XVI. (Pi. IV, n° 1.) « S. Augustinus de opère monachorum
« Excerpta ex historià Josephi vi vel vu saeculi. » — ( Catal. du fonds de S. Germain.) — Les Bénédictins s'accordent avec cette estimation du catalogue, du moins en ce qui concerne la portion du manuscrit qui renferme les ouvrages de S. Augustin, et à laquelle est emprunté le premier fac-similé de la planche IV. On trouve en outre dans ce manuscrit une écriture mérovingienne qu'ils estiment du vne siècle, et un fragment de S. Hilaire qu'ils font remonter au ve ou au vie. Ce manuscrit a neuf pouces un quart de hauteur sur sept pouces trois quarts de largeur.
XVII. (PI. IV, n° 4.) «Codex membranaceus , olim Puteanus. Ibi conti- « nentur sancti Hieronymi Commentariorum in Jeremiam libri sex. Is codex cha- « racteribus franco-gallicis sœculo, ut videtur, nono exaratus est.» [Catalogue de la Bibliothèque du Roi.) — Les Bénédictins regardent ce manuscrit comme beaucoup plus ancien , et tous les caractères de l'écriture ne permettent guère de douter que leur appréciation ne soit préférable à celle du catalogue. « Ce « manuscrit, disent-ils, a sept pouces de largeur et dix de hauteur. Il vient ori-
« ginairement de l'ancienne abbaye de Mici ou S. Mesmin l. Il contient les « Commentaires de S. Jérôme sur Jérémie. Les textes du prophète sont marqués « en marge par deux petites s, comme des guillemets souvent verts, mais dépeints. Ces deux lettres hb, traversées par une ligne horizontale, marquent «le texte hébreu. Excepté le second cahier et les pages 100 et 110 2, dans ce « manuscrit, tout est du même temps, mais non pas de la même main. La plus « ancienne de toutes les corrections est celle qui est en encre verte. Elle paraît « du temps même du manuscrit. H y a quelques sommaires en notes de Tiron. « Plusieurs feuilles du parchemin sont très-fines, et d'autres assez grossières. « Le manuscrit semble être beaucoup plus ancien que l'abbé Pierre. Les solé- « cismes sont trop fréquents, et l'orthographe trop irrégulière pour supposer « ce manuscrit du ixe siècle, ni même de la fin du vme , sous Charlemagne. On « n'aurait pas de peine à le faire remonter jusqu'au vne. Quoi qu'il en soit, il est « antérieur au renouvellement des lettres arrivé sous le règne de ce premier « empereur français. » [Nouv. Tr. de Dipl. tome III, pages io3 et io4.) — « 11 y « a dans ce manuscrit une assez mauvaise orthographe, des epour des i, des t « pour des d, des c pour des cj, des p pour des b, et des b pour des p. L'intervalle « entre les mots est très-petit. Il y en a d'aussi grands entre les syllabes et les lettres, « et ces espaces ne sont que d'un quart de lettre. Les premières lignes, qui font le « commencement du premier livre sur Jérémie , ont été d'abord écrites en rouge; « mais comme elles s'étaient effacées, elles ont été récrites avec de l'encre ordinaire,
« le touten onciale Les corrections de ce manuscrit sont souvent faites en erat-
« tant de mauvaises lettres. Il arrive assez souvent que le premier texte vaut mieux
« que la correction Il y a de temps en temps, à la fin des pages, une moitié
« de mot qu'on ne veut pas porter à la page suivante : mais ce n'est pas une
1 « C'est ce qu'on trouve marqué en diverses « manières , et surtout en lettres capitales rusti- <■ ques du ixe siècle. En voici la disposition : Hic <•■ est paraît sur la marge supérieure de la première « page, liber sur la seconde, Sci Maximini sur la « marge latérale extérieure de la première page, « Micia sur la marge inférieure de la même page, « censis sur la seconde inférieure, monasierii sur « la marge latérale extérieure de la seconde page « en remontant. On lit au haut de la première « page de tout le manuscrit : Liber Sci Maximini « relectas à Petro abbate. C'est-à-dire que l'abbé « Pierre l'a corrigé. Cette écriture semble du x' « ou même du xie siècle. Cet abbé vivait sous « Louis le Débonnaire , comme on peut le voir
« dans le Gallia Christiana. » (Nouv. Tr. de Dipl. tom. III, page io3, note i.
2 « Ces pages peuvent appartenir au x° ou xie « siècle. En effet , les lettres des alinéa ne sont « point pour la plupart dans le goût du ixc. Ce- « pendant , comme il existe de l'écriture de ce « siècle semblable à celle-ci , elle pourrait absolu- « ment en être. Ce qui nous confirme dans cette « pensée , c'est qu'il y a des lignes et des demi- « pages dans le texte qu'on ne ferait pas de diffi- « culte de donner au ix° siècle. Cette sorte de « petite minuscule est sans doute cette petite écri- « ture qui faisait hésiter D. Mabillon sur celles « des ixc, xc et xie siècles , à cause de leur ressem- « blance. » [Ibid. page io4, note i. )
« réclame. Au feuillet 216, on trouve une page entière restée en blanc à « cause que l'encre a un peu pénétré le vélin, qui est d'une extrême finesse. » llbicl. page 178.) — Les Bénédictins font remarquer en outre que les liaisons de lettres sont fréquentes, que presque tous les points sont de la main des correcteurs, et qu'on ne se sert point de lettres capitales au commencement des noms propres.
XVIII. (Pi. IV, n° 6.) «Codex membranaceus, olim Puteanus. Ibi conti- « nentur : i° Codicis Theodosiani libri sexdecim; etc.. l\° Julii Pauli sententia- « rum libri quinque ; sed et hic solae interpretationes Breviarii Aniani. Is codex « octavo saeculo videtur exaratus. «[Catal. de la Bibl. du Roi.) — «Quoique ce «livre, disent les Bénédictins, ait appartenu k la Bibliothèque du Roi dès le « temps de Cbarles IX, Claude Du Puis en a été possesseur. Il paraît du vme « siècle , mais antérieur à Charlemagne. Il a dix pouces de hauteur et sept «de largeur. C'est plutôt l'interprétation que le code des lois, qui ne pa-
« raissent que quand elles sont les mêmes que l'interprétation Dans ce
« manuscrit du roi, les mots sont le plus souvent séparés, mais il en est beau- « coup qui ne le sont pas, ou qui le sont où ils ne doivent pas l'être. Ce dernier « article est fréquent et très-remarquable. Les barbarismes et les solécismes « sont fréquents... Quoiqu'on trouve assez souvent un reste de mot au bas des « pages , ce ne sont point de véritables réclames : ce n'est que pour ne pas « rejeter une moitié de mot à une autre page. Ceci est fort ordinaire dans les «anciens manuscrits.... Les titres de ce manuscrit sont en rouge. La formule « Dat. est aussi communément écrite en vermillon. Sur les rubriques, il y a «un vernis métallique qui paraît avoir été de plomb; mais souvent il a dis- «paru. » [Nouv. Tr. de Dipl. tome III, pages 76 et 77.)
