PARTIE III — CHAPITRE I
Le manuscrit d'après lequel a été reproduit le fac-simile n° 3 de la planche VI est un de ceux qui prouvent que la paléographie n'admet pas de règles absolues. En thèse générale, il est vrai de dire qu'on peut faire remonter au commencement du 1x° siecle un manuscrit dans lequel la cursif ouvert par le
haut est souvent mélangé à l'a minuscule, surtout si l’on voit concourir avec ce caractère la distinction fréquente de la diphthongue «e, l'emploi de quelques | c cursifs et la liaison de lr cursive avec la lettre suivante. Toutes ces circons- | tances se trouvent cependant réunies dans une écriture qui a date certaine et qui n'appartient qu'au commencement du xr° siècle. Mais, d'un autre côté, | l'aspect général de ces lettres étroites et rapprochées contraste avec les inter- | valles qui séparent les mots, et l’on peut dire qu'il sufhit de jeter un coup | d'œil sur ce fac-simile pour reconnaitre qu'il ne peut appartenir au ix° siècle. | En l’examinant de plus près, on remarque des e dont le crochet se sépare souvent de la panse, et dont la barre atteint rarement jusqu'à la courbure intérieure de la lettre. La panse de l'a monte souvent jusqu'à l'extrémité supé- {| rieure du montant, celle de l'A descend plus bas que le pied de la haste, le | d minuscule, dont la panse n'est jamais développée, est remplacé par le d'oncial | dans le mot domus, et la haste de lr descend toujours au-dessous des lignes !. On doit aussi remarquer que la haste du { dépasse quelquefois la barre, que le montant de l'a minuscule cesse souvent d'être oblique poux prendre une direction parallèle à celle des jambages des x et des », enfin que des formes anguleuses sont substituées dans plusieurs lettres aux contours arrondis qui caractérisent la minuscule carlovingienne. (Voy. par exemple le bas de la panse | du p dans le mot scripts, le bas du second 1 et le haut des jambages de l’m dans le mot invenimus, la rencontre du pied de la haste avec la panse du PEL b dans le mot debuissent, le crochet de Vlr? dans les mots Jacere, clero, etc.) | 1 Le fac-simile n° 4 de la planche VI est beaucoup plus facile à juger que le | dl précédent. Les formes étroites et anguleuses des lettres sont nettement carac- |
Les
térisées, les hastes des lettres b, d, k, l se terminent presque toutes par des traits fourchus; la direction du montant de l'a est verticale comme dans le fac-simile \ précédent; on retrouve les mêmes habitudes dans la manière de former l'e et Tr; quelquefois le bas de la panse de l'h se prolonge beaucoup au-dessous | de la ligne; le pied du premier jambage de ln se recourbe souvent vers la ; droite, et le bas de la haste de l's présente de temps en temps une saillie dans la
! Les premiers exemples de cette forme del'rre- presque pas vers la droite; c'est ce que l’on ne fu | montentaux°siècle; mais, selon les Bénédictins, pourrait guère rencontrer dans la minuscule du | ils ne deviennent fréquents qu'au x° etau x’ siècle. . 1x° siècle, ni même dans celle qui appartient à la Î
? Il faut aussi remarquer que ce trait nes'étend première moitié du siècle suivant.
- 67 À hi
HE