CHAPITRE TROISIÈME
Modifications des terrains stratifiés.
STRUCTURE DES TERRAINS STRATIFIÉS.— Nous avoris déjà fait connaitre l'apparence générale de ces terrains dans l'étude des roches neptuniennes, Ils se composent de lits, de feuillets, de couches superposées, variant souvent en composition, en structure, en apparence, d'un lit à un autre. Ces termes: Lit, feuillet, couche et autres du méme genre, sont employés à pou près indifféremment les uns pour les autres. Les mots terrain, formation, désignent plus particulièrement l’ensemble des couches qui se sont formées à une même époque géologique.
La structure de ces lits peut être compacte, laminaire, schisteuse. La figure 71 représente la structure des rivages, structure qui se produit surtout sous l'influence du flux et du reflux. On y rencontre aussi la structure des dunes, masses de sables qui se déplacent
rrestre SANS Cesse sous l'action du vent L'examon de la qui la structure intérieure des lits nous donne done une trapp C'est ui ont Ë Les itoide n CECI LE nu Fig, 71. Fig. 72, idée des circonstances dans lesquelles ils so sont for. Ni. més, [len ost de même de l'apparence de leurs sur. D: faces, On y voit quelquefois ces ridos Si jolies, ai régulières, que laisse sur le sable Où l'argile, l’eau qui NN se retire des rivages ou qui coule doucement sur un | VOIS fond plastique, fig. 72, Ailleurs les lits, une fois for. Lui | ter- més, 80 sont desséchés ct fendillés Par leur exposi. ! 1] ls se tion à l'air, Puis ces fontes, remplies plus tard par pa SÉES, des matières étrangères, restont en saillie lorsque la pi n Aplit, em- "1e plus sont ina jf ture 1] k.
l'in. Let st la Fig. 73. Fig. 74.
ent
roche primitive disparait, ir. 73,
Enfin on
trouve à
la surface des lits d'argilites, les empreintes laissées par d: grosses gouttes de pluie, tombées «1 moment où l'argilite était encore très molle, fig. 74 Ces empreintes sont tellement semblables à celles qu'on a produites artificiellement de nos jours, que tout doute sur lour origine est impossible.
Il n'est pas raro non plus de rencontrer dans les lits de sédiment, des concrétions, des rognons dediver-
Fig. 76.
ses formes, tis, 75 et 76, Ces concrétions ont à leur tour une structure qui varie, fig. 77 et 78. Assez souvent il y ä au centre un corps étranger, fig. 71.
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JOINTS, LEUR CAUSE, LEUR IMPORTANCE EN GÉOLO- GiE.—On appelle joints des fissures très étroites, mais régulières, droites, qui se voient dans la plupart des lits et qui pénètrent souvent à une très grande profondeur. Si un même lit est traversé par plusieurs systèmes de joints ayant chacun une direction déterminée, les roches qui lo composent se sépareront facilement en blocs réguliers, et on serait porté à y voir l'effet d’une grossière cristallisation, Les joints sont quelquefois tellement rapprochés, tellement nombreux, dans une même roche, que celle-ci prend l'apparence schisteuse des ardoises, fig. 19, Et de fait il est probabie que la structure schisteuse des ardoises et les joints sont produits par les mêmes causes, agissant
Fig, 79. Fig, 80.
d'une manière un peu différente, Ces joints peuvent très facilement ètre confondus avec les plans de stratification: on en voit un exemple frappant dans le rocher de Québec, fig, 80, eriblé en tout sens par uno foule de joints, qui rendent l'étude de la stralification un: vrai problme pour l'observateur novice,
Quelle est la cause ts ; ‘ts ?—Les joints existent surtout dans les terrains très tourmentés, qui ont été
pliés, plissés de diverszs manières, et soumis par conséquent à do fortes pressions. Leur direction n’a aucune relation avec le sens des lits, mais elle en a une bien marquée avec le sens des fractures ou des plissoments qui se sont opérés sur uno plus grande échelle. Nous citerons comme exemple, les joints qui existent dans les roches laurentiennes de la Côte Beuupré, lo long de la rupture que l’on peut suivre depuis le Sault Montmorency jusqu'au Cap-Tourmente. 1ls sont tous parallèles à cette rupture. On peut le constater tout particulièrement à la chùte Ste-Anne, fig. 81, et à l'extrémité de la falaise du Cap-Tourmente. Ici, le vas des feuillets gneissiques, isolés par les joints,
a été emporté suCcCessivement par les vagues. Le Pig: 81.
