‹ Éléments de paléographie (volume 2)Chapitre 34 sur 283 · INSCRIPTIONS DES CONTRE-SCEAUX · texte numérisé non relu

INSCRIPTIONS DES CONTRE-SCEAUX

Selon les Bénédictins, il n'y a pas de contre-sceaux plus anciens que ceux qui reproduisent textuellement la légende du sceau; c'est à cette classe qu'appartiennent les contre-sceaux portant les n°° 1 et 3 de la planche R. On retrouve d’ailleurs la même disposition sur des contre-sceaux beaucoup plus récents, comme le prouvent les deux premiers modèles de la planche $ et le contre-sceau n° 2 de la planche T. Cet usage était suivi lors même que les dimensions des contre-sceaux étaient moindres que celles de la face principale : tel est, par exemple, le contre-sceau n° 1 de la planche M. Il est inutile d'avertir que si l'on donne le nom de contre-sceau à une empreinte de celte nature, c'est parce qu'on la trouve appliquée au revers d'une autre empreinte; considérée isolément, elle réunit tous les caractères d'un sceau proprement dit. Il y a des contre-sceaux dont la légende, sans être entièrement conforme à celle du sceau, n'en diffère cependant que par quelques détails accessoires qui pourraient d'ailleurs convenir à un sceau véritable : c'est ce que l'on peut vérifier en comparant les deux empreintes reproduites sous le n° 4 de la planche S; celle des deux inscriptions qui commence par le mot sigillum appartient précisément au contre-sceau. Le mot sigillum n'est exprimé, il est vrai, que par la lettre $, qui pourrait être considérée comme sigle initial du mot secretum; mais l'empreinte est trop grande pour être celle d'un sceau secret; d’ailleurs le sens de la lettre S employée au commencement d'une

légende était consacré par un usage trop ancien et trop généralement suivi pour qu'on ait pu lui attribuer une autre signification. Nous ferons remarquer enfin que les Bénédictins signalent et justifient par plusieurs exemples emploi du mot sigillum dans des légendes de contre-sceaux; ils ajoutent que ces empreintes servaient non-seulement de contre-scels, mais qu'on les employait séparément pour sceller les expéditions ordinaires et les actes moins importants. On ne doit pas douter, en effet, que cet usage n'ait été suivi, surtout à partir de la seconde moitié du xrn° siècle.

Parmi les empreintes que l'on trouve appliquées au revers d'un sceau, mais qui pouvaient aussi être employées séparément, on doit ranger celles dont la légende se rapporte à l'une des formes suivantes : Sigillum minus N, Sigillum parvam N, Sigillum secretum ou secreti N, Secretum sig ou Secretum N. Les deux premières formules, Sigillum minus et Sigtllum parvum, ne se rencontrent que fort rarement?; quant à celles qui annoncent un sceau secret proprement dit, on pourrait en citer des exemples sans nombre. Les diplômes munis d'un sceau public au revers duquel le sceau secret a été appliqué sont d'autant plus dignes de foi que le type du sceau secret ne devait être employé, selon toutes les probabilités, que par celui auquel il appartenait, ou par un dépositaire investi de sa confiance la plus intime. Un fait positif vient à l'appui de cette hypothèse présentée par les Bénédictins. En effet, il existe aux Archives du Royaume (J. 241) un acte de 1275 auquel est suspendu le grand sceau de Jean, duc de Bretagne; sur l'empreinte appliquée au revers de ce grand sceau est gravée une légende qui commence ainsi: SI. DVCIS BRITAN. AD LITTERAS CLAVS...….. Sigillum ducis Britannie ad litteras clansas…. Cette légende, tout incomplète qu'elle est, désigne suffisamment un sceau qui servait pour les lettres closes, et qui devait par conséquent rester entre les mains du duc de Bretagne: cependant il sert ici de contre-scel à un grand sceau suspendu à des lettres patentes.