XIX. (Pi. IV, nos 7, 8, 9 et 10.) «Heures de Charlemagne, manuscrit du « vme siècle sur peau de vélin. » [Catal. de la Bibl. du Louvre.) — Ce manuscrit a onze pouces et demi de hauteur sur huit pouces de largeur. Il renferme seize cahiers de huit feuillets chacun. Les quinze premiers cahiers portent une signature qui est marquée au bas du verso du dernier feuillet. Cette signature consiste, comme à l'ordinaire, dans la lettre Q suivie des chiffres romains I, II, III, etc. Le dernier cahier, quoique n'étant pas signé , est de la même date et de la même main que les précédents. En effet, le recto et le verso du premier feuillet, et une partie du recto du feuillet suivant, renferment la fin du corps de l'ouvrage, qui est la collection des évangiles de l'année. C'est sur le folio recto 2 de ce cahier qu'a été ipris\e fac-similé n° 7,
dont les trois premières lignes sont en onciale et conformes à l'écriture de tous les cahiers précédents. Toutefois on rencontre quelques titres en capitale, mais dont les caractères sont de moindre dimension que ceux de la dernière ligne du fac-similé n° 7. Ces titres sont en argent, tandis que le corps du manuscrit est en or. Au folio verso 2 commence un calendrier qui dure jusqu'au folio recto 5. Le fac-similé reproduit quelques lignes de ce calendrier, qui sont tirées du folio recto 4- Vient ensuite une table chronologique composée de onze colonnes qui occupent le verso du 5e feuillet et le recto du feuillet suivant. On trouve dans cette table : i° Les années de Jésus-Christ, 20 les indictions, 3° les épactes, 4° les concurrents, 5° le jour delà semaine correspondant aux kalendes de janvier, 6° le quantième de la lune à la même date, 70 le cycle lunaire des juifs, 8° le commencement du carême, 90 le terme pascal, io° le jour de Pâques, 1 1° enfin le quantième delà lune correspondant à cette fête. Une seconde table disposée de la même manière occupe le verso du 6e feuillet et le recto du feuillet suivant. La première commence à l'année 779 et se termine à l'année 797; la seconde, qui comprend les dix-neuf années suivantes, se termine en 816. Dans la première table, en regard de l'année 781, le chiffre XVI, qui indique l'âge de la lune correspondant au jour de Pâques, est souligné en or, et ce trait va rejoindre une note marginale reproduite dans la planche IV, sous le n° 9, et conçue clans les termes suivants : « In isto anno fuit domnus rex Karolus ad Sanctum Petrum « et baptizatus est filius ejus Pippinus à domno apostolico. » C'est en effet le i4 avril 781 , la veille de Pâques, que fut baptisé, sous le nom de Pépin, Carloman, fils de Charlemagne et d'Hildegarde; Sur le verso du 7e feuillet, et sur le recto du feuillet suivant, se trouve la pièce de vers qui a fourni le fac-similé n° 10, et qui fixe d'une manière positive la date du manuscrit. En effet, on y voit que l'écrivain, nommé Godescalc, a entrepris ce travail par l'ordre de Charlemagne et d'Hildegarde, et comme il prie le Tout-Puissant de conserver leur vie, il en résulte que cette pièce de vers, qui termine le manuscrit, est antérieure à la mort d'Hildegarde, arrivée le 3o avril 782. L'addition relative au baptême de Pépin ferait supposer que ce manuscrit n'était pas terminé le i4 avril 781; cette écriture appartient donc aux huit derniers mois de l'année 781, ou au commencement de l'année suivante. M. Barbier, bibliothécaire-adjoint au Louvre , a eu l'obligeance de nous communiquer une notice curieuse dans laquelle il a réuni plusieurs détails relatifs à l'histoire de ce manuscrit. On nous saura gré de rapporter un extrait de cette notice, bien qu'elle ait déjà été imprimée dans un ouvrage que MM. Ch. Nodier, Taylor et Alph. de Cailleux ont publié sous le titre de Voyages pitto-
resques et romantiques dans ï ancienne France. Qu'il nous soit permis, en profitant de cette bienveillante communication, d'exprimer tous nos remercîments à M. Barbier , qui réunit deux qualités également essentielles dans un bibliothécaire : l'obligeance et l'instruction. « Ce manuscrit , connu sous le nom de «Livre d'heures de Charïemagne , a été écrit vers 781, par ordre de l'empereur « Charïemagne et de l'impératrice Hildegarde ; il a été donné par ce prince «à l'abbaye de Saint -Sernin à Toulouse, lors du voyage qu'il fit dans cette «ville pour se rendre auprès de son fils Louis, alors roi d'Aquitaine. Cevo- « lume est orné de miniatures très-précieuses par leur antiquité. Le texte est « à double colonne, sur un fond pourpré, avec bordure, et orné d'arabesques « très-riches et très-variées. Il a été conservé à l'abbaye de Saint-Sernin , « dans un étui d'argent massif, jusqu'en 1 79,3. A cette époque , l'étui fut volé, et «le manuscrit fut enlevé, avec beaucoup d'autres monuments précieux, et jeté « dans un magasin où étaient les parchemins destinés à être détruits ou ven- « dus. C'est dans ces circonstances que M. le baron de Puymaurin écrivit la « lettre que nous allons reproduire , et , d'après ses observations , ce monument « admirable des arts du vmc siècle fut réintégré dans la bibliothèque de la «ville, qui en fit hommage à Napoléon, à l'occasion de la naissance du Roi « de Piome. Ce précieux volume , un des plus importants de ce genre , et un « des plus remarquables , par l'incomparable beauté de sa conservation , de « tous ceux qui existent dans les bibliothèques de l'Europe , appartient à celle «du Roi au Louvre. La lettre suivante, dont nous avons déjà parlé, est atta- « chée à la garde :
Toulouse, le ik germinal an II de la République française.
« Citoyens ,
« Ayant retrouvé les notes dont feu mon père avait placé une copie en tête « du rare manuscrit connu autrefois dans la sacristie des reliques de Saint- « Sernin, je vous les envoyé afin que si par le hasard ce manuscrit, un des « plus rares par sa conservation et sa date du vine siècle , avait été égaré , ces « notes puissent vous donner des indications nécessaires pour le retrouver.
« Salut et fraternité.
Signé, Casimir-Marcassds PUYMAURIN.
«P. S. Ce manuscrit a été fait en 780, et a par conséquent 101 3 ans d'an- « tiquité. Il est digne d'être conservé dans votre Muséum. »
On trouvera aussi quelques détails relatifs à ce manuscrit dans l'ouvrage intitulé : Histoire des comtes de Tolose , par M. Guillaume Catel. L'auteur de cet
ouvrage a publié presque en entier (page 169) la pièce de vers qui termine le manuscrit.
XX. (Pi. V, n° 1.) «Canonum collectio Dionysii Exigui qualis ab Hait driano I tradita est Carolo Magno. 8o5. » [Catal. du fonds de S. Germain.) — Ce manuscrit a près de quatorze pouces de hauteur sur plus de neuf pouces de largeur. Les titres sont en rouge; il en est de même de quelques lettres initiales qui, en outre, sont quelquefois entourées d'un filet noir. Les signatures sont exactement marquées au verso du dernier feuillet de chaque cahier par la lettre a suivie d'un nombre exprimé en chiffres. On voit par la disposition du
fac-similé que ce manuscrit est à deux colonnes. « Tempus scripti codicis « indicat clausula, nempe, anno xxxvii régnante domno Karlo imp., id est anno « Christi dcccv. Huic canonum collectioni praemittitur elogium ejusdem « Caroli Magni quale editum est apud Sirmundum in tomo secundo Galliae « conciliorum. » [De re Diplomaticâ , page 36o.) La date citée par Mabillon est inscrite au verso du dernier feuillet du manuscrit. Pour donner un échantillon du style de l'époque , nous la rapportons en entier avec la prière qui la suit : « Facto hune libro in anno xxxvn régnante domno Karlo imp. Tu homo Dei « qui hune librum legitis, orate pro me indignum peccatore; sed habeatis Deum « omnipotentem protectorem. Deo gratias. Amen. Finit. »
XXI. (PI. V, n° 2.) «Codex membranaceus, olim Puteanus. Ibi continente tur Rabani Mauri de Institutione clericorum libri très ; primi capita duo «priora desiderantur : ad hujusce codicis calcem accedunt versiculi ex quibus « ipsum anno Christi 819 perfectum absolutum et exaratum fuisse conjicias. » [Catal. de la Bibl. du Roi.) — L'aspect général de l'écriture, l'emploi simultané de l'N capitale et de Yn minuscule , l'indistinction fréquente des mots, doivent faire regarder comme authentique la date que renferme ce manuscrit. Les titres offrent souvent l'aspect d'un rouge terne, parce que cette couleur a été recouverte d'une encre métallique qui a disparu en partie, et qui a perdu tout son éclat. Ce manuscrit a huit pouces dix lignes de hauteur sur six pouces quatre lignes de largeur.
