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PARTIE IV.— CHAPITRE VII

3° Sceaux des ordres de chevaliers religieux.

Les Bénédictins pensent que les ordres de chevaliers religieux ont eu des sceaux dès leur origine. Le plus ancien type qu'ils aient connu est celui des Templiers, dont une empreinte était suspendue à un acte de 1190; on y voyait deux cavaliers montés sur un même cheval. C'était un emblème de l'ancienne pauvreté de cet ordre militaire. Le souvenir de cette humble origine est souvent rappelé dans les actes; nous citerons, par exemple, les suscriptions de deux chartes, l'une de 1171 (S. 2ii5), l'autre de 1 2 55 (J. 1 98) : « Notum sit tam futuris quàm presentibus quôd ego Gaufridus Fulcherii pau-

« perum Templi cis mare existens procurator humilis Nos frères Re-

« gnauz de Vichier, maistres de la poure chevalerie dou Temple de Iherusalem , « et li couvens de celé meisme chevalerie, etc. » Cette charte en langue vulgaire est scellée de deux sceaux. L'un est semblable à celui que les Bénédictins ont fait graver, si ce n'est qu'il a quinze lignes de diamètre au lieu de vingt et une : t sigillvm militvm Xpisti ; le second n'a qu'un pouce de diamètre, et représente un dôme supporté par quatre arcades : t s. tvbe. (tumbe) templi Xpi. Ce dernier sceau, imité de celui qui servait en 1 171, est le sceau de la communauté , tandis que le sceau équestre était celui du maître de France. L'empreinte suspendue à la charte de 1171 portait pour inscription : tiwiL. templi sal. [milites Templi saïuti s). Cette légende se retrouve sur un sceau à peu près semblable qui servait en 1269 (J. 190). Ces différents types, employés par les Templiers de France, ressemblaient sans doute à ceux dont on se servait dans les différents pays où le même ordre avait des établissements. Les Bénédictins ont reproduit une bulle de plomb des chevaliers Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem; la légende prouve qu'elle était commune au grand maître et à l'ordre : t bvlla magistri et conventvs — + hospitalis Hiervsalem. Elle représentait, d'un côté, neuf prêtres ou chapelains agenouillés devant une croix patriarcale, au pied de laquelle était une H, désignant l'église de Jérusalem, qui avait la forme de cette lettre; de l'autre, l'intérieur de l'hôpital de Saint-Jean et un malade couché dans son lit. « M. Ficoroni, disent les «Bénédictins, croit que le sceau figuré ici est une bulle conventuelle, parce « que Paolo dit qu'il a trouvé dans les statuts de l'ordre, mis en lumière par «Bosius, deux coins de fer sur lesquels étaient gravées les images du grand- « maître et des baillis pour marquer les bulles de plomb du couvent. Mais , « dans quelques sceaux qu'on trouve dans le recueil des diplômes de Malthe , « par Paolo, on voit le grand-maître seul à genoux devant la croix patriar-

« cliale. », C'est ainsi qu'est représenté Foulque de Villaret sur le premier côté d'une bulle de plomb suspendue à un acte non daté, qui doit être compris entre les années i3o7 et i3i4; le revers de la bulle représente l'intérieur de l'hôpital et un malade couché sur un lit : t frater Fulco custos — t hospitalis Iherusalem (J. 368). Dans l'acte il prend le titre de maître, mais il y ajoute celui àe gardien des pauvres du Christ. On trouve, dans le même carton, une empreinte mutilée du sceau d'Hélion de Villeneuve, successeur de Foulque; ce type ne représente qu'un buste; la légende, en partie détruite, se termine par custos paup. En 1 3 1 5 le prieur de la maison de Venise avait un sceau portant pour légende : t s. f. Leonardi d. Tibtis. por. Venetiar. [sicjillum fratris Leonardi de Tibertis prioris Venetiarum) — + secretvm fris. Leonardi (J. 368). Les Bénédictins décrivent, d'après Heineccius, deux sceaux de cire du grand maître de l'ordre Teutonique. «Le premier, disent-ils, représente la Sainte- « Vierge avec l'Enfant Jésus, fuyant en Egypte, montés sur un âne dont S.Joseph « tient la bride, avec cette légende : t s. commendatoris domus ordinis Theut. «in Prus. et Liv. [Theutonici in Prussiâ et Livoniâ). Le second sceau, en cire « rouge, porte l'image de l'Enfant Jésus couché sur un lit. On voit à ses pieds « un homme mitre, tenant une croix, et rendant ses hommages au divin En- « fant. Au-dessus , on voit le bœuf et l'âne à la crèche , et on lit autour : t s. « comendatoris. domus Theuton. in Livonia. » Puisque les religieux et les moines non pourvus d'offices avaient souvent des sceaux particuliers, il est probable que dans les ordres militaires les simples chevaliers jouissaient du même privilège.

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