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HENRI I JUSQU’'A PHILIPPE IV

L'origine des notaires remonte aux temps de la république romaine; mais dans les siècles suivants leurs titres n’ont pas moins varié que leurs fonctions. Jusqu'au vu siècle on les a désignés sous les noms d'exceptores, actuaruü, commentarienses, Scriniarü, corniculari, amanuenses, argentartt, tabularu, tabelliones. Au v° siècle on voit paraitre une classe de notaires connus sous le nom de référendaires. Dès les premiers temps de notre monarchie, le principal d'entre eux (summus referendarius) avait, si l'on en croit quelques auteurs, la garde de l'anneau ou sceau royal. On pense que leurs fonctions étaient les mêmes que celles dont s'acquittèrent ensuite les grands chanceliers. Il paraît bien établi que le grand référendaire avait sous ses ordres, pour le suppléer, un certain nombre de référendaires, de même qu'il y eut sous le grand chancelier des chanceliers d'un rang inférieur; mais plusieurs titres prouvent même quil y eut en même temps plusieurs grands référendaires et plus tard plusieurs grands chanceliers. Le titre de référendaire est souvent remplacé, après le milieu du vnr siècle, par celui de chancelier; on le retrouve à peine dans quelques titres du siècle suivant; mais, après cette époque, il ne parait plus dans les diplômes, quoique l'histoire parle encore du référendaire de Philippe I. Les chanceliers au contraire, qui avaient commencé après le milieu du vue siècle à souscrire des chartes particulières en faisant mention de leur titre, souscrivirent des diplômes royaux dès le règne de Charlemagne, en prenant le nom de chancelier. Dans le siècle suivant ils qualifièrent leurs chefs summi cancellarü, et quelquefois archicancellari ou protocancellaru. Ces grands chanceliers prirent aussi, au 1x° siècle, les titres de protonotarius ou notariorum summus ; les simples chanceliers se contentaient souvent de celui de notaire. Le titre d'archichancelier se soutint en France jusqu'au xn° siècle.

Quoique dans les temps les plus anciens plusieurs chartes soient souscrites ad vicem cancellarit, la dénomination de vice-chancelier ne se rencontre pas avant le xr° siècle; mais celle de sous-chancelier est de quelques siècles plus ancienne. Le clergé eut aussi ses chanceliers, et, dès le x° siècle, la distinction entre les chanceliers et les notaires des évêques était déjà bien établie. Cette dignité se retrouve dans les églises, les chapitres et les abbayes".

Les chapelains des rois de France, institués d'abord comme gardiens de la chape de S. Martin et comme directeurs des clercs du palais, ne tardèrent pas à remplir les fonctions de notaire, de secrétaire et de chancelier, parce qu'ils étaient à peu pres seuls capables de le faire. On leur a donné les titres d'abbé, de chapeluin, d'archichapelain, de suprême ou grand chapelain, de prümat des chapelains ou chef suprême des clercs, de qardien, abbé, archevèque ou primicier du sacré palais, de pasteur de la sante chapelle, d'apocrisiaire, de secrélaire ou conseiller secret (auricularius), ete. Plusieurs titres prouvent que les fonctions de chancelier, de chapelain et d'archichapelain furent réunies dès le 1x° siècle à la cour des rois, et qu'il en fut de même dans la suite chez les seigneurs particuliers. On voit, d'un autre côté, des chartes contresignées par des personnes qui prennent simplement le titre de clerc, de prêtre, de moine, d'évêque ou d'archevêque : ces ecclésiastiques n'étaient-ils pas réellement revêtus de la charge de chancelier, de notaire ou de chapelain, quoiqu'ils n’en fissent pas mention dans la suscription? Les comtes du palais ou comtes palatins avaient aussi la garde du sceau royal sous la première et la seconde race, et le titre de præceptor leur était commun avec les chanceliers. Le sceau ne leur était-il confié qu'en l'absence des chanceliers, ou les chanceliers ne le recevaient-ils qu'en l'absence des comtes palatins ? Ces questions, et bien d’autres qui se rattachent à l’histoire des chanceliers, n'ont pas été complétement éclaircies jusqu'à ce jour. Ce serait rendre un véritable service à la diplomatique que d'entreprendre la solution de ce problème dans un traité spécial où l’on pourrait compléter et rectifier les listes données par du Cange*.

! Les chanceliers des chapitres sont appelés sigüliferi, regislratores, et le plus souvent cancellarü. Ceux des abbayes prennent les noms de copiste (amanuensis), de lecteur, de scolastique ou écolätre.

? Il yavait en outre un office de garde-scel, ordonné en l'absence du grand. Dès le règne de S. Louis, le premier chambellan gardait le

sceau secret en l'absence du grand chambellan,

et l’on ne doit pas oublier que sous un même roi, il y avait plusieurs grands chambellans. D'un autre côté, on a qualifié du titre de chancelier des personnages qui remplissaient l'office de la charge pendant la vacance de la chancellerie. I y aurait donc sur cette matière bien des doutes à éclaircir; mais on ne peut entreprendre de les

résoudre ici.

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