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CHAPITRE QUATRIÈME

Imperfections des cristaux, Stries, Pseudomorphoses.

Les cristaux que nous avons supposés réguliers pour la détermination des systèmes cristallins, ne le sont pour ainsi dire jamais. Le développement de certaines faces aux dépens de leurs voisines leur enlève toute régularité et quelquefois cette déformation peut aller au point de faire ranger dans un système cristallin un individu qui on réalité appartient à un autre système. De plus ces faces sont quelquefois courbes et le cristal parait grossièrement arrondi. Tel est le cas pour le Diamant, le Gypse et bon nombre de cristaux d'Apatite. Ailleurs on trouve les faces creusées en trémie ; exemple: le Sel gemme, le Bismuth et certains échantillons do Fluorine.

Fig. 29.

Siries. — l ne autre espèce d'irrégularité qui >e présente rssex souvent, ce sont les stries. On donne ce nom à des rainures que l'on voit sur les faces des cristaux, fig.

29. Elles sont limitées par des faces parallèles à quelques faces primitives ou secondaires du cristal. Aussi la présence de ces stries est-elle regardée comme le signe d'une oscillation entre deux formes d'un même système. Envisagées de cette manière, les stries qui se voient sur les faces d'un cube de Pyrite de fer et qui ont trois directions rectangulaires, fig. 28, indiquent une oscillation entre le cube et le dodécaèdre pentagonal.

Les stries sont souvent un caractère spécifique des plus précieux. Telles sont celles qui sillonnent transversalement les faces latérales d'un prisme de quartz fig. 29. Lorsque les stries sont très fortes elles portent plus spécialement le nom de cannelures. Il ne faut pas confondre avec les stries, les ligues que l'on aperçoit quelquefois à la surface des cristaux, et qui ne sont que les traces de fissures de clivage existant à l'intérieur du cristal.

Pseudomorphoses. — On désigne ainsi certaines formes empruntées que présentent les minéraux. On rencontrera, par exemple, le Quartz en cristaux cubiques, la Limonite sous la forme des Pyrites.

Les pseudomorphoses sont de plusieurs genres : 1° Quelques cristaux, sous l'influence de diverses causes,

peuvent changer de composition sans changer de forme, et cela, (a) soit par la perte d'un des principes composants, exemple : le cuivre natif sous la forme de cuivre oxydulé ; (6) soit par l'addition d'un nouveau principe, exemple : Malachite sous la forme du cuivre oxydulé ; (e) soit par échange de certains éléments, exemple : Limonite sous la forme de Pyrite. 2° Quelquefois le cristal primitif disparait complètement et sa place est prise par une substance qui remplit la cavité, exemple : GjTpse sous forme de Selgemme, Quartz sous forme de Fluorine. Quand ce remplacement se fait avec une grande lenteur, la nouvelle substance a exactement la même structure intérieure que la substance remplacée. C'est ainsi que l'on voit des bois se changer en Quartz, Opale ou Barytine, sans rien perdre de leur structure. 3° Un cristal est quelquefois recouvert par un autre minéral ; si par hasard ce cristal disparaît il laisse son moule en creux. Telle est l'origine des moules cubiques de Quartz; la Fluorine qui les remplissait primitivement est disparue, laissant seul le Quartz qui la recouvrait. Assez souvent il est difficile de dire à laquelle de ces espèces doit se rapporter une forme pseudomorphique en particulier. Des recherches consciencieuses, un examen attentif des différentes causes qui ont pu entrer en jeu peut seul guider l'observateur.

Irrégularités intérieures des cristaux. — La li liquidité d'un cristal est quelquefois détruite par des matières colorantes qui s'y trouvent en assez grande quantité. On remarque que les matières étrangères sont souvent disposées en lames parallèles à quelques

faces du cristal, exemple : plusieurs variétés de Fluorine.

En outre beaucoup de cristaux renferment des particules solides ou des gouttelettes liquides, que le P. Renard désigne sous le nom générique d'enclaves. C'est Brewster qui a le premier attiré l'attention des microscopistes sur ces enclaves minérales, par son étude remarquable des enclaves des Topazes. Les liquides que renferment ainsi les cristaux sont ou bien de l'eau, ou bien des dissolutions salines ou même de l'acide carbonique liquide, comme dans beaucoup de cristaux de quartz.

Les enclaves solides sont des particules souvent cristallines et susceptibles de détermination minéralogique, fig. 30 et 31. Bien de plus beau que ces petits cristaux disséminés quelquefois au hasard, quelquefois avec un ordre merveilleux dans les lames cristallines. Nous donnons ci-dessous, fig. 31, quelques exemples de ces enclaves que nous empruntons au P. Renard et à M. Rutley ; plusieurs de ces dessins, a, b, . d, <j, ont été faits par nous d'après nature.

La figure 30 représente une section d'un cristal de Pyroxène, renfermant une foule d'enclaves disposées avec une grande régularité.

La figure 31 a est une section d'Obsidienne. Un gros cristal ou fragment de cristal occupe le centre de la section. Il est le point de départ d'une foule de petits cristaux. De chaque côté se trouvent d'autres

Fisr. 30.

petits eristetix isolés ou groupés trois à trois, quatre a quatre. C'est un bel exemple d'un commencement du cristallisation dans une masse amorphe. Gross.50.

Fie. 81.

La figure 0 est une lame de Mica astérisé. Les petites lignes qui se croisent en tous sens sont de petit» cristaux d'une excessive ténuité. Gross. 59.

La figure c est un fragment d'une roche byporsthénique qui laisse voir de petits cristaux- feldspathiquea

lrès réguliers. La section présente plusieurs compartiments, différant les uns des autres non par la composition chimique, mais uniquement par la dispo. sition des parties composantes ou la nature des enclaves. Gross. 80.

En d est une section d'Apatite, riche en cristaux de même nature fixés obliquement dans la lame et coupés parallèlement à leur grand axe. Gross. 60.

Les figures e et/ sont des arborisations observées par Eutley dans les obsidiennes, et des inclûtes (Cheveux) que l'on aperçoit dans certaines roches en apparence homogènes. De même nous avons figuré en i et en h les enclaves, à peu près remplies de liquides, qui existent si nombreuses dans le quartz de certains «ranites. Ces deux dessins sont du P. Renard; Gross.

Enfin eu g est dessinée une des cavités qui se trouvent dans une masse éruptive située à St- Anselme. Le centre est du quartz et la surface de la géode est tapissée de petits cristaux rayonnant autour de certains points. Ces cristaux sont verdâtres, 1res probablement péridotiques. Gross. 10.

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