‹ Éléments de paléographieChapitre 450 sur 492 · PARTIE III — CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

PARTIE III — CHAPITRE IV

mot in sont remplacées chacune par un trait placé au-dessus de la ligne; il en est de même des lettres act du mot gracias, de ln du mot agens, des deux e du mot benedixit, et des lettres omi-u du mot Dominum. Les quatre dernières lettres du mot laudibus sont représentées par le trait qui tranche le d. Le côté droit de l'A du mot antiphona est lié à To, et par sa réunion avec cette lettre présente l'aspect d'un p; la suppression de la seconde n est indiquée par la superposition de la abréviatif, qui est tranché dans sa partie supérieure par un trait horizontal. Les autres abréviations sont de même nature que celles qui viennent d'être signalées, à l'exception de celle du mot manibus (sixième ligne), dont les dernières lettres sont représentées par le signe dérivé du point-virqule.

Nous ne voyons rien qui puisse embarrasser dans la lecture du fac-simile n° 8 de la planche X. Nous ferons remarquer seulement la forme de l’x, dans les mots eæplictunt et exarata, comme un des caractères qui ne se rencontreraient pas dans la minuscule.

Les deux fuc-simile reproduits sous les n° 3 et 8 de la planche XVII ne présentent pas non plus de difficulté; les accents recourbés qui surmontent les : dans ces deux écritures sont remarquables par leur délicatesse. On retrouve dans le dernier de ces deux fuc-simile Tf double employée comme lettre majuscule au commencement du mot France.

o 2° Age.

La formation de l'écriture mixte gothique peut s'expliquer de la même manière que celle de l'écriture mixte de la première période. En eflet, la minuscule gothique avec ses lettres anguleuses, et pour ainsi dire taillées à facettes, ne devait pas être moins lente ou moins pénible que ne l'avait été lonciale ou la capitale; et de même que l'on avait senti autrefois le besoin d'employer des caractères plus faciles à tracer, on a dû naturellement chercher, dans le cours du xiv° siècle, à composer une écriture qui participât en même temps de la rapidité de la cursive et de la régularité de la minuscule. Il est facile de voir que ce double avantage est réuni dans les écritures reproduites sous le n° 6 de la planche IX et sous le n° 8 de la planche X. Lorsque ce genre d'écriture était tracé avec une grande recherche, il se rapprochait davantage de la minuscule: tel est par exemple le fac-simile n° 5 de la planche X. Ces rapports sont encore plus frappants dans les deux fac-simile de la planche XVII. Par cela même que cette écriture intermédiaire participe à la fois de la minuscule et de la cursive, on peut.en conclure d’abord qu’elle est nécessairement postérieure au temps où lon commence à

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rencontrer la minuscule gothique dans toute sa pureté, c'est-à-dire aux premieres années du xiv° siècle, et en second lieu qu'on peut lui appliquer la plupart des règles qui servent à fixer l’âge des deux écritures dont elle emprunte les caractères.

On retrouve dans le fac-simile n° 6 de la planche IX le renflement des hastes de Tf et de l's; la forme anguleuse des boucles dans les lettres b, k, L: les c dont le crochet supérieur est formé par un trait horizontal ; les d à tête bouclée; l's finale composée d'une double panse et assez semblable à un. B capital; les & dont la haste dépasse la barre; enfin lr arrondie qui ne parait, il est vrai, que dans le mot fleurs (huitième ligne). Parmi les t, il en est quelques-uns dont la haste s'eflile et se courbe vers la droite (voyez le mot Venetensis, et surtout le mot nostre) ; mais ce caractère n’est pas soutenu, cten général le haut de la haste est formé par un trait plein; souvent d'ailleurs la barre conserve un assez grand développement vers la gauche de la haste; le mélange de ces deux formes de # convient parfaitement aux dernières années du xiv° siècle.

Le fac-simile n° 5 de la planche X se rapproche beaucoup plus de la minuscule que de la cursive; aussi les lettres b, 4, ne sont-elles pas toujours bouclées. Les traits fins qui se rattachent aux extrémités de quelques-unes des lettres de la première ligne sont bien dans le goût du xv° siècle. L’extrémité supérieure de la haste du # est toujours fine, très-prolongée au-dessus de la barre et inclinée vers la droite; le haut de la plupart des m, des n, des & et des uw est comme hérissé de pointes fines (voyez les mots solemnitatem , natwvitats, etc.); un trait accessoire se rattache au & final du mot benedixit; le concours de ces différents caractères a déjà été signalé dans la minuscule appartenant à la dernière moitié du xv° siècle. Il est un autre signe qui est emprunté à l'écriture cursive, et sur lequel il est important d'appeler l'attenüon. Dès la fin du xiv° siècle, l'e de la cursive gothique a été souvent formé de deux traits détachés, et le trait supérieur a commencé à se courber en forme de croissant; dans la seconde moitié du xv° siècle, ce caractère est devenu plus ordinaire et plus prononcé; c’est ce que l’on peut vérifier sur la plupart des e du fac-simile n° 6 de la planche X. Cette courbure du trait qui sert à former la boucle de le se retrouve dans plusieurs e du fac-simule n° 5 de la même planche. (Voyez par exemple les mots quadragesimo et die.) Si Ton recherche le même signe dans la minuscule gothique, on l'y trouvera aussi; mais on reconnaitra qu'il est à la fois moins fréquent et moins prononcé : il est naturel en eflet que les habitudes de la cursive aient eu moins d'influence sur la minuscule que sur l'écriture mixte.

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