DATES DU TEMPS ET DU LIEU
Parmi les formules des diplômes il n’en est pas qui doivent être plus scrupuleusement vérifiées que la date, c’est-à-dire l'indication du temps et du lieu où un acte a été dressé. Ce mot vient évidemment du participe data ou datum, qu'on employait au féminin ou au neutre suivant qu'on sous-entendait les substantifs epistola, charta, etc., ou edictum, instrumentum, præceptum, ete. Les Latins avaient fait usage de l'imparfait dabam ; et dans les temps barbares on forgea les mots datavi, dataro, qui toutefois ne se rencontrent que rarement. Les diplômes royaux, et en particulier ceux de Pepin et de Charlemagne, y ont quelquefois substitué notavi diem. Les mots acta, facta, scripta ont aussi été employés au lieu de data. Il est des formules de date qui présentent d’ailleurs la réunion des mots datum et actum , datum et acceplum , datum et susceptum. On trouve les dates en tête, dans le corps ou à la fin d’un acte. Les dates finales font corps avec l'acte, ou elles en sont détachées, et alors elles se trouvent soit avant, soit après les souscriptions. Elles étaient précédées, particulièrement dans les temps anciens, de l'invocation in Dei nomine; puis on les terminait par le mot Jelciter, auquel on ajouta souvent amen, surtout depuis le commencement du vin‘ siècle. Le règne de Hugues Capet fut à peu près l'époque de l'abolition de l'invocation finale, et le mot feliciter disparut bientôt après des dates; mais il s'est toujours maintenu dans les manuscrits, qui se ter-
minent souvent par eæplicit felciter.
Les dates du temps sont écrites en toutes lettres ou en chiffres, soit romains, soit arabes. Ces différents systèmes d'écriture peuvent se trouver réunis dans une même date. Quant à l'époque où lon a commencé à faire usage des chiffres arabes, il en sera question plus tard. Dans tous les siècles on rencontre des actes qui ne portent aucune date, d'autres qui sont datés du jour seulement. Il en est aussi qui renferment des formules de dates tellement vagues qu'elles deviennent complétement inutiles quand on n'y a pas Joint d’autres indications. Telle est celle du règne de Jésus-Christ (regnante où imperante Christo), qu'on trouve dans les actes des martyrs depuis le mn siècle, et dans les chartes au moins depuis le vi° jusqu’au xn°. Cette date, qui n’est souvent qu'une formule de dévotion, désigne aussi quelquefois un interrègne. Quand elle est jointe à la formule regem expectante, elle devient en général propre au x°siècle, où cette manière de dater s'accrédita surtout au midi de la Loire, à l'occasion de l’emprisonnement de Charles le Simple et de l'usurpation de Raoul *. Jusqu'à la fin du xur° siècle, il faut s'attendre à rencontrer des titres sans date ou datés d'une manière vague. Quant aux dates fausses, ou du moins inexactes, on en rencontre dans tous les temps. Les unes, et c’est le plus grand nombre, tiennent à l'ignorance ou à l'étourderie des notaires: les autres sont des anachronismes tellement grossiers qu'ils décèlent évidemment l'imposture des faussaires. Mais de légères erreurs dans la concordance de l'indiction, des cycles et des autres éléments que l’on combinait pour la fixation d'une date, ne peuvent suffire pour faire rejeter un diplôme ?. D'ailleurs une foule d'erreurs apparentes trouvent leur explication dans les différents systèmes de chronologie qui étaient simultanément en usage et dont l'explication a été donnée dans la première partie de cet ouvrage. |
Nous avons déjà prévenu à cette occasion que les années de l'ère chrétienne étaient annoncées dans les diplômes par des formules diverses auxquelles on avait en général attaché la même signification, malgré la différence bien réelle qui semblait devoir exister entre les années de la nativité, de la circoncision et de l'incarnation. Puisque les termes que l'on rencontre dans les dates des diplômes ne peuvent pas suffire pour indiquer le jour précis auquel était fixé le commen-
! Des formules analogues furent employées en ? Il ne sera pas inutile de faire observer en
Aquitaine, tant qu'on refusa d'y reconnaître passant que l'accumulation de tous les détails
Hugues Capet : 1° Regnante Domino et absente rege terreno ; 2° Rege terreno deficiente et Christo regnante ; 3° Deo regnante et rege sperante ; 4° Regnante Domino nostro Jesu Christo, Franciæ
aatem contra jus regnum usurpante Ugone rege.
chronologiques qui se rattachent soit au cycle lunaire, soit au cycle solaire, est beaucoup plus rare dans les chartes royales que dans celles des particuliers, où les notaires pouvaient en toute liberté faire étalage de leur érudition.
