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PARTIE III — CHAPITRE IV

«che est presque toujours abaissée et ne manque guère, au x:°, d'être en angle aigu, dont l'ouverture regarde presque vers le pied de la lettre. Au 1x° siècle «on rencontre nombre d'a encore ouverts en dessus. Ils ne paraissent plus « guère même fermés aux x° et x1°!. Plusieurs manuscrits du dernier ont beau- «coup de £ dont la haste traverse la tête; tandis que ceux des deux précédents «gardent bien plus régulièrement la figure d’une S? couchée et renversée «sur le haut d'un c qui lui sert d'appui. Au n°, les pieds des m et des n sont «souvent tournés en pointes obliques vers la gauche. Cette observation n'est «presque point applicable aux siècles postérieurs; et quand elle l'est, ordinaicrement ce caractère se soutient mal. On peut faire beaucoup d’autres remar- «ques semblables sur la différence de la minuscule de ces trois siècles. Mais, «qu'importe que leur minuscule puisse être confondue , si les manuscrits por- «tent d’autres indices qui les feront sûrement reconnaître? Or on y réussira «sans peine, avec le secours des titres, des lettres historiées ou grises, des «écritures majuscules et de grand nombre d'autres caractères, qui ne permet- «tront pas que les manuscrits de ces trois siècles puissent être confondus. Par «exemple, les abréviations, quoique assez fréquentes en quelques manuscrits «dès le 1x°, proportion gardée, le sont moins qu'au x°: au xr°, elles se multi- «plient encore davantage. Les accents se montrent au xI°, souvent sur les deux «ü, ce qui n'arrive presque jamais durant les deux précédents. La majuscule «du x1° renferme communément un si grand mélange de capitale et d'onciale, «qu'il semble qu'on ne savait plus les distinguer: leur figure devient d’ailleurs «fort hétéroclite. » { Nouv. Tr. de Dipl. tome II, p. 404 et 405.)

L'examen des différents modèles d'écriture minuscule pourra fournir le moyen de vérifier ces principes généraux, et de les compléter par quelques observations de détail.

Un des caractères qui peuvent servir à fixer l’âge du dernier fac-simile de la planche IV, c'est le mélange des e de forme onciale et minuscule, et emploi de plusieurs « cursifs ouverts par le haut. Ce mélange de quelques lettres étran-

1 Ceprincipe, qui n'est pas posé d’une manière absolue, doit être considéré comme exact, malgré les exceptions que renferment quelques manuscrits du genre de celui qui a fourni le fac-simile n° 3 dela planche VI.

? Les Bénédictins ont représenté ici une ligne ondulée qui offre quelque rapport avec une S dont les courbes seraient considérablement diminuées; mais leur intention était de désigner des # dont la barre ondule à peu près comme l'accent

circonflexe des Grecs; telle est, par exemple, la barre du t du mot sunt (planche V, n° 1, neuvième ligne); cette barre ondulée surmonte une haste qui représente à peu près la courbure d’un c. Nous ne pensons pas cependant qu'il faille attacher trop d'importance à leur observation; le fac-simile n° 3 de la même planche renferme plusieurs { dont la barre est tout à fait en ligne droite, tandis que cette lettre se rencontre souvent avec une barre ondulée dans le fac-simile n° 4 de la planche VI.

gères ne doit pas empêcher de considérer ce modèle comme appartenant au genre minuscule, parce qu'on reconnaît, en l'examinant dans son ensemble, qu'il réunit tous les caractères qui constituent cette écriture. Les lettres qui ont été signalées, et auxquelles on peut ajouter le c! cursif du mot Carlus (deuxième ligne), doivent être considérées comme exceptionnelles, parce que dans la plupart des mots elles se montrent sous la forme qui caractérise l'alphabet minuscule; mais l'emploi de ces lettres dans un manuscrit qui appartient à ce genre d'écriture doit toujours être observé avec le plus grand soin. En effet, on peut en conclure que le manuscrit, selon toutes les probabilités, remonte à la fin du vmi° siècle, c'est-à-dire à une époque de transition où les copistes, par un reste d'habitude, devaient encore mêler à la minuscule quelques formes imitées de la majuscule ou de la cursive. Indépendamment de ce mélange dans la forme des lettres a, c, e, 1e dernier fac-simile de la planche IV se fait remarquer par la séparation de la diphthongue æ, par le renflement très-prononcé de la partie supérieure des lettres b, d, h, L, et par le peu d'élévation des s, qui souvent ne dépassent pas le niveau des lignes. Nous croyons aussi devoir faire observer que la panse de certains a est très-allongée, et que par conséquent cette lettre se rattache, quoique indirectement, à l’écriture onciale. (Voy. les mots Hildgarda, caelorum et annus.)

