‹ Éléments de paléographie (volume 3)Chapitre 79 sur 260 · PARTIE IV. — CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

PARTIE IV. — CHAPITRE VII

«eut pour modèle Guillaume Ier, roi d'Angleterre, qui, pour concilier plus « d'autorité à ses diplômes, joignit souvent l'usage de faire écrire les noms des « témoins au bas avec celui d'y suspendre son sceau : Guillaume II, Henri Ier et « Etienne suivirent cette coutume, mais rarement. Peu à peu la mode de faire « écrire les noms des témoins tomba, et on crut que le seul sceau suffisait pour « donner la plus grande autorité aux actes. Cependant on ne laissait pas d'em- « ployer un nombre de témoins dans certaines chartes de grande importance ; « mais leurs noms précédés de croix n'étaient plus souscrits par le notaire «comme auparavant, mais seulement référés à la fin du texte. Cet usage fut «observé en Ecosse par les rois successeurs de Duncan II. Son sceau, ainsi « que celui du roi Edgar, son frère, ne portent qu'une seule empreinte. Le «premier est représenté à cheval, en habit fort serré, tenant une pique avec « un étendard de la main droite, et un bouclier de la gauche. Ce sceau pen- « dant n'a que deux pouces de diamètre : celui d'Edgar en a près de deux et «demi. Ce prince, qui commença à régner l'an 1098, y est représenté assis, « couronné, tenant un sceptre fleurdelisé et une épée appuyée sur le ge- « nou dans sa gauche. C'est le premier roi d'Ecosse qui, à l'exemple de « S. Edouard, roi d'Angleterre, son grand-oncle, se soit fait représenter assis sur « Un trône avec les attributs de la majesté1. La bande à laquelle ce sceau est « suspendu est de cuir ou de parchemin.

« Le roi Alexandre Ier, qui succéda à son frère Edgar l'an 1 107, introduisit « en Ecosse l'usage du contre-scel ou du sceau de cire à doubles empreintes «égales en grandeur2. On ne peut guère douter que les rois d'Angleterre et « d'Ecosse n'aient eu des cachets ou sceaux secrets pour sceller leurs lettres. « Mais Ruddiman assure que jamais ils ne s'en sont servis conjointement avec « leurs grands sceaux, comme faisaient alors les rois de France et les comtes de « Flandre. La première et la seconde face des sceaux des rois d'Angleterre et « d'Ecosse sont toujours d'une égale grandeur3. A l'égard du volume des sceaux « des rois d'Ecosse, il suit la progression des siècles, et croît de plus en plus. « Le sceau d'Alexandre Ier n'a pas deux pouces et demi de diamètre ; ceux de

, J Les Bénédictins reproduisent ici l'empreinte de ce sceau. Le roi est assis sur un siège en X , à pieds crochus. 11 tient son épée par le tranchant : + ymago Edgaki Scottorvm basilei.

2 Le roi Alexandre tient dans la main droite une épée , et dans la gauche un globe surmonté d'une croix. On voit une étoile de chaque côté du trône. Son manteau royal , orné d'une bordure , est agrafé vers le milieu de la poitrine :

+ Alexander Deo rectore rex Scottorv. Au revers, le roi est à cheval, tenant d'une main une longue pique, avec une enseigne à trois banderoles ; de l'autre , la bride et un bouclier. L'inscription est la même que sur la première face.

3 Nous avons signalé tout à l'heure deux exceptions à cette règle en décrivant le sceau de Henri VI , et celui qui servait à Henri VII pour les affaires de France.

« David II et de Robert II en ont plus de trois et demi. Les sceaux des derniers «rois ont quatre, cinq et six pouces de diamètre. Le magnifique recueil des « sceaux des rois d'Ecosse, formé par Anderson, nous dispense de représenter « ceux des rois successeurs d'Alexandre Ier : contentons-nous d'en assigner les « différences.

« Quoique tous les rois d'Ecosse successeurs d'Edgar jusqu'à Jacques VI soient « représentés assis sur des trônes au premier côté de leurs sceaux, tous n'y pa- « raissent pas de la même manière ni avec les mêmes ornements. Au lieu du « sceptre fleurdelisé que porte dans sa main droite le roi Edgar, Alexandre Ier « porte l'épée dans sa droite et un globe surmonté d'une croix dans sa gauche. « Ses successeurs immédiats, David Ier, Malcolm IV, Guillaume et Alexandre II, « sont représentés sous la même forme. Alexandre III et Jean Bailleul tiennent ■« le sceptre de la droite. Celui-là met sa main gauche sur son sein ; celui-ci la « porte sur une perle du collier qui pend à son cou. Robert Brus porte son « sceptre de la droite et le globe de la gauche. David II, Robert II, Robert III « et les Jacques I, II, III, IV et V tiennent des sceptres dans leur droite, pen- « dant que leur gauche est appuyée sur la poitrine. Edouard Bailleul tient le « sceptre de la droite et porte la gauche sur une pomme ou globe

« Depuis Duncan, qui porte un casque, tous les rois d'Ecosse sont représen- « tés avec une couronne sur la tête. Il faut en excepter Guillaume, qui porte « un bonnet en forme de toque, et Alexandre II, dont la tête n'est point cou- « verte. Les couronnes qu'on voit sur les têtes des autres rois sont presque « toutes surmontées de trois pointes ou rayons. Celui du milieu est une fleur « de lis en entier; mais ceux des deux côtés n'offrent que la moitié de cet orne- « ment. Toutes ces couronnes sont ouvertes, jusqu'à la reine Marie, qui la « porte fermée dans ses sceaux. Les monnaies de Jacques II lui donnent une «couronne fermée, quoique ses successeurs Jacques III et IV, et quelquefois « Jacques V, portent la couronne ouverte sur leurs monnaies et toujours sur « leurs sceaux.

« Les trônes sur lesquels les rois d'Ecosse sont assis paraissent, dans les com- « mencements, fort simples, sans ornements, et semblables aux sièges ordinaires. «Dans la suite, on les voit amples, élevés et aussi magnifiques que ceux des « rois voisins. Le manteau ou la chlamyde, la toge et les autres habits royaux, « qu'on voit sur les sceaux d'Ecosse, ne frappent pas moins la vue que ceux des « plus grands monarques du même temps.

« Quant aux figures représentées au contre-scel ou revers des sceaux, tous les «rois d'Ecosse, depuis Alexandre Ier jusqu'à Jacques VI, y paraissent montés « sur des chevaux armés de toutes pièces. Alexandre Ier, David Ier, Malcolm IV et

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