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CHAPITRE DEUXIÈME

Clivage.

Les cristaux réguliers ont la propriété de se séparer en fragments d'une manière toute différente des pierres ordinaires. Dans celles-ci la cassure n'a rien de régulier ; tandis que l'on voit souvent un cristal se séparer en lames aussi régulières que les faces naturelles les plus parfaites. Cette propriété de se séparer ainsi en lames planes a reçu le nom de clivage. Plus le clivage est facile plus les plans sont nets et brillants.

Certaines espèces minérales n'auront qu'un plan de clivage, v. g. Mica, d'autres deux, v. g. Orthose, d'autres trois, v. g. Sel-gemme. Ces plans multiples de clivage, surtout si celui-ci est facile, donnent au minéral un aspect spécial, souvent caractéristique. L'existence de trois plans de clivage détermine un solide qu'Haùy appelait noyau ou solide primitif .

Les plans de clivage sont toujours parallèles à une face existante ou possible du cristal. Les clivages qui se font parallèlement à des faces cristallines semblables ont toujours un même éclat, et vice versa, si les faces de clivage dans une même espèce ne sont pas également brillantes c'est un signe infaillible qu'elles correspondent à des faces cristallines dissemblables.

Le clivage est un excellent caractère spécifique. C'est lui qui donne au Mica son apparence feuilletée, au Feldspath son apparence prismatique. Il permet quelquefois de distinguer deux espèces différentes, que l'on pourrait confondre par l'ensemble des autres ca-

ractèrcs extérieurs, v. g. la Topaze incolore et le Quart/, hyalin ; la Topaze a}\ant un clivage éminent dans le plan de la base du prisme et le Quartz n'étant pas clivable du tout. La position, le nombre de ces clivages aident puissamment à déterminer le système cristallin auquel appartient le cristal étudié.

Le clivage est produit de plusieurs manières. On peut cliver en se servant de la lance émoussèe d'un canife, en frappant avec un marteau sur l'échantillon à cliver, ou entin en chauffant le cristal à une haute Température et le jetant brusquement dans l'eau. Dans ce dernier cas, la dilatation et la contraction qui résultent de ces variations brusques de température, ont pour effet de faire fendiller le cristal, et si ces fentes se font de préférence dans une direction, e'e>t un signe qu'il y a là un sens de clivage possible.

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