PARTIE IV. — CHAPITRE VIL
jointe à la prépondérance de rusufruiticr, peut expliquer l'origine de la devise inscrite sur les sceaux de plusieurs vicomtes de Thouars: « Iste Thoarcenses « dominus dominatur in onines. » Aimery VII employait , en i 2o4 (J. SyS), un sceau dont les côtés sont de même grandeur, et le représentent monté sur un cheval qui galope vers la droite , sonnant de la trompe et tenant une longue lance de la main droite : t sigillvm Aimerici viCECOMrns Tiioarcii ; la légende de l'autre face consiste dans la devise Iste , etc. ^ Anselme, seigneur de l'Ile- Adam, portait une fasce surmontée d'une canette en clief à dextre; ces armoiries paraissent sur l'écu qui occupe le champ d'un sceau suspendu à un acte de 1 2o5 : i SIGILLVM Akselmi de Insvla (J. 168). Le P. Anselme cite, d'après un acte de 1197 , un sceau de Dreux de Mello, connétable de France, portant deux fasces accompagnées de trois merlettes en pal; on voit sur un sceau suspendu à un acte de 1200, un écu portant deux jumelles en fasce, accompagnées de trois merlettes en pal , deux autres merlettes placées comme supports aux côtés de l'écu : ^t sigillvm Droconis de Merloto (J. 17 5). Avant d'être cham-
^ Le même seigneur en 1228 , son successeur Hugues II en 1226, et Aimery VIII en i25G, sont encore représentés à cheval , la tête nue , armés d'une longue lance , et sonnant de la trompe ; c'est sur ce côté du sceau qu'est marquée la devise Iste, etc.; mais le côté opposé, qui est de même grandeur, porte l'écu aux armes de Thouars, et la légende sigillum N, elc. Aimery VII portait semé de France , brisé d'un quartier en chef à dextre ; la légende est la même que sur le sceau de l'année i2o4 (J. Sg/i). L'écu de Hugues II porte neuf canettes rangées en orle , et ( en chef à dextre ) un quartier chargé d'une quinte-feuille: i sigillvm Hvgoms, etc. (J. SyS). Aimery VIII (J. 190) portait les armoiries marquées sur le second sceau d' Aimery VII; les légendes sont aussi les mêmes; mais le second sceau d'Aimery VII n'a que deux pouces huit lignes de diamètre, et celui d'Aimery VIII a trois pouces pleins; il se distingue d'ailleurs par la position du cheval qui galope vers la droite , tandis que celui d'Aimery VU galope vers la gauche. Aimery VIII a employé aussi un petit sceau qui n'a pas de revers , et dont le champ est occupé par un écusson à ses armes : i: s. Haymep.ici vicecoMiTis Thoarcii (J. 190, an 12A6). En 1269 (J. 192 ) on trouve un acte dans lequel interviennent Savaris vicoens de Thoarz valez et Guionnet
Jiuz Aymeri jadis viconie de Thoarz. Le sceau de Savary , qui est presque entièrement détruit, représentait un écu semé de fleurs de lis , et probablement cantonné en chef à dextre ; sur celui de Guionnet on voit un écu parti (à dextre, bureié de seize pièces; à sénestre coupé, le quartier du chef sans armoiries, celui de la pointe à trois fleurs de lis); la légende est fort incomplète:
ts is ToARCii ....ETi. Ces deux sceaux n'ont
pas de revers; le diamètre du premier pouvait être de quatorze lignes; le second est un peu plus petit. En iSyS, Pernelle ou Péronnelle , vicomtesse de Thouars et comtesse de Dreux , employait un sceau de seize lignes de diamètre, sur lequel on voit l'écusson de Thouars, timbré d'une aigle et supporté par deux lions couronnés, accolés de l'écu de Dreux. Sur le sceau de Tristan, son mari, on ne voit que l'écu de Thouars, timbré d'un casque et supporté à dextre par un griffon , à sénestre par un lion ; les légendes sont
en minuscule gothique : 1° < elle vi-
« contesse de Thouars et contesse de Dreux;» — 2° « seel.... viconte de Thouars 7. cote, de « Dreux. » (J. 173.)
