‹ Éléments de paléographieChapitre 402 sur 492 · PARTIE III. — CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

PARTIE III. — CHAPITRE IV

, dû être marqué, puisque les lettres or ne sont pas supprimées; les lettres us sont remplacées par le signe 9, qui se rattache à la panse du 6. — Sixième ligne. Potuerunt : les deux dernières syllabes sont écrites comme le mot erunt, dans la première ligne. Esse vere : ces deux mots, et le signe de ponctuation qui vient ensuite, se sont déjà rencontrés. Ut: le trait superposé à Vu tient lieu du t. Omnis homo est justus : même explication que dans la première ligne. Fuit : ce mot ne présente pas de difficulté. Vera: a minuscule superposé à l'u, indique la suppression des lettres er. In : l'abréviation qui surmonte li ne diffère pas d'un accent. Aureo: ce mot ne présente pas de difficulté. Seculo : Vu est remplacé par le trait qui tranche la haste de la lettre |; la réunion de cette lettre avec le c qui la précède, offre l'aspect d'un d minuscule. falsa vero in ferreo seculo : ces mots ne présentent pas de difficulté; l'abréviation de verd est dans la forme ordinaire. Addit : la tête du second d oncial est tranchée par un trait qui tient lieu des finales tt. Simul: ce mot s'est déjà présenté. — Septième ligne. Id est : ces deux mots sont exprimés, selon l'usage, par un rentre deux points. In: ce mot s'est déjà rencontré. Eodem : les deux dernières lettres sont remplacées par le trait qui tranche la tête du d oncial. Tempore : la première syllabe est exprimée par le signe abréviatif qui surmonte le t; celui qui tranche la queue du p correspond aux lettres or. Et quia: ces abréviations se sont déjà rencontrées. Subjectum : le trait qui tranche la haste du b remplace les lettres ject; le signe superposé à lu tient lieu de lm finale. Possit : ce mot ne présente pas de difficulté. Diversis : même explication que dans la cinquième ligne. Modis : e d'est remplacé par le signe qui est superposé à Fr et qui se confond avec la tête de ls. Accipt : le premier & se confond avec le p. Et: cette abréviation s'est déjà présentée, ainsi que celles des mots esse, vere, omnis et homo. Restent les mots 1fa, possint, nt et ista : le premier et le dernier sont écrits en toutes lettres et ne présentent pas de difficulté; dans le mot possint, les trois lettres finales sont remplacées par le signe qui se trouve à droite et au-dessus de la secondes; enfin, le t du mot ut est rendu par le signe abréviatif placé au-dessus du plus court des deux montants de la lettre V.

Le modèle de minuscule renouvelée qui est reproduit sous le n° 9 de la planche X est remarquable par la pureté des formes, surtout dans la première ligne. Saufle v du mot venir (deuxième ligne), qui se rattache à la cursive gothique, et les r en forme de z des mots colere et citrine (troisième ligne), cette écriture se lit aussi facilement qu'un imprimé.

2° Age.

IL est généralement reconnu que les écritures minuscules se ressemblent beaucoup , depuis le ix° siècle jusqu'au xr'; quelques auteurs ont même affirmé qu'il était impossible de les distinguer entre elles : de ce nombre est l’abbé Desfontaines, qui prétendait s'appuyer du témoignage de Mabillon. Laissons aux Bénédictins le soin de réfuter cette erreur.

«Nous ne prétendons point, disent-ils, donner un démenti à l'abbé Desfon- «taines; mais il nous aurait fait un grand plaisir s'il nous avait appris en quel «endroit de la Diplomatique D. Mabillon a parlé de la sorte. En supposant le «critique en règle, notre Bénédictin n'aura pu avoir en vue que le caractère «minuscule trés-usité durant les siècles 1x, x et x1. En effet, sa forme paraît «d'abord assez semblable; mais, quand on l'examine de plus près, on y dé- «couvre bien des différences. Il faut encore ajouter que, parmi les espèces de «minuscules, il s'en trouve une petite et serrée, dont il est plus difficile de «dire auquel des trois siécles mentionnés elle doit appartenir. On peut néan- «moins saisir bien des disparités propres à faire ce discernement. Au 1x° siècle «les conjonctions * des lettres ra, re, sont encore assez fréquentes. On n’en voit «plus au x°?, à l'exception de ct et de st. Les jambages supérieurs des 6, k, k, L «se trouvent encore assez souvent au 1x°, formés en battants ° dans beaucoup «de manuscrits : dans ceux du x° ils sont rares; dans ceux du xr°, ils se termi- «nent ordinairement en pointes rabattues, et quelquefois en fourche“. Les s «et les f, au ix°, se divisent communément en deux branches, dont la plus «courte * s'élève en haut du côté gauche. Aux deux siècles suivants cette bran-

1 Le terme de conjonctions de lettres ne doit pas

être pris dans son acception rigoureuse. Les Bénédictins veulent parler des liaisons du genre de celles qui ont été signalées dans le premier facsimile de la planche V. Voy., par exemple, les mots morlalem, peccaret et corpore, lignes 4, 5 et 7 de la seconde colonne.

? Cette observation est exacte en thèse générale, mais elle admet quelques exceptions même au xr siècle ; ainsi Pr et le £ sont liés dans le mot portari. (Planche VI, n° 3, première colonne, quatrième ligne.)

5 Par jambages supérieurs il faut entendre le haut de la haste des lettres b, À, k, l; souvent l’extrémité supérieure de cette haste est plus forte que le milieu , et présente un renflement que l'on peut observer dansle premier fac-simile de la planche V;

c'est ce que les Bénédictins appellent des jambages supérieurs formés en batlants. Ce qu'ils disent des lettres b, h, k, l, doit être aussi appliqué à la lettre d.

4 Les hastes terminées en fourche sont fréquentes dans le fac-simile n° 4 de la planche VI; voyez, par exemple, les lettres let d du mot Hludovico, deuxième ligne.

5 Nous avons désigné sous le nom de saillie ce que les Bénédictins appellent ici la plus courte branche de ces lettres. Si l'on compare la direction de la saillie de ls dans le mot gloriosissimis (planche V, n° 1, premier mot), et dans les mots misit, Moyses, Seon (planche VI, n° 1, deuxième ligne), on comprendra facilement la distinction indiquée par les auteurs du Nouveau Traité de Diplomatique.

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