‹ Éléments de paléographieChapitre 206 sur 492 · PARTIE IL — CHAPITRE IIT · texte numérisé non relu

PARTIE IL — CHAPITRE IIT

ils parvenaient à la chevalerie, prenaient le titre de chevaliers-bacheliers. Les théologiens attachèrent ensuite une grande importance au titre de bachelier, qui n’a plus aujourd'hui le même éclat dans nos facultés.

L'établissement des communes au xu° siècle accrut le nombre des justices municipales, dont les magistrats s'appelaient consuls, maires, échevins : on désignait le maire par les termes de maor, villicus et præpositus. Les magistrats de la justice du roi furent désignés par les noms de sénéchal, ball ( ballivus ou bajulus) et prévôt. Ces noms remplacèrent ceux de judices publi, patricu, actionarü, scabuui, etc. Les titres des juges employés dans les diverses juridictions féodales sont trop multipliés pour qu'on puisse en faire ici l'énumération !.

Quand même le véritable sens des titres de dignité que l'on rencontre dans les actes pourrait toujours être fixé avec une rigoureuse précision, un nouveau genre de difficulté se présenterait plus d'une fois quand il s'agirait d'établir quelle est la personne à laquelle ce titre est appliqué. Un acte où un manuscrit feront mention, par exemple, d’un roi de France portant le nom de Louis, sans indiquer d’ailleurs auquel des rois de ce nom cette mention se rattache. Dans les premiers siècles du christianisme, les princes ne marquaient pas le rang qu'ils tenaient parmi leurs prédécesseurs du même nom : on cite comme l'exemple le plus ancien de cet usage un décret de Grégoire IT, au vur° siècle. Selon Félibien, Charles le Chauve, dans le siècle suivant, aurait également pris le titre de Charles IT; on voit ensuite le pape Jean appelé decimus tertius dans une bulle de 972; puis, au xi‘siècle, ces nombres paraissent sur les sceaux des papes : on les rencontre à la même époque dans des chartes d'évêques. Le mot Junior signifiait anciennement secundus, en sorte que junior et secundus réunis devenaient synonymes de tertius. Au x1r siècle le titre de junior fut donné aux princes qui portaient le même nom que leur prédécesseur immédiat. C'est par suite de cet usage que S. Louis est appelé Ludovicus junior dans l'épitaphe de Jean son fils, inhumé à Royaumont. Du reste, les titres de premier, second, etc. ne paraissent pas avant le x1v° siècle dans les chartes de nos rois, tandis qu’on les trouve dès le x° siècle dans les actes des empereurs d'Allemagne?, et au moins dès le xn° siècle dans ceux des ducs de Normandie, des rois d'Angleterre et des princes normands d'Italie.

1 Il est souvent question de jugements rendus 2 Les empereurs romains avaient suivi un devant la porte d'une église ou au pied d’unarbre: autre usage que nous signalerons en passant. ces usages s'expliquent facilement ; mais la for- Comme, avant la guerre civile de Jules César, le mule datum inter duos leones pourrait embarras- titre d’imperator était décerné aux consuls victoser, si lon ne savait pas que, pour imiter Salo- rieux , les successeurs d'Auguste se dirent empemon, les juges ecclésiastiques avaient donné deux reurs pour la première, la seconde, la troisième

lions pour base à leur siége de justice. fois, etc., suivant le nombre de leurs victoires.

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