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PARTIE IL — CHAPITRE IV

«ctori ac triumphatori filio, amatori Dei et Domini nostri Jesu Christi 11. «augusto, etc.» Leur suscription pour les impératrices était ainsi conçue : «Dominæ püssimæ ill. filiæ augustæ.» Pour les rois, les exarques et les patrices, ils employaient les titres suivants : « Domino excellentissimo atque præ- «cellentissimo filio ill. patricio ou regi.» Cependant ils refusèrent quelquefois le titre de fils aux princes qui n'étaient pas chrétiens.

Le titre de très-chrétien avait été, dès le 1v° siècle, donné à l'empereur Gratien par saint Ambroise. I fut, dit-on, accordé à Clovis dans le testament de saint Remi. La même qualification fut donnée à Charles Martel par Grégoire IT, puis à Pepin par les papes Étienne et Paul. Accordée communément à nos rois pendant le xn° siècle, elle leur était devenue propre longtemps avant que Paul IT sobligeât solennellement à la leur réserver.

S. Sirice est peut-être le premier pontife romain qui ait pris la qualification de pape. Plusieurs de ses successeurs, au v° siècle, la firent entrer, quoique rarement, dans leurs suscriptions : mais celle d'évéque était plus ordinaire. Dans le siècle suivant, le mot episcopus était souvent suivi de quelques additions, telles que ecclesiæ catholicæ ou sanctæ ecclesie catholicæ urbis Rome. Dans le même siècle S. Grégoire I* introduisit la célèbre formule episcopus, servus servorum Dei, sans l’employer lui-même ordinairement. Elle devint déjà fréquente au vrr siècle et à peu près uniforme pendant le cours du siècle suivant, surtout dans les priviléges : il en résulta que le titre de pape parut plus rarement. Depuis cette époque le nombre des actes pontificaux qui ne renferment pas cette formule devient de moins en moins considérable. À partir du xr° siècle on la trouve partout, excepté dans quelques bulles, d’où les brefs proprement dits semblent avoir tiré leur origine, et dont la SUSCrIption consistait dans le nom du souverain pontife suivi du mot papa et du chiffre qui fixe son rang parmi les papes du même nom. Nous avons indiqué ailleurs la forme qui caractérise ces rescrits apostoliques, et l'époque où elle a été fixée définitivement.

Les actes du vu siècle fournissent les suscriptions suivantes : « Domino «sancto et beatissimo patri patrum ill. papæ famulus vester ; Domino sancta «merito apostolico et divinà benedictione decorato ill. papæ patrum, saummæ «sedis præsuli. » Mais tandis que beaucoup d’actes conservaient la formule plus simple de « Domino beatissimo papæ,» d'autres en inventaient de nouvelles,

! L'abréviation ill. destinée à remplacer lun substituée au pronom lle; mais ce n’est guère des cas du pronom ille, a été employée pendant qu'au x1v° siècle que l'usage de cette lettre devint longtemps pour remplacer un nom propre. Dès général. leix° siècle on trouve des exemples de la lettre N

au nombre desquelles se fait remarquer celle qui suit : «Domino meo sanctis- «simo et ter beatissimo ill. summo pontifici seu universali papæ, etc. » On voit que ces formules attestent déjà l'influence naissante des souverains pontifes. Daïs la suite on ne cessa pas de leur prodiguer les titres les plus magnifiques. Cependant il ne faut pas croire que ces formes de langage leur aient toujours été spécialement consacrées : les évêques reçurent pendant longtemps les mêmes qualifications. Nous voyons d’ailleurs que ces prélats, particulièrement jusqu'au milieu du v° siècle, donnèrent souvent aux papes le simple titre de

frère! : il est vrai que, depuis longtemps, ils l'accompagnaient d'épithètes ho-

norifiques. Bientôt ils leur accordèrent les qualifications de père ou de pape. Les ecclésiastiques du second ordre, en écrivant au pape, l'appelaient père des pères, pape des pères, prélat du suprême siége apostolique. Maïs les titres de pape, père des pères, souverain pontife, prêtre suprême, prince des prêtres, évêque des évêques, archevêque, furent prodigués longtemps à de simples évêques ?. Leur dignité fut aussi qualifiée de siége apostolique. On voit que ces dénominations honorifiques peuvent causer plus d'un malentendu, puisqu'il n’en est pas une seule qui n'ait été aussi donnée aux papes. Il en est de même du titre d’episcopus urbis Romæ ou sanctæ Romane ecclesiæ, qui fut pris par les évêques suffragants de Rome. Adrien I“ restreignit aux primats les titres de prince des prêtres ou des pontifes, et de souverain prêtre. Ceux de métropolitain et d'archevêque, de præsul, antistes, prælatus, ne furent pris qu'au ix° siècle par les archevêques de France, quoiqu'ils eussent été accordés depuis longiemps même à des évêques, notamment par plusieurs papes du 1v° siècle. Dans les premiers temps, les évèques prenaient le simple titre d'episcopus, souvent même leurs suscriptions ne renferment que leurs noms. La qualification d'évêque par la grâce du siége apostolique ne fut guère employée avant la fin du xx‘ siècle; elle remplaça celle d'évéque par la miséricorde divine où par la grâce de Dieu, et ne devint ordinaire que dans le cours du xiv° siècle. Parmi les autres titres qui furent pris par les évêques, nous citerons ceux de sacerdos, presbyter, servus servorum Der, tumilis, indignus ou peccator episcopus 5, Plusieurs d'entre eux prirent la qualité de vicatres des saints titulaires de leurs églises. Au x‘ et au xn° siècle les évêques choisis dans les ordres monastiques conservaient soui Ils continuèrent dans la suite, quoique plus aux évêques dans le xn° siècle. En revanche, cerarement, à leur donner cette qualification. Au lui de vicaire de J. C. qu'on avait donné aux ix° siècle les papes s'en plaignirent, mais ils ne évêques, aux abbés et aux rois, sembla, depuis cessèrent pas d'appeler les évêques leursfrères et le xn° siècle, plus particulièrement réservé aux même leurs confrères. papes.

2? Le titre de vicaire de S. Pierre, affecté aux 5 La suscription peccalor episcopus est trèspapes pendant six ou sept cents ans, fut étendu ordinaire au vi‘ et au vn' siècle.

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