‹ Éléments de paléographie (volume 2)Chapitre 80 sur 283 · PARTIE IV.— CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

PARTIE IV.— CHAPITRE VII

Hugues X° du nom, comme seigneur de Lesignem ou Lusignan, et Il° du nom, comme comte de la Marche, succéda en 1208 à sa mère Mathilde, et réunit, en 1218, le comté d'Angoulême à celui de la Marche, du chef d'Isabelle, sa femme, veuve de Jean-sans-Terre et fille d'Aimar, comte d'Angoulême. Hugues est représenté à cheval, la tête nue, tenant les rênes de la main gauche, et appuyant la main droite sur un chien qu'il porte en croupe; une trompe de chasse est suspendue à son cou; le champ du contre-sceau, qui a comme la face principale près de trois pouces de diamètre, est occupé par un écu burelé de dix-huit pièces : + sieiz. Hvconis ne Lezinraco comrris Enco- LISME — Ÿ siGizr. Hvconis De Leziniaco comrris MaRGRE (J. 270, an 1224). Le sceau de Hugues le Brun, son fils, n’a pas tout à fait deux pouces et demi de diamètre; 11 reproduit d’un côté les mêmes détails que le sceau précédent ; mais le contre-sceau n'est pas de même grandeur que la face principale, et l’écu qui en occupe le champ est burelé de quatorze pièces : + s. Hvaonis pe Le- ZIGNE. COMITIS Mancure ET ENGOLISME — + SECRETVM MEVM (J. 192, an 1257). Yolande de Dreux, femme de Hugues le Brun, est représentée debout, tenant un faucon sur le poing gauche; l’écu du contre-sceau porte six lions, posés trois, deux et un, sur un champ burelé de seize pièces : s. YoLENDIS vxonis Di. HvGonis Brvni— + secrervm pxe. Yorenpis (J. 192, an 1250). Hugues XIII, petit-fils de Hugues le Brun, mourut en 1303, sans laisser d'enfants; Philippe le Bel réunit les comtés de la Marche et d'Angoulême à la couronne, en laissant à Yolande, sœur de Hugues XIII, la seigneurie de Fougères. Ces arrangements ne furent terminés qu'en 1308. Un sceau d'Yolande, suspendu à une charte de cette même année, porte pour légende: # s. YoLenr pe Lezr- GNIEN OTESSE DE LA MARCHE Z. DENGOVLESME Z. DAME DE Fovereres; Yolande est représentée debout entre deux écussons, l'un burelé de dix pièces, l’autre portant une fougère; sur le contre-sceau on voit un écu portant une fasce : CGONTRE- SEEL VOLENT DE LeziGnrex (J. 374). Louis de Bourbon, comte de Clermont, reçut en 1327 le comté de la Marche, en échange du comté de Clermont, qui lui fut rendu en 1331. Jean de Bourbon succéda, en 1361, dans le comté de la Marche, à Jacques de Bourbon, son père, troisième fils de Louis de Bourbon. Il devint en outre comte de Vendôme en 1374, du chef de Catherine, sa femme. Il avait en 1384 un sceau de dix-sept lignes de diamètre, où l'on voit un écu semé de France à une bande chargée de trois lionceaux ; cet écu, supporté par deux hommes sauvages, est timbré d’un casque couronné, qui à pour cimier un bouquet de plumes de paon; la légende est en partie détruite : an DE BourBon conte... (J. 374). A la fin du xiv° siècle, Louis, second fils de Charles V, avait reçu en apanage le comté d'Angoulême, qu'il

laissa en mourant à Jean d'Orléans, son troisième fils. En 1445, ce prince employait un sceau de deux pouces quatre lignes de diamètre, sur lequel on voit l'écusson de France au lambel de trois pendants, timbré d’un casque qui a pour cimier une fleur de lis, et dont les lambrequins servent de support à deux cygnes; la légende est en minuscule gothique : « sigillum Iohannis Aucrelianensis comitis Engolismensis. » {J. 647.)

