PARTIE III. — CHAPITRE IV
les caractères de l'écriture permettent de leur donner la même date. Celui de Noyon (PI. P, n° 15) ne renferme que des letires capitales; le premier mot, qui est abrégé, est le seul qui soit suivi d’un point; les autres sont indistincts. Malgré l’altération de l'empreinte, on reconnait que le sceau de la ville de Beauvais (PI. P, n° 14) présente une écriture capitale de forme massive, et dont tous les mots sont indistincts.
Dans le sceau de l’abbaye de Saint-Victor (PI. O, n° 2 ), les mots sont distingués par des points; mais le sceau de Henri [*, roi d'Angleterre, prouve que cet usage existait dès l'an 1100 !; on peut remarquer d'ailleurs que l'e oncial du mot Parisiensis ne tend point à se fermer. Dans le même mot, on voit une N qui approche de la forme de FH; et à la fin du mot siqillum, une m onciale dont les deux premiers jambages présentent l'aspect d'un O. Cette dernière lettre s'est déjà rencontrée dans le sceau d'Edouard le Confesseur; mais elle convient mieux au xn‘ siècle qu'au précédent. Aussi la trouve-t-on beaucoup plus caractérisée dans le sceau de Louis le Jeune (PAGES) Il faut remarquer aussi dans cette dernière légende la forme des R, dont la queue affecte une forme convexe et verticale, qui donne à la lettre l'aspect d'un B dont la panse inférieure serait ouverte par le bas, ou, comme dans le mot gratia, aspect d'un À dont le sommet serait tronqué. Lors même que la queue de l'R se recourbe vers la lettre suivante, il est facile de voir que ce trait est beaucoup moins prononcé que dans les siècles précédents. Ces différents caractères annoncent l'approche de la période gothique.
Si les C carrés doivent être considérés en général comme antérieurs au x‘siècle, il faut remarquer que dans le sceau de la reine Constance (PL. B, n° 5), leurs barres sont tranchées par des traits saillants et massifs qui reparaissent aux extrémités de la plupart des lettres, et qui en dénaturent tellement la forme qu'on ne peut s'empêcher de reconnaître dans cette légende tous les signes qui annoncent la décadence de l'écriture capitale. Le renflement de la lettre V dans sa partie supérieure est un caractère particulier qui vient confirmer cette observation générale.
L’'altération de l'empreinte du sceau de la reine Adèle (PI. G, n° A), nepermet guère d'observer que l'indistinction des mots et le mélange de l’onciale et de la capitale; cependant, le G du mot sigillum est remarquable par l'angle
1! On n'entend pas limiter à cette époque l'u- contrer sur les légendes des sceaux. Ajoutons cesage des points dans les inscriptions proprement pendant que cette observation s'applique surtout dites: il est bien constaté qu'ils ont été employés aux points qui servent uniquement à séparer les même avant l'ère chrétienne; mais il faut recon- mots, et non à ceux qui sont placés après une abrénaître aussiqu'avant le xn' siècleil est rare d’en ren- viation ou à la fin d’une légende.
droit que forme son crochet inférieur pour rentrer dans la panse dont il atteint le contour; dans les siècles antérieurs, cet angle n'existerait pas; d'un autre côté le crochet ne se prolongerait pas assez pour rencontrer la panse.
Le G se distingue dans le sceau de Maurice de Sully (PI. O, n°1), par un autre caractère qui ne conviendrait pas davantage aux siècles antérieurs : si le crochet inférieur ne forme pas d'angle pour rentrer dans la panse, on peut voir qu'il se recourbe sur lui-même pour redescendre vers le bas de la lettre, en sorte que ce G présente l'aspect d’une spirale qui se développe à partir de l'extrémité du crochet inférieur , pour former ensuite et la panse et le crochet supérieur dont le prolongement s’abaisse jusqu’à fermer l'ouverture ordinaire de la lettre. On trouve les mêmes caractères sur les deux sceaux de Roger de Rosoy et de Philippe de Dreux (PI P, n° 7 et 9); les traits qui rattachent d'ailleurs ces deux sceaux à la dernière partie du xn° siècle sont, pour le premier, des N tout à fait semblables à des H; et pour le second, le renflement très-prononcé de la haste de la lettre L dans sa partie supérieure : on peut aussi remarquer que, dans ce dernier sceau, le et le c du mot episcopi sont presque entièrement fermés.
Le sceau de Guillaume de Seillenay (PI. O, n° 4) appartient au commencement du x siècle; et cette date se trouve justifiée par la forme générale des lettres, qui sont en même temps courtes et massives. On peut remarquer en outre laplatissement des panses de l'S, les traits fortement prononcés qui tranchent les crochets de cette lettre, l'abaissement et la saillie du crochet supérieur du G, la longueur des signes abréviatifs qui tranchent la lettre L dans les mots sigillum et Willelmi, le rapprochement des deux montants parallèles du double V; enfin, le développement dela panse de TR, qui enveloppe presque toute la longueur de la haste.