XXII. (PI. V, n° 3.) Ce manuscrit a près de dix pouces de hauteur sur sept pouces trois quarts de largeur. La couverture est ornée de sculptures en ivoire fixées par un encadrement en argent. C'est un missel qui paraît avoir appartenu à Drogon, fils naturel de Charlemagne et archevêque de Metz. On
trouve , à la fin du manuscrit, une pièce de vers latins dans laquelle sont énu-
mérés les noms des prélats qui ont successivement occupé le siège de Metz.
Jam nunc tricenus pastorque octavus, herili Auxilio fultus, trahit ad pia pascua vitœ Angelrammus oves ; quo tempore maximus armis Rex Carolus , sensu formâque animoque decorus , Italiae accepit Christi de munere sceptrum. Quos simul Excelsi, Stephano poscente beato, Protegat atque regat feiices dextra per aevum.
Toutefois, on ne peut faire remonter l'âge de ce manuscrit au delà du temps de Drogon. En effet, les vers qu'on vient de citer sont suivis d'une liste , dont le titre est ainsi conçu. « Subter adnexi Kalendarum dies pandunt « qualiter praescripti pontifices Christi migraverint ad Christum. » Cette liste , qui semblerait ne devoir comprendre que les prélats nommés dans la pièce de vers qui la précède, ajoute, après le nom d'Angelramnus, celui de son successeur, Gundulfus , en indiquant le vu6 des ides de septembre' pour le jour de sa mort; et comme le nom de Gundulfus est écrit de la même main que la pièce de vers et la partie antérieure de la liste, on peut tout au plus présumer que la pièce de vers existait dans un manuscrit plus ancien , et qu'en la recopiant, on aura complété la liste des évêques par l'addition du nom de Gundulfus. Après le nom de Gundulfus, vient celui de Drogon, qui se distingue de tous les autres par une écriture onciale tracée en encre d'or. Cette circonstance suffirait pour établir que ce missel a été copié pour Drogon. Mais, ce qui doit lever toute espèce de doute, à cet égard, c'est que la liste des évêques de Metz a été continuée par une main évidemment plus récente. D'ailleurs, quand même on ne voudrait pas tenir compte des formes de l'écriture , il suffirait de remarquer que la teinte de l'encre n'est plus la même , et que les lettres initiales des noms propres sont en rouge, au lieu d'être en or comme dans la première partie de la liste. Ces observations réunies, permettent d'affirmer que ce manuscrit a été copié dans l'intervalle qui sépare l'avènement et la mort de Drogon, c'est-à-dire de 823 à 855. — L'emploi de l'or dans les titres de ce manuscrit, la pureté des caractères, la belle qualité du vélin, l'ivoire sculpté qui orne la couverture, tout concourt à placer ce beau livre au rang des monuments les plus précieux du ixe siècle.
XXIII. (PL V, n° A.WSermo de gloriâ sancti Pétri apostoli S. Au-
« gustini de Doctrinâ Christianâ libri IV. Libro primo hujus operis prcefi-
« guntur versus Angilberti abbatis, qui hune librum offert Ludovico régi; «item alii in fine de eodem argumento. 1 vol. in-40 vel. , ix saeculi. >» (Catal. du fonds de S. Germain.) — Cet article du catalogue se trouve justifié par le passage suivant de Mabillon ; « Complectitur hic codex Augustini libros de « Doctrinâ Christianâ, quos Angilbertus, abbas Corbeiensis, obtulit Ludovico «et Carolomanno regibus Francorum, finis Ludovici Balbi, ut fusiùs ostendi « in Analactorum tomo secundo , ubi integros Angilberti versus exhibui. » (De re Diplomaticâ , page 364.) — Comme Louis, fils de Louis le Bègue, n'a régné que de 879 à 882, la date de ce manuscrit se trouve fixée d'une manière tout à fait précise. Il a près de neuf pouces trois quarts de hauteur sur six pouces un quart de largeur. Les titres offrent, en général, l'aspect d'un noir terne, parce que le vernis métallique qui les recouvre a perdu son éclat et cache presque entièrement la couleur rouge sur laquelle il a été appliqué.
XXIV. (PI. VI, n° 1.) « Bible latine , achetée en 1 767 pour la Sorbonne « par l'abbé Ladvocat. Elle forme un volume grand in-folio , dont l'écriture est « d'une beauté parfaite. Les capitales sont grandes et peintes de différentes « couleurs. Celle qui commence chaque livre est enclavée dans une vignette. « En tête des évangiles de S. Mathieu, S. Luc et S. Jean, on voit des vignettes « peintes sur un fond d'or et qui représentent chacun de ces évangélistes. On « trouve , à la marge du volume , quelques notes écrites de la même main que « le corps de l'ouvrage , et qui ont souvent pour objet l'explication des mots « grecs. Il esta remarquer que, dans ce manuscrit , l'ordre des livres de la Bible « n'est pas le même que dans les éditions. Le IVe livre des Rois est suivi immé- « diatement du prophète Isaïe. Ensuite viennent les grands et les petits pro- « phètes, à l'exception de Baruch, qui manque entièrement. On trouve ensuite «le livre de Job, les Psaumes, les livres Sapientiaux, les Paralipomènes , «Esdras, Tobie, Judith, Esther, les Machabées. Les Evangiles sont précédés « des canons d'Eusèbe. A la fin de celui de S. Jean , on trouve une table de « toutes les leçons des évangiles qui se récitent aux différentes fêtes de l'année. « Les Actes des apôtres sont suivis des Épîtres canoniques. Ensuite vient l'Apo- «calypse, puis les Epîtres de S. Paul aux Piomains, aux Corinthiens, aux «Galates, aux Ephésiens, aux Philippiens et aux Colossiens. Ce manuscrit «est imparfait en plusieurs endroits. Il manque, au commencement, le pro- « logue de S. Jérôme sur l'Ancien Testament , et les trois premiers chapitres de
« la Genèse Rien n'indique d'une manière fixe l'époque à laquelle a été
« copié ce manuscrit. Nous apprenons seulement, par des vers placés en tête « de la Genèse, qu'il a été copié par un nommé ®&vxu, sans doute Grec de
« nation , par les ordres de l'abbé Odilon. Dans d'autres vers, l'écrivain souhaite « une longue vie et toutes sortes de prospérités au roi Charles. Je ne connais «d'autre abbé Odilon que celui qui fut créé abbé de Clunyl'an 994. D'après « cela , le roi dont il est question ici ne pourrait être que Charles de Lorraine « qui disputa le trône de France à Hugues-Capet, et mourut, suivant quelques « auteurs, en 992 ; suivant d'autres, en 99/L Ce rapprochement nous donnerait «l'époque précise de la copie de notre bible. Mais on peut objecter: i° qu'il « est peu croyable que dans l'abbaye de Cluny, qui faisait partie de la Bour- « gogne et qui dépendait de Henri , frère de Hugues-Capet, on eût osé recon- « naître Charles pour roi; 20 que le caractère de notre bible est, à coup sûr, « plus ancien que l'époque de Charles de Lorraine , et qu'il ressemble parfaite- « ment à celui de la belle bible de Colbert, présentée à Charles le Chauve. « Il est donc probable que notre manuscrit a été copié par l'ordre d'un autre «Odilon, dont l'histoire ne parle pas. » [Catal. du fonds de Sorbonne.) — Il résulte de la citation qui précède que ce manuscrit a été composé pendant le règne de l'un des princes qui ont porté le nom de Charles. Nous ne pensons pas cependant qu'on puisse le faire remonter jusqu'au temps de Charles le Chauve. Mais il a paru que l'on pouvait concilier les données historiques, et celles que fournissent les caractères mêmes de l'écriture , en fixant l'âge de ce manuscrit au premier quart du Xe siècle , période qui correspond au règne de Charles le Simple, détrôné en 923. Cette bible a près de quatorze pouces de largeur sur dix-huit pouces et demi de hauteur. Elle est écrite sur deux colonnes, en caractères plus grands que ceux au fac-similé, dont les quatre premières lignes représentent un sommaire des chapitres. L'écriture des sommaires, quoique plus fine, n'offre d'ailleurs aucune différence pour la forme des lettres.