Guillaume VII, dit le Jeune, succéda vers Van 1145 à Robert III, son père, dans le comté d'Auvergne. Dans une charte de 1149, citée par Baluze, il s'intitule dauphin d'Auvergne, et déclare que cet acte est scellé du sceau de son dauphiné. Les auteurs de l'Art de vérifier les dates pensent qu'il prit ce titre à limitation de Guigues, son aïeul maternel, qui le premier se qualifia dauphin de Viennois. Son fils Robert, surnommé Dauphin, qui lui succéda en 1169, employait, en 1199, un sceau sur lequel il est représenté tenant une épée de la main droite et un bouclier de la main gauche; il est monté sur un cheval qui trotte vers la droite. Ce sceau a deux pouces et demi de diamètre : T siGrL1..……. comrris CLaromowris; le contre-sceau n'a que seize lignes de diamètre; on y voit un dauphin avec cette légende : srGrr- LVM DELFINI { J. 426). Au même acte est attaché un sceau de vingt-six lignes de diamètre, qui représente Guillaume, son fils, monté sur un cheval au galop; le champ du contre-sceau, qui à vingt lignes de diamètre, est occupé par un écu portant deux léopards lionnés; il n’y a de légende que sur le pre-

dk.

mier côté : Ÿ siGiLLvm W. comiris CLAROMONT

. En 1230, Guillaume, qui n'avait pas encore succédé à son père, employait un autre sceau (J. 426) de deux pouces trois quarts de diamètre, qui le représente monté sur un cheval galopant vers la gauche, tenant une épée de la main droite, et portant un bouclier sur lequel on voit un dauphin au lieu de léopards; l’écu du contresceau est aux mêmes armoiries : comiris CLAROMONTIS DOMINI Monris (Ferandi) — + s. W. comrris CLaromowris. En 1423, Béraud III, dauphin d'Auvergne, comte de Clermont et de Sancerre, employait un sceau de vingt lignes de diamètre, sur lequel on voit un écusson écartelé (au 1° et au /", portant un dauphin ; au 2° et au 3°, aux armes du comté de Sancerre, qui sont : une bande accompagnée de cotices potencées et contre-potencées ! ); cet écusson est supporté par deux enfants, et timbré d'un casque qui a pour cimier un dauphin placé entre deux longues aigrettes:«s. daulphin dAuuergne «cote. de Clermot. z. de Sac... » (J. 188.) à Guillaume le Vieux, frère de Robert III, dépouilla en 1155 son neveu

? Ce sont, comme on le voit, les armes de vraient être brisées d’un lambel de trois pen- Champagne; selon les traités de blason, elles de- dants.

PARTIE IV.— CHAPITRE VII. 175 Guillaume le Jeune de la plus grande partie du comté d'Auvergne; il y eut dès lors des comtes d'Auvergne qu'il ne faut pas confondre avec les dauphins d'Auvergne. On vient de voir que Robert-Dauphin prenait le titre de comte de Clermont; la même inscription se lisait, selon les auteurs de l'Art de vérifier les dates, sur le sceau de Robert IV, fils et successeur de Guillaume le Vieux. Le fils aîné de Robert IV, Guillaume IX, ne posséda que très-peu de temps le comté d'Auvergne, et fut remplacé en 1195 par son frère Gui I, qui mourut en 1224, dépouillé de presque tous ses domaines. Sa veuve, Pernelle de Cambon, employait en 1232 un sceau d'un pouce trois quarts de diamètre, qui la représente assise sur un cheval marchant vers la gauche, et

portant un faucon sur le poing gauche : srGrn. Cam.......co..

Mat OMONTIS (J. 180). Robert V, fils de Guillaume X, est monté sur un cheval au galop, tenant de la main droite une épée, et portant au bras gauche un bouclier aux armes du comté d'Auvergne, qui sont un gonfanon ! à trois pendants bordés d’une frange; ces armoiries sont répétées sur le caparaçon du cheval, et sur l’écu du contre-sceau : Ts. RoBerr: comrrIs CLAROMONTIS Z. ALVERNIE — Ÿ SEGRETVM CoMiTIS ALVERNIE (J. 1125, oùim 1057). En 1269, Robert employait le même sceau, quoiqu'il eût, dès l'année 1260, hérité du comté de Boulogne. En 1386, Jeanne de Clermont, femme de Jean I‘, prenait le titre de comtesse de Boulogne et d'Auvergne. Elle est représentée debout sous une niche gothique; de chaque côté, sous une niche plus petite, on voit un écusson soutenu par un homme sauvage; l’écusson placé à sa droite est aux armes d'Auvergne, l'autre est semé de France à une bande chargée de trois lions; la légende du premier côté est en minuscule gothique, et presque entiérement détruite; au revers on voit un écusson parti aux armoiries qui viennent d'être indiquées : Forts. lens. coresse. DE Boo. z. DE AVVERGNE (J. 149 ).