On serait tenté de faire remonter au xrr siècle le sceau du conseil du comté d'Artois (PL. Q, n° 4), si l'on ne consultait que la forme élancée des lettres qui d'ailleurs appartiennent toutes à l'écriture capitale; mais on peut signaler dans cette légende quelques détails empruntés à l'écriture gothique: le rapprochement du c et de l'o dans le mot consil, le renflement de la partie inférieure de li dans le mot suivant; ce caractère est encore plus fortement prononcé dans le bas de la haste du second T de ce mot, et il est indiqué d’une manière sensible dans la panse du C du mot consilii. Ces détails, qui ne modifient pas la forme générale des lettres, ont cependant leur importance, parce que la majuscule gothique présente toujours un contraste remarquable entre la finesse et l'épaisseur des traits d’une même lettre. Quoique la lettre R du mot Arthesu soit incomplète, on voit cependant que par le bas elle présente
l'aspect d'un B; on remarque aussi dans le même mot une S dont les panses ne sont pas aplaties, mais dont les crochets sont tranchés par des traits qui rencontrent le corps de la lettre, en suivant la même direction; de sorte que, si l’on fait abstraction de leur saillie extérieure, cette S présentera tout à fait l'aspect d'un 8 : on verra souvent, dans l'écriture gothique, des $ dont les crochets sont tranchés par une même ligne droite qui se dirige de l'un à l'autre, en traversant le corps de la lettre.
Quand on est arrivé au milieu du x siècle, il est difficile de trouver des sceaux dont les légendes ne renferment pas des lettres gothiques nettement caractérisées ; et quoique ces légendes se rattachent par certains détails à l’écriture capitale, le mélange d'un petit nombre de caractères gothiques doit suffire pour les ranger parmi les monuments de la seconde période. Ii faut donc passer au temps de la renaissance, pour retrouver l’ancienne capitale; et bien que les limites chronologiques de cet ouvrage excluent cette période nouvelle, il était cependant nécessaire d'en fixer, par un petit nombre d'exemples, la date et les caractères. Tout le monde sait que la France a été devancée par ltalie, dans cette réforme. La première bulle de plomb sur laquelle on rencontre la ca pitale romaine, est celle d'Eugène IV (PI. U, n° 12); on trouverait peut-être quelques restes des habitudes gothiques dans le renflement des montants de la lettre V, et dans l’aplatissement des panses de VS.
Les cinq modèles suivants n’atteignent pas encore à une régularité parfaite; mais la bulle de Léon X (PI U, n° 17), et celle de Paul II (PI U, n° 19), se font remarquer par une pureté de formes qui atteste tous les progrès de l’art.
Le sceau de Louis XII (PI. K, n° 1) se rattache encore à l'écriture gothique par un grand nombre de détails ; il renferme en outre deux lettres qui ne peuvent appartenir à la capitale (le second D du mot duodecimus, et le D initial du mot Dei, dont la haste est dépassée par les extrémités de la panse) ; mais il est facile de reconnaître que plusieurs lettres sont étrangères à la majuscule gothique, et que cette légende indique dans son ensemble un retour vers les formes de l'écriture romaine.
Si le sceau suivant ne renferme plus de lettres purement gothiques, on peut voir que tous les d et plusieurs e appartiennent encore à l'alphabet oncial. C'est sur le sceau de Henri II que les formes capitales ont été pour la première fois employées sans mélange.
ARTICLE IL
DE L'ÉCRITURE ONCIALE
1° Déchiffrement.
La principale difficulté que présente le fac-simile n° » de la seconde planche est l'indistinction des mots; il faut remarquer aussi les F et les T dont les barres sont peu prononcées : cette dernière lettre aurait souvent l'aspect d’un I, si dans l'impression de la gravure on avait pu imiter la pâleur de l'encre du manuscrit original. On voit au-dessus de la troisième ligne un 1, et au-dessus de la septième un e, qui ont été ajoutés pour compléter les mots mansissent et esse. La sixième ligne renferme deux abréviations : dmi pour Domint et antixpos pour antichristos ; on n'a pas oublié sans doute que PX et le P sont des caractères grecs qu'il était d'usage d'employer dans les abréviations du mot Christus et de ses dérivés. Une troisième abréviation se présente dans la dernière ligne : c'est le q suivi d’un point pour désigner la syllabe que, dans la conjonction adque (atque).
Bien que la traverse du T soit plus prononcée dans le fac-simile suivant (PI. IT, n° 3), cette lettre se confond encore avec l'T sur le manuscrit original, dont l'encre est très-pâle; la même confusion existerait pour la lettre L, dont la barre est à peine sensible, si le sommet de la haste ne dépassait sensiblement les autres lettres. On remarquera que la traverse de TN se rapproche souvent de la direction horizontale, mais en rencontrant toujours l'extrémité inférieure du second jambage. La queue de lR est souvent peu prononcée , et sa haste ne dépasse pas moins le bas des lignes que celle des lettres p et q. Enfin, il importe de faire observér que le d et le b appartiennent à l'alphabet minuscule.
