‹ Éléments de paléographieChapitre 435 sur 492 · AUDE NES · texte numérisé non relu

AUDE NES

ni à double montant; mais les c et les { sont tous de forme gothique. La proportion des s capitales à la fin des mots est beaucoup plus considérable que celle des s minuscules, le bas des m et des n est presque toujours fermé par des traits accessoires; enfin les formes anguleuses et brisées se trouvent dans la plupart des lettres.

Dans le sixième fac-simile de la planche XVI, les a, les cet les t sont tous gothiques; mais l’s finale conserve encore de temps en temps la forme minuscule. Cette écriture présente de nombreux rapports de ressemblance avec celle du fac-simile n° 2 de la planche IX; dans celui-ci toutefois les s finales de forme minuscule ne paraissent plus que de loin en loin, et comme par exception.

On peut conclure de tout ce qui précède que le mélange des lettres de l'ancienne minuscule a décru progressivement dans la minuscule gothique de la première série jusqu'au commencement du xiv° siècle. Le fac-simile n° 4 de la planche IX, qui est tiré d’un manuscrit de l'an 1359, prouve que ce mélange avait entièrement cessé au milieu du x1v° siècle. La minuscule gothique paraît ici avec tous les signes qui la caractérisent : les a sont à double panse ou à double montant; le crochet supérieur du c est formé par un trait droit; la haste du & s'élève toujours au-dessus de la barre; les s finales sont toutes de forme majuscule; d'ailleurs on trouve’ partout des traits anguleux où brisés, et des lettres dont la forme massive contraste avec la finesse des déliés qui sy rattachent. Le mélange de quelques-unes des lettres qui appartiennent à l'ancienne minuscule n’est donc pas un signe qui puisse servir à fixer l’âge des écritures gothiques, lorsqu'elles sont postérieures au premier quart du xiv° siècle. Leur forme alors est complétement fixée, et les nuances qui peuvent les distinguer dans la suite sont plus difficiles à reconnaître.

Le cinquième fac-simile de la planche IX ne se distingue guère du précédent que par la forme de quelques & dont la haste se termine par une pointe fine inclinée vers la droite. (Voyez le t du mot ton dans la quatrième ligne de la première colonne.) Ces t sont devenus ordinaires, surtout dans la seconde moitié du xv° siècle; on peut s’en assurer en examinant la forme de cette lettre dans le septième fac-simile de la planche X. Plus le nombre de ces {dont la haste s’effile en pointe l'emporte sur ceux qui se terminent par un trait émoussé, plus on devra regarder l'écriture comme récente. Ces t pointus sont en effet plus nombreux dans le cinquième fuc-simile de la planche IX que dans celui qui précède. Quoiqu'on ne retrouve ce caractère ni dans le premier, ni dans le troisième fac-simile de la planche X, cependant c'est un des signes les plus généraux qui puissent être indiqués pour fixer l’âge de la minuscule gothique.

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