Il existe aux Archives du Royaume un sceau de Guigues VI, ou Guiot, comte de Forez, qui succéda en 1241, à son père Guigues V. On voit dans le champ un écu portant un dauphin : + s. Gvinonis comrris Forisrensis (J. 256, an 1242). Ce sceau a deux pouces quatre lignes de diamètre; il est sans contre-sceau.

Guigues VI, connu sous le nom de Guigues André, dauphin de Viennois et comte d’Albon, succéda dans le Dauphiné à sa mère Béatrix, du vivant de cette princesse. Il employait, en 1226, un sceau à deux faces de même grandeur. On voyait d'un côté le dauphin à cheval, et de l'autre un château à trois tours; la tour du milieu était crénelée de quatre pièces, et les deux autres de trois; ces tours étaient entourées d’une muraille à douze créneaux. M. de Valbonnays n'a pas reproduit le premier côté du sceau; mais il en a transcrit la légende :

! Le gonfanon est une bannière d'église qui se divise en trois ou quatre fanons ou pendants.

sigillum Guigonis Andreæ dalphini comitis Albonis. On lit au revers: T ET VIENNE pALATINI. Béatrix de Montferrat, troisième femme de Guigues André, est représentée assise sur un cheval au trot, et portant un faucon sur le poing sauche; au revers,-on voit aussi un château à trois tours : Ÿ s. BrATRICIS DALPRINE VienNEN. — Ÿ Er ALgonis comrmisse. Le premier sceau du dauphin Guigues VII (1237- 1269) «est semblable, dit M. de Valbonnays, à celui de Giietes An- «dré, son père, à quelque différence près dans la disposition des tours et des «créneaux.» En 1267, on trouve un autre sceau, dont le revers représente aussi un château à trois tours; mais il existe de chaque côté un clocher qui sépare les tours latérales de celle du milieu. Guigues a, le premier, employé un sceau secret, dont le champ est occupé par un écu portant un dauphin : + sGiLLvM secrervm G. pazpmivi. M. de Valbonnays n'a pas publié le sceau de Jean I‘; il ne donne qu'un petit sceau de Humbert [*, sur lequel on voit l'écu de Dauphiné accosté de deux tours, qui sont les armoiries de ce seigneur, comme baron de la Tour-du-Pin. Le même auteur a fait graver, d'après un acte de 1289, un sceau d'Anne, femme de Humbert [*; on y retrouve Îes mêmes armoiries que sur le sceau de son mari, mais l’écu du Dauphiné est accompagné en outre de trois étoiles : Ts. ANNE DALPHINE COMITISSE VIENNENsis ET DOMINE DE TurRe. Il existe aux Archives du Royaume (J. 277, an 1292) un sceau à peu près semblable, qui porte une autre légende: s. Anne Vrex. z. ALBON. COITISSE. AC DNE. D. TRE. Jean Il, avant de succéder à son père en 1306, a employé deux sceaux différents. On trouve une empreinte du premier au bas d’un acte de 1294 (J. 277); le champ est occupé par un griffon passant, accolé de l'écu de Dauphiné; deux tours sont placées dans ee cercle de l’inscription (nous en indiquons la position par des tirets) : Ts. Tlonis — PrImocenrri Hv. pa—1pu. Vie. Un autre sceau, cité par M. de Valbonnays d'après un acte de 1306, portait l'écu de Dauphiné brisé d'un lambel de deux pendants: Ts. JEHAN DAVFIN GONTE DE GapENGEIS (Gapençois). Après avoir succédé à son père, Jean Il employa aussi un sceau équestre de trois pouces de diamètre, avec un petit contre-sceau aux armes de la baronnie de la Tour; son casque a pour cimier un dauphin que l'on retrouve également sur le bouclier, sur le caparaçon et sur la tête du cheval : s. lonis. DALPHINT VIENNEN. ALBON. GOMITIS DNI. Q. DE TvRRE — Ÿ secReTvM lomis. Dazpur. (J. 277, an 1310). M. de Valbonnays n'a publié qu'un petit sceau de Guigues VIIT; le champ est occupé par un écu portant un dauphin accompagné de deux besants; l’écu est accosté à dextre d’une tour, et à sénestre d’une tour et d'un besant : fs. Gvicves paL- PHIN DE Viennois. Le contre-sceau, qui n'a pas de légende, porte une tour. Humbert Il, dernier dauphin de Viennois, à employé un sceau équestre de

