‹ Éléments de paléographie (volume 2)Chapitre 75 sur 283 · PARTIE IV.— CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

PARTIE IV.— CHAPITRE VII

une épée de la main droite, et portant un bouclier sur lequel on voit le lion de Habsbourg : Ÿ siGrL. ALBERTI com. DE Hapesnc. Er LANGRAvI ALsacie. On lit sur un autre sceau: Ÿ siL. ALBTr. c.... DE HABESB. ET LANGRAVIT ALsAGIE. Le landgrave est coiffé d'un mortier, la figure découverte; son bouclier est aux mêmes armoiries que sur le sceau précédent. Le bouclier d'un troisième sceau ne porte pas d'armoiries; le casque d'Albert est de forme conique: + ALBERT. DE H.... sacre. L'auteur annonce que ces deux derniers sceaux ont été employés par RodolphelIl, fils d'Albert. Les successeurs d'Albert conservérent le titre de landgrave, qui avait remplacé celui de comte. Rodolphe de Habsbourg, avant d'être éluroi des Romains, avait employé plusieurssceaux comme landgrave dela haute Alsace. «Il y en a deux, disent les Bénédictins, qu'on ne peut regarder que «comme des cachets ordinaires, dont l'usage devint fréquent au xur° siècle. « Tous deux ont la même forme quoique d'inégale grandeur. Celui de 1240 «porte l'image d'un lion tourné vers la droite. Le lion regarde la gauche dans «le sceau de lan 1248, qui présente la forme d’une poire. Les grands sceaux «de Rodolphe le représentent toujours à cheval, le casque en tête, tourné à « gauche, avec la même inscription et sans contre-scel. Dans le sceau de 1242, «le comte est vêtu d'une cotte de mailles, lève l'épée pour frapper, et ne porte «point l'écu de ses armes qu'on voit sur ses autres sceaux. Celui de 1259 «est le plus singulier. Au lieu de l'épée il porte une lance, et au-dessus de son «casque, le lion d'Habsbourg, orné de plumes de paon. Le champ du sceau «est garni de cinq fleurs de lis, trois en haut et deux en bas. On voit les lis «rangés dans le champ sphérique du sceau, comme des ornements arbitraires «uniquement destinés à en remplir les vides. Dans le même temps plusieurs «familles nobles d'Allemagne, d'Italie et de France prirent les fleurs de lis. » On trouve dans l'Alsace Ilustrée trois sceaux équestres de Henri Sigebert (1238-1278), Jean [* (1278-1308) et Ulric (1308-1344), landgraves de la basse Alsace. Les légendes sont dans la forme suivante : s. N... LANTGRAvIT ALsaTIE où AzsAGrE; les boucliers sont aux mêmes armoiries {une bande accompagnée de deux cotices, trois fleurs de lis issant de chaque cotice) ; ce qu'il y a de plus remarquable, ce sont les casques, dont le sommet, séparé en deux parties, forme une espèce de fourche. Depuis 1192 jusqu’en 1359, le landgraviat de la basse Alsace a appartenu aux comtes de Werd, et l'auteur de l'AIsace Illustrée pense que ces casques bifurqués peuvent être considérés comme un caractère distinctif de cette famille.

Renaud de Bourgogne, comte de Montbéliard, est monté sur un cheval galopant vers la gauche, coiffé d'un casque fermé, tenant dans la main droite une épée nue, et portant au bras gauche un bouclier sur lequel on voit une

aigle au vol abaissé ! ; les mêmes armes sont répétées sur le caparaçon du cheval et au contre-sceau : + s. Ren. D. Bvrevnpra comrris MonT. BILIGARDI — GONTRA- SIGILLVM R. DE BvrG. (J. 253, an 1301).

