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I. DE L'ÉCRITURE CAPITALE

« L'écriture capitale, disent les Bénédictins, n'est autre que la majuscule ctelle qu'elle se voit aujourd’hui dans les frontispices et les titres des livres. » Cela ne signifie pas sans doute que l'écriture capitale présente toujours la régularité pour ainsi dire mathématique de nos caractères d'imprimerie; mais de atteint souvent à cette perfection dans un grand nombre de monuments antérieurs à l'invasion des barbares, en sorte qu'un alphabet capital emprunté

à certaines inscriptions du siècle d'Auguste serait en tout conforme aux caractéres qui ont été adoptés par la typographie. L'écriture capitale qui s'éloigne de cette régularité et dont les lettres, tout en conservant la forme qui leur est propre, perdent cependant de leur élégance, est ordinairement désignée sous le nom de capitale rustique. La capitale parfaitement régulière se rencontre rarement dans les manuscrits; la capitale rustique y est au contraire fréquemment employée; mais, sauf quelques exceptions dont il est inutile de s'occuper maintenant, cette écriture ne paraît que dans les titres des chapitres, et en général dans les passages sur lesquels l'attention du lecteur doit se fixer plus particuliérement. Le fac-simile n° 1 de la planche IT, et le facsimile n° 9 de la planche IV, présentent des modèles de capitale rustique.

De toutes les écritures latines, la capitale est celle qui remonte à la plus haute antiquité. D'une part, les autres genres d'écriture ne paraissent sur les monuments, soit gravés, soit écrits, que plusieurs siècles après la capitale, de l'autre, l'alphabet capital est celui qui présente le plus d'analogie avec l'écriture des Grecs, auxquels il est bien reconnu que les Romains ont emprunté leurs lettres. I existe, par exemple, une conformité parfaite entre les alphabets de ces deux peuples pour les lettres À, B, E, I, M, N, O, Tet Z;on retrouverait la même conformité pour d’autres lettres dont la valeur n’est pas exactement la même dans les deux langues; et si l'histoire des premières transformations de l'alphabet latin n'était pas étrangère au plan de cet ouvrage, elle fournirait l'explication des différences qui peuvent exister entre le T, le A, le IL, le Z, etc., et les lettres correspondantes de l'alphabet latin. Au reste, comme il est bien reconnu par tous les auteurs qui ont écrit sur la diplomatique, que l'écriture capitale a précédé toutes les autres, nous n'insisterons pas davantage sur cette question.

Quand on compare dans un livre les caractères employés pour les titres avec ceux qui servent pour le corps du texte, on reconnaît que les lettres capitales se distinguent presque toutes par des formes plus majestueuses; mais en même temps il est impossible de ne pas s'apercevoir que ces lettres sont souvent plus compliquées et par conséquent d'un usage moins prompt et moins facile. C'est là ce qui explique l'origine des autres genres d'écriture. En examinant une à une les lettres caractéristiques de l'onciale, de la minuscule et de la cursive, on verra que, tout en se distinguant des lettres qui leur correspondent dans l'alphabet capital, elles s’y rattachent cependant par des points de ressemblance qu'il est impossible de méconnaïtre. Pour étudier ces rapports dans tous leurs détails et les décrire avec précision, il est indispensable de donner des noms aux différentes parties dont se compose la figure

PARTIE IIL — CHAPITRE Il. 387 de chaque lettre. Une fois que cette nomenclature sera fixée pour les lettres capitales, on pourra l'employer à décrire les caractères des autres genres d'écriture.

L’A capital se compose de deux montants écartés à leur base, unis à leur sommet, et partagés par une traverse horizontale.

Les lignes verticales et les lignes convexes, qui entrent dans la composition de certaines lettres, ont été désignées dans plusieurs ouvrages, les unes sous le nom de haste (hasta), les autres sous le nom de panse ; ce dernier mot existe dans le langage ordinaire (panse d'a). On distinguera donc dans le B la haste et la double panse qui s'y rattache.

On trouve dans le C une panse terminée par deux crochets.

Le D se compose d'une haste et d'une panse qui enveloppe la haste dans toute sa longueur.

On distingue dans l'E une haste à laquelle se rattachent trois lignes horizontales que l’on nommera barres; ce mot est employé dans le langage ordinaire pour désigner la ligne horizontale qui rencontre la haste du #.

Il y aura, par la même raison, dans l'F une haste et deux barres.

Le G se compose comme le G d'une panse terminée par deux crochets; mais le crochet inférieur du G, au lieu d'être pointu, est coupé carrément ou tranché.

L'H se compose de deux hastes et d’une traverse.

On ne trouve dans FT qu'une haste.

On distinguera dans le K, indépendamment de la haste, les deux branches, c'est-à-dire les deux lignes qui partent du centre de cette haste.

Il y a dans la lettre L une haste etune barre.

L'M se compose de deux traits verticaux réunis entre eux par une traverse brisée. Nous conserverons aux deux premiers traits la dénomination ordinaire de Jambages.

Par la même raison, nous distinguerons dans l'N deux jambages réunis par une traverse oblique.

L'O est formé par la réunion d'une double panse.

Le P se compose d'une haste, désignée ordinairement sous le nom de queue, et d'une panse qui en enveloppe la moitié supérieure.

IL faut distinguer dans le Q une double panse en forme de cercle et la queue qui sy rattache.

On désignera aussi sous le nom de queue la ligne qui distingue TR du P et qui part du point où la haste est rencontrée par la partie inférieure de la panse.

L'S se compose de deux panses arrondies, l’une à droite, l'autre à gauche, et terminées chacune par un crochet.

Le T renferme une haste et une barre.

L'U renferme deux jambages, qui s’arrondissent dans leur partie inférieure pour se réunir en forme de panse.

Le V présente deux montants réunis à leur base et séparés à leur sommet.

L’X est formé par deux traverses qui se croisent obliquement.

L'Y se compose d'une haste surmontée de branches.

On distingue dans le Z deux barres horizontales, réunies entre elles par une traverse oblique.

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