‹ Éléments de paléographieChapitre 461 sur 492 · PARTIE IL — CHAPITRE V · texte numérisé non relu

PARTIE IL — CHAPITRE V

des manuscrits wisigothiques. On le rencontre quelquefois dans les titres des chapitres, ou au commencement d’un mot; mais alors il figure plutôt ou comme lettre onciale ou comme grande lettre.— L'abréviation de la syllabe bus se compose d’un b et d’une s; la syllabe dus {quatrième ligne) est aussi représentée par les lettres ds, et dans la ligne suivante les lettres et, suivies d’une s, servent à exprimer le mot ejus. Il paraît en effet qu'avant le xrr° siècle, le signe » n'était employé dans l'écriture wisigothique qu’au commencement des mots, et pour représenter les syllabes com et con. C’est une observation que nous empruntons à l'ouvrage du P. André Merino sur les écritures espagnoles. On doit voir aussi que le haut des hastes du b, du d, et de lt dans le mot qus, est tranché par un trait fin : cette manière de terminer les hastes montantes était surtout en usage dans la minuscule diplomatique. —La forme de l'e, dans les syllabes en, ec et es, doit être remarquée : cet e, qui tient à la fois de l'onciale et de la cursive, n’excluait pas l'emploi de l'e minuscule proprement dit; mais il se rencontre fréquemment dans la minuscule wisigothique, et, bien qu'il présente quelques rapports avec certains e lombardiques, il est facile de le distinguer à la finesse et à l'exiguité de son croissant supérieur !. Si l’on compare la syllabe ec avec la syllabe fex, qui se trouve à la ligne suivante, on reconnaïitra que les liaisons des lettres ec et ex diffèrent par le trait fin qui représente la partie inférieure d'uné des traverses de lx.—Le y de forme onciale n’a cessé d'être employé dans la minuscule des manuscrits wisigothiques qu'au moment où l'écriture française a été adoptée en Espagne. — Li allongé peut aussi fournir un moyen d'appréciation en ce sens qu'il est fréquemment employé comme lettre initiale, et qu'il ne dépasse point le bas de la ligne. —L'abréviation du mot lalendarum renferme un qui présente l'aspect d’une h à panse brisée par le bas. Cette lettre ressemble aussi quelquefois à une R capitale dont la haste se prolongerait audessus de la panse, et descendrait plus bas que la queue : ces deux formes, qui ont, comme on le voit, de l’analogie entre elles, peuvent servir à caractériser la minuscule wisigothique.— Indépendamment de Vm qui est représentée ici, on trouve, quoique rarement, une autre m qui présente l'aspect d’un 8 couché

1 La forme des deux e des syllabes en et ec sufira pour faire comprendre la remarque suivante, que nous empruntons au Nouveau Traité de Diplomatique. «Les e d'Espagne, au vi siècle, ne «se liaient qu'avec le caractère suivant, et seu- «lement par la traverse du milieu. Vers le x’, les « Espagnols avaient des figures plus extraordi- « naires. On dirait des c surmontés d'une virgule «un peu au-dessus, ou même au bout de la cour-

« bure supérieure. Au lieu de la virgule, un petit «e semblait quelquefois naître de l'extrémité su- « périeure d’un plus grand, après avoir formé une «boucle où un nœud presque insensible. Mais « l'usage le plus commun était que l'e en forme de «c fût traversé par un trait, soit oblique de haut «en bas, soit horizontal, servant souvent à lier «cette lettre, non-seulement avec les suivantes, « mais encore avec celles qui la précédaient. »

dont le second cercle serait à moitié tronqué : en d’autres termes, cette lettre ressemble, mais avec des formes plus arrondies, à l'a qui est placé au commencement de la première ligne de l'alphabet lombardique!. — La forme de l'abréviation de la syllabe runc est extraordinaire : quoique nous ne l’ayons pas rencontrée dans les autres écritures nationales, nous n’affirmerions pas qu'elle ÿ était inconnue. — Le point renfermé dans le second o et le trait qui surmonte cette lettre forment un point d'exclamation : ce signe n’est point particulier à l'écriture wisigothique.—La première abréviation de la syllabe per est tout à fait régulière; mais la seconde semblerait devoir se traduire par pro: toutefois ces deux signes sont employés indistinctement pour désigner la syllabe per. Le P. André Merino les a également fait graver dans son ouvrage, en avertissant qu'ils signifient per ou pre; d'un autre côté, il n'indique aucune abréviation pour la syllabe pro, ou du moins il se borne à représenter le mot propter tel qu’il est figuré ici : il semble donc probable que la minuscule wisigothique n'avait pas de signe qui correspondit spécialement à la syllabe pro. — Il résulte de plusieurs exemples reproduits dans le même ouvrage que les deux abréviations que l'on trouve ici pour les syllabes que et qui étaient généralement employées avec la même forme et la même valeur dans la minuscule wisigothique.—En ce qui concerne l'ret l's, nous ferons seulement observer : 1° que Fr à crochet brisé était beaucoup plus fréquemment employée que lr minuscule proprement dite; 2° que le bas de l's descendait souvent au-dessous de la ligne.— Les différentes formes du t présentent, comme on le voit, beaucoup d'analogie avec celles des t lombardiques; mais en général l'écriture wisigothique a plus de mollesse et de rondeur. D'ail-

leurs, pour ne parler ici que des différences les plus caractéristiques , les a et les g permettront toujours de ne pas confondre ces deux écritures. La ligne du t se termine par la syllabe tam, dont l'abréviation n’est pas ordinairement figurée de la même manière dans les autres écritures nationales.— Parmi les formes de lu, la plus remarquable est la dernière : on la rencontre fréquemment. Dans toute autre écriture , cet « pourrait se confondre avec l'y, tandis que dans la minuscule wisigothique l'y excède généralement le haut de la ligne ; mais les deux branches de cette dernière lettre ne sont pas toujours aussi courtes que dans le fac-simile.

Quoique nous n’ayons pas fait représenter de modèle de cursive wisigothique, nous essayerons de décrire en peu de mots quelques formes de lettres

2 Nous n'avons eu occasion de rencontrer cette le côté droit était défiguré dans l'écriture wisigoespèce d’m qu'au commencement des mots, et thique. Ce caractère était fréquemment employé tout porte à croire que c’est une m onciale dont pour représenter le & dans le corps des mots.

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