XXV. (PL VI, n° 2.) « Sacramentale S. Gregorii ante annum 986 scriptum, « jubente Ratoldo abbate Corbeiensi. » [Catal. du fonds de S. Germain.) — On lit dans Mabillon [De re Diplomaticâ, p. 3 66) : « Ratoldi vocatur hic codex Gregoriani « sacramentarii , propterea quôd Piatoldi j ussu descriptus est. Fuit autem Ra- « toldus abbas Corbeiensis ; qui anno dcccclxxxvi vivere desiit. Insertum est huic « codici kalendarium, in quo Ratoldi obitus idibus martii signatur disticho hic « expresso. » Le fac-similé de Mabillon reproduit ce distique , qui est ainsi conçu :
Abbatis domni statmentio sacra Ratoldi, Istum qui fecit scribere quippe librum.
Mabillon fait remarquer que Yœ est rendu tantôt par Ye à cédille, tantôt par l'a et Ye séparés ou réunis. — Ce manuscrit a un pied de hauteur sur neul
pouces trois quarts de largeur. Il est écrit avec une élégance remarquable. Quant à l'âge du manuscrit , il ne peut être fixé qu'approximativement. Heribaldus, prédécesseur de Ratold, était abbé de Corbie en 945; mais on ne connaît pas la date de sa mort.
XXVI. (PL VI, n° 3.) «Recueil de canons des apôtres, des conciles et de «décrets des papes, divisé en douze livres. Cet ouvrage, dont l'auteur ne se « nomme pas, est adressé à l'archevêque Anselme. Ce manuscrit, dont l'écriture «est d'une grande beauté, a été achevé de copier, l'an 1009, par Rodolf, « d'après les ordres de Heimon , évêque de Verdun , régnante Henrico in regno « Lotharii, c'est-à-dire sous le règne de l'empereur Henri II. » (Catal. du fonds de Sorbonne.) — Ce manuscrit a près de quinze pouces de hauteur sur onze et demi de largeur. On trouve souvent dans les titres un grand nombre de lettres enclavées et conjointes. On voit, d'après le fac-similé , qu'il est écrit sur deux colonnes.
XXVII. (PI. VI, n° 4-) « Remnii Fannii tractatus metricus de ponderibus
«et mensuris Genealogia regum Franciee usque ad Henricum I deducta
«Cyclus S. Hieronymi. xi saec. » [Catal. du fonds de S. Germain.) — Ce manuscrit présente, en effet, tous les caractères des écritures du xic siècle. Mabillon pense qu'il a été composé sous le règne de Henri Ier, qui est le dernier nommé dans une généalogie des rois de France transcrite sur le folio verso 110. Il résulte du fragment reproduit dans le fac-similé que cette généalogie a été composée dans l'intervalle qui sépare le sacre de Henri Ier et son avènement définitif, c'est-à-dire de 1027 à io3i. En effet, son avènement n'est constaté que par une addition postérieure , écrite d'une autre main vers l'an 1060. Ce manuscrit a près de treize pouces de hauteur sur neuf pouces et demi de largeur.
XXVIII. (PL VI, n° 5.) «Codex membranaceus, olim Carmelitarum Pa- « risiensium. Ibi continentur : i° Sancti Hieronymi ad Eustochium epistola
«de Virginitate servandâ, etc ; 180 Vita sanctae Marcellae: authore Hie-
« ronymo. Is codex anno 1 1 1 4 exaratus est. » [Catal. de la Bibl. du Roi.) — La date de 1 1 14 est marquée à la fin du manuscrit, en capitales grecques semblables à celles du mot amen, qui commence la première ligne du fac-simi le. Ce manuscrit a neuf pouces et demi de hauteur sur six pouces et demi de largeur.
XXIX. (PL VI, n° 6.) «Codex membranaceus, quo continentur: i° Sancti « Augustin i sermo in dominicâ sextâ post Pentecosten , etc 49° Sancti
«Augustin! scrmo de eodem argumente Is codex anno Domini n38 exa- « ratus dicitur. » (Catal. de la Bibl. du Roi.) — La date de 1 138 se trouve à la dernière page, en onciales coloriées: «Anno Domini mcxxxviii explicit liber « sermonum. » Ce manuscrit a treize pouces et demi de hauteur sur huit pouces trois quarts de largeur. L'écriture en est aussi régulière que bien conservée.
XXX. (PL VI, n°7.) «Codex membranaceus, olim Mazarinœus. Ibi conti- « netur diurnale vêtus ; prœfixae preces , cum calendario in quo mentio fit de « duplici Toloni destructione , alia anno 1178, alia anno 1196. Is codex duo- « decimo sseculo exaratus videtur. » [Catal. de la Bibl. du Roi.) — Si l'on ne consultait que le texte de la double addition relative aux deux destructions de Toulon, on devrait se borner à dire que le manuscrit est antérieur à 1196. En effet, on lit : prima destructio, secunda destructio, etc. ; mais la ligne où se trouve mentionnée la première destruction de Toulon porte les traces d'une note plus ancienne qui, après avoir été ajoutée au texte du calendrier vers 1 178, aura été modifiée en 1 196 par l'addition du mot prima. Les caractères de l'écriture qui règne dans le corps du livre viennent d'ailleurs confirmer cette supposition. Ce manuscrit a près de six pouces trois quarts de hauteur et un peu plus de quatre pouces et demi de largeur.
XXXI. (PI. VII, n° 1.) «Codex membranaceus, olim Sancti Martialis
« Lemovicensis. Ibi continentur: i° De vitâ contemplativâ libri très, etc
« 5° Officium sancti Johannis Baptistae; ad cujus calcem hœc reperias : Anno « îioSfecit me ligare Bernardus Iterii, armarius, et quatuor auaterniones ultimos , «qui antea non erant, adjunxit. Hujusce codicis pars piïor saeculo decimo, « altéra decimo tertio videtur exarata. » [Catal. de la Bibl. du Roi.) — Indépendamment de la note curieuse qui fixe la date à laquelle ce manuscrit a été relié, on trouve au bas du verso 261, auquel est emprunté le fac-similé , la mention suivante : Hanc paginam scripsit Bernardus Iterii anno MCCI ab incarnatione Domini. Cette page renferme différentes notes séparées entre elles par des lignes irrégulières qui leur servent d'encadrement.
XXXII. (Pl.VII,n° 2.) « Copia plurium epistolarum quorumdam paparum et « aliorum ad eos. PetrusAbelardusin Topica Aristotelis. 1 vol. in-folio vel. , xm « et xiv saecul. » [Catal. du fonds de S. Victor.) — Dans l'introduction qui précède les ouvrages inédits d'Abélard , M. Cousin donne une notice détaillée de ce manuscrit (voyez pages xvm et suivantes). Il annonce que cet ouvrage renferme « au lieu de gloses séparées sur diverses parties de la Logique d'Aristote ,
« un traité de logique parfaitement régulier et méthodique, où l'auteur parle en « son nom et pour son propre compte, mais en s'appuyant sur Aristote et sur « Boëce , et en adoptant les formes et les titres des principaux écrits dont se com- « pose l'Organum. » La portion du manuscritqui renferme les œuvres d'Abélard nous a paru remonter au commencement du xnie siècle. Elle est remplie d'abréviations qui présentent souvent de grandes difficultés. Quelquefois aussi l'écrivain ne se contente pas d'abréger les mots, mais il désigne par des sigles les membres de phrases qui ont été employés précédemment. C'est ce que l'on peut remarquer dans la vingtième ligne du fac-similé. Ce manuscrit a un peu plus de dix pouces de hauteur et près de sept pouces de largeur.