Le S. Prosper, qui a fourni le fac-sinule n° 4 de la planche IT, est aussi du nombre des manuscrits dans lesquels il est souvent difficile de ne pas confondre TTet le T, à moins que la haste de cette dernière lettre ne dépasse le haut des lignes, comme dans le mot qui termine le second vers. Cette écriture ne peut d’ailleurs présenter la moindre difficulté : on fera observer seulement que la première ligne se termine par une s minuscule, et que le dernier mot de la
1 Les personnes qui ne seraient pas familiari- il va être question; leur attention doit surtout se
sées avec les formes onciales devront les étudier fixer sur les lettres a, d, e, g et m, qui s'éloignent dans l'alphabet n° 1 de la I planche, avant de plus sensiblement que les autres des formes qu'on commencer le déchiffrement des fac-simile dont emploie aujourd'hui.
PARTIE IIL — CHAPITRE IV. 195 troisième commence par un e à cédille que le défaut d'espace a fait employer pour représenter la diphthongue Æ, dont les deux lettres sont ordinairement séparées, comme dans le premier mot du vers suivant.
La forme des lettres a, l, t, doit être remarquée dans le Jac-simile n° 5 de la même planche. La panse de l’a s'allonge en s'arrondissant vers la gauche et tient à peine au montant de la lettre qui, sous cette forme, appartiendrait moins à l’onciale qu'à la minuscule. La lettre L, en recourbant l'extrémité de sa barre, prend l'aspect d’une À minuscule dont la panse serait peu prononcée. Enfin, le T se fait remarquer par un trait horizontal qui part du pied de la haste, en se dirigeant vers la droite, et qui souvent ne se prolonge pas moins que la partie correspondante de la barre. L'abréviation des mots cum et Domino (dno) ne présente aucune difficulté. Il en est de même des trois abréviations que renferme le fac-simile n° 4 de la planche III, c'est-à-dire du c renversé, qui remplace la première syllabe du mot convincitur, et des mots est et esse, représentés l'un par un e, autre par deux e surmontés d’un signe semblable à l'accent circonflexe des Grecs.
Dans le fac-simile n° 6 de la même planche, les abréviations de la première ligne et celles des mots constitutionem et relegt (2° ligne), n'ont rien d’extraordinaire. En eflet, les unes { Christ et episcopus) remontent aux premiers siècles de l'ère chrétienne; les autres ne consistent que dans la suppression de quelques-unes des lettres finales des mots nomine, conshtutionem et releqi (c'est un genre d'abréviation encore plus ancien, et qui n’a Jamais cessé d’être en usage) ; mais il n’en est pas de même des lettres nam et sut, employées pour représenter les mots nostram et subscripst : on se sert plus ordinairement pour le premier mot, des lettres nram ou nra, en superposant un ou deux signes abréviatifs; et pour le second mot, on rencontrera plus souvent subs, ou seulement ls initiale.
Sauf quelques T dont la barre est peu prononcée, le Jac-simile qui termine la planche IT ne présente d'autre difficulté que l'indistinction des mots.
Le fac-simile n° 2 de la planche IV a été pris sur un feuillet dont le parchemin est troué: c’est de là que vient la lacune qui existe dans la seconde, ia troisième et la quatrième ligne. Ce modèle renferme une m minuscule (voy. au commencement de la troisième ligne le mot permaneat), et des e qui s'éloignent de la forme onciale, lorsque leur crochet supérieur vient se confondre avec la barre. On fera aussi remarquer dans la cinquième ligne 17 qui a été ajouté après coup pour remplacer l'e du mot alequa, et la conjonction de lo et de ln dans le mot repeticione.
La première ligne du fac-simile n° 6, et les trois premières lignes du facsimule n° 7 de la planche IV, se lisent sans dificulté.
Le mot sanciorum, dans la première ligne du fac-simile suivant, est abrégé
d'une maniere peu usitée, en ce sens qu'aucun signe n'indique la suppression des deux lettres finales : indépendamment du trait superposé à l'O, il devrait y en avoir un autre pour trancher la queue de R conjointe. Les autres abréviations sont dans la forme ordinaire; mais il faut remarquer la conjonction du T et de TR dans le mot matre, VY pointé dans le mot Xysti, VA initial d'Adsumpüo, dont le montant gauche et la traverse sont excessivement prolongés ; enfin les deux E à cédille substitués à la diphthongue &.
Les deux premières lignes de la seconde colonne du fac-simile n° 1 de la planche V, sont en écriture onciale : on y voit deux N en forme d'H, et l'abréviation ordinaire du mot Deo. Le mot mortalis est suivi d’un signe qui se rencontre dans beaucoup de manuscrits, et qui était employé pour désigner les divisions importantes, ou au moins les alinea : ce signe est souvent représenté sous la forme d’une potence.
L'écriture onciale de la seconde ligne du fac-sinule n° 3, est remarquable par sa netteté; elle ne présente donc d'autre difficulté que les abréviations KL pour Kalendas, IAN pour Januaru, et M pour Mensis. Celle du mot Decembris n'a pas besoin d'être expliquée : il en est de même de celle du mot liber, dans la dernière ligne de la planche V.
2° Age.
