CHAPITRE DEUXIEME
Tissu fibreux,
La fibre est une cellule allongée, fig. 163.
Formes et dureté.—Les fibres sont toujours terminées en pointe à leur deux extrémités. Leurs parois présentent des ponctuations analogues à celles des
cellules et dues à la même. cause, à l’incrustation. Celle-ci est généralement plus complète que dans la plupart des cellules, aussi le tissu fibreux est-il beaucoup plus tenace que le tissu cellulaire. Les fibres doivent donc être d’autant plus dures que leurs parois sont plus épaisses. C’est ce que l’on remarque dans tous les bois, qui sont exclusivement constitués par des fibres à travers lesquelles nagent quelques vaisseaux. Les bois durs ont des fibres plus incrustées que les bois mous. Le bois du printemps se formant plus vite que le bois de l’automne est moins incrusté. Les essences forestières qui croissent dans un sol dur et sec donnent un bois plus dur que celles qui croissent dans des terrains bas et
Fig. 163. humides, à cause de la différence dans
| la vitesse de croissance et par suite dans l’incrustation des fibres. On peut même changer dans une certaine mesure la ‘tenacité du bois à l’aide d’une transplantation judicieuse.
Les fibres adhèrent faiblement les unes aux autres dans le sens latéral, mais la cohésion mutuelle de leurs extrémités est très grande. Aussi est-il plus facile de fendre une tige de bois que de la rompre.
Rôle des fibres dans les végétaux.—Le tissu fibreux est très répandu dans les plantes. Il constitue à peu près à lui seul le système ligneux des tiges des
Fig, 163.—a Fibres ligueuses ponctuées ; b section transversale de l’une d’elles montrant les couches d’incrustation,
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arbres. On le trouve encore dans les racines, les nervures des feuilles, les filaments des fruits et, en général, dans tous les endroits où cireulent des vaisseaux. Les fibres servent à donner de la consistance aux tiges et aux rameaux ; elles sont en même temps un support nécessaire pour les vaisseaux qui
sont trop longs et trop grêles pour se soutenir par eux-mêmes.
Utilité des fibres végétales dans l’économie domestique. —Ce sont elles qui fournissent toutes les matières textiles végétales. Dans le lin, la fibre utilisée provient de la partie extérieure de la tige. Le rouissage a pour effet de décomposer la matière résineuse qui cimente ce tissu et de faciliter ainsi la séparation des fibres par le broyage. C’est aussi l'écorce des tiges de chanvre qui fournit la fibre textile de cette plante. On extrait encore des fibres utilisées dans l’industrie de diverses espèces d’ortie, du Phormium tenax ou lin de la Nouvelle-Zélande, de la ramié, etc. L’écorce du bois blanc et du chêne rouge fournit une fibre grossière utilisée pour la fabrication des cordages. Le coton provient d’une masse fibreuse qui entoure les graines du cotonnier.
Fibres ponctuées aréolées.—Certains végétaux ligneux ont des tiges absolument privées de vaisseaux. Alors leurs fibres présentent de place en place des ponctuations très remarquables et qu’on ne rencontre jamais chez les autres végétaux. Le point central est entouré d’un aréole plus pâle que le reste de la fibre, mais plus foncée que la ponctuation proprement dite, fig. 164. Une section faite transversa-
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lement à ces ponctuations révèle la structure remarquable que présente la paroi fibreuse en ces endroits ainsi que sa ténuité.
Ces ponctuations servent à faire passer les sucs nutritifs d’une fibre à l’autre et jouent ainsi, dans une certaine limite, le rôle des vaisseaux. Les bois résineux (conifères) ont tous de ces Fix. 164. fibres ponctuées aréolées. Les à bois fossiles qui appartiennent au même groupe de plantes, ont également les mêmes ponctuations.