nucleus ou noyau. C’est un corps lenticulaire le plus souvent appliqué sur la paroi cellulaire, b fig. 158. On le dirait souvent composé d’une masse de petits globules agglomérés ensemble. Il joue un rôle important dans la multiplication des cellules.

Chlorophylle.—C'est la matière verte des plantes. On la rencontre à l’état amorphe ou sous forme de petits grains, fig. 161. Dans une plante toute jeune

Fig. 161.

la chlorophylile n’existe pas. Les cellules se gorgent d’abord de xanthophylle, matière colorante jaune et plus tard apparaît la chlorophylle proprement dite, lorsque les rayons du soleil agissent directement sur les tissus de la plante. La nécessité de l’action directe des rayons solaires pour provoquer le développement de la chlorophylle explique pourquoi on blanchit les plantes en les faisant pousser à l’abri de la lumière.

Fig. 161.—a Cellules à chlorophylle prises dans la feuille du mil ; b cellule plus agrandie pour montrer la disposition des grains de chlorophylle ; c cellules sous-épidermiques de la feuille du pissenlit,

La chlorophylle est soluble dans l'alcool. Des feuilles plongées dans ce liquide se décolorent et l’alcool prend une belle teinte verte. Pour conserver ces dissolutions il faut les mettre à l’abri de la lumière. La chlorophylle donne un spectre d’absorption très sensible et très caractéristique.

La chlorophylle est moins fixe que la xanthophylle. Aussi les feuilles se colorent-elles en un jaune plus ou moins vif au moment où elles meurent. De même les plantes des herbiers prennent une teinte analogue pendant le desséchement, surtout si l'opération a été faite sans précaution.

Amidon.— On le rencontre sous forme de corpuscules incolores, le plus souvent arrondis avec des dimensions et des formes qui varient d’une plante à l’autre, fig. 162. Chaque grain d’amidon présente sur

Fig. 162.

sa surface un point ou une ligne obscure qu’on appelle le Aile. Ce hile correspond à une solution de continuité dans la membrane amilacée, et c’est par là que se forme en dedans et en dehors du petit

Fig. 162.—Grains d’amidon. «a Amidon de pomme de terre b cellule remplie de grains d’amidon et d’alenronne ; e amidon de maïs; d amidon de fêve,

ool. Des lorent et conserver | de la lud’absorp-

,y xanthoes en un bles meuprennent nent, suron.

le corpus- , avec des e plante à résente sur

qu’on applution de t c’est par du petit

me de terre es € amidon |

grain primitif la série des couches successives qui existent toujours dans un grain d’amidon parfait.

L’amidon se rencontre dans presque toutes les parties des végétaux, dans les racines, les tubercules, les tiges, les feuilles et les fruits. Son rôle le plus important est de constituer comme des ré<ervoirs de provisions, où les plantes peuvent dans certains cas puiser leur nourriture.

La forme et les dimensions des grains varient d’une plante à l’autre, mais elles sont à peu près invariables pour une même plante. Il est donc facile de distinguer les amidons de diverses provenances qu'on aurait mélangés ensemble.

L’inuline et l’aleurone sont des substances qui ont beaucoup ü’analogie avec l’amidon, mais qui se trouvent en grains plus petits et qui ont des caractères chimiques particuliers, b fig. 162.

Cristaux.—Les cristaux résultent de la solidification des sels que renferment les plantes ; ces sels, les plantes lea produisent en combinant les acides organiques qu’elles renferment avec les substances basiques qu’elles puisent dans le sol. Grâce à la tranquillité absolue du milieu, les dissolutions salines prennent des formes cristallines très régulières. Ces formes sont quelquefois déterminables cristallographiquement, mais souvent cela est impossible. Tel est le cas entre autres pour les raphides, masses de cristaux aciculaires entassés parallèlement les uns aux autres dans une cellule, et qui sont d’une ténuité extrême.

La présence des cristaux dans une cellule indique

que la vie en est disparue ou est sur le point de s’éteindre.

Parmi les autres matières solides des cellules, nous mentionnerous le gluten qui se trouve dans les cellules des céréales et qui donne du liant aux pâtes que l’on fait avec leurs farines.

Multiplication des cellules.—Ce phénomène ne se produit que dans les tissus, jeunes, pleins de vie, et dans lesquels le protoplasma existe avec toutes ses propriétés caractéristiques. La multiplication peut se produire de deux manières: par division et par cloisonnement. Ces deux expressions se rapportent à la partition du protoplasma qui est la partie importante des cellules.

1° Par division.—On voit quelquefois toute la masse protoplasmique se concentrer en un globule arrondi, puis ce globule s’étrangle et au bout de quelques minutes, il se sépare en deux masses distinctes qui se dédoubleront à leur tour lorsque la nutrition leur aura rerdu leur dimension primitive. Aïlleurs le noyau, primitivement unique, se sépare en deux ou plusieurs noyaux secondaires. Chacun de ceux-ci s’entourent d’une certaine quantité de protoplasma aux dépens de la masse primitive. Puis une membrane de cellulose se forme autour de chacune de ces agglomérations et les cellules sont complètes. Cette multiplication ne se produit guère que dans les organes de fructification des plantes inférieures.

2° Par cloisonnement.—Dans la masse du proto-} plasma on voit apparaître une ou plusieurs rangées

oint de s’é- !

lules, nous ns les cel- , aux pâtes

iène ne. 8e 18 de vie, et , toutes ses cation peut sion et par rapportent à partie im-

s toute la , un globule au bout de masses dis-

lorsque la n primitive.

e, se sépare ks, Chacun quantité de

primitive.

e autour de bllules sont oduit guère

plantes in-

du protors rangées

de petits granules qui finissent bientôt par atteindre les parois diamètralement opposées de la cellule mère, À un moment donné ils disparaissent comme granules et se fusionnent en une membrane continue qui forme une cloison complète. La cellule primitive est alors résolue en deux ou plusieurs jeunes cellules qui, plus tard, se cloisonneront à leur tour. On rencontre d’innombrables exemples de ce mode de multiplication, dans le dévelopement de l’embryon, dans les tiges, les feuilles et les racines.

La multiplication des cellules se fait quelquefois avec une rapidité prodigieuse. Il est certain fruit où le nombre des ceilules doit augmenter de plusieurs millions par heure.

Le tissu cellulaire constitue toutes les parties molles des plantes. On lui donne souvent le nom de parenchyme. Cependant, il peut prendre une

consistance très dure, lorsque les cellules sont fortement incrustées.

sm

Page 1