L'âge de l'écriture onciale n’est pas moins difficile à fixer que celui de l'écriture capitale; aussi sommes-nous heureux de pouvoir donner quelque autorité aux principes généraux qui peuvent aider la solution de ce problème, en les empruntant aux savants auteurs du Nouveau Traité de Diplomatique.
«Les manuscrits qui sont en onciale, s'ils ne font point partie de l'écriture «sainte, sils ne sont point à l’usage des offices divins, s'ils n'ont point été «faits pour quelques princes, seront au moins du vin° siècle. Mais, quelque «livre que ce soit, entièrement en onciale, sera jugé antérieur à la fin du x° «siècle. Cette règle est applicable même aux manuscrits grecs. Un manuscrit «en onciale, dont les titres” des livres répétés au haut de chaque page, et ceux
1 « Les titres en pure onciale , mais plus petite « que le texte même, donnent un excellent indice «de la plus haute antiquité. Cet indice est vérifié « par les manuscrits 152, 2650, 107 de la Biblio- « thèque du Roi, par le S. Cyprien de Saint-Ger- «main des Prés, par le Virgile d’Asper de la même «abbaye. Les titres des pages en capitale peuvent «convenir aux plus anciens manuscrits où l'on «emploie le même caractère. Des manuscrits des
« vu et vin siècles, soit en onciale, soit en demi- «onciale, soit en quelque autre sorte d'écriture,
.“ne seront point constants à marquer le titre au
« haut des pages, ou bien le genre de l'écriture va- «“ riera ; ou s'ils usent constamment d’onciale, elle «ne sera pas beaucoup plus petite que le texte. Ces « variations augmenteront encore aux siècles sui- « vants. Les ornements qui relèvent les titres de « chaque page commencent vers le vin‘ siècle. »
PARTIE IIL — CHAPITRE IV. 197 «des livres placés tant à la fin qu'au commencement de chaque traité, et les «lettres initiales des alinea paraissent sans ornements, appartient à la plus «haute antiquité. Les manuscrits néanmoins dont les titres des traités seraient «en capitale rustique ou négligée, pourraient être du même âge. Lorsque la «capitale commence à se mêler avec l'onciale dans les titres, et que les initiales «des alinea sont souvent en capitale, quoique M. Maffei nous donne ce caractère «pour un signe de la plus haute antiquité, nous le regardons au contraire «comme un indice d’un âge plus récent. Il est ordinaire au 1x° siècle, dans les «manuscrits même en minuscule, et fréquent dès le vin°. Nous ne pourrions «néanmoins regarder cet indice comme absolument incompatible avec quel- «ques-uns des plus anciens manuscrits, sans les rabaisser considérablement au- « dessous de l’âge que leur ont assigné les plus savants hommes. Mais nous ju- «geons beaucoup plus favorablement du mélange de ces quatre minuscules : ce, l, m, t, avec l'onciale. Nous ne les avons jamais rencontrées à la foïs dans «des manuscrits en onciale qui ne fussent antérieurs au vn' siècle. L'onciale à «jambages tortus à traits brisés ou détachés", et d’ailleurs soutenue du concert «des autres indices également avantageux, se fera pour l'ordinaire déclarer du «v® siècle. Seule elle n’exclurait pas le vi‘, ni peut-être même totalement le «yu®, mais sa fin et les suivants. La petite onciale, d’une élégante simplicité, «sans bases ni sommets, anguleuse dans ses contours, à queues plutôt termi- «nées par des demi-pleins que par des déliés?, s'annonce au coup d'œil pour «tout ce qu'on peut imaginer de plus ancien en fait de manuscrits. L'onciale « demi-tranchée sent le vn° siècle, ou le commencement du vrni°, sans exclusion «des précédents. Elle est déjà quelquefois pleinement tranchée aux v° et vi. «Alors ces traits sont souvent si massifs qu'ils semblent doubles ou triples*. «C'est apparemment sur leur modèle qu'on réforma l’onciale aux var et 1x° «siècles. L'air de celle-ci est pourtant plus vif, le tour plus recherché et la «coupe plus nette”. Faute d’avoir bien saisi cette disparité, sur les rapports gé- «néraux de ressemblance peut-être serait-on quelquefois tenté de rabaisser au
2 Dans un autre passage de leur ouvrage, les vent tranchés par des traits nettement indiqués.
Bénédictins appliquent cette définition à la por- Les Bénédictins font aussi remarquer {tome III, tion du manuscrit 936 de Saint-Germain des : page 159) que cette écriture est à double Prés, d'après lequel a été reproduit le fac-simile trait, c'està-dire que les traits des lettres ont une n° 4 de la planche III. épaisseur double de celle que l'on remarque dans
* Cest à peu près dans les mêmes termes que d'autres manuscrits; c'est dans ce sens qu'ils aples Bénédictins dépeignent ailleurs l'écriture du pellent onciale à triples traits une écriture du Saint-Cyprien, dont un passage est reproduit dans genre de celle qui a fourni l'alphabet n° 1 de la
le fac-simile n° 2 de la planche II. première planche. 5 Lessommets et les bases de plusieurs lettres du Voyez la deuxième ligne du fac-simile n° 3 de manuscrit de Saint-Prosper (PI. IT, n° 4), sont sou- la planche V.
