‹ Éléments de paléographie (volume 2)Chapitre 55 sur 283 · II · texte numérisé non relu

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le Hutin, ayant son avénement au trône de Navarre, s'est servi d'un petit cachet qui a moins d'un pouce de diamètre, et sur lequel on voit une L entourée d’une rosace (J. 155, an 1304). Charles le Bel a suspendu au bas d'un vidimus non daté (J. 411), mais postérieur à son avénement, le sceau qu'il employait auparavant comme comte de la Marche. On le voit monté sur un cheval au galop, tenant une épée de la main droite, et de la gauche, un bouclier semé de France et brisé d'une bordure. Son casque a pour cimier un centaure tenant un arc tendu; le même ornement paraît surmonter la tête du cheval, dont le caparaçon est semé de fleurs de lis. La légende du premier côté, qui est en partie détruite, se termine par les mots AG DK. (donuni) Crrcracr; celle du revers est ainsi conçue : g7s. (contrasigillum) KaROLT FILII REGIS Fac. (Francie) Manor Bicorne corris. (comitis ). Charles le Bel s'intitulait donc fils du roi de France, comte de la Marche et de Bigorre, et seigneur de Crécy. IL avait été investi du comté de la Marche par son frère Philippe le Long, tre-sceau est occupé par un écu aux mêmes armoiries, timbré d'un casque

et de celui de Bigorre par son père Philippe le Bel. Le champ du con-

orné de lambrequins, et surmonté d'un centaure pour cimier !, Quand nous avons signalé, à l'article de Philippe de Valois, le sceau ordonné en labsence du grand, et celui des Foires de Champagne, nous ne les connaissions que d’après des textes; nous ayons rencontré depuis une empreinte de chacun de ces deux types. La première a deux pouces un quart de diamètre; elle porte trois fleurs de lis surmontées d'une couronne, et accompagnées de cette légende : + srGiL- LYM REGIVM IN ABSENCIA MAGNI; au revers, on voit une seule fleur de lis sans inscription (J. 361, an 1343). Le champ du second sceau a trois pouces de diamètre; on y voit l'écusson aux armes de Champagne, surmonté d’une fleur de lis, et entouré d'une légende qui occupe deux cercles concentriques : Ÿ sI-

Gizzvm Parcrppr Der GRACIA FRANCORVM REGIS— PRO NYNDINIS CAMPANIE ET BRIE.

Les empreintes de deux pierres antiques enchässées dans le type sont placées l'une après la première syllabe du mot rundinis, l'autre après le mot Campanie. Au revers, on voit l'écusson de Champagne avec cette légende: + PASSE AVANT LE MBILLEVR (J. 215, an 1332). Nous avons donné, d’après l'Histoire de Dauphiné, citée par les Bénédictins, la description du sceau que Charles V employait comme dauphin avant d'être roi; mais la gravure reproduite dans cet ouvrage renferme une inexactitude, Nous avons trouvé depuis au Trésor des chartes (J. 285) l'empreinte d’après laquelle cette gravure a été exécutée; la légende doit être rectifiée ainsi : s. KAROLI PRIMOGENITI PRIMOGENITI FRAN-

1 Ge sceau est reproduit dans le Nouveau Traité reur à Charles, comte de Valois, frère de Phide Diplomatique; mais il a été attribué par er- lippe le Bel.

PARTIE IV. — CHAPITRE VII. 107 COR. REGIS DALPHINI VIENNENS. Ce sceau avait été gravé avant l’'avénement de Jean Il. Alors Charles V était fils aîné du fils aîné du roi; le mot primogeniti devait donc être exprimé deux fois. Le contre-sceau porte un écu écartelé,au 1°* et au 4, semé de France; au 2° et au 3°, aux armes de Dauphiné : gs. (contrasigulum) Karozr DE Francia pazpminr Viens. Ce type, qui aurait dû être remplacé dès l'an 1350, servait encore en janvier 1355. Au bas de plusieurs actes du mois de décembre 1359 (J. 677), on trouve un autre sceau équestre qui porte pour légende :s. KaroLI PRIMOGENITI REGIS FRAGIE. ( Francie) DELPHINI Urennensis — corras. K11. pmoGetri. (contrasigillum Karoli primogentti) rxGis Fracie. pvGis NormaniE *. Les armoiries sont les mêmes que sur le sceau précédent. Charles V a employé en outre trois petits sceaux secrets avant son avénement à la couronne. Le premier, suspendu à un acte du 16 juillet 1349 (J. 382), ne porte pas d'écusson , mais le champ du sceau est écartelé aux mêmes armes que le premier sceau équestre; en voici la légende : «s. Karoli primogeniti «primogeniti regis Francorum dalphini Viennensis. » Cette empreinte a deux pouces de diamètre. Le second sceau n’a guère que dix-neuf lignes de diamètre; il porte un écusson aux mêmes armoiries, timbré d'un cheval, et entouré d'une rosace où l'on distingue les symboles des quatre évangélistes. Le commencement et la fin de la légende sont détruits, mais on y retrouve la répétition du mot primogemt; cette empreinte, suspendue à un acte du 10 septembre 1354 (J. 285), a done été formée par un type gravé avant l’avénement du roi Jean. Le troisième sceau, qu'on trouve au bas d’un acte du 27 septembre 1360 (J. 332), est confus et mutilé; il a également dixneuf lignes de diamètre; on y distingue un écusson écartelé aux mêmes armoïries, supporté par deux lions, et probablement timbré d'une aïgle. Le mot prümogenit n'est exprimé qu'une fois dans la légende, qui est en minuscule gothique. Cette empreinte a un contre-sceau fort confus; les deux autres n’en avaient pas. Enfin, différents textes prouvent que Charles VII a scellé, au commencement de son règne, avec le type qui lui servait avant son avénement, et que Louis XI a eu un sceau ordonné en l'absence du grand.

