L. DE L'ÉCRITURE MINUSCULE PROPREMENT DITE
1° Déchiffrement.
La seconde ligne du fac-simile n° 8 de la planche IV renferme quatre mots en minuscule; les deux premiers sont abrégés, mais dans la forme ordinaire; les deux autres peuvent donner lieu à une observation qui ne doit pas être perdue de vue: c'est que pour distinguer ls de fr, dans certaines écritures, 1l faut s'attacher moins à l'élévation ‘du crochet qu'à sa forme. Le crochet de l's s'arrête après s'être courbé une première fois, tandis que celui de lrse recourbe de nouveau pour se relever: c'est ce que l'on distinguera parfaitement, si lon compare, dans la première ligne du fac-simule n° 10 de la même planche, ls finale du mot opus, avec lr de la première syllabe du mot Franchorum. Quelquefois sans doute la différence qui vient d'être signalée peut ne pas être aussi fortement caractérisée ; mais il sera presque toujours possible de la reconnaitre, ou du moins quand elle cessera entièrement, d'autres signes permettront de ne pas confondre ces deux lettres.
Le fac-simile n° 10 renferme deux sortes de, le minuscule qui est facile à reconnaître, et l'e allongé , qui participe à la fois de la cursive et de l’onciale. Au lieu du c ordinaire, on peut remarquer au commencement du mot Carlus, dans la seconde ligne, un c à panse brisée qui est emprunté à l'alphabet cursif. Les deux points et la virgule qui suivent le mot Carlus se retrouvent à la fin de chaque vers, et par conséquent ils ne doivent pas être considérés comme des signes de ponctuation qui soient en rapport avec le sens. Indépendamment. de l'a minuscule, on trouve dans la troisième ligne, à la fin du mot egregia, Un & cursif composé d'un double c, et dont la forme pourrait embarrasser dans d'autres passages. Il faut remarquer, dans la cinquième ligne, la liaison de ls et de l'a, au commencement du mot salvifico : elle se représente encore au commencement du mot saecla, dans la cinquième ligne de la seconde colonne. Deux lignes plus bas, on trouve un exemple de l'emploi du signe & dans le corps d'un mot: c'est un usage qui a duré longtemps dans la minuscule, et avec lequel il faut se familiariser. Nous ne voyons rien d’ailleurs
qui puisse arrêter dans le déchiffrement de ce fac-simile, dont presque tous les mots sont séparés et dont l'écriture est nettement tracée.
Le fac-simile n° 1 de.la planche V donnera lieu d'abord à deux observations générales : d’une part, cette écriture emprunte quelquefois les lettres a, e,r, à l'alphabet cursif; et de l'autre, le prolongement de la haste de l's suffit presque toujours pour la distinguer de Fr!. Dans la troisième ligne, la première lettre numérale du chiffre romain VIII à plutôt la forme de lu que celle du v; c'est ce que l'on peut remarquer aussi à la fin de la seconde ligne de la colonne suivante. À la suite du chiffre VIIT, se trouve l'abréviation du mot consulibus, qui se distingue de celle du mot consule par l'addition d'une secondé s.: il ne faut pas oublier qu'au lieu de conss., il pourrait y avoir seulement coss.; cette dernière abréviation est même plus généralement employée que l'autre. Dans la ligne suivante, il faut observer Frcursive du mot Carthagine, et sa liaison avec le t. Cette r cursive est liée dans la même ligne avec le signe &?: en se reportant aux explications qui ont été données dans l'article précédent, on arrivera facilement à décomposer ce signe complexe, pour isoler les trois lettres r, e, £. I] faut remarquer dans la dixième ligne la forme de l'y du mot synodo: sans le point qui surmonte cette lettre, il serait souvent facile de la confondre dans plusieurs manuscrits, soit avec Îr, soit avec le v. Le mot tta, qui commence la cinquième ligne de la seconde colonne, peut embarrasser au premier coup d'œil, parce que la première moitié de l'a cursif fait corps avec le {, tandis que la seconde moitié présente l'aspect d’un c. La liaison de l'e et de l'x dans le mot extre (septième ligne de la seconde colonne) présente quelques rapports avec le signe &; mais elle en diffère surtout par le trait fin qui se prolonge au-dessous de la ligne, et qui complète la seconde traverse de l'x. La distinction des mots est assez généralement observée dans ce manuscrit; mais on est souvent trompé par des séparations fautives. Nous ne croyons pas devoir parler des abréviations, qui sont toutes dans la forme ordinaire.
Le fac-simile suivant présente encore le mélange des a cursifs et minuscules; mais le cursif ne s'y trouve plus que dans le signe &. En revanche, on voit paraître une nouvelle forme d'r, qui n'est employée qu'après les o, et qui ne
1 On n'indique pas comme une difficulté la vante se rencontrent fréquemment dans la mi-
liaison de ls et du # qui se présentera continuelle- nuscule; ici, par exemple, elle n'est pas seulement
ment dans la minuscule, et qui était encore em- liée avec le t et le signe «, elle s’unit aussi à ls
ployée par la typographie dans le siècle dernier. dans le mot universali, et à Ve dans le mot corpore;
H en est de même de la liaison du c avec le t. quelques-unes de ces liaisons se trouvent même 2 Les liaisons de 17 cursive avec la lettre sui- plusieurs fois répétées.