PARTIE II —CHAPITRE VI. 247 cement de l’année, il est indispensable de connaître quels sont les usages qui ont été adoptés de préférence selon les temps et selon les pays. Plusieurs auteurs ont donné à ce problème une solution fort simple : ils ont dit que le commencement de l'année était fixé en France au 1% mars sous les Mérovingiens, à Noël sous la seconde race, et à Pâques sous la troisième. Mabillon, du Cange et les Bénédictins ne décident pas avec la même facilité une question qui, après de longues et laborieuses recherches, leur a laissé plus d'un doute. Essayons de résumer ce qu'ils ont dit de plus important à cet égard.
Depuis la réforme du calendrier par Jules César, l’année romaine commençait aux calendes de janvier, c’est-à-dire le 1° de ce mois. Il est donc probable que, dans les pays voisins de l'Ttalie, le même usage avait été adopté. Toutefois, d'après le témoignage de Bède, les églises des Gaules commencçaient l’année le jour de la fête de Pâques, qu’elles ont célébrée le 25 mars Jusqu'au concile de Nicée tenu en 325. Un nouvel usage fut introduit au v° siècle par les Francs, qui commençaient l’année le 1* mars. Il paraît cependant que l'ancienne coutume fut suivie concurremment avec la nouvelle et que l'année commençait au 1* mars ou à Pâques. À compter du vi‘ siècle, deux autres systèmes venus d'Italie furent aussi mis en pratique, mais plus rarement que les deux autres : ils consistaient À commencer l'année le 1° janvier, suivant l'usage des Romains, et le 25 décembre, d'après une tradition pieuse qui alors était déjà suivie dans l’église romaine. Toutefois Grégoire de Tours commence plus ordinairement l’année au mois de mars qu'au 25 décembre ou au 1% janvier. On voit donc que, dès les premiers temps de notre histoire, les différentes manières de commencer l’année ont été connues en France. Charlemagne, après ses conquêtes d'Italie, fit prévaloir le système qui était alors adopté de préférence par l'église romaine. Il devint done plus ordinaire de commencer l’année le 25 décembre. Ce calcul, après avoir été préféré pendant le 1x° siècle et une partie du siècle suivant, devint insensiblement plus rare. Il est impossible d'affirmer, et il n'est même pas probable que, pendant le ix* siècle et au commencement du x°, on ait complétement renoncé à commencer l’année soit le 23 de mars, soit le jour de Pâques. Quant à l'époque du 1* janvier, elle futsuivie, quoique plus rarement, sous le règne de Charlemagne, et à vrai dire elle ne cessa jamais d'être employée. Après avoir été d’un usage ordinaire pendant le x° siècle et le x‘, elle parut moins fréquemment dans les actes du xu° et du xm° siècle, et surtout dans ceux des siècles suivants, jusqu'au moment où l'ordonnance de 1563 (vieux style) la remit en vigueur dans toute l'étendue de la France. Nous avons dit que Yépoque du 25 mars et celle de Pâques n'avaient probablement pas cessé d’être en
usage, même du temps de Charlemagne. Comment supposer en effet qu’on ait entièrement laissé de côté la date de la Conception, choisie par Denys le Petit pour point de départ d'une ère qui venait de succéder en France au système de Victorius? On verra bientôt d’ailleurs que, sous la troisième race, le 25 mars a été considéré dans certaines provinces comme le premier jour de l'année. Il est également impossible de supposer que l'on ait jamais cessé de commencer l'année le jour de Pâques, puisque ce calcul, qui avait été adopté sous la première race, devint de nouveau d'un usage ordinaire au x° siècle, se répandit de plus en plus pendant le siècle suivant, et qu'à partir du xn° siècle jusqu à l'ordonnance de 1563 il fut, pour ainsi dire, exclusivement suivi dans presque toutes les parties de la France.