PARTIE IV.— CHAPITRE VIL 175 plus de trois pouces et demi de diamètre, avec un contre-sceau de même grandeur, sur lequel on voit la ville de Vienne avec ses portes, ses remparts, ses maisons et ses clochers; la légende commence sur le premier côté et se continue sur le second: s. Hvmgri. pazpui. Vien. pvcis CaApisAvRI. (Campisauri) PNCIPIS. BriAGSON. {Briancsonis) MARQON. (marquionis) CESANE Viex. Are. Grasiv°n. { Albonis Grasivodani) com. — Ac paLaTINI VapiNGEsn EBREDVN. Er Aprie. (Andrie) corris. bNI. BARONIAR. Tvrris Fvcex. (Facigniaci) Morazan. (Montis-Albani) Mepvr. (Medulici) z. Mons. Lyrezur!. On lit aussi dans le bas du champ : Vrena. (J. 279, an 1343). Humbert II a employé, en outre, un petit sceau représentant l’écu de Dauphiné placé au centre d’une quarte-feuille; dans la feuille supérieure, on voit un homme armé d'une épée, portant un bouclier et assis sur un léopard; dans la feuille inférieure, une tête de léopard entre deux dragons; dans chaque feuille latérale, un homme sauvage monté sur un griflon : s. PaRvyM HlvMBERTI DALFINT VIENENSIS. (J. 277, an 1349). Humbert, après avoir cédé ses nombreux domaines à Philippe, fils puiné du roi de France, puis à Jean, frère aîné de Philippe, et en dernier lieu à Charles, fils aîné de Jean, entra dans les ordres à la fin de l’année 1350; fut sacré, huit jours après, patriarche d'Alexandrie; nommé, en 1352, administrateur de l’archevêché de Reims, et pourvu de l'évêché de Paris en 1354. On trouve au bas d'un acte de cette dernière année (J. 285) un sceau de près de quatre pouces un quart de diamètre, sur lequel il est représenté assis, en habits épiscopaux, coïffé d’une mitre, donnant la bénédiction de la main droite et tenant de la main gauche une croix qui repose à terre; à sa droite, on voit l’écusson de Dauphiné accompagné en chef de l'aigle et en pointe du lion aïlé; les symboles des deux autres évangélistes accompagnent un second écusson aux mêmes armoiries placé à sa gauche; l'aigle, le lion, l'ange et le bœuf sont nimbés; à la même hauteur et aux deux extrémités latérales du champ se trouvent, d’un côté S' Catherine couronnée et nimbée, armée d’une épée et tenant sa roue de la main gauche; de l'autre, un évêque nimbé. Au-dessus de la tête de Humbert IT, la Sainte Vierge tenant l'Enfant Jésus est assise entre deux anges sous une niche gothique; S. Pierre à sa droite et S. Paul à sa gauche occupent deux autres niches latérales; au revers, on voit l'écusson de Dauphiné entouré de quelques-uns des attributs qui viennent d’être décrits ; ce contre-sceau n’est pas toujours employé : s. Humserri Det 7. sEDiS APLIGE. (apostolice) ara. sc. ALEXANDRINE ECCLE. PATRIARCE DALFINI VIENNEN. ANTIQVIOIS. (antiquioris) —s. SE- CRETVM HUMBERTI PATRIARCE ALEXANDRINI DALFINI VIEN. ANTIOVIOIS. Nous avons

! La première lettre du mot Lupelli est à la fin de l'inscription circulaire; les six autres sont placées dans le haut du chemp.

Rs

déjà cité les sceaux que Charles V a employés comme dauphin; Louis, fils de Charles VI, avait, en la même qualité, un sceau équestre de quatre pouces de diamètre, portant pour légende : «s. Ludouici p'geniti Francorum reg. duc. «Acquitaie. dalphini Viennen. » (J. 286, an 1/10.)