Il paraît que l'usage des sceaux fut longtemps ignoré en Bretagne; le plus ancien que l'on connaisse est celui d'Alain, qui succéda en 1084 à Hoël V. Ce prince est représenté à cheval, sans étriers, portant des éperons formés d'un seul dard, vêtu d’un manteau attaché sur l'épaule droite, les rênes dans la main gauche, l'épée dans la main droite et la tête nue; le cheval n’a ni caparaçon, ni croupière. Les prédécesseurs d'Alain prenaient quelquefois le titre de roi, et plus souvent celui de comte. À la fin du xr° siècle, le titre de roi avait fait place à celui de duc, ainsi que le prouve le sceau d'Alain Fergent : + ALANvS Brirannorvu pvx. La face et le revers du sceau d'Hoël VI sont de même grandeur; sur le premier côté, il est représenté à cheval, l'épée à la main, portant un écusson sans armoiries, vêtu d’un habit à longs plis, et coiffé d’un bonnet pointu orné de bandes voltigeantes : Ÿ siGILLVM HoEL pvcis Brrrannre. L'autre côté représente Notre Seigneur J. C. élevant la main droite, et tenant un bâton dans la main gauche?. Conan IV, dit le Petit, qui se rendit maître de Rennes en 1156, est représenté à cheval , armé d'une pique, et portant un bouclier ovale; ce sceau n’a pas de revers. « Geoffroy, duc de «Bretagne en 1 175, disent les Bénédictins, eut un sceau de quatre pouces de «diamètre , et imprimé également des deux côtés. Au premier, ce prince est représenté à cheval, en habit serré sur le corps et trainant par le bas sous le «ventre du cheval, portant une épée nue de sa droite et un bouclier de sa «gauche. À peine reste-t-il de l'inscription le nom de Richemond, dont Geof- « froy était comte. Il est encore représenté au revers, à cheval, et portant une «enseigne dela main droite, et un bouclier ou écu de la gauche, avec cette «inscription : s ? GaurriDus HENRICI REGIS FILIUS DUX BRITANNIE.» Artur [®, duc de Bretagne, comte d'Anjou et de Richemont, a employé deux types complétement différents. On trouve au bas d’un acte de 1199 (J.178) une empreinte de trois pouces de diamètre, sur laquelle il est représenté à cheval, l'épée à la main, la tête nue, et sans bouclier; ce sceau na pas de revers : Ÿ s. ARTVRI D... .RITANN. COMITIS ANDEG. 7. Divitis couts. Un acte de 1202 (J. 241) est scellé d’une empreinte à double face, d'égale grandeur; le duc est représenté à cheval, coiffé d’un casque à visière, et portant un bouclier sans armoiries; sur le premier côté il tient un étendard, et sur le second une

1 Le vol de l'aigle est abaissé, quand l'extré- 2? Les Bénédictins ne donnent pour ce contremité des ailes, au lieu d'être élevée vers lesangles sceau qu'un fragment d'inscription : * H..... s

du chef, tend vers le bas de l’écu. COMES BRITANNIE.

PARTIE IV. — CHAPITRE VII. 161 épée; les deux légendes sont incomplètes: +............ ITANNIE ET AQVITANIE— T ARTVR? COMES ANDEGAV........ vnp. Le sceau de Pierre Mauclerc porte pour légende: Ÿ s. Perrt DvGs Brtrannie ET comiris Rrenmonris. Le champ du contresceau, qui n'a que dix-sept lignes de diamètre, est occupé par un écu échiqueté de huit tires au franc quartier d'hermines : Ÿ secrervm MEvu. Lobineau fait observer que Pierre a introduit les hermines dans les armoiries de Bretagne en brisant d'un quartier les armes du comte de Dreux son père. « Cepen- « dant, disent les Bénédictins, elles ne paraissent n1 dans son sceau de l'an 1214, «ni dans celui d'Alix, sa femme !. Mais on découvre des mouchetures d’her- «mines sur le quartier de ses armes dans un sceau de 1230. » Ce dernier sceau est sans doute celui qui vient d’être décrit; il est suspendu à un acte de mars 1220 (J. 153). Les mêmes armes paraissent sur deux sceaux et sur deux contresceaux de Jean I, fils de Pierre Mauclerc. Le premier sceau, suspendu à un acte de 1238, porte sur la face et sur le revers la même légende que le sceau de Pierre Mauclerc (s. lohis. dvcis, ete.). Le second sceau est attaché à un acte de 1275 (J. 241); on y voit pour la première fois un cheval caparaçonné; le titre de comte de Richemont n’est plus exprimé dans la légende: * sierr- LVM loannis pvcis BriTanniE ; les mots de cette légende sont séparés par trois points. Au revers, la fin de l'inscription est indistincte : + s. I. pvcis BriTan. AD MNDERASICHAVS creer Nous n'avons pas rencontré de sceau de Jean IT (1286- 1305). En 1296 (J. 410), Artur, son fils, avait un sceau équestre portant pour légende: sIGILLVM ARTVRI PRIMOGENITI DVCIS BRITANNIE— GTS. ARTVRI PMOGENIT. pvas Brirante. Les armoiries sont les mêmes que sur les sceaux précédents. «Jean II, disent les Bénédictins, quitta ces armoiries en 1318, et prit l'écus- «son herminé qu'il transmit aux ducs suivants. Sur deux sceaux, l'un de 1371 «et l’autre de 1380, Jean IV ?, duc de Bretagne, est représenté à cheval; mais

1 Les Bénédictins ont reproduit un sceau en épouses. Jeanne de Flandre, épouse de Jean

ogive qu’Alix employait en 1214; elle est repré- de Montfort, employait en 1341 (J. 241) un

sentée debout, la couronne ducale sur la tête, vêtue d’un manteau doublé de vair, et portant sur le poing gauche un oiseau: * s. AaLis DvcISse Brirane. co1T. RICHEMONTIS — Ÿ SECRETVM MEVM. Le champ du contre-sceau est occupé par un écu échiqueté, brisé d’un franc quartier d'attente, c'est-à-dire sans armoiries.

