‹ Éléments de paléographieChapitre 463 sur 492 · PARTIE III — CHAPITRE V · texte numérisé non relu

PARTIE III — CHAPITRE V

«çais qu'on avait envoyés en Espagne. Le changement d'écriture n’y fat pas «absolu ni fort prompt. Le gothique ancien persévéra encore longtemps de- «puis le décret de son abolition. Dom Joseph Perez, moine bénédictin et pro- « fesseur de langues en l'académie de Salamanque, fait finir le caractère his- «pano-gothique avec le x siècle. L’abolition de cette écriture est plus tar- «dive; elle était encore en usage après le xn°, et peut-être même après le «xv° siècle. On peut s'en convaincre en parcourant les modèles donnés par « Dom Christoval Rodriguez dans la Bibliothèque universelle de la polygra- «phie d'Espagne.» Le P. André Merino, sans s'expliquer positivement sur l'abolition de l'écriture wisigothique, se borne à dire que ce changement n’a pas dü être instantané. Toutefois, il est bien positif que les diplômes du xu° siècle gravés dans son ouvrage sont tous en écriture française; d'un autre côté, comme il annonce qu'avant le concile de Léon l'écriture wisigothique tendait à se rapprocher de la nôtre, il est permis de croire qu'on aura exécuté le décret du concile dans les diplômes royaux et dans les chartes ecclésiastiques. En tout cas, si les Bénédictins ont dit que l'écriture wisigothique était encore en usage après le xin°, et peut-être même après le xv° siècle, ils n’ont voulu signaler sans doute que de rares exceptions. Au xmm° siècle le gothique moderne régnait.en Espagne comme dans le reste de l'Europe; si pendant le siècle précédent on se servait encore quelquefois de l'écriture wisigothique, il est bien constaté aussi que les caractères français étaient déjà fort répandus. En effet, le P. André Merino, après avoir cité un diplôme royal de l'an 1118, qui ne diffère nullement de nos chartes françaises, affirme qu'à partir de cette époque on chercherait vainement une autre écriture dans tous les titres des archives de S. Clément. La cursive gothique ou scolastique a duré en Espagne au moins jusqu à la fin du xvr° siècle; mais la capitale de la renaissance y était employée dès la première moitié du siècle précédent, « Don Nassare, «disent les Bénédictins, cite un médaillon d’Alphonse le Sage de l'an 1440, «qui se voit dans la Bibliothèque du roi d'Espagne, avec cette inscription en « beaux caractères : DIVUS ALPHONSUS REX. » Quant à la minuscule gothique, elle était encore employée à la fin du xv° siècle; mais ses traits étaient moins anguleux qu'en France, et se ressentaient déjà de la réforme introduite par les Jtaliens.

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