Amar III de Poitiers, comte de Valentinois et de Diois, employait en 1270 (J. 303) un sceau équestre de deux pouces de diamètre; on le voit monté sur un cheval qui galope vers la gauche, tenant de la main droite une épée et portant au bras gauche un écu à dix besants posés quatre, trois, deux et un, surmontés d’un chef; ces armoiries sont répétées sur le caparaçon qui couvre la croupe du cheval; au revers, on voit une étoile à douze rais : TSIGILLVM ADEMART DE Picravia. — + courris Vazenrinr. M. de Valbonnays a donné, d'après un acte de 1267, un autre sceau qui représente Aimar [IT monté sur un cheval galopant vers la droite; on voit sur le bouclier six besants au lieu de dix; le cheval est entièrement couvert par son caparaçon : Ts. Avmart DE PrcrAvrA comrr. Vazenrix. er DYEN. — T.comiTis VALENTINEN.

On trouve au bas d’un acte de 1281 (J. 165) un petit sceau d'Archambaud III, comte de Périgord; le champ de cette empreinte, qui n'a que treize lignes de diamètre, ést occupé par un écu portant trois lions couronnés, posés deux et un : Ts. ARCAMBALD. COMES PETRAGOR.

Géraud V, comte d'Armagnac et de Fezensac, est monté sur un cheval qui galope vers la gauche; il tient de la main droite une épée, et porte au bras gauche un écu sur lequel on voit un lion; le caparaçon du cheval est aux mêmes armes : ts. G. comrris Armanracr et Fe.....cr (J. 392, an 1972). En 1360, Jean [*, comte d'Armagnac, de Fezensac et de Rodez, vicomte de Lomagne et d'Auvillars, employait un sceau équestre de trois pouces de diamètre, dont le champ est semé de feuilles renfermées dans des losanges; le bouclier est écartelé et porte un lion sur chaque quartier; les mêmes armoiries sont répétées sur le caparaçon du cheval et sur l'écu du contre-sceau, qui a pour support deux vieillards coiffés d'un bonnet de forme conique, orné d’une double aigrette, et pour timbre un casque couronné, surmonté d’un cimier en forme de gerbe : s. lomants. ARM....cr ...NCIACI ET .…..ENE COMITIS. — 5. lon. corris. Arman. Fezen. z. Roru. ui. LEO. z. Azriuiz. (J. 186.)

Raimond de Saint-Gilles, comte de Toulouse, donna en 1088 une charte scellée d’une bulle de plomb, dont le revers porte la croix de Toulouse sans légende. Sur le premier côté, on voit le comte à cheval, tenant de la main droite une épée levée : ts. Ramvnnr comiris !. Dom Vaissette fait observer que les comtes

1 Il existe au Trésor des chartes (J. 311) une partenait, et qui est à peu près semblable à celle bulle de plomb, détachée de l'acte auquel elle ap- qui vient d'être décrite, si ce n’est que le mot

PARTIE IV.— CHAPITRE VII. 177 de Toulouse scellèrent toujours en plomb les chartes qu'ils donnaient pour leurs domaines du marquisat de Provence et du comtat Venaissin. « Ces «princes, disent les Bénédictins, scellaient de leur sceau ou anneau en 1126, «et l'on voit qu'ils avaient une croix pour armes en 1171, ainsi qu'il est mar- «qué dans un vidimus d’une de leurs chartes de cette année. » Constance, sœur de Louis le Jeune, mariée, en 1154, à Raimond V, comte de Toulouse, employait un sceau rond dont le revers a, comme la face principale, deux pouces un quart de diamètre. Elle est représentée, d'un côté, assise sur un siége à dossier, tenant de la main droite une croix, et de la main gauche un globe surmonté d'une fleur de lis; près de sa tête, on voit à sa droite un soleil, et à sa gauche un croissant de lune. Au revers, elle est assise sur un cheval au trot, et tient dans la main droite une espèce de sceptre fleurdelisé : F sarzzvm ConsranGIE Dvaisse NARBONE MARGHESIE — ŸSIGILLVM CONSTANGIE COMITISSE Taozose (S. 2139). Les Bénédictins décrivent, d’après un acte de 1228, un sceau que Raimond VII employait encore en 1242 (J. 302). Sur le premier côté, le comte est représenté assis, tenant de la main droite une épée placée en travers au-dessus de ses genoux, et portant de la main gauche un château à trois tours; près de sa tête, à droite, est un croissant de lune, et à gauche un soleil. Au revers, il est monté sur un cheval qui galope vers la gauche; il tient dans la main droite une lance, et porte au bras gauche un bouclier sur lequel on voit la croix de Toulouse, qui paraît aussi sur le caparaçon du cheval; un soleil se trouve dans le champ du contre-sceau, en avant du comte, et un croissant de lune derrière sa tête. Ce contre-sceau, qui est de même grandeur que le premier côté, a près de trois pouces de diamètre : Ts. Rarmvnnr Der Gra. comiris ToLose marcu. Puicte.; au revers, le mot Provincie n'est pas abrégé. On trouve au bas d’un acte de 1246 (J. 303) une bulle de plomb qui présente à peu près les mêmes détails que celle dont Raimond de Saint- Gilles se servait en 1088; maisles deux côtés portent une légende : + s. R. co- MiTis — Ÿ s. VENAISSINI.

