‹ Elements de minéralogie, de géologie et de botanique [microforme] (volume 2)Chapitre 92 sur 124 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Racine,

La racine est l'organe qui est spécialement chargé de puiser dans le sol les substances nécessaires à la

nutrition de la plante. Ce sont surtout les liquides que les racines absorbLent ainsi dans le sol. ‘(Cependant une certaine quantité de gaz pénètrent dans la plante par ce chemin.

PRINCIPALES Espkces.—On distingue plusieurs espèces de racines suivant leur forme et leur origine.

Les racines pivotantes sont des espèces de cônes simples ou rameux qui s’enfoncent dans le sol.

Dans la rave le pivot est simple, il est rameux dans l’érable, fig. 169. Le pivot résulte du développement de la première racine de l’embryon.

La racine fibreuse se compose d’un nombre plus ou moins grand de filets cylindriques réguliers. C’est la racine de l’oignon et du poireau, a fig. 170.

La racine est capillaire lorsque les filets radicaux vont en se rétrécissant vers leur extrémité inférieure, et sont de plus profondément ramifiés. (C’est la racine du blé, de l’avoine et, en général, de toutes les graminées, b fig. 170.

La racine tubériforme est primitivement semblable à la racine fibreuse. Mais quelques-unes des fibres radicales se gonflent en masses allongées ressemblant

Fig. 169.

Fig. 169.—Racines pivotantes, a simple, b rameuse.

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assez à de véritables tubercules, c fig. 170. Voilà pourquoi on dit que cette racine est tubériforme.

Fig. 170.

Le dahlia, plusieurs espèces d’orchis, ont de ces racines.

Enfin certaines plantes jouissent de la propriété de produire des racines le long de leurs troncs ou de leurs rameaux. Ces racines sont appelées adventives. C’est dans les climats tropicaux surtout, là où la végétation est extrêmement active, que vivent la plupart de ces plantes à racines adventives. Les unes sont des lianes qui, dans leur course à travers les forêts, laissunt, en passaut d’un arbre à l’autre, pendre leurs racines dans l’espace. Les autres, comme le ficus religiosa, sont des arbres beaucoup plus robustes, des branches desquels s’échappent des racines qui finissent par atteindre le sol et y forment de véritables troncs concourant ensuite pour

Fig. 170.—a Racine fibreuse du poireau ; b racine capillaire ; c racine tubériforme d’une orchis. |

leur part à la nutrition générale. Un seul de ces arbres s'étend ainsi peu à peu et finit par constituer pour son propre compte une forêt en miniature.

Les plantes grimpantes, comme le lierre, émettent de place en place des racines appelées crampons ou suçoirs qui 8e fixent sur les corps voisins et servent en même temps à puiser les substances assimilables qu’elles peuvent y rencontrer.

Le corps radical porte toujours un nombre plus ou moins considérable de racines plus déliées, appelées radicelles, tout spécialement chargées de puiser dans le sol les substances nutritives qu’il renferme. L'ensemble de ces radicelles constitue ce qu’on appelle le chevelu des racines. Le chevelu est peu développé dans un sol riche; les racines, en effet, trouvent abondamment les sucs dont la plante a besoin, et un petit nombre suffisent pour la nourrir. Il l’est beaucoup plus chez les plantes qui végèten! dans une terre maigre et pauvre.

STRUCTURE ANATOMIQUE DES RACINES.—[L'extrémité des radicelles esi occupée par une masse cellulaire à laquelle on a donné le nom de spongiole. A elle est dévolu le rôle d’absorber dans le sol, par endosmose, les liquides qui s’y rencontrent.

La spongiole est recouverte à sa partie inférieure par une ou plusieurs lames également cellulaires et qui constituent la coiffe de la racine, fig. 171. Le rôle de cette membrane est de protéger la spongiole proprement dite qui est la partie la plus importante et la plus délicate des racines, |

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Au-dessus de la spongiole commencent des faisceaux vasculaires qui suivent tout le corps dé la racine et pénètrent dans la tige. Le corps de la

racine dans les plantes dicotylédonées n’est pas recouvert par une lame d’écorce comme le bois. Si, par hasard, on en trouve des vestiges, ce n’est qu’à l’état rudimentaire. Le bois est composé de fibres et des faisceaux vasculaires dont nous avons parlé plus haut, qui sont groupés en une colonne

centrale. Ces racines s’accroissent tous les ans d’une manière analogue aux tiges, mais elles ne se ramifient pas suivant des lois parfaitement connues comme les tiges. Chez les plantes monocotylédonées, les faisceaux vasculaires des racines sont également disposés en une zône circuiaire, ce qui les différencie complètement de la structure des tiges

ligneuses de ces mêmes plantes.

RÔLE DES RACINES—La fonction des racines est double. Elles servent à la fois à nourrir la plante et à la fixer au sol. 1° Les racines puisent dans le sol tous les aliments liquides que l’on trouve dans les plantes. Cette absorption se fait par les spongioles. Et comme ces organes sont complètement

Fig. 171.—b Spongiole recouverte de la coiffe; a structure

cellulaire de Ia spongiole,

clos, les liquides ne peuvent y pénétrer que par endosmose. C'est-à-dire que les substances solides, quelque ténues qu’elles soient, ne pénètrent jamais dans une racine saine. Mais en revanche, tous les liquides sont absorbés suivant une proportion qui dépend de leur fluidité par rapport au liquide cellulaire. Les racines absorbent aussi beaucoup de gaz, et les plantes qui végètent dans un sol bien aéré se développent mieux que celles qui poussent dans un sol trop lourd. De là la double utilité du drainage, égouter et aérer le sol.

Ce premier rôle des racines rend compte du fait que ces organes se dirigent toujours du côté où le sol est le plus riche. Un arbre planté sur la ligne de séparation d’un sol riche et d’un sol pauvre, enverra ses racines presque exclusivement du côté du premier.

En rapport avec ce rôle d’agents nourriciers joué par les racines, on doit mentionner les véritables réservoirs d'aliments féculacés que renferment quelques-unes d’entre elles, les racines tubériformes entre autres. C’est là que la plante puise les sucs qui la font végéter avec activité le printemps, avant même que les racines qui devront la nourrir plus tard aient fait leur apparition. Aussi ces espèces de tubercules ne tardent-ils pas à se dessécher à mesure que la plante en enlève les substances amilacées

“qu’ils renfermai”nt.

2° Les racines servent encore à fixer la plante au sol. Voilà, pourquoi, en règle générale, on trouve un rapport d'égalité Ge dimension entre les bran-

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ches des arbres et leurs racines. Voilà de plus ce qui explique pourquoi les arbres qui poussent en pleine forêt et qui se trouvent protégés contre les vents par leurs voisins, ont des racines moins développées que ceux qui poussent isolés dans les plaines ou sur les collines,

Cependant cette règle offre plusieurs exceptions.

Ilya des plantes à tiges très courtes dont les racines

sont très longues ; la luzerne, par exemple. D’autres, comme quelques cactus, ont des racines rudimentaires qui servent cependant de support à des tiges de grande dimension.

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