«x siècle ces écritures du vi‘. Maïs le plus léger examen des autres carac- «tères remettra sur les voies.» (Nouv. Traité de Dipl. tome Il, pages 4o1 et suivantes.)
Résumons en peu de mots ces règles fondamentales. Si l'on excepte les saintes écritures, les ouvrages de liturgie, et les livres de luxe copiés pour quelque prince, on peut poser en principe que l'écriture onciale a cessé avant le 1x° siècle d'être habituellement employée dans toute l'étendue d’un manuscrit. Parmi les différentes espèces d'onciale, celle dont les formes libres et courantes n'excluent pas une élégante simplicité (IMPR) à appartient aux temps les plus reculés. Du v° siècle au commencement du vu‘, l'onciale est tantôt plus négligée (PI. IT, n° 4), tantôt plus correcte, mais aussi tracée avec moins de liberté (PI. II, n° 4) : ce dernier genre d'écriture se rencontre ordinairement jusqu'au commencement du viu° siècle. Quand le travail de l'écrivain est poussé jusqu'à la recherche (PL V, n° 3, 2° ligne), on approche du temps où l'usage de l'onciale sera bientôt abandonné. C’estsans doute parce que le mélange de quelques lettres minuscules ne peut guère être observé dans une onciale tracée avec une certaine recherche, que les Bénédictins l'ont signalé comme un des caractères auxquels on peut reconnaître les manuscrits antérieurs au vu siècle; mais sur les quatre lettres qu’ils indiquent, il y en a une dont la forme est à peu près la même dans l’onciale et dans la minuscule; quant à l'e, ils n'ont pas voulu sans doute parler de la substitution constante de l'e minuscule à l’e oncial, mais de l'emploi alternatif de ces deux formes, tel qu'on peut l'observer dans le fac-simile n° 2 de la planche IV, où l’on trouve aussi une m minuscule, et des / qui sont plutôt minuscules qu'onciales, en ce sens que la barre en est peu prononcée, et qu’au lieu d'être indépendante de la haste, elle résulte plutôt du prolongement de ce trait, arrondi dans sa partie inférieure. Entendu de cette manière en ce qui concerne l’e minuscule, ce principe pourrait encore recevoir une fausse application, si l'on supposait que de l'emploi fréquent de le minuscule il résulte un caractère d'antiquité qui permet de faire remonter la date d'un manuscrit en onciale au v° siècle, ou même au commencement du vi‘. En effet, nous avons vainement cherché cette forme de lettre dans ceux des manuscrits, soit en onciale, soit en écriture mixte, qui sont antérieurs à la seconde moitié du vi° siècle !. Il en résulte que
1 On ne parle pasici des e de forme onciale fondre des exceptions involontaires et par conséqui peuvent être fermés, soit par un trait acces- quent fort rares, avec des formes de lettres qui soire, comme le del'alphabet n°1 de la première annoncent à la fois les intentions et les habitudes planche, soit par l’abaissement accidentel de la de l'écrivain. partie supérieure de la lettre; il ne faut pas con-
PARTIE III — CHAPITRE IV. 199 si le mélange de le minuscule dans une onciale négligée exclut, sinon le commencement, du moins la fin du vrr siècle, il pourrait annoncer les temps voisins du rx° dans une onciale tracée avec une certaine attention, parce qu’alors emploi de l'e minuscule était devenu fréquent, et que les écrivains pouvaient être entraînés à confondre deux formes qui d’ailleurs présentent une grande analogie : ce fait est confirmé par le fac-simile n° 8 de la planche IV, dont les quatre dernières lignes renferment des e minuscules.
Ces principes généraux une fois posés, passons à l'examen particulier des différents modèles d'écriture onciale.
Les mots ne sont pas séparés dans le fac-simile n° 2 de la planche IL. On y trouve deux points; mais l'un vient après le mot antichristos qui est abrégé, l'autre sert de signe abréviatif dans le mot adque. On se rappelle que l'abréviation du mot Domunt, sous la forme suivante (dmi) , est considérée par les Bénédictins comme un signe de haute antiquité. Il faut remarquer en outre que VÆ n'est pas conjoint; que le bas de la panse du P ne rejoint pas la haste ; qu'il en est de même de la panse supérieure du B et de celle de plusieurs R. Quoique l'A oncial soit réduit à de petites proportions, la traverse et le montant gauche de cette lettre forment toujours à leur point de rencontre un angle assez nettement indiqué pour que ces deux traits réunis ne présentent pas l'aspect de la panse d’un 4 minuscule (a). Les jambages de TM onciale, loin de se courber et de tendre à se réunir en forme d'O, conservent une direction presque verticale, en sorte que leurs extrémités inférieures sont séparées par une distance notable : on verra cette distance se réduire de plus en plus à mesure qu'on se rapprochera des temps modernes.