À ces notions générales ajoutons quelques détails particuliers à certaines localités.
En Aquitaine, selon du Cange, le premier jour de l'année a toujours été fixé au 25 mars, sans tenir compte des variations de la fête de Pâques. « Avant «la fin du xr' siècle, disent les Bénédictins, l'usage était déjà reçu en Langue- «doc de ne compter l'année qu'à Pâques; mais il n'était pas si général qu'on ne «trouve plusieurs exemples du contraire. » D'un autre côté, on lit dans du Cange que, d’après un article des statuts publiés en 1289 pour l'église de Rodez, l'année commençait à la fête de l'Annonciation. Le sens naturel de cet article est que cet usage était alors en vigueur. On pourrait donc supposer que les Bénédictins ont confondu l'époque de Pâques et celle de l’Annonciation. Ces statuts étaient communs à l'église de Cahors et à celle de Tulle. On commençait donc l’année le 25 mars dans le Quercy et dans une partie du Limousin : nous disons dans une partie du Limousin; car il résulte d'un texte cité par Mabillon qu'avant 1381 on commençait l'année à Limoges le jour de Pâques, et qu'il fut décidé, à cette époque, qu'on la commencerait le 25 mars. Selon le même auteur, le calcul pisan était suivi dans l’église de Reims au xiv° siècle. Les Bénédictins citent, de leur côté, un acte du siècle suivant, qui confirme le sentiment de Mabillon ; mais ils présument que la date est fautive, et que l'église de Reims employait plutôt le calcul florentin. Quoi qu'il en soit, cette église paraît avoir suivi auparavant une autre supputation, puisque Mabillon assure, à l'occasion d'un acte de 989, qu'elle commençait alors l’année au mois de mai.
L'époque du 25 décembre était adoptée de préférence en Bourgogne, selon Fleury, et, selon Dom de Vaines, à Narbonne et dans le pays de Foix. Le Dauphiné paraît avoir également suivi cet usage. Les Bénédictins ne disent pas à quelle époque on peut en faire remonter l'origine dans cette province ;
PARTIE IL. — CHAPITRE VI. 219 mais il est constaté qu'il subsistait encore au x1v° siécle. Mabillon prouve par un acte de 962 que la même coutume était établie en Auvergne à la fin du x° siècle.
L'époque du 1° janvier a été suivie, sinon dans le diocèse, du moins par un évêque de Lodève, au xiv° siècle. Elle était adoptée en Picardie pendant les deux siècles précédents. Un acte de 1157 prouve qu'elle était aussi en usage à Dijon, dans le xrr' siècle.
Les exemples fournis à l'appui de la date de Pâques seraient trop longs à rapporter; bornons-nous à dire que le concile de Tours, tenu en 1096, est daté de l'an 1096, more Gallico, c'est-à-dire, en commençant l’année à Pâques. Le même calcul fut suivi, l'année suivante, au concile de Saintes. Par conséquent on peut en conclure que, dès la fin du xr° siècle, c'était déjà une coutume nationale.
En Italie, on doit faire remonter au moins au vr' siècle l'usage de commencer l'année le 25 décembre. Cette époque était trop rapprochée du 1° janvier pour qu'on fit difficulté de l'admettre. En thèse générale, elle a prévalu sur toutes les autres, sans cependant exclure jamais l’ancien usage des Romains, ni la date de la Conception mise en vogue par Denys le Petit. Elle n'a jamais été plus généralement employée que pendant le xn° et le xnr° siècle; mais alors même les actes pontificaux suivent souvent un autre calcul. Il n’est pas besoin d'ajouter que Pise et Florence suivirent de préférence leurs calculs particuliers, dont l’origine n'est pas d'ailleurs fixée. I est prouvé qu'à Lucques et à Sienne on employait le calcul pisan pendant le x, le xrv° et le xv° siècle. Au xv° siècle les ducs de Milan suivaient encore le calcul florentin, quoique l'église de Milan! l'eût abandonné dés le xrr° siècle pour dater du 25 décembre.
