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DES ÉCRITURES POSTÉRIEURES À L'INVASION DES FRANCS

Nous avons déjà dit, dans un des chapitres précédents, que les Bénédictins rattachaient à l'écriture romaine toutes celles qui ont été employées depuis l'invasion des Barbares en France, en [talie, en Espagne, en Allemagne et en Angleterre. Gette opinion a trouvé autrefois quelques contradicteurs; mais aujourd'hui elle est généralement admise, et par conséquent il serait inutile d'établir, par de longs raisonnements, un principe qui a toute l'autorité d’un axiome. Puisque les écritures pationales ne sont que des variétés de l'écriture romaine, on peut en conclure qu'en apprenant à déchiffrer nos diplômes etnos manuscrits, on apprend aussi à résoudre les difficultés que peuvent présenter les monuments écrits par les autres peuples de l’Europe. En effet, les copistes français imitaient le même modèle que les copistes d'Italie, d'Espagne, d'Allemagne ou d'Angleterre, et ces différentes imitations ne peuvent manquer d'avoir entre elles des rapports aussi nombreux que faciles à saisir. Cette analogie est tellement incontestable quon ne peut pas toujours reconnaître dans

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quel pays un manuscrit a été copié; il est même vrai de dire, en thèse générale, que l'écriture majuscule est complétement identique chez les différents peuples de l’Europe. Quant à la minuscule et à la cursive, elles présentent souvent des différences qui varient selon les pays, mais qui ne sont pas toujours également sensibles : on verra d’ailleurs que l'écriture carlovingienne a été souvent employée concurremment avec les autres écritures nationales ; en sorte qu'un grand nombre de manuscrits italiens du 1x° et du x° siècle présentent le même aspect que des manuscrits copiés en France; ou, s'ils en différent, c’est par des nuances qu'un œil exercé est seul capable de saisir. Nous n’avons pas la prétention de résoudre ces difficultés, mais il ne sera peut-être pas inutile d'indiquer les caractères les plus saillants qui peuvent servir à distinguer. les écritures d'Italie, d'Espagne, d'Angleterre et d'Allemagne.

$ I. DE L'ÉCRITURE LOMBARDIQUE.

« Les Lombards, disent les Bénédictins, se rendirent maîtres de l'Italie l'an «269, excepté de Rome et de Rayenne. Leur domination ne dura qu'environ «deux cent six ans. Cependant, la plupart des écritures qui ont eu cours au «delà des monts, depuis le vn' siècle jusqu’au xm°, sont qualifiées lombardiques. « Romaines d'origine, comme celles des Wisigoths, des Francs, des Anglo- «Saxons et des autres peuples du rit latin, elles se distinguent par un goût «national et par diverses formes qu'elles prirent pendant la révolution d’en- « Viron six siècles. »

Les titres des manuscrits lombardiques sont souvent écrits en lettres capitales formées par des compartiments de différentes couleurs qui présentent l'aspect d'une marqueterie. Quoique ces ornements aient été employés par d’autres nations, l'Italie en a fait plus particulièrement usage; mais pour apprécier sûrement un manuscrit, il ne faut pas sen rapporter exclusivement aux caractères que présentent les ornements ou l'écriture des titres. On peut supposer que des Italiens ont été souvent employés pour exécuter ces sortes de détails sur un manuscrit copié en France; d'un autre côté, des calligraphes français ont pu s'attacher à reproduire les ornements les plus remarquables d'un manuscrit italien. L'écriture du texte fournit donc des règles d'appréciation beaucoup plus certaines. On trouvera, dans le fac-simile n° 4 de la planche I, deux alphabets et quelques liaisons de lettres qui ont été gravés d'après des manuscrits lombardiques du rx° et du x° siècle *. Un manuscrit du

1 Ce sont les manuscrits 771 du Supplément dans lesobservations jointesà la première planche, latin, 7530 de l'Ancien fonds latin, 738 et12 du quelles sont les portions du fac-simile qui appar- Fonds Saint-Germain latin. Nous avons indiqué, tiennent à chacun de ces manuscrils.

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