Si le bas du premier jambage de l'M onciale se courbe vers la droite dans le fac-simile n° 3, le second et le troisième conservent dans leur partie inférieure une direction presque verticale, et restent peut-être plus éloignés que dans le S. Cyprien. La panse du P et de TR ne rejoignent pas la haste, et l'A conserve bien la forme onciale. Quant à l'emploi du d et du & minuscule, on ne doit en tirer aucune induction contre l’antiquité de ce manuscrit. En effet, le b minuscule n’est pas rare, selon les Bénédictins, sur les monnaies latines du v° siècle et du vi‘ : on le trouve même sur une inscription qui remonte à l'an 338, et cet exemple n’est pas le plus ancien que l’on connaisse. Les mêmes auteurs affirment que ces deux lettres minuscules sont de beaucoup antérieures aux manuscrits les plus anciens dans lesquels on les rencontre. « Au vi‘ siècle, «disent-ils, et probablement plus tôt, on voit des d minuscules dont la panse «est plus ample de beaucoup qu'elle ne le fut dans la suite. » Tel estsans contredit le caractère que la panse du det celle du b présentent dans notre manuscrit.
L’s minuscule qui termine la première ligne du fac-simile suivant, ne doit rien faire préjuger contre l'antiquité du S. Prosper, puisque cette forme de lettre a été employée au moins dès le rv° siècle. (Nouv. Tr. de Dipl. tome II, page 264.) Si la panse du P n'est pas ouverte par le bas, celle de l'R rencontre rarement la haste. Le bas des deux jambages extrêmes de TM onciale ne conserve plus la direction verticale, mais le jambage du milieu, au lieu de se recourber vers le premier, incline plutôt vers le troisième. L’A est sans doute moins ancien que dans les deux fac-simile précédents, mais il est encore loin de se confondre avec la forme minuscule; l'indistinction des mots est constante, les barres des lettres L et T sont souvent peu prononcées; enfin, les panses du P et du Q ont beaucoup d'ampleur et ne rejoignent la haste que par des déliés d’une extrême finesse.
Les M du S. Augustin (PI. IF, n° 5, lignes 2-7), ne sont pas plus anciennes que celles du S. Prosper; et si la panse du P reste un peu ouverte par le bas, la forme de l'A est à peu près minuscule; la partie supérieure de TE se recourbe fortement et descend fort près de la barre : quelquefois même elle la rejoint tout à fait. Nous ne croyons pas que la réunion de ces deux caractères puisse convenir à un manuscrit du commencement du vi’ siècle.
Le fac-simile n° 4 de la planche III peut être considéré comme ayant date certaine. (Voy. la Notice XV.) La partie supérieure de VE, tout en se recourbant assez près de la barre, n'arrive pas cependant jusqu’à la rencontrer ; l'arrondissement du bas des jambages de TM n’est pas toujours très-prononcé, la panse du P reste ouverte par le bas; celle du Q a de l'ampleur, et celle de VR ne rejoint pas toujours la haste, enfin l'A se rapproche moins de la forme minuscule que dans le S. Augustin. Si l'on ajoute à ces différents caractères ceux qui résultent de la forme négligée de l'écriture et de l'indistinction des mots qui ne sont séparés que de loin en loin par des signes de ponctuation placés à la fin des membres de phrase, on reconnaît que tout s'accorde pour vérifier les arguments fournis et par la disposition matérielle et par plusieurs passages d'un des manuscrits les plus anciens et les plus authentiques qui se soient conservés Jusqu'à nos jours.
Dans le fac-simile n° 6 de la planche IIT, les mots sont séparés, ponctués et souvent abrégés; mais il faut remarquer que ces deux lignes sont la transcription d'une signature dont l'écrivain a voulu reproduire non-seulement le sens, mais les détails matériels. Il ne faut donc juger ce modèle que par la forme des lettres; on y retrouve alors à peu près les mêmes caractères que dans celui qui précède. :
Dans le dernier fac-simile de la planche IT, les mots ne sont pas séparés, la
PARTIE III — CHAPITRE I. 501 barre des T est souvent peu prolongée, la forme de VA n’est pas minuscule; mais le bas des jambages de l'M s'arrondit plus souvent; et quelquefois les deux premiers arrivent presque à se rencontrer; le haut de l'E se recourbe sensiblement vers la barre, et souvent il s'en rapproche beaucoup : ces deux traits sont même entièrement réunis dans le dernier mot de la troisième ligne.
Aux observations qui ont été présentées plus haut, sur la nature de quelques-unes des lettres du fac-simile n° 2 de la planche IV, on peut ajouter que la forme des À est à peu près minuscule. Peut-être aussi ne rencontrerait-on pas, au commencement du vr siècle, des C dont le crochet, au lieu de rejoindre la panse par une ligne courbe, formerait au point de rencontre un angle semblable à celui qui dénature l'aspect ordinaire de la partie supérieure de cette lettre dans le mot spacus, et surtout dans les mots contra et consurqat : cet angle se retrouve aussi jusqu'à un certain point dans la partie correspondante de quelques S, notamment dans celle du mot sub.