XXXIII. (Tl. VII, nos 3, 4 et 5.) « S. Augustini régula Pétri Abelardi de
« dialecticâ libri. Commentarius in psalmos. î vol. in-4° vel., xn et xm ssecul. » [Catal. du fonds de S. Germain.) — Dans l'introduction qui précède les ouvrages inédits d'Abélard , M. Cousin donne une notice détaillée de ce manuscrit ; (voyez pages x et suivantes). Les fac-similé 3, 4 et 5 sont tous empruntés à la portion du manuscrit qui renferme les œuvres d'Abélard, copiées par différents écrivains vers le commencement du xme siècle. On y trouve, comme dans le manuscrit précédent , un grand nombre d'abréviations qui présentent souvent de graves difficultés. L'écriture reproduite par le fac-similé n° 5 est d'une telle finesse, que l'on trouverait difficilement un modèle plus pénible à déchiffrer; d'autant plus que l'encre est d'une pâleur extrême. On voit que le fac-similé n° 4 devrait commencer par un D majuscule qui n'a pas été exécuté. Ces lacunes, qui sont fréquentes dans les manuscrits, prouvent que l'écrivain du texte n'était pas toujours chargé de l'exécution des lettres initiales , lors même qu'elles ne devaient pas recevoir des ornements extraordinaires. Ce manuscrit a près de huit pouces un quart de hauteur sur cinq pouces un quart de largeur. Il est en général écrit sur deux colonnes.
XXXIV. (PL Mil , fac-similé a.) «Codex membranaceus, olim Colbertinus. « Ibi continentur : i° Anonymi tractatus de abaco, sive arithmeticâ. . . 8° Chro- « nici Sigeberti Gemmeticensis fragmentum , etc. Hujusce codicis pars decimo, « pars decimo tertio, nonnulla decimo quarto saeculo , videntur exarata. » [Catal. de la Bibl. du Roi.) — C'est dans ce manuscrit (folio i ) que se trouvent les chiffres arabes les plus anciens que l'on connaisse à la Bibliothèque du Roi. La portion du manuscrit qui les renferme remonte au moins au commencement du xne siècle. La première ligne du fac-similé reproduit une série de chiffres séparés du texte, et marqués sur la marge supérieure du folio 2 ; les autres
chiffres sont dans le texte même. La série des chiffres de la marge ne présente que neuf caractères ; tandis que celle qui est dans le texte fournit deux signes pour chacun des chiffres 4, 5 et 6 : nous avons supprimé ceux qui ne présentaient pas de différences essentielles. On ne trouvera donc pas dans le fac-similé a le 8 de la seconde série ni le double caractère du 5 et du 6. Il est bon de faire observer que ces signes ne reparaissent plus dans la suite du traité d'arithmétique au commencement duquel ils sont cités. Le manuscrit 7193 a dix pouces de hauteur sur près de six pouces et demi de largeur.
XXXV. (Pi. VII, fac-similé b.) «Codex membranaceus, olim Colbertinus. « Ibi continentur: i°.Anonymi tractatus algorismi de fractionibus, sive metho-
« dus calculandi minutias: prcemittitur calendarium io° Formula? colla-
«tionum ecclesiasticarum. Is codex partim decimo quarto, partim decimo « quinto sseculo exaratus videtur. » ( Catal. de la Bibl. du Roi. ) — Nous ne pensons pas qu'on doive admettre , au moins pour la première partie du manuscrit, l'appréciation du Catalogue de la Bibliothèque du Roi. En effet, on trouve au folio 2 5 une note postérieure au manuscrit, et qui est datée de l'an 1271. Cette note est relative à la consécration d'un cierge pascal. Elle fixe la date de cette cérémonie en indiquant l'année du monde, et l'année correspondante de l'incarnation, de la passion, de la naissance de Philippe, roi des Français , de son règne , etc. Tous ces calculs se rapportent à l'an 1271. On trouve à la même page une note qui a été ajoutée par un autre écrivain en 1281. Les chiffres arabes empruntés à cette première partie du manuscrit remontent donc à la seconde moitié du xine siècle. Le calendrier qui est en tête renferme aussi une addition d'une autre main , mais postérieure à celles qui viennent d'être citées. Cette note, écrite en regard du i4 du mois de mai, annonce qu'à cette date et en l'année 1 333 a eu lieu une éclipse de soleil qui a commencé au premier coup des vêpres et qui a duré trois heures. Ce manuscrit a dix pouces et demi de hauteur et un peu plus de sept pouces de largeur.
XXXVI. (PL VII, fac-similé c.) «Codex membranaceus, quo continentur « nomina stellarum secundùm longitudines et latitudines ab Henrico Selder « Tornaci verificatarum annis i34o et 1367. ^s codex sœculo decimo quarto « videtur exaratus. » ( Catal. de la Bibl. du Roi.) — Ce manuscrit a neuf pouces et demi de hauteur et plus de huit pouces de largeur. Une main postérieure a inscrit des calculs astronomiques pour l'année 14*20, à la suite de ceux du manuscrit primitif, qui appartient à la dernière moitié du xivc siècle.
XXXVII. (PL VU, fac-similé d.) «Codex chartaceus, olim Colbertinus. « Ibi continentur: i°Descriptio instrument! cujusdam astronomici, quod Saie phea vocatur : authore Joanne de Lineriis ; accedunt ejusdem canones. «2° Turketi tractatus, qui horizon dicitur, editus à magistro Francone de «Poloniâ; sive liber. de nominibus partium instrument astronomici, quod di- - « citur Turketus, et de ejusdem utilitatibus. 3° Opus cujus is est titulus: libri « duo de motibus planetarum per instrumenta manualiter mota : hujusce ope- « ris initio baec antiquâ manu annotata reperias : Magister Henricus Arnaalt, « meclicus Alemannus de Zuvolis, qui olim Divione domicilium elegit, snperiorem lit- « teram scripsit, et hune librum suo labore compilavit, clarus scientiâ horologiorum ; «qui in œde beau Stephani Divionensis sepultus mediâ navi, plurimiim lundis sibi « reliquit anno 1 46o. . . Is codex saeculo decimo quinto exaratus videtur. » [Catal. de la Bibl. du Roi. ) — Il résulte de la notice précédente que les deux livres sur les mouvements des planètes sont antérieurs à i46o; on trouve en outre dans le corps de l'ouvrage la preuve qu'ils sont postérieurs à 1/127. Les chiffres empruntés à cette portion du volume appartiennent donc au second quart du xve siècle. Le manuscrit 7295 a onze pouces de hauteur et près de huit pouces de largeur.
XXXVIIL (PL VII, n° 6.) «Codex membranaceus , olim Mazarinaeus. Ibi «continetur Pétri Rigae, aliàs Pétri de Riga, cantoris Remensis, Aurora, sive « historiée veteris et novi Testamenti versibus redditae. Is codex anno 12 32 ex- « aratus est. » (Catal. de la Bibl. du Roi.) — La date de 1 2 32 se trouve à la fin de l'ouvrage. Ce manuscrit a huit pouces un quart de hauteur sur cinq pouces et demi de largeur. Il est remarquable par l'élégance de l'écriture. Les titres sont en rouge , et les grandes lettres sont alternativement en bleu avec ornements rouges , et en rouge avec ornements bleus.
