PARTIE IV. — CHAPITRE IIT
moins de soie fort grossière. Ils citent dans le xvi° siècle, comme exception à l'emploi des couleurs jaune et rouge, une bulle de Sixte V, dont le sceau est attaché avec des cordons de soie jaune et bleue.
ll ne faut pas s'attendre en général à retrouver la même uniformité dans lesus ages des autres chancelleries ?. Édouard le Confesseur se servait tantôt de soie, tantôt de parchemin; Guillaume le Conquérant a employé en outre des lanières de cuir; en France, ces différentes espèces d’attaches servaient à suspendre les sceaux des rois, des seigneurs et des évêques, et quelquefois la même personne les employait indistinctement. Quoiqu'il existe dans les siècles anciens comme dans les temps modernes plusieurs exemples de l'emploi de ces trois substances, on remarque cependant que les lanières de cuir deviennent rares au xin° siècle, et que les bandes de parchemin sont plus fréquemment employées à mesure que l'on se rapproche des temps modernes. Au xiv' siècle elles se rencontrent déjà plus souvent que les attaches de soie. Les cordons plats de soie, de fil ou de laine sont plus rares que la soie brute; ils paraissent avoir été principalement employés dans le midi de la France, en ltalie et en Espagne. Les attaches de soie étaient souvent cordelées et tressées; quelquefois on mélait à ces tresses des fils métalliques. En style de chancellerie, une bande de parchemin servant à suspendre un sceau était appelée queue; dans les temps modernes on exprimait souvent si la queue était simple ou double : de là cette formule citée par les Bénédictins d'après un acte du xvr° siècle, sigillatum in caudé duplici magno sigillo ceræ rubre.
Pour suspendre un sceau à un acte, on commençait par pratiquer dans le bas du parchemin une incision dans laquelle on faisait glisser l’attache ; on appliquait ensuite le sceau sur cette attache de manière à ce que la cire n'en recouvrit pas les extrémités, qui ressortaient tantôt par le bas, tantôt par les côtés de l'empreinte. « Pour sceller avec moins de peine les actes ordinaires, «disent les Bénédictins, on s'avisa, surtout en France, vers le milieu du «x siècle, de découper le bas de la pièce qu'on voulait sceller, et d’attacher «le sceau au bas du lambeau de parchemin découpé.» Ce sont là les actes scellés sur simple queue. Le plus ancien que nous ayons rencontré est une charte de Philippe-Auguste, de l'an 1215. Quand on devait attacher ainsi plusieurs sceaux, il fallait ménager dans le bas de l'acte une assez grande étendue de parchemin. Nous avons compté vingt-deux sceaux suspendus à autant de bandes de parchemin coupées dans le bas d'un acte de lan 1320 (J. 163). Ces bandes étaient en général découpées horizontalement, c'est-à-dire dans le
1 On verra toutefois, dans le chapitre suivant, que la matière des attaches n’a pas toujours été ar-
bitraire à la cour des rois de France.