En 1227, Bernard V, comte de Comminges, employait un sceau à double face de même grandeur; on voit sur une empreinte mutilée qui existe aux Archives du Royaume (J. 293) qu'il portait sur son bouclier une croix pattée; nous transcrivons les deux légendes d’après une gravure de Dom Vaissette : + sIGILLVM BER.. .p1 Der GrAGrA commis CoNvENNARvM — + DEvs IN ADyvrorrvu MEVM INTENDE DOMINE AD........ ME resriNA. On voit aussi un écu portant

Raimundi est suivi du chiffre romain III. Dom Vaissetie en a fait graver une qui était suspendue à un acte de 1210, déposé alors au Trésor

des chartes, et sur laquelle existaient les traces du même chiffre : il en résulterait que Raimond VI se disait troisième du nom.

Il 3

PERS AU Le 20

une croix pattée sur le sceau secret de Bernard VI, son fils : s. secreTI B. GOMITIS Convenarv. (J. 306, an 1242).

Raimond Pelet, comte d'Aleth, est représenté, d'un côté, armé d'une épée et monté sur un cheval au pas; de l’autre, il tient une lance ornée d'une banderole, et son cheval est lancé au galop: serzzvm (sigillom) Ratmvnpr PELETI COMINIS SE Mie m Rammvpr. Pezeri commis (J. 890, olim 838, an 1217).

Raimond Bérenger IV, devenu comte de Provence en 1209, portait les armoiries d'Aragon, comme petit-fils du roi Alfonse, qui s'était emparé de la Provence en 1167. Il employait, en 1234 (J. 611), un sceau à double face de même grandeur; d'un côté, il est représenté tenant un étendard, et de l’autre armé d’une épée; le cheval, qui galope versla gauche, est couvert d'un caparaçon aux armes d'Aragon : + siGILLVM RaïmvND1 BERENGERI —*comiTis PROVINGIE. Béatrix de Savoie, femme de Raimond, est représentée la couronne en tête, tenant une fleur de lis de la main droite, et assise sur un cheval qui marche vers la gauche; le contre-sceau a, comme la face principale, plus de deux pouces trois quarts de diamètre; on y voit un écu portant une aigle au vol abaïissé : Ts. comiTissE vxoris R. BENG. coMiTIS ET MARCH. PVYINCIE. ET COMITIS FoncaLcnarr— Ÿ ARMA comimis SABAVDIE Er Marcus. Irmazre. Ce sceau, attaché à une charte de 1256 (J. 178), est sans doute celui que Béatrix avait employé avant la mort de son mari.

Les sceaux des comtes de Foix sont presque tous gravés dans l'Histoire de Languedoc de Dom Vaissette; nous croyons par conséquent pouvoir nous dispenser d'en donner la description.

$ II. scEAUX DES NOBLES QUI ONT PORTÉ LES TITRES DE VICOMIE, DE SEIGNEUR, DE CHEVALIER, D'ÉCUYER, ETC.