XXXIX. (PL VII, n° 7.) « Le roman de Troyes. »> (Catal. de l'Ancien fonds français. ) — On lit sur la garde de ce manuscrit : « Romans de Troie composé par « Benoies de Seinte More ou Beneois de Seinte More d'après Dares le Phrygien « et Dictys de Crète. On trouve dans plusieurs vignettes de ce manuscrit l'aigle « impérial à deux testes d'argent. Le père Menestrier observe, dans son Traité « de l'origine des armoiries, qu'il est difficile de marquer précisément le temps « et l'occasion de ces deux testes. Ce manuscrit donne une date : il est écrit «l'an 1264.» Cette date qui se trouve au dernier feuillet, est ainsi conçue: « Cist romanz fut escriz an l'an nostre Seignor mil et dos cenz et sexante et « IIII anz o mois de may. » Ce manuscrit a neuf pouces de hauteur et six pouces
un quart de largeur. On y trouve des vignettes et des lettres initiales dorées
et coloriées; mais tous ces ornements sont grossièrement exécutés.
XL. (PL VII, n° 8.) «Codex membranaceus, olim DD. de Noailles, Fran- « ciae marescalli. Ibi continentur : i° Alani Insulensis liber de Planctu naturae, « prosâ et carminé, contra Sodomiae crimen. i° Ejusdem Anticlaudianus. Is « codex anno 1274. exaratus est. » ( Catal. de la Bibl. du Roi.) — Le volume portant le n° 35 17 renferme deux manuscrits d'inégale grandeur. Le premier des deux ouvrages est celui auquel lefac-sunde a été emprunté. Il se compose de vingt-neuf feuillets qui ont huit pouces un quart de hauteur et près de six pouces de largeur. La date est marquée sur le feuillet 29 et ainsi conçue : « Explicit liber Alani de planctu nature actus anno Domini MCCLXX «quarto, anno indictionis secundo, primo kalendas junii. »
XLI. (Pi. VII, 9.) «Codex membranaceus, olim Philiberti de la Mare. « Ibi continetur summa sermonum magistri Guidonis Lugdunensis de or- « dine Praedicatorum , quam scripsit Haimo de Megneio, curatus de Mericuriâ, « anno Domini 12 83. » ( Catal. de la Bibl. du Roi.) — Ce manuscrit se compose de cent neuf feuillets , qui ont huit pouces de hauteur et près de six pouces un quart de largeur. C'est sur le dernier feuillet que la date est marquée. L'écriture est disposée sur deux colonnes ; elle est remplie d'abréviations et manque d'ailleurs de régularité. On remarque dans ce volume, comme dans beaucoup d'autres manuscrits du même temps, la succession alternative de la couleur bleue accompagnée d'ornements rouges, et de la couleur rouge accompagnée d'ornements bleus , dans les grandes lettres qui sont en tête de chaque paragraphe.
XLII. ( PI. VIII. ) « La guerre des Albigeois en vers provençaux. Manuscrit in- « finiment précieux, rare et curieux. Il est du xiv6 siècle , écrit en lettres déforme, à « longues lignes, et il contient cent vingt feuillets dont treize ornés de figures « dessinées au simple trait. . . . Willielm ou Guillaume de Tudela, auteur de ce « roman , qui comprend la guerre des Albigeois jusqu'au siège de Toulouse par « Louis, fils de Philippe-Auguste , en 1 2 19, nous apprend, aux 2o3e vers et sui- « vants, qu'il le commença en mai 1210a Montalba (Montauban , ville de France «dans le Quercy, bâtie en 11 kk par Alphonse comte de Toulouse), et il dit «qu'il devrait en être bien payé, comme le sont les jongleurs que l'on com- « ble de présents en chevaux et en habits. » [Catalogue des livres de la Bibliothèque de Jeu M. le duc de la Vallibre. Première partie, tome second, pages 161
et 1 70.) Le savant auteur de ce catalogue avait remarqué à la fin du manuscrit une note, en caractères cursifs, dans laquelle le copiste se félicite d'avoir terminé sa tâche. Mais il existe une autre note qui a presque entièrement disparu , et qui est relative à un prêt d'argent fait en 1 335 au propriétaire du manuscrit. Cette copie est donc antérieure à 1 335. D'ailleurs, si on en compare l'écriture avec celle du premier fac-similé de la planche IX, on verra qu'elles offrent à peu près les mêmes caractères; et comme ce fac-similé reproduit une écriture de l'an i3o4, on peut faire remonter le manuscrit du fonds la Vallière aux dernières années du xme siècle, ou pour le moins aux premières années du siècle suivant. Ce manuscrit a neuf pouces un quart de hauteur et près de sept pouces de largeur; il est écrit avec une régularité remarquable. Les dessins qui ornent quelques-unes des pages ne manquent ni de pureté ni d'élégance. La planche VIII reproduit celui qui se trouve en tête de la page 81. Quoique ces dessins ne soient qu'au simple trait, l'emploi des couleurs n'a pas été complètement négligé dans ce manuscrit. On a pris soin, par exemple, de colorier tout ce qui est marqué en points dans la planche VIII, c'est-à-dire la lettre initiale, les traits ondulés tracés à la fin de chaque vers et les crochets placés de distance en distance au commencement des lignes. Ces crochets , ainsi que les traits qui terminent les lignes , sont alternativement rouges et bleus. La collection des Documents relatifs à l'histoire de France s'est enrichie récemment, grâce à M. Fauriel, du texte et de la traduction de ce curieux manuscrit l. Les personnes qui ne sont pas familiarisées avec la langue romane nous sauront gré de leur faciliter, par une citation empruntée à cet ouvrage remarquable, l'intelligence du fragment reproduit dans le fac-similé delà planche VIII.
«Quand la cour du seigneur Pape, vrai chef de la religion, — est com- «plète, grande est la rumeur (qui s'y élève). — Là fut tenu le conseil et l'as- « semblée — des prélats de l'église, qui avaient tous été convoqués; — des car- « dinaux et des évêques, des abbés et des prieurs, — des comtes et vicomtes de «maint pays. — Le comte de Toulouse y assista avec son fils, avec ce bel «et bon (infant), — qui d'Angleterre est arrivé avec déjeunes compagnons, « — ayant traversé en France maints endroits périlleux, — bien et secrète- « ment guidé par Arnaud Topina. — Il est arrivé à Rome, la ville des choses « sacrées; — le Pape a voulu qu'il fût réconcilié (avec l'église) , — car jamais «de mère ne naquit garçon plus gracieux, — plus adroit, plus sage et de
1 M. Fauriel donne dans son introduction des chronique ne doit pas être attribuée à Guillaume détails fort circonstanciés sur ce manuscrit. Il de Tudela, mais à un jongleur habitant de Touprouve aussi (pages XVII et XXVII) que cette louse ou des environs.
«plus gentilles façons, — sans parler de son lignage, le plus noble qui soit «ou qui ait été, — en France, en Angleterre, (ou dans le pays) du comte «Alphonse. — Là fut aussi le comte de Foix, le preux et l'avenant. — (Le « comte de Toulouse et son fils) se jettent à genoux devant le Pape, — rede- « mandant les terres qui furent (celles) de leurs pères. — Le Pape considère « l'infant et son air; — il connaît sa noble race, il sait les torts — de l'église et « du clergé, ennemis (du comte), — et il a le cœur si troublé de pitié et de «souci, — qu'il en soupire et en pleure de ses deux yeux. — Mais il n'y a là « ni droit, ni foi, ni raison qui servent aux (deux) comtes; — si ce n'est que «le Pape, qui est sage et prudent, — devant toute la cour, et en présence des « barons , etc. ...»
