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PARTIE Il — CHAPITRE IV

stolicæ sedis gratid. Gette dernière formule n’est pas antérieure à la fin du xin* siècle.

On cite une suscription du roi Robert, où il prend le titre de Franciæ rex : cet exemple est peut-être unique pour cette époque. Le même titre reparait dans un diplôme de Louis le Gros : il fut également pris par Philippe-Auguste. Au x siècle Francorum rex était employé dans les actes latins, et rot de France dans les actes en langue vulgaire : cette distinction peut s'appliquer aux deux siècles suivants; cependant on rencontre Franciæ rex dans plusieurs actes latins. Louis XII et François L‘ prirent, dans leurs diplômes latins, le titre de Francorum rex, qui se maïntint encore sur les sceaux de quelques-uns de leurs successeurs.

«A la formule in perpetuum , disent les Bénédictins, les anciens rois d'An- « gleterre joignaient tantôt Domino nostro J. C., tantôt ommipotente Deo et Domino «nostro J. G.; à quoi ils ajoutaient encore ac cuncta mundi jura justo moderamine «regenti et autres expressions semblables : venait ensuite leur nom précédé « d’ego. » Mais le plus souvent ils mettaient en tête leurs noms et ceux des peuples qui leur étaient soumis, ou bien ces noms étaient précédés de largiente Dei gratià, potentid regis sæculorum æternique principis et autres formules analogues. D'ailleurs, pour tout ce qui se rattache aux formules diplomatiques des papes, des empereurs et des rois de France, de Germanie, d'Italie et d'Angleterre, on peut consulter la liste alphabétique de ces princes. Nous devons nous borner ici à indiquer un petit nombre d'exemples des formules qu'on employait dans les diplômes royaux des autres pays.

Citons d'abord quelques-unes des suscriptions que les Bénédictins ont rencontrées dans les diplômes des rois d'Espagne. Au xr° siècle, un diplôme du roi Sanche commence ainsi : « Ad honorem summi et æterni regis Patris et «Fil et Spiritüs sancti. Hoc est privilegium quod ego Sancius Ranimiri regis «filius, non meïs meritis sed solà Dei omnipotentis miseratione Aragonensium «et Montisonis rex, facio ad monasterium $S. Salvatoris Legerensis. » Il ne montre pas moins d'humilité dans le corps du diplôme : «Nunc igitur ego, « humillimus servorum Dei servus, dono Dei Sancius rex, etc.» On lit en tête d’un diplôme donné, en 1085, par Alphonse VI: «In nomine Domini, qui est ctrinus et unus, Pater et Filius et Spiritus sanctus. Ego Alphonsus Dei gratiä «totius Hispaniæ imperator. » Le monogramme deJ. G., l'alpha etl'oméga, et des croix de diverses formes se trouvent en tête des diplômes des rois d'Espagne, et sont en outre suivis d'invocations formelles, telles que : «In nomine Domini, «amen; in nomine Patris et Fil et Spiritüs sancti ab utroque procedentis; «in nomine sanctæ et individuæ Trinitatis et beatæ Mariæ.» Alphonse VIIT,

roi de Castille, prend le même titre dans un diplôme de 1156: « Ego Adefonsus «Dei gratià tocius Hyspaniæ imperator. » Dans la souscription, chacun de ses fils sintitule Re filius imperatoris. Au xnr° siècle on trouve souvent le titre de roi suivi de l'énumération des pays soumis à l'autorité du prince qui délivre le diplôme : on peut en juger par les exemples suivants: «1° Notum sit tam «præsentibus quàm futuris, qudd ego Adelfonsus Dei gratiâ rex Castellæ et To- «leti, dominus Vasconiæ, unà cum uxore meû Alienor reginä, ete.; 2° Jacobus «Dei gratià rex Aragoniæ, comes Barchinonæ et dominus Montis Pessulani, «dilectis suis universis baronibus, militibus, etc.; 3° per presens scriptum tàm «presentibus quäm futuris notum sit ac manifestum , qudd ego Ferrandus Dei «gratià rex Castelle et Toleti, Legionis et Galliciæ, unà cum uxore me Beatrice «reginà et cum fils meis Alfonso, Frederico, Ferrando et Henrico, ex assensu «et beneplacito regine domine Berengarie genitricis mee, facio cartam dona- «tionis, etc.» Dans ce dernier diplôme le monogramme de J. C., accompagné de l'alpha et de l'oméga, est enfermé dans un cercle de deux pouces de diamètre. L’énumération des pays soumis à l'autorité de Henri Il est encore plus étendue dans un diplôme en langue vulgaire, daté de l'ère 1406, ce qui revient à l'an 1308 : «Nos don Enrique, por la gracia de Dios rey de Cas- «tiella y de Toledo, de Leon, de Gallizia, de Sevilla, de Cordoua, de Murcia, «de Jahen, de Algarbe, de Algezira, et segnor de Molina, etc.»

Au xr° siècle Duncan, roi d'Écosse, débute par une suscription singulière : «Ego Dunecanus filius regis Malcolumb, constans hereditariæ rex Scotiæ. » Mais en général les rois d'Écosse imitent le style des chartes royales d’Angleterre; leurs diplômes sont presque toujours sans invocation ; ils s'intitulent N. reæ Scotiorum où Dei grati@ rex Scottorum.

Jusqu'au xm° siècle les diplômes des rois de Sicile sont tantôt en grec, tantôt en latin. Prenons un exemple dans les suscriptions du roi Roger : «P'oyesos év Xexolà T@ Oeù eÿasens xparaoc PIE (Rogerius in Christo Deo «pius potens rex).» Dans plusieurs diplômes il s'intitule : « Ego Rogerius Dei «gratià Siciliæ et Italiæ rex, Christianorum adjutor et clypeus, Rogerii primi «comitis hæres et filius, ou Rogerius Dei gratià Siciliæ, Calabriæ et Apuliæ rex. » Ces formules sont précédées souvent d’une invocation à la suite de laquelle vient quelquefois la date de l'incarnation. Au xmm° siècle les rois de Sicile, à l'exemple des autres princes, énumèrent dans leurs suscriptions les différents pays sur lesquels s'étend leur souveraineté ; cet usage est suivi dans un diplôme donné en 1281 par le doge de Venise, et qui renferme la suscription suivante : «In Dei nomine, amen. Nos Joannes D. G. Venetiarum, Dalmatiæ «atque Chroatiæ dux, dominus quartæ partis et dimidiæ totius imperii Ro-

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