Depuis Charlemagne , il est constaté que les Allemands ont toujours préféré pour le commencement de l’année la date du 25 décembre. Cette règle n’admet que de rares exceptions, et la plupart sont antérieures au xr° siècle. Toutefois les Bénédictins font observer que, dans quelques provinces limitrophes de la France, on a suivi, jusqu'au x siècle, la méthode française. Dans le pays de Liége l’année a commencé à Pâques jusqu'en 1334, et depuis lors au 25 décembre. En Flandre, au x° siècle et au x1‘, on datait du jour de Noël, et l'on adopta ensuite l'époque de Pâques. Le diocèse de Trèves commençait l'année le 25 mars, au moins depuis la fin du xui° siècle; et les notaires suivaient encore le même usage à la fin du xrv° siècle, quoique le commencement de l'année eût été légalement fixé au 1° janvier.
L'Espagne commençait l'année le 25 décembre ; toutefois l'Aragon s'est
! Le titre qui indique l'établissement de cette Milan, prouve aussi qu'on y comptait l'indiction manière de commencer l'année dans l'église de dui* septembre.
écarté de cet usage jusqu'au milieu du xiv° siècle. En 1350 Pierre d'Aragon ordonna que l'année commencerait le 2b décembre; auparavant elle s'ouvrait probablement le 25 mars plutôt que le jour de Pâques. L'usage d'Espagne était suivi, selon du Cange, dans le royaume de Chypre.
Les Grecs avaient d’abord fixé au 25 mars le commencement des années de l'ère chrétienne, et c'est d'après eux que Denys le Petit avait adopté cette époque; maisils revinrent ensuite à la date du 1* septembre, qui fut suivie par les Russes jusqu’au règne de Pierre le Grand. Du reste, selon les Bénédictins, les Grecs datèrent rarement de l'Incarnation, si ce n'est depuis le xv° siècle. Leur date favorite était celle du monde, qu'on trouve quelquefois réunie à celle de TIncarnation dans les diplômes grecs des princes normands de Naples et de Sicile.
Telles sont, en résumé, les indications qui ont été réunies par Mabillon, du Cange et les auteurs du Nouveau Traité de Diplomatique. Bien qu'elles soient loin d'être aussi complètes qu'on pourrait le désirer, elles pourront souvent faciliter l'interprétation des dates, selon les temps et selon les contrées. I ne faudrait pas cependant s'y attacher invariablement, et supposer que des calculs différents n’ont pas été suivis et dans le même siècle et dans la même province. Quand on réfléchit que ces différentes manières de commencer l'année ont été en usage dès la plus haute antiquité, et qu’elles étaient justifiées par des traditions soit historiques, soit religieuses, ïl est facile de comprendre que chacun pouvait choisir à son gré parmi des calculs qui alors n'avaient rien d’extraordinaire. On s'étonnera peut-être qu'une question qui intéresse si vivement l’histoire n'ait pas été complétement résolue, et qu'on en soit encore réduit à des probabilités ; mais on doit se rappeler que bien des chartes sont datées d'une manière trop vague pour qu'on puisse savoir dans quel système leurs dates ont été calculées. Parmi les actes qui renferment des notes chronologiques plus détaillées, il faut nécessairement mettre de côté tous ceux qui sont postérieurs à Pâques et antérieurs à Noël : on n'en rencontre donc qu'un trèspetit nombre qui puissent prouver directement que les années étaient comptées à partir du 25 décembre ou du 1° janvier, plutôt que du 25 mars ou du jour de Pâques. Gette proportion est encore considérablement réduite quand il s'agit de distinguer entre l'époque du 25 décembre et celle du 1°* janvier, puisqu'on est alors renfermé dans une limite de sept jours. Pour la distinction des années commençant le 25 mars ou le jour de Pâques, cette limite est en général un peu moins resserrée ; mais, en résumé, les actes qui fournissent à cet égard des preuves incontestables sont encore Fa peu nombreux. Il est donc à désirer que les personnes qui se livrent à l'étude de la paléographie
PARTIE II. — CHAPITRE VL 251 ne manquent jamais de recueiïllir avec exactitude tous les textes qui pourraient éclaircir par de nouveaux renseignements cette importante question.