En 1180 (J. 168), Édève, dame de Moncy ou Moucy, employait un sceau rond d’un pouce trois quarts de diamètre, sur lequel on voit une main tenant une fleur de lis; son nom est écrit dans l'acte Ædewia Monciaci; on lit sur le sceau : +s. Hepeve DE Moxci !. Hugues, vicomte de Châteaudun, monté sur un cheval qui trotte vers la gauche, et coïffé d’un casque auquel se rattachent des lambrequins, tient de la main droite une épée levée au-dessus de sa tête, et porte au bras gauche un long bouclier triangulaire sur lequel nous croyons distinguer une aigle au vol abaissé : + sierzuvm Hveonis viscrcomiris DE Casrri- DVNO (J. 168, an 1189). Ermansanz, vicomtesse de Sens, avait, en 1190, un

1 Les lettres de cette inscription sont fort es- mot n’est probablement pas abrégé, et qu'on pacées, et rien n'eût été plus facile que de graver pourrait considérer la légende comme étant en Monciaco au lieu de Monci; il en résulte que ce langue vulgaire.

PARTIE IV. — CHAPITRE VII. 179 sceau en ogive où elle est représentée de profil, assise sur une chaise, et tenant de la main droite un lis de jardin : + sierzc. HermesenD. vicomimissE SENONIS (S. 2122). Richard de Vernon est couvert d'une cotte de mailles; il a des étriers et des éperons ; la selle de son cheval est recouverte d'une housse garnie de franges ; on voit sur le bouclier qu'il porte au bras gauche deux Jumelles en sautoir. L'écu qui occupe le champ du sceau de son fils porte deux bâtons en sautoir brochant sur un râteau : T siczzvm Ricarpr DE VERNYN; sur le sceau du père, il y a de Vernone, au lieu de de Vernun (J. 216, an 1195). On trouve au bas d'un acte de 1214 (J. 394) un sceau de forme triangulaire, que Juhel de Mayenne employait, selon les Bénédictins, dès l'an 1197 : Ÿ si GiLvu Ivnezrr De Mepvan. m.t. Le sigle M signifie probablement multis. Cette légende entoure un écu portant six écussons posés trois, deux et un, et chargés d’un sautoir brochant sur une vergette'; au revers, on voit un lion rampant contourné. En 1199, André de Chauvigny, seigneur de Châteauroux, n'avait pas non plus de sceau équestre; cet exemple vient à l'appui de l'opinion des Bénédictins, qui affirment que dès le xn° siècle les seigneurs employaient quelquefois des sceaux sur lesquels ils se bornaïent à faire représenter l'écu de leurs armes. Le sceau d'André de Chauvigny a deux pouces quatre lignes de diamètre; on y voit un écu portant une fasce de losanges surmontée d'un lambel de cinq pendants : Ÿ sIGILLVM ANDRE DE CALVIGN. DNI. CasTri RADVLFI ? ; au revers, on distingue un oiseau ; mais la légende est effacée (J. 399).

On voittroisroses posées deux et unesur le bouclier de Roger de Rosoy et sur l'écu du contre-sceau (J. 387, an 1201) : siemzvm Rocenr DE Rosero, — Rocen pe Rosero. Mathieu de Montmorency (J. 168, an 1202) est monté sur un cheval sans caparaçon; son bouclier et l’écu du contre-sceau portent une croix cantonnée de quatre alérions, un par quartier: Ÿ sircr. Marner DE Mon- TEMORENGIACO®. Sur un sceau attaché à un acte de 1203 (J. 394), le cheval est

1 C'est d'après une gravure inexacte que nous quatre par quartier; ces armes se voient sur un

avons donné (p.95) une autre indication. sceau attaché à un acte de 1219 (J. 151); elles

? En 1217, Guillaume de Chauvigny, seigneur de Châteauroux, avait un sceau équestre; ses armes sont répétées sur son bouclier, sur le caparaçon du cheval et sur l'écu du contre -sceau, qui a, comme le premier côté, deux pouces trois quarts de diamètre; mais ce sont des fusées et non des losanges qui paraissent au revers, et le lambel ÿ est de six pendants; on n’en voit au contraire que deux ou trois sur le premier côté (J. 394).