La plupart des caractères qui viennent d’être signalés se retrouvent ? dans le premier fac-simile de la planche V. On peut y remarquer en outre la liaison de l’e cursif avec l'n et l'æ, dans les mots Carthaginienst et exire; celle de Tr cursive avec le t et le, dans les deux mots qui viennent d'être cités, et avec l's, dans le mot unwversali; enfin, l'emploi fréquent dans le corps des mots du signe &, qui est aussi lié avec lr cursive: ces liaisons cursives ne seraient pas aussi multipliées à la fin du 1x° siècle. Si l’on compare la forme des deux e minuscules du mot baselicae (cinquième ligne), on reconnaîtra que le premier diffère du second par une sorte de brisure qui existe dans le centre de la panse, et que par conséquent cet e se rattache par ce caractère à l'alphabet cursif; d’un autre côté, la tête de cette lettre excède sensiblement le haut de la ligne, dans les mots Aurelius, indite, et dans plusieurs autres : cette saillie est encore un des caractères de l'e cursif. Lorsque ces deux modifications se rencontrent

1 Cette forme de lettre ne se trouverait peut- 2 Tlfauten excepterl'eoncial, le e cursif, etl’s, qui être pas dans les manuscrits du 1x° siècle; c'est un excède beaucoup plus le haut et le bas des lignes. caractère chronologique auquel nous pensons La diphthongue & se trouve remplacée par le simqu'on peutse fier pour faire remonter au vin° siècle ple dansle motindite, mais ce n'est que par excepun manuscrit en minuscule, à moins cependant tion; la plupart du temps elle est exprimée sans qu'il ne s'agisse d’un manuscrit en minuscule conjonction de lettres, comme dans les mots lombardique. ecclesiae et naturae.

fréquemment dans les e minuscules, on peut faire remonter le manuscrit à da fin du vf siècle ou au commencement du 1x°, pourvu d'ailleurs qu'il réunisse les autres caractères qui conviennent à cette époque. En effet, cette circonstance semble indiquer que l'emploi de l'e minuscule n'était pas encore habituel.

L'écriture du fac-simile n° 2 de la planche V est remarquable-par sa pureté. Les hastes des lettres b, d, l, sont renflées dans leur partie supérieure; l'a cursif se mêle souvent à l'a minuscule, dont la panse toujours fort allongée et quelquelois aiguë se rapproche encore de la forme onciale; le premier jambage de ln et les deux premiers de l’m se terminent par des traits fins qui se dirigent vers la gauche; les mots ne sont pas toujours séparés; les abréviations ne sont pas très-nombreuses ; le mot ostentationis renferme un o et une n conjoints; enfin, dans le mot consulere, VN est de forme capitale”. La réunion de ces caractères doit faire regarder comme authentique la date qui est marquée à la fin de ce manuscrit.

Le renflement des hastes n’est plus caractérisé aussi fortement dans le facsmile suivant; mais il est encore sensible. La panse des a est souvent allongée; plusieurs mois ne sont point séparés; d'un autre côté, les crochets de quelques r, en se prolongeant vers la droite, reculent assez la lettre suivante pour qu'il en résulte une séparation sensible : c'est ce que l’on peut remarquer dans les mots aeterne et nostrum (nrm). Le crochet supérieur du c est toujours parfaitement arrondi et résulte du prolongement du corps de la lettre; la panse du d s'étend vers la gauche; celle du q est plutôt plate que courbe dans sa partie supérieure; celle de le présente quelquefois des traces de brisure qui sont il est vrai faiblement caractérisées, mais que l’on peut reconnaître dans le mot per (cinquième ligne) ?. En général, ce manuscrit renferme peu d'abréviations; c'est par exception qu'elles sont aussi nombreuses dans les lignes 6 et 7, où le copiste s'est attaché, on ne sait pourquoi, à resserrer son écriture. Aussi voit-on, dans ces deux lignes, l'e à cédille remplacer l'ae qui se rencontre deux fois dans les trois lignes précédentes.

