‹ Éléments de paléographie (volume 2)Chapitre 21 sur 283 · GRANDEUR DES SCEAUX · texte numérisé non relu

GRANDEUR DES SCEAUX

La grandeur des sceaux n'était pas moins variable que leur forme: on peut sen convaincre en parcourant la série des planches jointes à cet ouvrage. Le diamètre des sceaux mérovingiens qui existent aux Archives du Royaume varie entre onze et quatorze lignes. Les sceaux ovales des Carlovingiens s'agrandissent insensiblement. Les Bénédictins citent un sceau de Charles le Chauve, qui a deux pouces et demi de hauteur sur deux de largeur. Nous avons donné les dimensions du sceau de Robert I. En mesurant les sceaux de quelques autres rois capétiens, on trouve que leurs diamètres ont à peu près les mesures suivantes : Henri J*, deux pouces huit lignes; Louis le Hutin, trois pouces sept lignes ; François [®, quatre pouces ; Louis XVI, quatre pouces six lignes. En Angleterre, les sceaux des rois ont fini par avoir jusqu'à six pouces de diamètre. «En Allemagne, comme ailleurs, disent les Bénédictins, les anciens “sceaux sont plus petits que ceux des siècles postérieurs. Les sceaux de

1 On voit des armoiries gravées sur la boîte sceau que Blanche-Marie Visconti, duchesse de de cuivre au fond de laquelle est appliqué le Milan, suspendit à un acte de 1465 (J. 496).

PARTIE IV. — CHAPITRE IV. A3 «Conrad I et de Henri [* ne sont pas plus grands qu'un florin d'Alle- «magne ; ceux des trois Ottons ont presque trois doigts de diamètre; ceux de «Conrad IT, de Henri. Ill et IV, en ont un peu moins de quatre; ceux de Locthaire, quatre et demi.» On peut donc admettre, en thèse générale, que les sceaux des rois s'agrandissent à mesure que lon se rapproche des temps modernes. La même observation peut s'appliquer aux grandes familles, chez lesquelles le droit de sceller avait été exercé depuis le x1° ou le xnr° siècle ; mais quand les sceaux devinrent d'un usage pour ainsi dire universel, on vit paraître des types dont les ornements étaient moins riches et moins variés. Les grands sceaux furent souvent remplacés par les sceaux secrets, qui, eux-mêmes, finirent par se transformer en cachets. Les règles tirées de la dimension des empreintes n’ont donc rien d'absolu, surtout après le x1nr° siècle; cependant elles peuvent être d’une grande utilité quand on les applique avec discernement et dans certaines limites. « Quel est l'antiquaire, disent les Bénédictins, «qui balancera à taxer d'imposture la charte où l'on fait dire à Charlemagne «qu'il ya fait mettre son grand sceau pendant, magni sigulli appensione munttam ? «Les grands sceaux en cire pendants n'étaient pas moins inconnus au temps «de Charlemagne que la formule qui en fait mention.» Il est aussi trèsfacile de reconnaître, au premier coup d'œil, que le sceau attribué à Dagobert I* (PI. À, n° 1) a été fabriqué par d'ignorants faussaires, qui n'avaient jamais vu de sceaux mérovingiens.

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