H nous reste à examiner quelles sont les formes les plus ordinaires des légendes gravées sur les contre-sceaux proprement dits, c'est-à-dire sur les types dont les empreintes ne pouvaient guère être appliquées qu'au revers du sceau principal. y a des contre-sceaux dont les légendes sont étroitement liées avec celles des sceaux dont elles complètent le sens : tels sont les contre-sceaux de

1 Les Bénédictins citent les contre-sceaux de revers: Sigillum parvum curie Trecensis ; la formule Louis comte d'Évreux en 1307, d'Amédée comte sigillum minus était gravée sur le second côté de Savoie en 1307, et d'Eudes duc de Bourgogne du sceau dont Albert, archiduc d'Autriche, et en to27. Isabelle d'Espagne ; Son épouse, se servaient pour

? Le sceau de l'officialité de Troyes portait au le duché de Gueldre

PARTIE IV: — CHAPITRE V. 71 Guillaume le Conquérant (PI. R, n° 2) et de Louis le Jeune (PL. C, n° 3). A compter du xrnsiècle, rien de plus ordinaire que de voir des légendes commencées sur le sceau et continuées sur le contre-sceau : il était naturel, en effet, de partager ainsi des inscriptions devenues si prolixes par l'accumulation des titres de dignité et des noms de territoires. « Tous ces contre-scels, disent les Bénédictins, expri- «ment leur union avec le grand sceau; en sorte qu'il n'aurait guère été possible de «les employer séparément. Nous mettons dans la même classe tous ceux qui ont «des inscriptions vagues et qu’on ne peut appliquer à personne en particulier «sans le secours du grand sceau.» De ce nombre sont les contre-sceaux sur lesquels on lit: Secretum comitis, Secretum meum ou Secretum meum michi, Testimontum vert, Clavis où Custos sigilh, Secretum colas, Annuncio secreta, Confirma, Secretum vert, Secretum est, Secretum serva, Secret custos, Secret sepultura, Sigillum veritahs, Secretum, Annulare secretum, Contrasiqullum, Sigillum contrasiquh, Contrasigillum ad causas où ad obligationes, etc. Telles sont encore les devises Deum time, Deus in adjutorium meum intende, Fugite partes adverse, Miserere mel Deus, Bonum est confitert Domino, et d'autres du même genre. On rencontre aussi des inscriptions dont le sens est moins vague, parce qu'elles se rapportent à un sujet traité sur le contre-sceau. Les églises, les abbayes et les villes représentaient souvent sur leur contre-sceau l'image de leur patron; de

là les légendes : Dyonisius Areopagita, Video celos apertos', Nicolaus suscitans clericos, Ave Maria gracia plena, Ymago sancti Audomari, etc. Ces légendes n'étaient point assez précises pour donner au type-sur lequel on les avait gravées le caractère de sceau secret. On peut en dire autant des empreintes qui ne portent qu'une date pour légende: ainsi, quoique les mots, Sigillum renovatum anno gracie M° Gc° xx, qu'on lit au revers du sceau reproduit sous le n° 3 de la planche P, forment une légende quine pouvait probablement convenir qu'au chapitre de Notre-Dame de Paris, cependant, comme le nom de l’église n’est pas exprimé, il est probable que cette empreinte n’a jamais été séparée du sceau qui lui sert d'explication”. Les observations qui viennent d'être présentées sur les contre-sceaux dont les légendes sont vagues et indéterminées, s'appliquent naturellement à ceux qui ne portent pas d'inscription.

On doit nécessairement ranger parmides contre-sceaux proprement dits toute

1 Cette légende accompagne souvent l’image date s'applique à la fois au sceau et au contre-

de saint Etienne, qui fit entendre ces paroles sceau ou au contre-sceau seulement. Au x siècle, avant de mourir. en effet, plusieurs communautés ont pris des

? Il n’est pas rare de rencontrer au xrr° siècle contre-sceaux, sans renouveler le type du sceau

des dates gravées sur les sceaux ou sur les contresceaux des abbayes, des chapitres, des officialités, etc. T1 faut avoir soin de distinguer si la

qui leur servait auparavant. (Voyez la Notice du sceau de labbaye de Saint-Germain des Prés,

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