Nous n'entreprendrons pas de décrire tous les sceaux des reines de France : ceux qui sont reproduits dans les planches B, C, E, F, G et H sufliront sans doute pour faire connaître, au moins d'une manière générale, cette classe de monuments. Quant aux régents du royaume, ils eurent un sceau particulier en 1270, sous les règnes de S. Louis et de Philippe le Hardi. (Voyez l’article de ces deux rois dans la Liste alphabétique des princes souverains.) Philippe le Long

1 Charles V fit sans doute graver ce type lors- commencement de son règne, ainsi que son derqu'il fut reconnu comme régent; il l'employa au nier sceau secret:

scella d’abord, après la mort de Louis le Hutin, avec le sceau équestre qu'il employait comme comte de Poitiers; mais le continuateur de Guillaume de Nangis, cité par Mabillon, rapporte que ce prince eut aussi un sceau portant pour légende : «Philippus, regis Francorum filius, Franciæ et Navarræ regens «regna.» Nous n'avons pas eu occasion de rencontrer l'empreinte de ce type, qui n'était pas encore employé le 29 août 1316. (Voyez Ordonnances des rois de France, tome I, pag. 627.) « Charles, fils aîné du roi Jean et duc de Nor- «mandie, pendant qu'il n'eut que le titre de lieutenant de roi, scella, disent «les Bénédictins, les lettres-royaux du grand sceau de la couronne, lorsque «le chancelier était présent; et, lorsqu'il était absent, il les fitsceller du sceau « du Châtelet, suivant que cela se pratiquait ordinairement en pareil cas. Mais «ce prince eut un grand sceau particulier quand il eut pris le titre de régent «du royaume. Pendant le court espace de temps que le duc d'Anjou eut «la régence au commencement du règne de Charles VI, il intitula les lettres «de son nom, et c'est le dernier régent du royaume qui ait eu un sceau dif- «férent de celui du roi mineur.» Les mêmes auteurs font cependant remarquer, dans un autre passage, que la reine Isabelle, épouse de Charles VI, eut un sceau particulier comme gouvernante du royaume. Il paraît probable que dans les autres circonstances les régents ont employé le sceau de la couronne.

$ IT. scEAUX DES ROIS D'ANGLETERRE, D'ÉCOSSE ET D'IRLANDE,

1° Sceaux des rois d'Angleterre.

Les auteurs ne s'accordent pas sur le temps vers lequel les rois d'Angleterre ont commencé à sceller leurs diplômes. Hickes prétend que les sceaux étaient inconnus avant le règne d'Édouard le Confesseur ; et Mabillon supposait même (Suppl. p. 48 et 49) que Guillaume le Conquérant en avait introduit l'usage en Angleterre. Cependant le cartulaire de Saint-Augustin de Cantorbéry prouve que le roi Canut a scellé quelques diplômes ; d’autres textes parlent aussi de différents actes qui auraient été scellés au x° siècle par Edgar et Edwy; au 1x', par Éthelbert, et au vm°, par Offa. Enfin, l'on conservait à l'abbaye de Saint- Denys trois diplômes scellés, l'un par Offa, l'autre par Éthelwolf, et le troisième par Edgar. Les Bénédictins concluent de tous ces faits que, dès le vin® siècle, les sceaux ont été employés en Angleterre pour un petit nombre de diplômes, et qu'il ne faut pas entendre d'une manière absolue les textes qui mentionnent l'usage où l'on était, avant le règne d'Édouard le Confesseur, de garantir l'authenticité des actes par de simples signatures.

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