‹ Éléments de paléographieChapitre 400 sur 492 · PARTIE III — CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

PARTIE III — CHAPITRE IV

longée et recourbée par le bas, présente l'aspect de l'y tel qu'il est figuré dans plusieurs manuscrits : d’autres r, sans être aussi prolongées par le bas, pourraient donner lieu à la même observation. Enfin, on remarquera dans le second mot de la dernière ligne un e allongé, dérivé de le cursif, mais qui n'en diffère pas moins que celui dont il a été question dans le troisième Jac-simile de la planche précédente.

Les abréviations commencent à se multiplier dans le fac-simile n° 4 de la planche VI, et l'on peut remarquer aussi après le mot defuncto (deuxième et cinquième lignes), un signe de ponctuation qui, dans certains cas, pourrait se confondre avec une abréviation. Dans la seconde ligne, le trait qui remplace les deux dernières lettres du mot Francorum n’est que le prolongement de la queue de l'r, dontil est ordinairement détaché dans les manuscrits; dans les diplômes, au contraire, cette liaison se rencontre fréquemment. Les abréviations des syllabes per et pro sont parfaitement distinctes; il en est de même de toutes celles que l'on rencontre dans ce fac-simule: on les déchiffrera donc facilement, si Jon se rappelle les explications qui ont été données dans le chapitre précédent. Une seule lettre doit être signalée, à cause de sa forme bizarre : c'est le Q du mot Qui! {dernière ligne), dont la queue dépasse à sa naissance le niveau de la ligne et se prolonge dans une direction plutôt verticale qu'horizontale.

Le fac-simile suivant commence par le mot amen, écrit en capitales grecques d'une forme bizarre. Ces lettres ne sont guère employées dans le corps du texte, si ce n'est pour écrire le mot amen à la fin de quelques articles; mais le copiste s’en est servi dans une note qui se trouve sur la dernière page et dans laquelle est consignée la date de la transcription de l'ouvrage. On trouve dans la seconde ligne l'e à cédille, employé par erreur au commencement du mot etiam; la conjonction de l'O et de FN à la fin du mot Aaron; la lettre q tranchée par un trait, pour exprimer le mot quam ; et la même lettre surmontée, dans le mot aqua, du signe abréviatif qui correspond spécialement à la lettre a. Il faut remarquer la forme du t initial des mots templo et texto : la barre, qui descend de gauche à droite, ne diffère en rien de la tête du d de forme onciale qui se rencontre dans certains manuscrits en minuscule gothique; en sorte que les deux lettres te présentent le même aspect que le mot de dans plusieurs passages du fac-simile de la planche VIII, notamment dans les lignes 4, 6 et 7. Les deux premières lettres du mot clausa prennent en se réunissant la forme d'un d. Le Q du mot qui se rapproche de la forme que l'on donne aujourd'hui

1 C'est à partir de ce mot que commence une nouvelle écriture dont la date ne doit pas être éloignée de l’année 1060.

à cette lettre dans l'écriture courante, quand elle est employée comme grande litre, au commencement d'une phrase où d’un nom propre. Le g surmonté de lo, pour exprimer le mot ergo, est une des abréviations qui ont été indiquées dans le chapitre précédent: il en est de même de plusieurs autres abréviations que l'on rencontre dans ce fac-sinule. Nous nous bornerons à signaler la forme du signe qui remplace les lettres ur, dans le mot vocabutur, qui se trouve vers la fin de la dernière ligne. Le mot acapiet, dans la même ligne , se termine par le signe &, dont la forme est sensiblement altérée. Ce mot est suivi d'un signe de ponctuation dont il a été déjà question, et qui se compose d'un point surmonté d'une ligne courbe : il importe d'autant plus, comme on l'a déjà dit, de ne pas le confondre avec les abréviations, qu'il sépare souvent dans certains manuscrits des mots qui, d'après le sens, ne devraient être distingués par aucun signe de ponctuation; c'est ainsi que dans la première ligne il a été placé sans nécessité entre les mots femplo et floruit.

Le fac-simile n° 6 de la même planche reproduit une écriture d'une netteté remarquable et qui ne peut donner lieu à aucune difficulté; mais il renferme une abréviation qui doit être signalée comme s’éloignant de l'usage ordinaire, et qui, après avoir été employée dans la première ligne, est répétée dans la dernière. On voit en effet que dans les mots quia et quid, le q tranché est employé pour exprimer qu, tandis qu'il représente ordinairement le mot quam. Comme le manuscrit est d’une régularité remarquable, on doit en conclure que les écrivains étaient libres, jusqu'à un certain point, de modifier la valeur de certains signes abréviatifs. [l est donc important, quand on commence le déchiffrement d'un manuscrit, de vérifier sur des mots qui ne peuvent pas présenter d'équivoque, quel est le système suivi par le copiste. Tous les d de cette écriture sont de forme onciale; quoique cette lettre combinée avec un signe abréviatif s'éloigne de l'aspect que présente le même signe combiné avec un d minuscule, il n’est pas moins facile de reconnaître l'abréviation du mot quod, dans la quatrième et la cinquième ligne de ce Jac-sinile, que dans la première ligne de la seconde colonne du fac-simile n° 3. La sixième ligne se termine par le mot popule, dans lequel on a employé à tort un e à cédille : c'est une irrégularité quise présentera souvent, et que nous nous abstiendrons de signaler dans la suite. Le signe de ponctuation placé à la fin de la ligne suivante, est un point d'interrogation qui, sil était redressé, ne diflérerait pas beaucoup de celui qu'on emploie aujourd'hui. Enfin, nous ferons remarquer que plusieurs lignes sont terminées par des traits d'union.

On voit paraître, dans le dernier fac-sinule de la planche VI, des : accentués: cet accent, qui n'a pas d'autre valeur que notre point, se rencontrera fréquem-

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