‹ Éléments de paléographie (volume 2)Chapitre 53 sur 283 · ER RS PRÉ RP PS D 6 I · texte numérisé non relu

ER RS PRÉ RP PS D 6 I

de Henri I paraissent les sceaux de majesté, où les rois sont représentés assis sur leur trône.

A défaut de textes positifs, les sceaux suffiraient pour prouver que les Mérovingiens portaient les cheveux fort longs; les rois de la seconde race sont, au contraire, représentés avec des cheveux courts: il en est de même des premiers Capétiens. Les cheveux longs ne paraissent bien distinctement que sur les sceaux de Louis le Jeune, de Philippe-Auguste et de Louis VIIT; ceux de leurs successeurs, au lieu de tomber sur les épaules, descendent tout au plus jusqu'au bas du cou; souvent même ils sont bouclés à la hauteur des oreilles. «Quant aux barbes de nos rois, disent les Bénédictins, les sceaux des Mérovin- «giens n'en donnent bien clairement qu'à Childebert TL et à Chilpéric-Daniel ; «mais D. Mabillon a prouvé que les autres rois de la même race ont nourri leur «barbe, à l'exemple de empereur Adrien et des empereurs grecs qui régnèrent «en Orient depuis Justinien. Cependant la barbe des princes Mérovingiens «n'était que médiocrement longue. Elle couvrait tant soit peu les lèvres et le «menton, d'où elle pendait comme un petit bouquet. C’est l'idée qu'en donne «Eginhard au commencement de la Vie de Charlemagne, où il dit que les «derniers rois Mérovingiens étaient crine profuso, barbä submissa.…… Tous les «sceaux de Charlemagne cités par D. Mabillon et Heiïneccius, excepté celui «de Saint-Maximin de Trèves, donnent à ce prince une barbe courte et très- «décente. Les empereurs Louis le Débonnaire, Lothaire et Charles le Chauve «en portèrent de semblables sur les joues et au-dessus des lèvres. Charles le «Simple et quelques autres rois de la seconde race paraissent sans barbe sur «leurs sceaux, quoique probablement ïls en aient porté.» Bien que les empreintes des sceaux ne soient pas toujours assez nettes pour qu'on puisse distinguer des détails de ce genre, il paraît cependant que les premiers Capétiens, jusqu'à Louis VI inclusivement, étaient représentés avec une barbe assez longue; on n'en trouve aucune trace sur les sceaux depuis le règne de Louis VIT jusqu’à celui de François I”. I est inutile d'avertir que sous ce rapport les sceaux des rois de France ne sont pas toujours d'accord avec les historiens. Les graveurs n'étaient probablement point assez habiles pour reproduire exactement les traits et le costume d’un roi: rien de plus dissemblable, par exemple, que les deux sceaux de Philippe le Hardi (PI. E, n° 1 et 2 À I est évident aussi que plusieurs de ces gravures manquent d'originalité, et que, pendant longtemps, le même type était servilement imité, sinon dans son ensemble, du moins dans un grand nombre de détails. Nos rois, depuis Hugues Capet jusqu'à Louis le Gros, ont les bras repliés et collés contre le corps, de sorte que les coudes touchent aux hanches, et que les mains s'élèvent

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