PARTIE IL — CHAPITRE IV
Ainsi, au vu siècle, la salutation des papes aux empereurs était ainsi conçue :
« Pissimorum Dominorum imperium gratia superna custodiat, eique omnium
«gentium colla substernat.» Les formules « Vestræ pietatis imperium gratia
«superna custodiat, domina filia, ou Incolumem serenitatem vestram divina «conservet majestas, » étaient employées pour les impératrices.
Dans les actes ordinaires on rencontre souvent : « Superna gratia vos sospites
custodiat in pace suà, où Omnipotens Deus ab omni malo vos protegat, et de
vestrâ nos semper faciat salute gaudere.» Au vin‘ siècle on trouve dans des
«actes adressés à des rois: «Incolumem excellentiam vestram gratia superna
ceustodiat. » Enfin Urbain Il a formulé sur ce modèle une salutation qu'il adressait à l'archevêque de Tours, à la fin du x1° siècle: « Fraternitatem tuam superna «dignatio per tempora longa conservet incolumem. » La salutation Benevalete avait à peu près cessé d'être employée depuis Célestin I”, excepté dans les bulles-priviléges où elle se maintint toujours, à quelques exceptions près. Elle reparait au vu‘ siècle dans les bulles ordinaires. Mais, après le milieu du x siècle, ces actes deviendraient suspects s'ils renfermaient une salutation affectée aux bulles solennelles. Vers le milieu du x° siècle Benevalete commensait à s'écrire sous une forme abrégée, et dans le siècle suivant il était réduit en monogramme. C’est au moins à partir de cette époque que les papes cessèrent de l'écrire de leur propre main. Les salutations écrites par les papes et les empereurs avaient autrefois tenu lieu de signature. Ces souscriptions autographes sont annoncées dans les anciens livres par les mots Et ali, diva ou sacré manu.
Souvent les formules de salutation ne consistaient que dans le mot men; souvent au contraire elles avaient une certaine étendue. En voici un exemple tiré d'un privilége de Léon VIII accordé au patriarche d'Aquilée : «S. Trinitas «fraternitatem vestram gratiæ suæ protectione cireumdet, atque ita in timoris «sui vià nos dirigat, ut post vitæ hujus amaritudinem ad æternam simul per- «yenire dulcedinem mereamur.» On conçoit que les formes de salutation ont dû varier à l'infini dans les actes ecclésiastiques; mais ces formes, au lieu de se rattacher à la nature de l'acte, comme dans certaines bulles des papes, dépendaient uniquement du caprice : nous croyons donc pouvoir les passer sous silence.
D’autres formules finales ont pour but de prévenir les contestations que pourrait soulever l'exécution d'un acte !. Rien de plus ordinaire aussi que
! C'est ainsi que, sous nos premiers rois, les nombrement conçu dans la forme suivante : cum
donations se terminèrent par une sorte de dé- terris, domibus, œdificis, mancipüis, Vineis, siluis,
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d'annoncer les moyens qui ont été pris pour en assurer l'authenticité, tels que la présence des témoins; le sceau, etc. Il y a des chartes qui sont revêtues de ces différents caractères de certitude; d’autres n’en réunissent qu'une partie, et cependant il arrive souvent qu'on ne doit pas pour cela en suspecter l'authenticité. Mais, avant de parler des différents usages qui se rattachent à ces formalités, il devient nécessaire de dire un mot des notaires, des chanceliers et des autres officiers publics qui étaient chargés de les accomplir.
aquis, aquarum decursibus, farinariis, peculiis, Certaines parties de ces formules se perpétuèrent mobilibus, vel immobilibus, vel reliquis quibuscum- pendant plusieurs siècles, d’autres furent renouque beneficüs, ou appendicüs, adjacentüis, accolabus. velées.