‹ Éléments de paléographie (volume 2)Chapitre 20 sur 283 · PARTIE IV.— CHAPITRE IV. AT · texte numérisé non relu

PARTIE IV.— CHAPITRE IV. AT

particuliers. Il faut nécessairement renoncer à tenir compte de ces différences, dont l'appréciation est étrangère au plan de cet ouvrage. Nous avons pensé toutefois qu'il était important de faire remarquer la forme réelle du sceau de Robert, parce que les Bénédictins ne font remonter l'emploi de l’ogive qu'au xr° siècle; Heineccius avait même supposé qu'avant le xiv° siècle cette figure ne pouvait se rencontrer que dans les sceaux ecclésiastiques, mais trois modèles reproduits dans la série des planches jointes à cet ouvrage (PLIS 5 5; PI. C, n°4, et PL E, n° 3) prouvent l'inexactitude de cette observation. Les Bénédictins citent d'ailleurs, entre autres exemples, un sceau en ogive qui fut employé par Adam de Herefort après le milieu du xn° siècle. Quant à l'origine des sceaux en ogive, il est probable qu’elle est beaucoup plus ancienne qu'on ne le suppose généralement; le sceau de Robert prouve qu'elle remonte au moins à la fin du x‘ siècle. La Société de l'Histoire de France vient de publier dans son Annuaire de l’année 1838 un Essai sur l'architecture religieuse du moyen âge. L'auteur de cette notice curieuse, M. Mérimée, prouve que l'ogive a été en usage dans les plus anciennes constructions. En ce qui concerne la France, il signale l'emploi de l’ogive au vu‘ siècle dans la chapelle de Saint-Quinin, à Vaison. On ne doit donc pas s'étonner que deux siècles après on ait imité cette forme dans le sceau de Robert. Les sceaux du x° et du xr° siècle sont trop rares pour qu'on puisse justifier cette opinion par des preuves nombreuses; nous pouvons citer du moins un sceau plaqué au bas d'une charte de Fulcon, évêque de Beauvais en 1090; ce type, en forme d'ogive, a vingt et une lignes de hauteur sur seize de largeur”. Tout en faisant remonter Jusqu'au règne de Robert les premiers exemples de l'emploi de logive dans les sceaux, nous n'en reconnaissons pas moins que cette figure ne se rencontre pas ordinairement avant le x: siècle; devenue plus rare au xv°, elle a cependant persisté jusqu'au siècle suivant.

Il y a des sceaux dans lesquels le plan de l'inscription n'est pas le même que celui du champ. Nous citerons, par exemple, le sceau de la commune de Noyon (PI. P, n° 15), dont la légende était gravée sur un rebord incliné de manière à produire une empreinte plus élevée que le plan sur lequel on voit l'image du maire. La même disposition existait sur le sceau de Gualon, évêque de Paris, et sur un sceau rond d'Adelhoge, évêque d'Hildesheim, représenté par les Bénédictins d'après Heïneccius. Les types de cette nature sont en général antérieurs au xmr° siècle. Une méthode inverse avait été adoptée pour un sceau de l'abbaye de Saint-Denys de Reims, auquel les Bénédictins assignent la

1 Le sceau de Gualon, dont il a été question ogive beaucoup plus allongée; ce sceau est plaplus haut, fournit un exemple assez ancien d’une qué à une charte de l'an 1108.

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date du xr‘siècle; là le champ de l'empreinte était plus élevé que l'inscription. Ce dernier sceau est beaucoup plus extraordinaire que les précédents, et l'on ne devine pas dans quel but cette disposition à pu être adoptée. Quant aux empreintes dont le champ occupe un plan inférieur, on voulait sans doute en assurer la conservation en les protégeant par la saïllie du cordon sur lequel était gravée la légende. Dans la seconde moîïtié du xrm° siècle on rencontre déjà quelques sceaux appliqués dans une espèce de moule fait avec une cire autre que celle qui a servi pour l'empreinte elle-même. Nous citerons, par exemple, le sceau de Sanche, archevêque de Tolède, en 1269, et celui de Ferdinand, fils d'Alphonse, roi de Castille, en 1266 (J. 599). Au xiv° siècle cet usage devint plus ordinaire. Nous avons vu le sceau de la sénéchaussée de Toulouse (J. 300) suspendu à un acte de 135, et renfermé dans une boîte de bois; mais c'est surtout dans les deux siècles suivants que les moules de cire furent souvent remplacés par des boîtes de bois, de cuivre! ou de fer-blanc. Les attaches tenaient quelquefois à la boîte; l'empreinte était alors appliquée directement sur le bois ou sur le métal, et par conséquent elle ne pouvait pas avoir de revers. Quelquelois, au contraire, le sceau tenait aux attaches, sans être fixé dans la boîte où il était placé.

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