‹ Éléments de paléographieChapitre 405 sur 492 · LEE · texte numérisé non relu

LEE

même direction. (Voy. les mots ducis, genuit etejus dansla 3°, la 4° et la 6° ligne.) Ces saïllies anguleuses, qui partent du pied des lettres pour se diriger vers la droite, sont plus nombreuses et plus caractérisées dans la seconde écriture qui complète la sixième ligne de ce fac-simile : on les retrouve au bas des lettres m,n,r, s. Le crochet de l'r n'est plus ondulé : au lieu de se prolonger vers la droite en se relevant, il s'arrête après s'être courbé une première fois; ou bien s'il se rattache à la lettre suivante, c’est seulement par une liaison accessoire.

Au x1r° siècle il devient ordinaire de substituer dans les titres des manuscrits la grosse minuscule aux formes de l'onciale et de la capitale qui tombaient en désuétude. L'emploi du d'oncial dans le titre du fac-simule n° 5 de la planche VI n'empêche pas cette écriture d'appartenir au genre minuscule, parce que le d'oncial était alors d'un usage fréquent et dans la minuscule des manuscrits et dans celle des diplômes. Dans les quatre lignes suivantes, tout annonce l'approche des formes gothiques : les hastes se terminent par des traits fourchus, le haut des jambages de l’w et de l'i se brise vers la gauche, tandis que le pied des jambages de Fm et de ln est tranché par des traits dirigés vers la droite; il” en est de même du bas de la haste de l’s et de lr; cette saillie, qui est fort développée dans cette dernière lettre, se prolonge souvent jusqu'à la lettre suivante. (Voy. les mots Aaron, plurimis, gravidavit, etc.) I faut remarquer aussi la forme de la panse de l’a qui embrasse la presque totalité du montant; la direction verticale de cé dernier trait; l'altération du signe & (voy. le mot accipret) ; les formes étroites, allongées, anguleuses, qui se caractérisent de plus en plus; la confusion des lettres voisines qui arrivent quelquefois à se toucher (voy. le p et le t du mot corraptione et les deux p du mot prophetarum ) ; la direction oblique de la barre du + qui descend de gauche à droite dans les mots templo, tecto, etc. Ea plupart de ces détails et d’autres qu'il serait trop long de signaler se retrouveront dans la minuscule gothique, et par conséquent il importe d'en suivre le progrès jusqu'au moment où la transformation de la minuscule pourra être considérée comme accomplie. !

L'écriture reproduite dans le fac-simile suivant n'emploie déjà plus que le d oncial, et à la fin des mots elle substitue l's capitale à ls minuscule. Elle se rattache en outre aux habitudes de l'écriture gothique par le renflement d'un grand nombre de traits, tels que les jambages de l’m et de ln qui sont beaucoup plus larges dans le haut que dans le bas. Mais, d'un autre côté, le pied de ces jambages est tranché, comme le bas des s minuscules, des f'et des r, par des traits dont la saillie estégale à droite et à gauche , tandis que dans la minuscule gothique cette saillie se dirige constamment vers la gauche. Ge Jac-simile renferme d’ailleurs beaucoup de formes arrondies, et les grandes lettres des

mn

Page 1