5 Mathieu de Montmorency, devenu connétable, porta la croix cantonnée de seize alérions ,

sont répétées sur le bouclier, sur le caparaçon du cheval et sur l'écu du contre-sceau ; toute la première parlie de la légende est détruite; la dernière partie est très-altérée; mais on y distingue le titre de connétable du roi de France. La croix cantonnée de quatre alérions seulement parait sur l'écu qui occupe le champ d’un sceau de Bouchard de Montmorency, seigneur de Marly; au revers on voit une aigle au vol abaissé (J. 153, an 1220). Cette empreinte est en ogive, ce qui est extrémement rare pour les sceaux de seigneurs.

recouvert en entier par un caparaçon aux mêmes armes. En 1203, Raoul de Clermont , seigneur d’Aïlly, ne portait pas semé de trèfles à deux bars adossés ‘; on distingue sur l'écu marqué au contre-sceau cinq pièces mises en croix ; nous ne pouvons pas affirmer que ce soient des trèfles : sicizz. RapvLri DE CLARO- MONTE. — Ÿ er DOMINI DE AuLt (J. 399). Gui de Senlis, IV° du nom, qui remplit la charge de grand bouteiller, ne portait pas écartelé d'or et de gueules; on voit sur son bouclier etsur l’écu marqué au revers cinq gerbes mises en croix ?: ŸsIGILL. Gviponis BVrIVLARI (J. 399, an 1203). Le sceau de Raoul d'Aunoi, en 1204 (J. 234), ne représente que ses armoiries, qui sont six canettes en orle, entourant un petit écu en abîme : Ÿ sicizzvm Rapvzrt pe Avnor. Roger de Meulan, du vivant de son père Valeran , employait un sceau dont le champ est occupé par un lion Ÿ : + sieizzvm Rocer DE MevzenDo (J. 216, an 1204). On ne voit également sur le sceau de Guillaume des Roches, sénéchal d'Anjou en 1204, qu'un écu dont les armoiries sont un lambel de cinq pendants brochant sur une bande de losanges: + siizzvm Gvizermr De Rvpravs (J. 179). La généalogie des anciens vicomtes de Thouars présente de graves difficultés. En succession directe, et lorsqu'il n'y avait que des enfants mâles, le fils aîné prenait les sept neuvièmesdes biens, et partageait lesdeuxautres neuvièmesentre ses frères ; mais si le frère aîné venait ensuite à décéder avant les autres, ses enfants ne recueillaient que ses biens meubles, et les immeubles retournaient au frère puiné, moins deux neuvièmes qui se partageaient entre les autres frères. Un vicomte de Thouars n'était donc que l’usufruitier d’un héritage dont la propriété appartenait par indivis à tous les membres de la famille. (Voyez Hist.

généal. de la maison de France, t. IV, P- 187.) Cette communauté d'intérêts,

! Ces armoiries indiquées par le P. Anselme, étaient portées, en 1292, par son petit-fils, Raoul de Clermont, sire de Nesle, connétable de France; elles paraissent à la fois sur le bouclier, sur le caparaçon du cheval et sur lécu du contre-sceau : s. RapvcpHi DE CL. . . .. DE NIGELLA — À conr. s. Rapvcpar DNI. DE NIGELLA.

? L'écu qui occupe le champ du sceau de Gui son fils, porte trois gerbes posées deux et une: s. Gvinonis DE SiLvanecTis (J. 168, an 1217). Les mêmes armes paraissent en 1234 (J. 238) sur le sceau de Guillaume, frère de Gui; mais elles sont brisées d’un lambel de trois pendants sur l’'écu qui occupe le champ du premier côté, et d’un lambel de cinq pendants au revers. Le titre de bouteïller était devenu un surnom propre

à cette famille; en effet, quoique Guillaume n'ait pas rempli la charge de bouteiller, on lit sur le sceau qui vient d'être décrit : Ÿ siGiLLvm Gvir- LERMI Piscrne (Piscerne). Quant à l'écu écartelé, nous l'avons rencontré avec un lambel de cinq pendants pour brisure, sur le sceau d’Anselme, seigneur de Luzarches, neveu de Gui et de Guillaume ; le mot Senlis est écrit d'une manière bizarre dans la lévende : Ÿs. misire AVNSEL BOVrE- LIER DE SAINTLIZ (J. 160, an 1285).

5 En 1255, Raoul de Meulan portait échiqueté de six tires; l'échiqueté et le lion furent réunis dans les armes de Jean de Meulan, évêque et comte de Noyon en 1350; le sceau équestre de Raoul de Meulan porte pour légende : +s. Ra- DVLPHI DE MEVLENT (J. 224).

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