Quoiqu'il nous appartienne moins qu'à personne de proposer une rectification dans un texte de langue romane publié par M. Fauriel, cependant nous serions tentés de croire que le premier vers pourrait être considéré comme indépendant du second, et que par conséquent il formerait à lui seul un sens complet. Les mots ciel senhor apostoli, au lieu de se rapporter au mot cortz, se rattacheraient au mot concilis, et l'on traduirait : « Quand la cour est com- «plète, grande est la rumeur, (qui s'y élève). Là fut tenu le conseil du sei- « gneur pape , vrai chef de la religion , et l'assemblée des prélats , etc. » C'est d'après cette hypothèse que nous avons proposé pour ces deux vers une ponctuation qui ne cadre pas avec le sens adopté par M. Fauriel.
XLIII. (PL IX, n° 1.) « Mazar. Le code en viel françois. » [Cotai, de l'Ancien fonds français.) — Ce manuscrit a près de dix pouces et demi de hauteur et près de huit pouces de largeur. Les titres des principales divisions sont en rouge. Chaque cahier est exactement marqué d'une signature; mais les feuillets n'en sont pas numérotés. Le fac-similé qui est en tête de la planche IX reproduit la date de ce manuscrit, qui a été copié en i3o4-
XLIV. (PI. IX, n° 2.) « Fiefs de la seigneurie de Plancy. i vol. in-4°, vél., « i32 3, original. » [Catal. du Supplément français.) — Ce manuscrit a neuf pouces trois quarts de hauteur sur sept pouces de largeur. Il renferme quelques écritures antérieures à i323; mais la date indiquée par le catalogue est celle de la portion du manuscrit à laquelle a été emprunté le deuxième fac-similé de la planche IX.
XLV. (PL IX, n° 3.) « Codex membranaceus , quo continentur statuta sy- « nodalia ecclesiae Sancti Flori : sequuntur statuta synodi provincialis sub Fui-
«crando, Bituricensi archiepiscopo , anno i326 habitae. Is codex anno i3/t2 « exaratus est. » [Catal. de la Bibliothèque du Roi.) — Ce manuscrit a sept pouces de hauteur sur quatre pouces de largeur. Il est rempli d'abréviations qui en rendent la lecture souvent très-difficile ; plusieurs feuillets sont d'ailleurs traversés par l'encre , dont les teintes sont quelquefois trop affaiblies pour se distinguer nettement. A certains endroits du manuscrit, ces teintes présentent un reflet verdâtre.
XLVI. (PI. IX, n° 4-) «Codex membranaceus, olim Faurianus. Ibi conti- « netur missale secundùm usum cathedralis ecclesiae sancti Stephani Lemovi- « censis. Is codex anno Christi i35g exaratus est. » (Catal. de la Bibliothèque du Roi.) — Ce manuscrit a douze pouces et demi de hauteur sur huit pouces trois quarts de largeur. L'ordre des pages est marqué par des chiffres romains peints en rouge. Le folio 1 était précédé d'un calendrier dont il ne reste que quatre feuillets comprenant les huit derniers mois. Cette mutilation n'est pas la seule qu'on ait fait subir à ce manuscrit. En tête de la première colonne du texte on a coupé une lettre initiale qui était sans doute dorée ou coloriée; c'est au commencement de cette colonne que se trouve la date. On a également coupé les marges de plusieurs feuillets. Le copiste a varié, selon l'usage, la dimension des caractères pour mieux indiquer les divisions du texte. C'est par le même motif que certains mots sont peints en rouge.
XLVII. (PI. IX, n° 5.) « Le Miroir du monde, composé par un frère prê- « cheur, à la requête du roi de France Philippe. Nota. C'est sous un autre «titre la Somme le Roi, par Laurent Dubois, avec quelques différences dans « l'ordre des matières. Traité des profits spirituels des tribulations. î vol. in-4°, « vél., i373. Lett. gr. miniat. » [Catal. du Suppl. français.) — Le Traité des profits spirituels commence au folio 161; le Miroir du monde se termine au folio 160, et c'est sur ce feuillet qu'est marquée la date reproduite sur la planche IX. Ce manuscrit a neuf pouces un quart de hauteur et près de sept pouces de largeur. Il renferme plusieurs vignettes remarquables, précédées d'une explication écrite en encre rouge. Les titres sont peints avec la même couleur, mais on a employé l'or pour orner la lettre initiale placée en tête de chaque division de l'ouvrage. Les cahiers portent au lieu de signatures des réclames encadrées dans des ornements tracés à la plume. Ce livre est écrit sur deux colonnes, qui sont espacées comme sur le fac-similé.
XLVIII. (PL IX, n° 6.) «Mazar. Le roman de Boece de consolation. » [Ca-
tal. de ï 'Ancien fonds français.) — Ce manuscrit a dix pouces de hauteur et près de sept pouces et demi de largeur. Il était destiné à recevoir des ornements qui n'ont été exécutés qu'à la première page, en sorte que les lettres initiales des divisions les plus importantes sont restées en blanc. Les cahiers portent des réclames au lieu de signatures. Cette traduction a été copiée en 1 397, comme le prouve la date reproduite sur la planche IX.
XLIX. (PI. X, n° 1.) «Ouvrage tripartite de Jean Gerson. Brieve manière « de confession pour jones gens. 1 vol. in-8°, vél., 1 4o4- » (Catal. du Supplément français.) — Ce manuscrit a cinq pouces trois quarts de hauteur sur quatre pouces de largeur. Il a été copié avec soin et régularité. La date est marquée au bas du verso du dernier feuillet.
L. (Pi. X, n° 2.) «Codex membranaceus, olim Colbertinus. Ibi continetur « Breviarium ad usum ecclesise Meldensis. Is codex anno 1 4 1 2 exaratus est. » [Catal. de la Bibliothèque du Roi.) — Ce manuscrit a quatre pouces de hauteur et environ trois pouces de largeur. La date se trouve placée à la fin du bréviaire; elle est suivie de quelques feuillets qui ont été écrits postérieurement. L'écriture de ce bréviaire est d'une extrême finesse et remplie d'abréviations. Ce qui ajoute encore à la difficulté du déchiffrement, c'est que le vélin est souvent traversé par l'encre.
LI. (Pi. X, n° 3.) «Codex membranaceus, olim Colbertinus. Ibi continetur «Pontificale ecclesise Autissiodorensis. Is codex Laurentii, ejusdem urbis epi- « scopi, iussuanno i436 exaratus est.» [Catal. de la Bibliothèque du Roi.) — Ce manuscrit a sept pouces un quart de hauteur sur cinq pouces de largeur. Il renferme plusieurs vignettes remarquables par l'éclat du coloris et la pureté du dessin. L'écriture est très- régulière et parfaitement conservée. Les pages sont réglées en rouge pâle. Le copiste a numéroté chaque feuillet en chiffres romains sur le verso, mais ces chiffres ont été rognés en partie par un relieur qui a mutilé le manuscrit pour le dorer sur tranche.
LU. (PI. X, n° 4-.) «Codex membranaceus, olim Colbertinus. Ibi contine- «tur Breviarium Ruthenense : non pauca initio desiderantur. Is codex anno « 1 4-58 exaratus est. » [Catal. de la Bibliothèque du Roi.) — Ce manuscrit a cinq pouces et demi de hauteur sur trois pouces trois quarts de largeur. Il est écrit sur deux colonnes. Le copiste a numéroté chaque feuillet sur le verso en chiffres romains. La finesse de l'écriture et la multiplicité des abréviations
rendent souvent très-difficile la lecture de ce manuscrit. On doit s'attendre d'ailleurs à retrouver les mêmes difficultés dans un grand nombre de bréviaires, où les copistes s'attachaient à renfermer beaucoup de matière dans un espace fort resserré. C'est surtout dans des manuscrits de cette espèce que l'emploi de l'encre rouge pour certains mots sert à éviter la confusion. Ainsi, la quatrième ligne, qui est incomplète dans la troisième colonne du fac-similé, se trouve remplie en entier sur le manuscrit; mais le mot Iheronimi qui la termine, au lieu de faire suite au commencement de la ligne, se rattache au mot omelia qui se trouve à la fin de la ligne précédente. La relation de ces deux mots frappe de suite le lecteur, parce qu'ils sont écrits en rouge; comme cette différence de teinte ne devait pas être reproduite sur le fac-similé, on s'est abstenu de reproduire le commencement de la ligne.