On se bornera à faire observer, en ce qui concerne le titre de patruis (PI. IV, n° 6), qu'il renferme un a minuscule; et que l'emploi du D capital au commencement d'une ligne en onciale, est un des caractères qui, selon les Bénédictins, se rencontrent fréquemment dans les manuscrits du vin* et du 1x° siècle.
La forme minuscule de l'a, l'arrondissement et le rapprochement du bas des jambages de VM, sont des caractères communs aux fac-simile n° 7 et 8 de la planche IV; mais ce qu'il y a de plus important à signaler, c'est que la seconde ligne du fac-simile n° 8 renferme quatre mots en minuscule; c’est un mélange qui ne serait pas observé au vu‘ siècle.
L'a minuscule n'est pas moins caractérisé dans le fac-simile n° 1 de la planche V (2° colonne, lig. 1 et 2); cette écriture renferme des N à jambages écartés qui deviennent fort ordinaires au 1x° siècle. On peut voir d'ailleurs que l'indistinction des mots n'existe pas plus ici que dans les deux fac-simile précédents.
La multiplicité des abréviations, jointe à l'élégance recherchée de l'écriture, ne permettrait pas de se tromper sur l’âge de l'onciale qui forme la deuxième ligne du fac-simile n° 3 de la même planche. On peut remarquer aussi la finesse des jambages, celle des traits qui tranchent les extrémités de plusieurs lettres, et l'arrondissement bien caractérisé des M dans leur partie inférieure. Si par certains détails cette écriture semble présenter quelque analogie avec celle qui a fourni l'alphabet n° 1 de la première planche, il est facile de reconnaître que ces deux types, vus dans leur ensemble, ne peuvent jamais être confondus.
On fera remarquer, dans la dernière ligne de la planche V, un e minus-
cule, une M arrondie et fermée par le bas, des traits qui tranchent les extrémités de plusieurs lettres : la réunion de ces caractères justifie la date assignée à ce fac-simile.
ARTICLE IIL.
DE L'ÉCRITURE MIXTI
1° Déchiffrement.
Le fac-simile n° 1 de la planche III renferme quatre abréviations plusieurs fois répétées, et qui ne présentent d’ailleurs aucune difficulté (sedit, annos, menses et dies ou diem). La seule forme de lettre qui puisse embarrasser est celle de lr, dont le crochet prend pour ainsi dire l'aspect d'un jambage. On trouve aussi dans quelques-uns des chiffres romains un signe qui se rapproche de la forme d'un G oncial et qui sert à exprimer le nombre VI : il en sera question plus tard, quand on parlera des chiffres romains; bornons-nous à faire remarquer qu'il est employé pour exprimer le nombre des jours dans la première ligne, et celui des années, dans la seconde et dans la quatrième.
Le fac-sinile suivant est tiré du même manuscrit, maisil présente plus de difficulté, à cause de l'indistinction des mots. Il faut remarquer aussi l'æ complétement séparé; la forme particulière que le g affecte dans l'écriture mixte; et, à côté des r dont il vient d'être question tout à l'heure, des s qu'on serait tenté de prendre pour des r. (Voy. par exemple dans la première ligne Vs finale du mot salus.) La seconde syllabe du dernier mot de la même ligne renferme un e d’une forme particulière et qu'on ne doit rattacher ni à l'écriture onciale ni à la minuscule, mais à la cursive : il dépasse sensiblement le sommet des aütres lettres, et ressemble à une { bouclée dont la haste serait courbée vers la droite. Lorsque l'a est formé à peu près comme notre a italique, on ne risque pas de le confondre avec lu; mais il n'en est pas de même lorsque cette lettre, au lieu de s'arrondir dans sa partie supérieure, est fermée horizontalement par un trait d'une grande finesse, comme dans le premier mot de la troisième ligne : ce trait, qui est à peine sensible sur le fac-simile, paraît moins encore sur le manuscrit, à cause de la pâleur de l'encre. Il faut remarquer que plusieurs lettres sont unies entre elles, quoiqu'elles appartiennent à des mots différents : ainsi, dans la seconde ligne, la barre de la lettre finale du mot et vient rejoindre la lettre initiale du mot flo, et immédiatement après se trouve un autre { qui s'unit avec l’s du mot spiritur. Du reste, ces liaisons laissent aux
PARTIE IIL — CHAPITRE IY. 503 lettres leur forme ordinaire, si ce n’est toutefois dans le mot credentes, où la barre ! de l'e allongé dont on a parlé plus haut s'écarte de la direction horizontale, pour rejoindre le premier jambage de l’n. La conjonction de l’'N et du T dans le dernier mot, na rien que d'ordinaire; le signe abréviatif qui remplace l’m finale de ce mot est accompagné de deux points; les autres abréviations ne présentent pas de difficulté.
Les détails dans lesquels on vient d'entrer dispensent de toute observation sur le premier fuc-simile de la planche IV.