^ Dreux de Mello , seigneur de Loches , son fils puîné, avait en 1219 (J. 726) un sceau équestre portant pour légende : i sigillvm Droconis de
MeRLO IVUENIS + SECRETVM DOMINI DE LoCHES ;
brier , Barthélémy de Roye employait, en i2o5 (J. 229), un sceau représentant un écu à ses armes (coupé d'un ; losange en chef, écliiqueté de cinq tires en pointe) : t sigillvm Bartholomei de Roia. Les mêmes armoiries sont répétées sur l'écu du contre-sceau , mais Téchiqueté est de quatre tires seulement ^ On voit sur le sceau de Gui de Sendebaud ou Sennehaud , en 1 2o5 (J. 894) , un dextrochère ^ habillé de son fanon , et accompagné de sept croisettes (trois en chef, les quatre autres placées sans ordre dans la moitié inférieure de Técu) : i s. Glvi Seneb..d\s [Sencbaldus). Le champ du sceau de Hugues de Bauzai, en 1209 (J. 39/i), est occupé par un écu portant une croix recercelée^, chargée en cœur d'un tourteau, et cantonnée d'un écu en chef à dextre : t sigillvm HvGONis DE Bavzaio. On voit sur le sceau de Hugues de Fontenelles, en 1209 (J. 394), un écu portant trois fleurs de lis, posées deux et une ''; sur l'écu du contre-sceau, il y a trois fusées en fasçe surmontées d'un lambel de deux pendants : t sigillvm Hvgonis de Fontenellis. Hugues de Malaunay , en 1209 (J. 399), portait sur un sceau équestre un écu à trois chevrons surmontés d'un lambel de cinq pendants ; ces armes sont répétées sur le revers ainsi que la légende t sigill. Hvgonis de Malavnoi. Un écu losange et brisé d'un lambel de sept pendants occupe le champ du sceau de Gaudin de Ramefort en 1209 (J. 394). Il y a six chevrons sur l'écu de Raoul, vicomte de Beaumont, fils du vicomte de Sainte-Suzanne ; au contre-sceau , on voit l'empreinte d'une pierre antique représentant le buste d'une Diane chasseresse : ts. Rad. filii uicecom.
SCE. SVSSANNE — t S. RaD. VIGECOM. DE BeLLOMONT ( J. 1 68 , an 12 11 , V. s.).
son bouclier et l'écu du contre-sceau portent deux fasces accompagnées de merlettes en orle , le tout brisé d'un lambel. En 1289 (J. 2I11] il employait un autre sceau dont le champ est occupé par un écu où l'on retrouve à peu près les mêmes armoiries; il n'y a ciu'une merlette au contre -sceau :
t SIGILLVM DrOCONIS DE MeLLOTO t SECRETVM
DNI. LOCHRV.
^ En 1220 (J. i53), Barthélémy de Roye employait un sceau équestre; son bouclier et l'écu du contre - sceau paraissent être aux mêmes armoiries que le sceau précédent ; la légende du
premier côté est en partie détruite : i siGi i
DE Rou cAMERARii Francie. Ccs dcux derniers mots sont répétés sur le contre -sceau. Selon le P. Anselme , Barthélémy de Roye a employé , en 1209, un sceau équestre dont les armes étaient : semé de fleurs de lis en chef, échiqueté en pointe.
" On appelle deœlrochère le bras droit, et sé-
nestrochère le bras gauche. Un dextrochère habillé de son fanon et accompagné de six croisettes au lieu de sept se retrouve sur un sceau de 1209, dont la légende est ainsi conçue : i sigillvm GviDONis Sandebavt. Ce nom est écrit dans les actes : Senebaldus, Senebaudas et Sendehaldiis.
^ Recercelé se dit des croix dont les extrémités se partagent en deux et se recourbent conime des cerceaux ; quand la courbure ne forme qu'un simple croissant, les croix sont dites ancrées. On voit aussi une croix recercelée sur l'écu de Guillaume de Tomeello.en 1220, et sur celui de Guillaume de Cavesi, en 1280 (J. i53 et 390). Il ne faut pas confondre recercelé et resercelé ; ce dernier mol n'indique pas des croix d'une forme particulière, mais celles qui sont bordées d'un filet d'un autre émail.
'' Les mêmes armes étaient portées par Reginald de Béthizy, en 1219 (J. ySi).