CHAPITRE TIJOISIKMK
Groupements des cristaux'.
ll'cst très rare de rencontrer dans la nature les cristaux isolés et complètement libres. Le plus souvent ils sont implantés dans une gangue qui en unique une extrémité, ou bien encore, plusieurs sont groupés ensemble. Ces groupements sont de plusieurs espèces; nous en verrons successivement les principales,
Groupements réguliers.— On donne ce nom les groupements qui se font suivant certaines lois définies. On dit qu'ils sont directs lorsque les côtés homologues des cristaux groupés restent parallèles. C'est de cette manière que les petits cristaux peuvent en se réunissant, donner naissance à des individus plus gros. Et de fait, pour peu qu'un cristal soit développé, on peut presque toujours voir sur ses faces latérales ou basiques des indices de groupements de cette nature Les gros cristaux de Calcite, de Fluorine, de Quartz, en donnent de très beaux exemples.
Les groupements réguliers sont inverses si les faces homologues ne sont pas parallèles, ce qui ne les empêche pas de présenter souvent une symétrie fort remarquable. A ces groupements on donne plus particulièrement le nom de marks.
Lorsqu'on étudie le cas le plus fréquent des macles, c'est-à-dire, le groupement de Jeux cristaux, il arrive
souvent que les deux individus sont dans une position telle que l'un semble avoir tourné d'un certain angle (360°, 60°, 90°) autour d'un axe perpendiculaire au plan d'assemblage fig. 27 a, e. Quelque fois encore,, l'apparence est celle que présenterait un cristal unique, coupé suivant un certain plan et dont une portion aurait tourné sur l'autre de la manière indiquée ci-dessus, fig. 27/. Haiïy a donné le nom oVhimitropies aux macles formés ds cristaux qui ont tourné de 180° l'un par rapport à l'autre. Il appstait transpositions les macles à rotation de 60° ou 90°.
Le plan d'assemblage est, dans la plupart des cas, une face existante du cristal, ou pouvant exister par suite d'une modification assez simple. Il n'y a d'exception que pour quelques macles de cristaux anorthiques, ex. l'Albite.
Certains macles semblent être le résultat de deux cristaux ayant même centre de figure, mais dont l'un aurait tourné d'un certain angle, fig. 27c et 28. Nous donnons ci-dessus un certain nombre d'exemples de macles ; l'élève pourra s'exercer à trouver la forme cristalline des cristaux groupés, la position du plan d'assemblage et l'angle de rotation.
Dans la figure 27 b, les deux plans d'assemblage font un angle de 90°.
Dans les cristaux de nei^e, dont les formes sont sou
Fig. 23.
vent si belles et si régulières, l'angle de ces plans est de 60°, aussi ces maeles ont-ils la forme d'étoiles à six branches. Quelquefois on voit une niasse de petits cristaux aciculaires groupés autour d'un point ou le long d'une ligne, ce qui produit des formes sphéroïdales ou cylindriques. Ces derniers groupements se rencontrent assez souvent dans la Pyrite de fer.
On reconnaît ordinairement un macle à l'existence d'angles rentrants, caractère que ne présentent point les cristaux simples. Lorsqu'il n'y a point d'angles rentrants, dit M. Pisani, un groupement régulier de cristaux sera indiqué par un sj'stème de stries ou une suture au point de jonction des deux individus ; ou bien par un défaut de symétrie dans les différentes parties du cristal composé, ou encore par le changement de direction des clivages au point de jonction des deux cristaux. Dans certains cristaux de quartz le groupement est une véritable compénétration mutuelle qui ne peut être révélée que par la lumière polarisée ou l'attaque à l'acide fluorhydrique. M. DesCloizeaux a trouvé ainsi que des cristaux de quartz en apparence très homogènes étaient formés de lames successivement dextrogyres et lévogyres superposées.
Avant de terminer l'étude du groupement il convient de dire un mot des dendrites. On désigne ainsi des arborisations qui se voient assez souvent entre les feuillets d'une substance schisteuse ou encore dans l'épaisseur même de ces feuillets. Dans le premier cas les dendrites sont superficielles, dans le second elles sont profondes. Quant à leur origine, elles sont dues à la solidification de dissolutions salines qui imprégnaient lu pierre où on les trouve. Si cette soli-
dification a été lente la dendrite est cristalline, sinon elle est amorphe. Les agates mousse doivent leur nom à des arborisations de cette nature qui se trouvent à leur intérieur.
Enfin on appelle druse une masse de petits cristaux, pressés les uns contre les autres et recouvrant une surface quelconque. Ce n'est pas un groupement proprement dit, bien que l'on puisse dans certains cas reconnaître entre les axes ou les faces des différents cristaux un parallélisme remarquable.