Les mots commencent à être séparés dans le quatrième Jac-simile de la même planche; mais on y rencontre plusieurs lettres dont la forme pourrait embarrasser. Tel est, par exemple, dans la dernière syllabe du premier mot, un t qui présente à peu près l’aspect d’un « minuscule dont le montant se recourberait dans sa partie supérieure et se rabattrait sur la panse. Pour retrouver les éléments d'un { ordinaire dans cette figure qui, au premier coup d'œil, en diffère si complétement, il faut la comparer avec le t initial de la troisième ligne, et supposer qu'on incline ce ! de telle sorte que la barre prenne la direction oblique affectée ordinairement par le montant de l'a minuscule. Par suite de cette inclinaison la haste perdra elle-même sa position verticale, et la courbure que l'on remarque à son extrémité inférieure représentera la panse de l'a minuscule. La position du {initial de la troisième ligne étant ainsi modifiée, si l'on prolonge jusqu’à la haste la courbure de l'extrémité gauche de la barre, et que d’un autre côté l’on continue jusqu'à l'extrémité droïte de cette barre la courbure de la partie inférieure de la haste, il n’existera plus de différence notable entre le { du mot platus et celui du mot circumite. I faut s'habituer à ces changements de position dans la barre et dans la haste du #; caril n'ya pas de lettre, surtout dans l'ancienne cursive, qui se transforme aussi souvent : le même fac-simile en fournira la preuve. La seconde ligne commence par une liaison des lettres et (&) qui a été pendant longtemps conservée par la typographie, et dont le déchiffrement ne peut par conséquent présenter aucune difficulté; mais il est important de décomposer les éléments de ce signe et d'isoler les deux lettres qui le composent. On y verra d'abord un e allongé, presque semblable à celui qui se trouve à la fin de la ligne précédente, dans la dernière syllabe du mot Hicrusalem. En retranchant cette lettre du signe qui nous occupe, il restera deux traits dont l’un se confond avec la barre de l’e et descend obliquement jusqu'au niveau de la partie inférieure de cette lettre : ce trait n’est rien autre chose que la barre du t renversée vers le bas de la ligne.
! On verra plus tard que la barre est un trait capital : l'absence de la barre est à peu près le seul aussi indispensable à le cursif qu'à le oncial ou signe qui permette de distinguer le c de l'e cursif.
Par suite de ce changement de position, le second trait, qui forme la haste, se trouve, contre l'ordinaire, placé au-dessus de la barre; en sorte que pour voir cette lettre sous son aspect habituel, il faut la regarder à l'envers. Dans la ligne suivante, le t final du mot faciat occupe encore la même position; et quoique sa haste soit prolongée outre mesure et contournée d'une manière bizarre, on retrouve encore ce qu'il y a d'essentiel dans la forme de cette lettre, quand on l'examine en la renversant. Quand le premier { que nous avons décrit, c'est-à-dire celui qui offre quelques rapports avec l'a minuscule, se trouve suivi d’un i, cette dernière lettre n’est indiquée que par le prolongement de la barre qui descend alors au-dessous de la ligne; c'est ce que l'on peut voir dans les mots inveniatis et propitius. Une combinaison analogue a lieu entre li et l'e allongé, dans le mot qus, qui se trouve dans la première partie de la troisième ligne et à la fin de la dernière. Indépendamment de toute liaison avec les lettres voisines, l'i final du mot qui, et li initial des mots in, inventatis et judicium, dé-
‘ passent le niveau de la ligne, l’un par le bas, les autres par le haut. L'r se présente sous une forme nouvelle dans les mots cireumute, Hierusalem et virum : le crochet de cette lettre s'élève au-dessus de la ligne, en formant un angle dont le côté droit va rejoindre la lettre suivante. Enfin, nous ferons remarquer le second a du mot faciat, qui est entièrement ouvert par le haut et qui présente l'aspect d’un wincliné vers la droite ; les autres a!, sans s'éloigner beaucoup de la forme de l'a italique, en diffèrent cependant par le crochet qui termine le haut du montant et qui donne à cette lettre l'aspect de deux c réunis ?.
La note reproduite sous le n° 5 de la planche IV ne présente d'autre difficulté que l'indistinction des mots.
Il faut remarquer, dans le fac-simile suivant (2° et 4° lignes), des a ouverts par le haut, des e allongés dont la panse est quelquefois brisée en deux parties et dont la barre est tantôt oblique, tantôt horizontale, suivant qu'elle va rejoindre une s où unp. Le g tend déjà vers la forme minuscule, tandis que lr de la première syllabe des mots propairuus et proavus appartient plutôt à la cursive: le trait excédant de l'o, dans ce dernier mot, le rattache aussi à la même écriture. Enfin, on trouve deux conjonctions de lettres, celle de l'U et du T, dans l'avant-dernier mot de la seconde ligne, et celle de l'u et de ls, dans le troisième mot de la quatrième ÿ.
1 Il n'est pas question de celui qui termine la trième, après le mot fidem; ce sont des signes
seconde ligne et qui appartient à l'alphabet mi- de ponctuation qui servent à séparer les membres nuscule. de phrase.
2 1 ne faut pas prendre pour des abréviations 5 On retrouve aussi dans l'avant-dernier mot les traits marqués au-dessus de la seconde ligne, de la quatrième ligne, un second exemple de la
après le mot considerale , et au-dessus de la qua- conjonction del'UetduT.