La date du lieu n’a pas toujours été aussi rigoureusement exigée que celle du temps. Mais quoiqu'elle n’ait été légalement requise en France que depuis l'ordonnance de 1462, on trouve dans les siècles antérieurs des dates de lieu précisées avec la plus grande exactitude’. Nous citerons pour exemple un acte d'Évrard, comte de Chartres, passé en 1076. La date en est ainsi Conçue : « Factum est hoc apud Castrum Blesium, intra curiam, retro palatium, prope «turrem, patulo inter caminatas quidem palatii sito, xv kalendas Maïi, die «Dominico, post meridianam. » Il ne faut donc pas s'étonner si, au xu° siècle, on désignait non-seulement la ville, mais le palais, et, dans le siècle suivant, jusqu’à la salle où se dressait le contrat.
On rencontre souvent dans la date du lieu de graves inexactitudes qui cependant peuvent s'interpréter favorablement. Ainsi plusieurs chartes du roi Jean sont datées de Paris, pendant que ce prince était en Angleterre. Cette circonstance s'explique parce qu'un intervalle plus ou moins long s'écoulait entre le jour où des lettres royaux passaient au conseil et celui où ces lettres étaient scellées. La date, qu’on laissait en blanc, était remplie le jour de l'apposition du sceau. De là des alihi qui au premier coup d'œil semblent constituer un faux, et qui cependant ne peuvent fournir aucun argument sérieux contre l'authenticité d’un acte. On trouve aussi d'anciennes ordonnances qui portent différentes dates, parce qu'on datait les expéditions à mesure qu'on les adressait aux baillis et aux sénéchaux chargés be les exécuter dans les différentes parties du royaume.
Ces deux exemples suffisent pour prouver qu'il ne faut pas prononcer à la légère contre l'authenticité d'un acte. Les Bénédictins, dans leur polémique contre les adversaires de Mabillon, relèvent de nombreuses erreurs échappées à une critique passionnée ou superficielle. Un scepticisme exagéré est pour le moins aussi dangereux qu'une confiance aveugle. Il condamnera sans balancer tous les actes qui s'écarteront des formes consacrées; et cependant il faut reconnaître que si la rédaction des actes dépendait à peu près de la volonté des
! La date du lieu avait paru dans les bulles longtemps avant le x1' siècle, mais de loin en loin. Elle fut indiquée ordinairement à partir du milieu du xr siècle, et cet usage était devenu pour ainsi dire invariable dans le siècle suivant. On sait d’ailleurs que la date du lieu se trouve dans plusieurs diplômes mérovingiens. Le nom du lieu est ordinairement accompagné de l’une des for-
mules vico publico, villd publicä, publicè. Sous la seconde race on employa plus ordinairement les mots palatio publico, maïs on se servit aussi du mot publicè, que l'on rencontre encore sous les rois de la troisième race. Mabillon a donné une liste des résidences royales dont les noms sont marqués dans les diplômes, aux différentes époques de notre histoire.
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notaires, ils étaient hbres d'abandonner ou de suivre la route tracée par leurs prédécesseurs, et que par conséquent les exceptions les plus bizarres peuvent se rencontrer dans les actes les plus authentiques. Les recueils que l’on a composés à différentes époques, tels que les formules de Marculfe et autres, n'en sont pas moins très-utiles à consulter, mais il faut se garder d'en tirer des inductions trop exclusives. Les règles les plus générales deviennent fausses quand elles sont appliquées sans discernement, et pour ne pas tomber dans une erreur à laquelle on se laisse trop souvent entraîner, il ne faut pas perdre de vue cette observation judicieuse des Bénédictins : « Tous les usages, disent- «ils, doivent avoir un commencement; ce serait une étrange manière de rai- «sonner, de regarder comme faux l'exemple qui paraît le plus ancien, sous «prétexte que l’on n'en découvre aucun qui l'ait précédé. » C'est par suite de ce système que plusieurs auteurs ont été jusqu'à condamner en masse toutes les bulles qui, avant le pontificat d'Eugène IV, portent la date de l'Incarnation.
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