‹ Éléments de paléographieChapitre 197 sur 492 · SIE. DES GHARTES-PARTIES · texte numérisé non relu

SIE. DES GHARTES-PARTIES

H était d'usage autrefois comme aujourd'hui de dresser, dans uñ contrat synallagmatique, autant d'actes semblables qu'il ÿ avait de parties contractantes : ces chartes se nommaient charte paricle, paricole, pariculæ. Bientôt, par surcroît de précaution, l'on traça au milieu d’une feuille des caractères ou des mols qu'on peut comparer aux souches des passe-ports ou des inscriptions de rente, et qui étaient ensuite coupés en ligne droite, ondulée ou dentelée. De là les chartes dites partitæ, undulatæ et indentatæ. C'est en général le mot cyrographum qu'on trouve inscrit sur la souche des plus anciennes chartes parties : il était quelquefois suivi de traits irréguliers qui achevaient de remplir la ligne, des adjectifs memoriale où commune, du nom des parties contractantes, ou de quelques mots qui spécifiaient la nature de l'acte. On s'est servi également de quelques lettres de l'alphabet, surtout au xiv° siècle; mais cet usage remonte au moins à 1061. Enfin on traçait aussi sur la ligne de la souche, soit des images, soit des formules de dévotion, telles que in nomine Domini, ave Maria, sanctus Dionystus, etc., où les mots charta cyrographata où indentata, endenture, indenture, endent. La souche se trouve placée Île plus souvent dans le haut ou sur le côté de la charte; quand elle était au bas de l'acte, ce qui est plus rare, on plaçait quelquefois le scéau dans le haut de la pièce. Souvent on employait à la fois ces différents modes de division pour obtenir un nombre suffisant d’éxemplairés. Les inscriptions étaient en général tracées horizontalément: d'autres fois elles étaient perpendiculaires. On en voit qui sont écrites en encre dé couleur; mais ce qui les distingue surtout, c'est la grandeur des traits ou les ornements qui les accompagnent. Il est plus facile de se figurer que de décrire les différentes combinaisons qui peuvent varier

172 ÉLÉMENTS DE PALÉOGRAPHIE. « Vaspect des chartes-parties. Ces actes sont du reste beaucoup plus rares en France qu'en Angleterre où ils remontent au 1x° siècle, tandis qu'on n'en a pas découvert chez nous qui soient antérieurs à 1034. Après les chartes-parües coupées en ligne droite, vinrent les chartes dentelées et ondulées qui, vers la fin du xv° siècle, ne portaient plus toujours d'inscription à la souche. En effet, la forme irrégulière de la section était un moyen suflisant de vérification. La plus ancienne endenture que Mabillon ait découverte en France, est de 1106. L'usage des chartes-parties se soutint en Angleterre, malgré l'invention des chartes dentelées, au moins jusque vers la fin du xmf siècle. Le mot chirographe s'appliquait plus spécialement aux premières; mais on l’a employé quelquefois comme nom générique, ainsi que chartæ communes ! et psallia. On ne doit pas douter que, dans le principe, les chartes parties et dentelées n'aient été inventées pour suppléer à l'usage des sceaux; c'est là ce qui explique pourquoi elles remontent en Angleterre à une époque aussi ancienne. On ne doit donc pas s'étonner quand on en rencontre qui ne sont pas munies de sceaux; c'est même ce qui arrive non-seulement en Angleterre, mais encore en France pour la presque totalité des chartes-parties antérieures au xIr° siècle.

ARTICLE IV

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