2 Jean IV ou V le Vaillant, était fils de Jean de Montfort, qui disputa le duché de Bretagne à Charles de Blois. On sait que la lutte de ces deux compétiteurs fut vaillamment soutenue par leurs

sceau en ogive dont la légende est en partie détruite : s. IEHANNE DE FLADRES. ET DE......s. coresse. p. Moxrro.... On trouve au bas d’un acte de 1369 (J. 242) le sceau de Jeanne de Penthièvre, femme de Charles de Blois; il est de forme ronde et a seize lignes de diamètre; dans le milieu du champ est un écu en losange parti (à dextre, aux armes de Bretagne; à sénestre, à celles de Penthièvre, qui sont : de Bretagne, brisé d'une bordure). Cet écu principal est accompagné de quatre écussons accessoires, de forme ronde,

«les inscriptions sont différentes. Dans le premier, Jean prend le titre de comte «de Montfort, et dans le second celui de comte de Richemont '. Un troisième «sceau de l'an 1391 représente ce prince debout, en habit militaire, la tête «nue, tenant l’étendard de la main droite, et l'écu de Bretagne de la gauche. « L'inscription en lettres capitales porte: s. lonis nucis Brirannie corr. (comutis) «Mowrisrornis rc. Les sceaux du duc Jean V sont encore plus variés. Celui de «l'an 1408 porte un contre-scel aux armes de Bretagne, et représente, au «premier côté, le duc assis sous un pavillon, portant une couronne de trèfles, «tenant l'épée nue de la droite, avec cette inscription en caractères minus- «cules demi-gothiques : Ÿ s. Johannis ducis Britannie comitis Montisforts etc. Un «sceau de lan 1417 représente le même prince assis sous un pavillon mou- «cheté d’hermines, avec cette devise : À ma vis. Le duc, en habit orné de «semblables mouchetures, tient l'épée dans sa droite et porte sa gauche sur «l’écu de Bretagne. Ce sceau, sans contre-scel, se distingue des précédents par «cette inscription française en lettres minuscules : + Jehan duc de Bretaigne «comte de Richemont et de Montfort. L'inscription du sceau de 1435 est eflacée ; «Jean y paraît debout, la tête nue et presque sans cheveux, en habit court, ses «pieds appuyés sur le dos d'un chien, portant l'épée de la main droite et les «armoiries de Bretagne de la main gauche. Ce sceau, ainsi que ceux des ducs « François 1“, Pierre Il et François II, sont destitués de contre-scels. L'inscrip- «tion latine de François I‘ est en lettres capitales à demi gothiques. Le caracctère minuscule reparaît sur les sceaux de Pierre Il et de François Il: les ins- «eriptions des uns et des autres sont en latin. Le dernier est représenté à «cheval, le casque en tête, portant l'épée levée de la main droite et l’'écu de « Bretagne de la gauche. Dans un sceau de l'an 1454, Pierre IT est assis sur «un trône en formé de portail gothique; il tient l'épée de la main droite et ses «armes de la main gauche; sa couronne est terminée par trois fleurs de lis, «et ses pieds sont appuyés sur un lion. Enfin, le sceau de la duchesse Anne

séparés chacun par un ange; l’un est aux armes donc probable que c'est là le sceau de 1380

de Bretagne, l’autre à celles de Penthièvre; les armoiries des deux autres sont trop confuses pour qu’on puisse les décrire : SEëL IEHANE. DVCHESSE DE BRETAIGNE.

1 Une empreinte mutilée suspendue à un acte de 1391 (J. 341) porte pour légende : + srcrLvm Jomaxnis (ducis Britannie com-) rris Mowrisrorus er (Riche-) monni. Les fragments de quelques autres empreintes permettent de reconnaître que ce sceau équestre servait dès l'an 1381; il est

dont parlent les Bénédictins, et qu’on devait y Lre, outre le titre de comte de Richemont, celui de comte de Montfort. Au revers, on voit près de l'écu aux armes de Bretagne l'Archange terrassant le dragon : cors. lomis. pucis BTANIE. cor. Mornisrorr. z. Ricmemonte, Il existe en outre aux Archives du Royaume (J. 342, an 1369) un sceau secret où Jean ne prend que le titre de duc de Bretagne et de comte de Montfort; la légende est en minuscule gothique.

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