PARTIE IL — CHAPITRE IV
général d'employer ces invocations depuis le commencement du xu' siècle : on en trouve cependant quelques exemples jusqu'au x1v°. Quant aux invocations expresses, elles se sont toujours maintenues, dans un grand nombre d'actes ecclésiastiques et même dans plusieurs actes séculiers. En effet, quoique ce caractère manque à un grand nombre de chartes royales du xrn' siècle, on le trouve dans la plupart des diplômessolennels, qui se distinguent d’ailleurs par l'indication des années du règne et de l'ère chrétienne, par l'apposition du sceau et du monogramme, enfin par la présence des grands officiers de la couronne. Dans le xiv° et le xv° siècle les actes notariés commencent ordinairement par des invocations. Il en est de même des testaments. Celui de Marie de Craon en 1317 en fournit un exemple: « En noi dou Pere et dou Fils et dou «saint Esprit, amen. Neus, etc. » Un autre testament de 1382 commence ainsi : « Ou nom de la sainte souveraine et indivise Trinité, le Pere, le Fils et le saint «Esprit, amen. Je Jean Lessile, etc. » L'acte de cession de l'empire de Constantinople, dressé en 1494, commence également par une invocation. (Voy. dans la liste alphabétique des princes souverains, l'article de Charles VIIL.) Enfin les manuscrits débutent souvent par ces formules de dévotion, comme le prouve le commencement de l'Histoire de la croisade contre les Albigeoïs par Guillaume de Tudela :
El nom del Payre e del Filh e del Sant Esperit Comensa la cansos que maestre W. ft.