Dans le dernier fac-simile de la planche V, dont l'écriture est beaucoup moins soignée, nous retrouvons le renflement de la parte supérieure des hastes, la liaison de Jr cursive avec le { dans le mot refert, et celle de le cursif avec l’x, dans le mot extra. Le prolongement des panses de l'a et du d'n’est plus habituel, quoiqu'on en retrouve quelques exemples ; le crochet du c n'est plus

1 SiTN capitale n'était employée qu'accidentel- 2 Cette observation se rattache à ce qui a été lement, il ne faudrait pas en tenir compte; mais dit tout à l'heure sur certains e du premier fac-sielle se représente trèsfréquemment dans cet an- mile de la planche V, dans lesquels on trouve

cien manuscrit. quelques traces de la forme cursive.

parfaitement arrondi’ ({voy. les mots sic et duci); mais le bas des premiers

jambages de l’m et de ln incline presque toujours vers la gauche; les mots

ne sont pas tous séparés, et le crochet de l'r se développe librement vers la droite, quand il n’a pas la forme cursive.

Différents caractères permettraient de faire remonter jusqu'au 1x° siècle l’écriture reproduite dans le premier fac-simile de la planche VI. En effet, la panse des a est presque toujours étroite et allongée ; lr cursive se lie au t, dans le mot morüferos ; le crochet de‘Tr minuscule s'étend assez loin vers la droite, celui ducs'arrondit presque toujours avec régularité, le bas des jambages de l’m et de l’r se dirige souvent vers la gauche, et le haut de plusieurs hastes n'est pas moins renflé que dans plusieurs fac-simile de la planche précédente. Mais d’un autre côté ces hastes, au lieu de s'arrondir à leur extrémité, sont souvent tranchées par un trait. (V oY. les mots populus, colubres, desertum, ad, diverticula, Chanaan, jubet et ddr.) I faut remarquer aussi que le crochet de l'e est quelquefois séparé de la panse, que le signe & à la fin du mot Jubet est assez altéré pour qu'on ne puisse plus y retrouver la forme de le cursif qui entre dans sa composition, que la panse de Th du mot Chanaan descend au-dessous de la ligne et plus bas que le pied de la haste, que les mots Dominus et dividi renferment chacun un d de forme onciale, enfin que dans plusieurs mots, tels que eis et Dominus (première ligne), la saillie de ls minuscule commence à former un angle en se dirigeant vers le pied de la lettre.

Cette direction de la saillie de ls et du trait correspondant de Ff devient ordinaire dans le fac-simile suivant; l'altération du signe & n’est pas moins sensible, la panse de l'a embrasse quelquefois la presque totalité du montant (voy. les mots exultabunt, laudate, accepistis); il y a peu de hastes renflées dans leur partie supérieure, plusieurs se terminent par des pointes rabattues {voy. les mots filu, exultabunt, caelis); les crochets du cet de l'e sont quelquefois séparés de la panse (voy. dans la 3° ligne les mots sancti, laudate, de, caelis); le premier jambage de ln se recourbe de temps en temps vers la gauche {voy. les mots eœultabunt et Dominum dans la troisième ligne) ; enfin le bas de la seconde traverse de l’æ n'est pas tracé dans la même direction que le haut (voy. le motpax dans la première ligne). Toutefois cette écriture appartientencore par ses caractères généraux à la minuscule carlovingienne. Les lettres sont espacées, plutôt larges et basses qu'étroites et allongées; l'arrondissement des contours est rarement altéré, et le crochet de l’r continue à se développer vers la droite ?.

1 Cette forme du c n’est pas sans exemple dans ? La séparation de la diphthongue ae estencore des temps plus anciens, mais elle devient plus or- un des caractères qui rattachent cette écriture à dinaire à la fin du 1x° siècle. l'ancienne minuscule.

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