LUI. (PL X, n° 5.) « Codex membranaceus, quo continetur Breviarium ad « usum ecclesise Parisien sis : prœmittuntur rubricae et calendarium. Is codex « anno 1^72 exaratus est. » (Catal. de la Bibliothèque du Roi.) — Ce manuscrit a près de six pouces et demi de hauteur sur quatre pouces et demi de largeur. Il renferme quelques grandes lettres dorées et coloriées avec autant de goût que de richesse; un des feuillets présente aussi un encadrement remarquable; mais si des ornements de ce genre se rencontrent souvent dans les manuscrits, il serait difficile de trouver une écriture qui réunît à la fois autant de netteté, de finesse et d'élégance. Le copiste a réussi à produire des effets remarquables avec des combinaisons extrêmement simples. On peut citer par exemple les litanies des saints : toutes les lignes commencent par des S capitales peintes alternativement en bleu et en rouge, puis elles se terminent par des traits enluminés des mêmes couleurs. Il était difficile de répandre plus d'éclat et de variété par le mélange de ces deux teintes. Aussi l'artiste a-t-il eu grand soin de faire connaître son nom dans plusieurs parties du manuscrit. On lit au bas du folio verso 1 78 : « Explicit psalterium per me Johannem Spine Cori- « sopitensis diocesis. » On trouve une note du même genre au verso 4 1 5 : « Ex- « plicit hoc totum; pro Christo da michi potum. Anno millesimo cccc° lxxii0 « per Johannem Spine. » Le nom de Jean de l'Epine se retrouve encore dans une note qui suit immédiatement celle-ci et qui nous apprend que ce livre, terminé le a3 juin 1472 , a été exécuté pour maître Guillaume Goardet, du diocèse de Cornouaille. Enfin on trouve au bas du folio 198 quatre lignes en bas breton où le nom de l'auteur se trouve encore rappelé.
LIV. (PI. X, n° 6.) « La vie et mystère de S. Vincent, en vers et par per-
«sonnages. 1 vol. in-folio, papier, 1^76. » (Catal. du Supplément français.) — Ce manuscrit a neuf pouces trois quarts de hauteur sur sept pouces et demi de largeur. L'écriture n'est pas disposée sur deux colonnes comme sur le facsimilé. La date est exprimée au dernier feuillet dans une espèce de visa par lequel on permet dé représenter ce mystère à Lyon.
LV. (PI. X, n° 7.) « Codex membranaceus, olim Colbertinus. Ibi continetur « missale Melodunense, duobus voluminibus constans : Is codex anno 1 489 « exaratus est. » [Catal. de la Bibl. du Roi.) — Ce manuscrit a près de treize pouces trois quarts de hauteur sur neuf pouces un quart de largeur. Les lignes s'appuient sur des raies rouges, et les colonnes sont séparées par des perpendiculaires de la même couleur. Les divisions principales du manuscrit commencent par des lettres encadrées dans des vignettes ; quant aux initiales d'un ordre secondaire , elles sont alternativement peintes en or avec des ornements bleus , ou en bleu avec des ornements rouges. Les titres sont marqués en rouge. Le copiste a numéroté les feuillets en chiffres romains , et cette pagination se continue dans le second volume, qui commence au folio 249. Ce volume devait se terminer par le folio 384 ; mais on a rejeté à la fin du manuscrit les cinq feuillets précédents , pour préserver une vignette représentant la passion. Audessous de cette vignette sont écrits, en couleur alternativement rouge et bleue, les vers suivants, qui renferment la date du manuscrit:
An quatre cens quatre vings neuf Mil deuant fut escript tout neuf Ce présent messel mot a mot De la main frère Iehan Rigot Religieux du monnastere De Saint Père ; et le feist faire Pour le service de Dieu vng Rourgoys et marchant de Meleun Nommé par nom Pierre Malhoste, etc.
LVI. (PI. X, n° 8.) «Codex membranaceus, quo continentur evangelia sin- « gulis anni diebus recitari solita. Is codex sumptibus et jussuAnnœ de Francià, « ducissae Borbonii et Averniœ, anno i5o2 exaratus est. » [Catal. de la Bibl. du Roi.) — Ce manuscrit a onze pouces et demi de hauteur sur sept pouces trois quarts de largeur. Les titres sont écrits en rouge, et les lettres initiales sont ornées de vignettes.
LVII. (PI. X, n° 9.) « Ephémérides pour l'an 1619 enluminées. » [Catal. de
l'Ancien fonds français.) — Ce manuscrit a dix pouces et demi de hauteur, etplus de sept pouces et demi de largeur. Il se compose de dix-neuf feuillets seulement. Sur la première page , on trouve les indications relatives au comput, aux éclipses, et à la position des planètes. Vient ensuite un calendrier qui commence par deux pages d'observations sur l'hiver; des observations analogues sur les trois autres saisons de l'année sont placées avant le mois de mars , puis avant le mois de juin, et enfin avant le mois de septembre. Les feuillets intermédiaires sont consacrés au calendrier proprement dit, qui se compose de deux pages pour chaque mois. Toute cette première partie du manuscrit a été exécutée avec le plus grand soin. L'écriture est d'une régularité parfaite, comme on peut en juger par la première ligne du fac-similé. Chacun des feuillets est entouré d'encadrements richement ornés qui portent le cachet du style de la renaissance. Ces ornements ne se retrouvent pas sur les deux derniers feuillets, où l'on a mêlé quelques conseils de médecine à toutes les rêveries de l'astrologie judiciaire.
LVIII. (Pi. XI, n° 1.) «Codex corticeus, olim Barnabae Brissonii. Ibi con- « tinetur instrumentum Plenarise Securitatis; de quo videndus Johannes Mail billonius de re Diplomaticâ, p. 344; Supplementi, p. 55. Is codex anno 564 « exaratus dicitur. » ( Catal. de la Biblioth. du Roi. ) — Cet antique diplôme se composait au moins de quarante-cinq lignes, qui avaient chacune près de quatre pieds de longueur. Les quatorze premières lignes et les quinze dernières sont incomplètes (voyez Mabillon, De re Diplomaticâ, Supplementum , pages 73 et 76); au contraire les lignes 16 à 3o [ibid. pages 74 et 75) existent dans leur intégrité. Les personnes qui auraient entre les mains l'ouvrage de Mabillon reconnaîtront facilement , en jetant les yeux sur les quatre planches qu'il donne dans son Supplément, que les deux planches portant les nos 74 et 75 n'en forment réellement qu'une seule, puisque les seize lignes de la planche 74 se continuent sur les lignes correspondantes de la planche 75, et que d'ailleurs, après avoir terminé la première ligne de la planche 75, on trouve la suite du sens sur la seconde ligne de la planche 74. Il résulte de là qu'en rapprochant latéralement ces deux fragments on connaît exactement la longueur des lignes, qui ont à peu près vingt-trois pouces sur chaque feuille isolée , et par conséquent quarante-six pouces dans leur intégrité. Dans l'original, d'ailleurs, cette portion de l'acte est écrite sur une même bande de papyrus ; cette bande est la seule qui soit intacte. La feuille de papyrus qui renferme le commencement de l'acte ne présente guère que la seconde moitié des quatorze premières lignes. Le fac-similé de cette feuille est placé dans l'ouvrage de Mabillon à la page 73. La planche 76 reproduit