haut est resté sous formes
d'arches d’une grande beauté. En certains endroits de la même falaise, les vagues s’introduisant par un de ces Joints, ont miné la roche avec plus de rapidité, ct le cap y est perce de part en part. Ces faits prouvent que les joints sont souvent causés par les pressions auxquelles sont soumises les couches géologiques, et qu'ils sont perpendiculaires à la direction dans laquelle s'exerce la pression,
M. Daubrée a montré par des expériences remarquables que les joints pouvaient résulter d’une faible torsion à laquelle auraient été soumises les couches géologiques. La figure 82 représente uno
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une
lame de glace fendillée par une torsion de ce genre. M. Daubrée fait remarquer à ce jropos, que les joints sont sensiblement parallèles, quelquefois légère ment divergents, qu'ils peuvent se produire tous au même instant, que la force qui les produit n’agit pas toujours rectangulairement à un système quelconque d’entre eux.
De tout ce qui précède on conclut que l'étude et la determination du sens des joints dans un endroit en particulier sont importantes à faire, à cause des déductior.
qu’on en peut tirer relativement à la direction des forces qui ont modifié la position originelle des lits géologiques de Fig. 82, cette partie du pays.
Nous avons vu plus haut que la structure schisteuse des ardoises avait quelques relations avec les joints. Cette structure en effet est également le résultat de pressions qui se sont fait sentir perpendiculairement à la surface de clivage des schistes. Ce fait est prouvé amplement par les belles expériences de M. Daubrée sur le fer, la fonte, l'argile, ete., rendus schisteux par la seule compression, M. Tyndall croit que dans cette compression énergique les particules anguleuses qui composent le corps sont comrmae écrasées, deviennent de véritables petites lamelles qui donnent à toute la masse la structure schisteuse. Le sens de clivago des ardoises est toujours oblique par rapport à la sur- ‘ace des lits, voir fig, CO,
PouTION ORIGINELLE LES LITS SÉDIMENTAIRES.— (és lits ont été d'abord des amas de sables, de glaise ou autres détritus rocheux, Ils se sont presque tous formé: horizontalement, En effet lorsque les lits de la plus grande partie de l'Amérique du Nord se formaient, le continent américain était à une faible profondeur sous les eaux ; il n’y avait ni Appalaches, ni Montagne: Rocheuses, Et dans ces eaux peu profondes, sur cette surfaco continentale généralement uniforme, les lits qui se déposaient ont dû être d’abord horizontaux. Plusieurs lits ont été formés sur les bords des océans, et eux aussi devaient être horizontaux, au moins si ces rivages étaient plats comme coux de la côte Est des Etats-Unis, qui sur un espace de plus de 60 milles ne sont inclinés que de un pied par 600 ou 700 pieds.
Les deltas qui se trouvent à lembouchure de cer- {ains fleuves ont souvent des centaines, des milliers de milles en superficie. Or les lits qui les composent sant encore horizontaux. Enfin quelques lits étaient autrefois des marécages semblables aux marais de not:o époque, mais beaucoup plus étendus ; tels étaient les lits de la période houillière, Or le fond des marais est généralement horizontal, et les dépôts qui s’y forment sont nécessairement horizontaux. Plusieurs lits de houille contiennent des trones d'arvres perpendiculaires à leur surfacs, fig, 83, co qui témoigne de Ia position prhaitivement horizontale de ces derniers.
Il n'y a d'exception à cette loi générale que pour les lits qui se forment au lieu’ de déversement d'une
rivière dans un lac on dans la mer, fig. 84. Ces lits
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de cermilliers posent étaient ais de : tels le fond dépôts taux.
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Fig. 83,
Cut dire que tous les lite géologiques ont é Î q 5 s1q vement horizontaux.
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Première. Ils ont été
Fig. 85,
Presque toujours pliés, plissés, qu'on les rencontre d
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Fig, 86.
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Ces plissements offre Suivant qu'on Je: 6 ÿ
nt différents Caractères tudie dans des roches
plus ou moins
anciennes. Dans des roches très anciennes, les lite sont plutôt plissés que pliés, et ces plissements sont très nombreux, fig, 85. Dans les roches plus récentes les plissements sont plus réguliers. C’est ce que représente la figure 86. Dans la figure 87, on saisit à première vue le contraste qui existe entre les plisse-